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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2002456

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2002456

vendredi 15 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2002456
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantPAILLARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Par une requête, enregistrée le 6 juillet 2020 sous le n° 2002456, et des mémoires enregistrés le 8 février 2021, Mme D F, M. E C et l'association darnétalaise pour l'environnement et la protection de la terre (ADEPT), représentés par Me Emmanuel Paillard, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 mars 2020 n° PC 76212 19 M0023 par lequel le Maire de la commune de Darnétal a délivré un permis de construire à la société DIFO pour la construction d'un magasin situé 4 rue de l'Avalasse à Darnétal (76160) sur la parcelle AK 72 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Darnétal et de la société DIFO la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir ;

- le dossier de permis de construire comporte une ambiguïté sur l'identité du pétitionnaire ;

- il est incomplet au regard des prescriptions de l'article R.431-8 du code de l'urbanisme dès lors que la notice n'est pas proportionnée au projet, qu'elle n'est pas suffisamment étayée s'agissant de l'état initial du terrain et de ses abords, de l'insertion du projet dans son environnement et l'aménagement des accès au terrain et aux constructions n'est pas davantage argumenté et le parti architectural et son insertion dans son environnement ne sont pas suffisamment définis ;

- le document PC 36 exigible en cas de projet de construction d'une surface de vente comprise entre 300 et 1 000 m² dans une commune de moins de 20 000 habitants n'est pas joint au dossier ;

- le plan PC2 fait apparaître une limite de l'axe de ruissellement des eaux qui ne concorde pas avec celle résultant des documents du plan local d'urbanisme, et omet de reproduire la zone d'expansion des ruissellements qui se superpose avec une partie du bâtiment ;

- la notice de sécurité fait état en page 6 d'une réserve incendie d'une capacité de 60 m3, alors que le plan de masse PC2 indique une réserve incendie de 120 m3 ;

- la notice descriptive du projet fait état de 76 places de stationnement, alors que l'on en décompte que 74 et deux emplacements pour caddies sur le plan de masse ;

- la notice descriptive indique que le bâtiment sera d'une hauteur de 6 mètres, avec quelques parties rehaussées à 6,5 mètres, alors qu'il ressort clairement du plan des façades PC5 que les rehaussements pourront atteindre 7 mètres et que la hauteur des remblais nécessaires pour l'implantation du bâtiment n'est pas prise en compte ;

- le plan PC3 fait apparaître une hauteur de bâtiment calculée à partir du terrain naturel de 8,5 mètres alors que la notice descriptive mentionne que le bâtiment sera d'une hauteur de 6 mètres ;

- la notice descriptive PC4 du projet indique que l'accès sera commun à la future station, alors que le projet ne présente aucune station de carburant ou de lavage ;

- le pétitionnaire a omis de cocher dans le formulaire cerfa de demande la case indiquant que le projet " porte sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration en application du code de l'environnement " alors qu'il est soumis à déclaration au titre de la loi sur l'eau ;

- l'arrêté est entaché d'erreur de droit dès lors qu'il a été pris sur le fondement du plan local d'urbanisme approuvé en 2016, alors que c'est le plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie approuvé le 13 février 2020 qui lui était opposable ;

- à supposer même que le plan local d'urbanisme intercommunal n'ait pas été opposable à la date de délivrance du permis de construire, l'absence de sursis à statuer sur la demande de permis de construire en application de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme entache l'arrêté d'erreur manifeste d'appréciation ;

- en application de l'article 1 de la zone UXM désormais applicable à la parcelle en cause, seules les constructions d'artisanat et de commerce de détail ainsi que les activités de service de moins de 500 m² sont autorisées ;

- le projet situé en aléa fort selon le PPRI applicable sur la commune méconnaît les dispositions de l'article 6-B du livre 1 du règlement du PLUI approuvé le 13 février 2020 ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme dès lors qu'un projet tricolore en métal d'une hauteur de 6 mètres ne s'insère pas dans son environnement qui est une zone environnementale sensible, présentant un intérêt écologique certain ;

- en méconnaissance de l'article R. 111-2 du même code, l'arrêté ne prévoit pas de prescriptions spéciales suffisantes au regard des risques de ruissellement et d'inondation présents sur la parcelle ;

- en méconnaissance de l'article R. 111-2 du même code, la construction dudit bâtiment à proximité d'un axe routier complexe sans aménagement spécifique et sans prévoir le passage des cyclistes, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le projet méconnaît l'article 11 de la zone UZ du PLU de 2016 relatif à l'insertion du projet ;

- le projet méconnaît l'article 12 de la zone UZ du PLU de 2016 relatif aux espaces verts et aux plantations, la localisation des plantations sur le parking n'étant pas précisée ;

Par un mémoire en défense enregistré le 21 septembre 2020, la commune de Darnétal conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- l'appréciation de l'intérêt à agir des requérants est laissée au tribunal ;

- la notification de la requête au pétitionnaire n'est pas connue de la commune ;

- le Plan Local d'Urbanisme de la Métropole Rouen Normandie est devenu opposable depuis le 13 mars 2020, la date de publication dans un journal diffusé dans le département devant être prise en compte ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Une invitation à présenter des observations sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme a été adressée aux parties le 24 juin 2022.

