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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2002869

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2002869

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2002869
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantLENGLET, MALBESIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 23 juillet 2020, 7 janvier 2021, 8 avril 2022 et 6 juillet 2022, M. N R, Mme Q J, Mme F S, M. I L, M. O Le Prince, Mme P H, M. K D et Mme G B, représentés par Me Verilhac, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2020 par lequel la maire de la commune de Mont-Saint-Aignan a délivré à M. E un permis de construire pour la construction de deux maisons d'habitation individuelles, sur un terrain d'assiette situé 16 rue de Sébastopol, cadastré section AN nos 546 et 703 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2020 par lequel la maire de la commune de Mont-Saint-Aignan a délivré à M. E un permis de construire modificatif pour la construction de deux maisons d'habitation individuelles, sur un terrain d'assiette situé 16 rue de Sébastopol, cadastré section AN nos 546 et 703, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux ;

3°) d'annuler l'arrêté du 4 février 2022 par lequel la maire de la commune de Mont-Saint-Aignan a délivré à M. E un permis de construire modificatif pour la construction de deux maisons d'habitation individuelles, sur un terrain d'assiette situé 16 rue de Sébastopol, cadastré section AN nos 546 et 703, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Mont-Saint-Aignan une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils justifient d'un intérêt à agir ;

L'arrêté du 21 janvier 2020 :

- est illégal au regard des articles R. 431-4 et R. 431-8 du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de demande de permis de construire est incomplet ;

- a été pris en violation de l'article U 3.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan dès lors que le projet en cause ne permet aucun accès des services de secours à l'intérieur de la parcelle ;

- a été pris en violation de l'article U 3.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan compte tenu de l'implantation des maisons par rapport à la voie publique, rendant nécessaire une manœuvre sur la voie publique pour entrer dans les garages ;

- a été pris violation de l'article U 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan dès lors que la maison n° 1 aurait dû être implantée en recul par rapport à l'emprise de la voie publique ;

- a été pris en violation de l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan dès lors que le projet est de nature à porter atteinte au site et aux paysages du quartier Saint André ;

- a été pris en violation de l'article U 11.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan dès lors qu'aucun traitement paysager n'est prévu s'agissant de la maison n° 2 ; en outre, le mur de clôture projeté ne présentera pas de caractéristiques similaires au mur de clôture existant ;

- a été pris en violation de l'article 13.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan dès lors que les espaces non bâtis ne feront l'objet d'aucun traitement paysager, ou à tout le moins d'un traitement paysager insuffisant ;

- a été pris en violation de l'article 13.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan dès lors que les plantations existantes ne sont ni maintenues, ni remplacées, et que l'essence des quatre arbres dont la plantation est prévue au projet, sans que les emplacements soient indiqués, n'est pas précisée ;

- est entaché d'un détournement de pouvoir, ou à tout le moins d'un détournement de procédure ;

L'arrêté du 28 septembre 2020 :

- a été pris en violation de l'article U 3.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan ;

- a été pris en violation de l'article U 13.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan et de l'article 5.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie ;

- a été pris en violation de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie ;

- a été pris en violation de l'article 4.1.6 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie ;

L'arrêté du 4 février 2022 :

- a été pris en violation de l'article U 3.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan ;

- a été pris en violation de l'article U 13.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan et de l'article 5.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie ;

- a été pris en violation de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie ;

- a été pris en violation de l'article 4.1.6 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 novembre 2020 et 24 mars 2021, la commune de Mont-Saint-Aignan, représentée par la SELARL Pierre-Xavier Boyer, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer dans l'attente de la délivrance d'un permis de construire modificatif jugée nécessaire par le tribunal, et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 novembre 2020, 3 décembre 2021, M. M E, représenté par Me Malbesin, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et, à titre subsidiaire, de surseoir à statuer sur la requête en attente de la production de l'arrêté de la maire de la commune de Mont-Saint-Aignan statuant sur le dossier de permis modificatif déposé le 3 décembre 2021.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté contesté ;

- la requête est irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme s'agissant de M. R, Mme J, Mme S, Mme H, M. D et Mme B ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Une ordonnance a fixé une clôture d'instruction immédiate le 24 août 2022, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

Un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2022 pour la commune de Mont-Saint-Aignan, n'a pas été communiqué.

Par une lettre du 7 septembre 2022, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme pour permettre la régularisation des vices tirés de la méconnaissance, par l'ensemble des permis contestés, des articles 4.1.1, 4.1.3 et 4.1.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie dès lors que le traitement des ouvertures et des façades retenu, qui seront visibles depuis les rues de Sébastopol et Mazurier, ne permet pas de respecter la cohérence de l'ensemble bâti d'intérêt patrimonial voisin ni, plus généralement, d'assurer l'insertion harmonieuse des deux immeubles dans le bâti environnant dominant, et de la méconnaissance, par les permis modificatifs, de l'article 4.1.6 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie dès lors que les permis modificatifs des 28 septembre 2020 et 4 février 2022 prévoient que le mur existant et la clôture le surmontant côté rue Mazurier, excèdent une hauteur de 1,80 mètre.