Par un mémoire enregistré le 28 juin 2022, Mme D F, M. E C et l'association darnétalaise pour l'environnement et la protection de la terre (ADEPT) ont répondu à cette invitation. Ils font valoir qu'eu égard à l'ampleur de la modification nécessaire à la régularisation du projet, il ne peut être fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

II- Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2020 sous le n° 2002826, et un mémoire enregistré le 21 avril 2021, la Fédération France Nature Environnement (FNE) et l'Association Effet de Serre Toi-Même, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 mars 2020 n° PC 76212 19 M0023 par lequel le Maire de la commune de Darnétal a délivré un permis de construire à la société DIFO pour la construction d'un magasin situé 4 rue de l'Avalasse à Darnétal (76160) sur la parcelle AK 72.

2°) de mettre à la charge de la commune de Darnétal et de la société DIFO la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- elles ont intérêt à agir ;

- le dossier de permis de construire comporte une ambiguïté sur l'identité du pétitionnaire ;

- il est incomplet au regard des prescriptions de l'article R.431-8 du code de l'urbanisme dès lors que la notice n'est pas proportionnée au projet, qu'elle n'est pas suffisamment étayée s'agissant de l'état initial du terrain et de ses abords, de l'insertion du projet dans son environnement et l'aménagement des accès au terrain et aux constructions n'est pas davantage argumenté et le parti architectural et son insertion dans son environnement ne sont pas suffisamment définis ;

- le document PC 36 exigible en cas de projet de construction d'une surface de vente comprise entre 300 et 1 000 m² dans une commune de moins de 20 000 habitants n'est pas joint au dossier ;

- le plan PC2 fait apparaître une limite de l'axe de ruissellement des eaux qui ne concorde pas avec celle résultant des documents du plan local d'urbanisme, et omet de reproduire la zone d'expansion des ruissellements qui se superpose avec une partie du bâtiment ;

- la notice de sécurité fait état en page 6 d'une réserve incendie d'une capacité de 60 m3, alors que le plan de masse PC2 indique une réserve incendie de 120 m3 ;

- la notice descriptive du projet fait état de 76 places de stationnement, alors que l'on en décompte que 74 et deux emplacements pour caddies sur le plan de masse ;

- la notice descriptive indique que le bâtiment sera d'une hauteur de 6 mètres, avec quelques parties rehaussées à 6,5 mètres, alors qu'il ressort clairement du plan des façades PC5 que les rehaussements pourront atteindre 7 mètres et que la hauteur des remblais nécessaires pour l'implantation du bâtiment n'est pas prise en compte ;

- le plan PC3 fait apparaître une hauteur de bâtiment calculée à partir du terrain naturel de 8,5 mètres alors que la notice descriptive mentionne que le bâtiment sera d'une hauteur de 6 mètres ;

- la notice descriptive PC4 du projet indique que l'accès sera commun à la future station, alors que le projet ne présent aucune station de carburant ou de lavage ;

- le pétitionnaire a omis de cocher dans le formulaire cerfa de demande la case indiquant que le projet " porte sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration en application du code de l'environnement " alors qu'il est soumis à déclaration au titre de la loi sur l'eau ;

- l'arrêté est entaché d'erreur de droit dès lors qu'il a été pris sur le fondement du plan local d'urbanisme approuvé en 2016, alors que c'est le plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie approuvé le 13 février 2020 qui lui était opposable ;

- à supposer même que le plan local d'urbanisme intercommunal n'ait pas été opposable à la date de délivrance du permis de construire, l'absence de sursis à statuer sur la demande de permis de construire en application de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme entache l'arrêté d'erreur manifeste d'appréciation ;

- en application de l'article 1 de la zone UXM désormais applicable à la parcelle en cause seules les constructions d'artisanat et de commerce de détail ainsi que les activités de service de moins de 500 m² sont autorisées ;

- le projet situé en aléa fort selon le PPRI applicable sur la commune méconnaît les dispositions de l'article 6-B du livre 1 du règlement du PLUI approuvé le 13 février 2020 ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors qu'un projet tricolore en métal d'une hauteur de 6 mètres ne s'insère pas dans son environnement qui est une zone environnementale sensible, présentant un intérêt écologique certain ;

- en méconnaissance de l'article R. 111-2 du même code, l'arrêté ne prévoit pas de prescriptions spéciales suffisantes au regard des risques de ruissellement et d'inondation présents sur la parcelle ;

- en méconnaissance de l'article R. 111-2 du même code, la construction du bâtiment à proximité d'un axe routier complexe sans aménagement spécifique et sans prévoir le passage des cyclistes, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le projet méconnaît l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 septembre 2020, la commune de Darnétal conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- les requérantes n'ont pas intérêt à agir ;

- la notification de la requête au pétitionnaire n'est pas connue de la commune ;

- le Plan Local d'Urbanisme de la Métropole Rouen Normandie est devenu opposable depuis le 13 mars 2020, la date de publication dans un journal diffusé dans le département devant être prise en compte ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Une invitation à présenter des observations sur l'application des dispositions de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme a été adressée aux parties le 24 juin 2022.

Par un mémoire enregistré le 28 juin 2022, la Fédération France Nature Environnement (FNE) et l'Association Effet de Serre Toi-Même ont répondu à cette invitation. Ils font valoir qu'eu égard à l'ampleur de la modification nécessaire à la régularisation du projet, il ne peut être fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

-le code de l'environnement ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le plan local d'urbanisme de la Métropole Rouen Normandie ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de M. Dujardin, rapporteur public,

- les observations de Me Paillard pour Mme D F, M. E C et l'association darnétalaise pour l'environnement et la protection de la terre,

- les observations de Mme A pour la Fédération France Nature Environnement (FNE) et l'Association Effet de Serre Toi-Même.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D F, M. E C et l'association darnétalaise pour l'environnement et la protection de la terre (ADEPT) demandent l'annulation de l'arrêté du 5 mars 2020 n° PC 76212 19 M0023 par lequel le maire de la Commune de Darnétal a délivré un permis de construire à la société DIFO pour la construction d'un magasin situé 4 rue de l'Avalasse à Darnétal (76160) sur la parcelle AK 72. Par une requête distincte, la Fédération France Nature Environnement (FNE) et l'Association Effet de Serre Toi-Même demandent l'annulation du même arrêté. Ces requêtes enregistrées sous les n° 2002456 et 2002826 qui portent sur le même arrêté et qui sont présentées dans des termes similaires, ont fait l'objet d'une instruction commune. Il convient de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les fins de non-recevoir présentées dans les deux requêtes tirées de la méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme :

2. Les requérants ont produit dans les deux instances, la preuve de la notification des recours contentieux des 6 et 17 juillet 2020 à la commune de Darnetal et à la société Difo dans le délai imparti par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Par suite, les fins de non-recevoir tirées de la méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doivent être écartées.

Sur les fins de non-recevoir opposée par la commune de Darnétal s'agissant de l'intérêt à agir des requérants:

3. S'agissant de la requête n° 2002456, il ressort des pièces du dossier que M. et Mme C sont voisins immédiats du projet et qu'ils auront une vue directe sur la construction qui compte tenu de ses dimensions et de sa destination, affectera les conditions de jouissance de leur bien. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner l'intérêt à agir des autres requérants, la requête est recevable.

4. La fédération " France nature environnement Normandie ", agréée au titre de l'article L. 141-1 du code de l'environnement, a pour objet statutaire " la protection, la conservation, la restauration et l'étude de la nature, la faune, la flore, des espaces naturels, du patrimoine, de la diversité et des équilibres écologiques fondamentaux, de l'eau, de l'air, des sols, des sites, du patrimoine normand, de l'urbanisme, des paysages naturels et bâtis et du cadre de vie de Normandie et d'autres régions voisines ". Au regard de cet objet et des dispositions de l'article L. 142-1 du code de l'environnement, elle est recevable à attaquer le permis de construire. Par suite et alors même que l'Association Effet de Serre Toi-Même a un objet statutaire trop général visant à la sensibilisation au dérèglement climatique, à l'incitation en matière énergétique et au dialogue avec les institutions pour la diminution des émissions de gaz à effet de serre et à la diminution des énergies fossiles, pour disposer d'un intérêt à contester l'arrêté en litige, la requête n° 2002826 est recevable.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la règlementation applicable :

5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 153-23 du code de l'urbanisme : " Lorsque le plan local d'urbanisme porte sur un territoire couvert par un schéma de cohérence territoriale approuvé, il est exécutoire dès lors qu'il a été publié et transmis au préfet dans les conditions définies aux articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales rendu applicable aux établissements publics de coopération intercommunale par l'article L. 5211-3 du même code : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature ".

6. Il résulte des dispositions des articles L. 153-23 du code de l'urbanisme et L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales citées ci-dessus que, dans les communes couvertes par un schéma de cohérence territoriale approuvé, la délibération approuvant un plan local d'urbanisme entre en vigueur dès lors qu'elle a été publiée et transmise au représentant de l'Etat dans le département. Elle est ainsi exécutoire à compter de la date la plus tardive entre la date de publication et la date de transmission au représentant de l'Etat. S'il résulte des dispositions réglementaires des articles R. 123-24 et R. 123-25 du code de l'urbanisme que cette délibération doit faire l'objet d'un affichage pendant un mois et que cet affichage doit être mentionné de manière apparente dans un journal diffusé dans le département, le respect de cette durée d'affichage et celui de cette obligation d'information par voie de presse sont sans incidence sur la détermination de la date d'entrée en vigueur du plan local d'urbanisme.

7. En l'espèce la délibération approuvant le PLUi de la Métropole Rouen Normandie a été transmise en préfecture le 21 février 2020 et l'affichage a été effectué le même jour selon le tampon apposé sur la délibération elle-même. Cette dernière date n'est au demeurant pas contestée. Contrairement à ce que soutient le maire de la commune de Darnétal, la publication dans un journal diffusé dans le département est sans incidence sur la détermination de l'entrée en vigueur du plan local d'urbanisme. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que la légalité du permis de construire en litige devait être appréciée au regard des dispositions du PLUi de la Métropole Rouen Normandie.

En ce qui concerne le respect de l'article 1 de la zone UXM du règlement du PLUi de la Métropole Rouen Normandie :

8. Aux termes de l'article 1 de la zone UXM du règlement du PLUi de la Métropole Rouen Normandie qui définit les limitations à l'utilisation des sols sur la zone, l'article 1.2 prévoit notamment que : " Peuvent être autorisées sous condition : ()En dehors du secteur indicé " ci ", où ces destinations sont interdites, les constructions, installations et aménagements à usage de commerce et d'activité de service suivants : () Les constructions d'artisanat et de commerce de détail ainsi que les activités de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle de moins de 500 m² de surface de plancher, ce seuil est de 1500 m² maximum

dans les secteurs indicés " c " () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que le projet en cause consiste en la construction d'un magasin sur la parcelle AK72 classée en zone UXM du PLUi d'une surface de plancher, notamment indiquée sur le plan de masse PC2 (3), de 1 882 m². Une telle superficie est bien supérieure à la surface de plancher admise pour les commerces de détail en application des dispositions citées au point précédent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1 de la zone UXM du PLUi doit être accueilli.

10. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision attaquée.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

11. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

12. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

13. En l'espèce, d'une part, le vice affectant l'ensemble du projet, il ne peut être fait application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme. D'autre part, la suppression du vice qui entache le permis de construire aurait pour effet de réduire la surface de plancher du magasin de 1 882 m² à 500 m² et corrélativement, de réduire la surface de vente dans des proportions drastiques. Une telle modification, eu égard à son ampleur et compte tenu de la nature du projet qui consiste en la réalisation d'un commerce de 3ème catégorie de type M, est de nature à apporter au projet initial un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, il n'y a pas lieu de surseoir à statuer dans l'attente d'une éventuelle régularisation.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 5 mars 2020 n° PC 76212 19 M0023 par lequel le maire de la commune de Darnétal a délivré un permis de construire à la société DIFO pour la construction d'un magasin situé 4 rue de l'Avalasse à Darnétal (76160) sur la parcelle AK 72.

Sur les frais liés au litige :

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire de la commune de Darnétal et de la société DIFO la somme de 1 500 euros à verser à Mme D F, M. E C et l'association darnétalaise pour l'environnement et la protection de la terre (ADEPT) sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a en revanche pas lieu de mettre à la charge solidaire de la commune de Darnétal et de la société DIFO la somme que la Fédération France Nature Environnement (FNE) et à l'Association Effet de Serre Toi-Même demandent sur le même fondement.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 5 mars 2020 n° PC 76212 19 M0023 par lequel le maire de la commune de Darnétal a délivré un permis de construire à la société DIFO est annulé.

Article 2 : La commune de Darnétal et de la société DIFO verseront solidairement la somme de 1 500 euros à Mme D F, M. E C et l'association darnétalaise pour l'environnement et la protection de la terre (ADEPT) sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la Fédération France Nature Environnement (FNE) et à l'Association Effet de Serre Toi-Même sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D F, M. E C et l'association darnétalaise pour l'environnement et la protection de la terre (ADEPT), à Me Paillard, à la Fédération France Nature Environnement (FNE), à l'Association Effet de Serre Toi-Même, à la société DIFO et à la commune de Darnétal.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Catherine Boyer, présidente,

Mme Clémence Galle, première conseillère,

Mme Eugénie Garona, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.

La présidente- rapporteure,

Signé :

C. B

L'assesseure la plus ancienne,

Signé :

C. Galle

Le greffier,

Signé :

N. Boulay

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2002456 - 2002826

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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