M. Le Prince et autres et M. E ont, chacun, présenté des observations enregistrées le 4 octobre 2022, sur l'application éventuelle de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme pour la régularisation de ces vices, qui ont été communiquées aux parties à l'instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan ;

- le règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme T,

- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,

- et les observations de Me Verilhac, représentant M. Le Prince et autres, celles de Me Quevremont, substituant Me Boyer, représentant la commune de Mont-Saint-Aignan, ainsi que celles de Me Malbesin, représentant M. E.

Une note en délibéré, non communiquée, présentée par M. E, a été enregistrée le 13 octobre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 21 janvier 2020, la maire de la commune de Mont-Saint-Aignan a délivré à M. E un permis de construire pour la construction de deux maisons d'habitation individuelles, sur un terrain d'assiette situé 16 rue de Sébastopol, cadastré section AN nos 546 et 703. Par arrêtés des 28 septembre 2020 et 4 février 2022, la maire de la commune a délivré à M. E des permis de construire modificatifs relatifs à ce projet. Par leur requête, M. Le Prince et autres demandent l'annulation, dans le dernier état de leurs écritures, des arrêtés des 21 janvier 2020, 28 septembre 2020 et 4 février 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les fins de non-recevoir opposées par le pétitionnaire :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation, du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. () ".

3. Mme B, Mme J, Mme S, M. R et M. D établissent, par la production de leurs avis d'imposition au titre de la taxe foncière de 2019, être propriétaires de biens immobiliers respectivement situés 23 rue de Sébastopol, 4 b rue Mazurier, 19 rue de Sébastopol, 21 rue de Sébastopol et 1 rue Mazurier. En outre, Mme H produit une attestation notariale de ce que la SCI dont elle est gérante est propriétaire d'un bien immobilier situé 6 rue Mazurier, adresse mentionnée comme son " domicile personnel " sur l'extrait Kbis produit au dossier.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Il appartient ensuite au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.

6. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

7. En l'espèce, Mme S, M. L et M. Le Prince sont propriétaires de parcelles situées en vis-à-vis du terrain d'assiette en projet en cause et peuvent ainsi être regardés comme des voisins immédiats du projet. Ce projet consiste en la démolition d'une maison d'habitation de 66 m² et la construction, d'une part, à l'alignement de la voie publique dans la rue de Sébastopol, d'une maison d'habitation de 380,52 m² implantée le long de la rue sur toute la longueur de la parcelle, soit sur 24,21 m, et composée d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée, ainsi que d'un niveau R+1 et d'un garage à deux places, également alignés sur la rue, et, d'autre part, côté rue Mazurier, d'une maison d'habitation de 284,16 m² composée d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée et d'un niveau R+1, d'une hauteur totale de 7,15 m. A invoquant notamment les vues qu'ils auront depuis leurs propriétés, l'ensemble des requérants font état d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction qui sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs propriétés, aucun élément contraire n'étant apporté en défense pour contester la réalité de cette atteinte.

8. Il suit de là que les fins de non-recevoir opposées par M. E doivent être écartées.

En ce qui concerne la légalité des permis de construire contestés :

9. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure les respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Il peut, de même, être régularisé par un permis modificatif si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par le permis initial a été entretemps modifiée. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

S'agissant des moyens dirigés contre les dispositions du permis de construire initial qui n'ont pas été modifiées par les permis de construire modificatifs délivrés ultérieurement :

10. En premier lieu, aux termes de l'article U 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan, dans sa version alors en vigueur : " Lorsqu'il existe un alignement de fait, il doit être respecté. / Un alignement de fait se définit par la succession sur un même côté de la voie de plus de quatre constructions qui observent la même implantation par rapport à la limite d'emprise publique. / Dans les autres cas, les règles suivantes s'appliquent : / 6.1 Secteurs Ua, Ud, Ue, Uf / La construction doit être implantée avec un recul de 5.00 mètres minimum par rapport à l'emprise publique. () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que du même côté de la voie que la parcelle en cause, rue de Sébastopol, se trouvent, à tout le moins, cinq constructions qui observent la même implantation par rapport à la limite d'emprise publique, ces constructions étant toutes implantées en alignement de la voie publique. Ainsi, il existe un alignement de fait au sens des dispositions précitées de l'article U 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan. Dans ces conditions, en prévoyant que la maison n° 1 soit également implantée en alignement de la voie publique, le projet en cause ne méconnaît pas ces mêmes dispositions. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article U 3.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan, dans sa version alors en vigueur : " Conditions de desserte des terrains / 3.1 Accès / () Les accès doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux règles minimales de desserte, aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civil et être adaptés à l'opération future. () ".

13. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort du plan du rez-de-chaussée du projet en cause annexé à la demande de permis de construire initial qu'un accès à la parcelle depuis la voie publique est prévu côté rue de Sébastopol et mesure 3,42 mètres de large. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la défense extérieure contre l'incendie a émis, le 2 janvier 2020, un avis favorable au projet. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U 3.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan doit, dès lors et s'agissant de l'accès côté rue Sébastopol, être écarté.

14. En dernier lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le permis de construire initial en litige serait entaché d'un détournement de pouvoir ou de procédure. Aucune pièce du dossier ne permet davantage d'établir que ce permis serait entaché de fraude. Ce moyen doit, dès lors et en tout état de cause, être écarté.

S'agissant des moyens dirigés contre les dispositions du permis de construire initial modifiées par les permis de construire modificatifs :

15. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; () " et aux termes de l'article R. 431-8 de ce code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ".

16. Il ressort des pièces du dossier que la notice explicative du projet en cause, prévue par les dispositions précitées de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, décrit, dans sa version initiale, de façon succincte tant l'état initial du terrain et de ses abords, les constructions, la végétation et les paysages existants, que les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, et en particulier le traitement des espaces libres. Toutefois, cette notice a fait l'objet d'enrichissements et précisions détaillés dans le cadre de la demande de permis de construire modificatif déposée le 3 décembre 2021 ayant donné lieu à délivrance d'un permis de construire modificatif le 4 février 2022. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 431-4 et R. 431-8 du code de l'urbanisme par le permis de construire initial doit être écarté comme inopérant.

17. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort du plan du rez-de-chaussée du projet en cause annexé à la demande de permis de construire initial qu'un accès à la parcelle depuis la voie publique est prévu côté rue Mazurier, et mesure 12,99 mètres de large, cet accès ayant été réduit par le permis de construire modificatif du 4 février 2022 à 5 mètres. Ainsi, alors en outre qu'il respecte les trois mètres minimums recommandés par le service départemental d'incendie et de secours, distance au demeurant non obligatoire, l'accès au projet répond aux exigences de la défense contre l'incendie. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U 3.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan doit, dès lors et s'agissant de l'accès côté rue Mazurier, être écarté comme inopérant.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article U 3.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan, dans sa version alors en vigueur : " Les accès doivent être aménagés d'une part en respectant les plantations et talus existants, d'autre part de telle manière que : / - la visibilité soit suffisante ; / - les véhicules automobiles puissent entrer et sortir des propriétés sans avoir à effectuer de manœuvres sur la voirie ; / - l'espace neutralisé sur les voies publiques pour la réalisation des accès soit minimisé. ". Aux termes de l'article 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie : " Les voies de desserte nouvelles sont adaptées à la topographie et à la configuration du terrain, en cohérence avec le fonctionnement de la trame viaire environnante. / Elles présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet situé sur le terrain à desservir, et notamment à la nature et à l'intensité du trafic qu'il génère. Elles permettent la circulation et l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie et de collecte des ordures ménagères et assimilés. () ".

19. En l'espèce, les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie ne prévoient pas que " les véhicules automobiles puissent entrer et sortir des propriétés sans avoir à effectuer de manœuvres sur la voirie ". Dans ces conditions, à supposer même qu'une marche arrière soit nécessaire pour accéder à la parcelle en cause, cette irrégularité a en tout état de cause été régularisée par la seule entrée en vigueur du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U 3.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan doit, dès lors et en tout état de cause, être écarté.

20. En quatrième lieu, aux termes de l'article U 11.2.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan, dans sa version alors en vigueur : " Clôture, mur, portail / L'édification des clôtures est soumise à autorisation en bordure du domaine public. / Les limites de parcelle sur rue peuvent être clôturées ; dans le cas contraire, un aménagement paysager est obligatoire. / () Lorsque la clôture intègre une séquence déjà bâtie, représentant une unité architecturale, il est imposé un type de clôture identique aux clôtures existantes ou présentant des caractéristiques similaires. () ".

21. S'il ressort des pièces du dossier que le permis de construire initial ne prévoyait pas l'édification d'une clôture s'agissant de la maison n° 2, côté rue Mazurier ni d'aménagement paysager au sens des dispositions précitées, le permis de construire modificatif daté du 4 février 2022 prévoit toutefois que le mur de clôture et de soutènement existant côté rue Mazurier " sera conservé sur l'ensemble de sa longueur, à l'exception d'une interruption de 5m ", que ce mur de clôture " sera entretenu et restauré de manière traditionnelle " et que " la séquence d'entrée sera paysagée ", " la végétalisation de celle-ci [permettant] d'apporter une véritable qualité d'agrément à la rue ". Dans ces conditions, le permis de construire modificatif mentionné ci-dessus doit être regardé comme ayant régularisé l'irrégularité dont le permis de construire initial était entaché. Cette irrégularité ainsi régularisée ne peut plus être utilement invoquée à l'appui des conclusions à fin d'annulation dirigées contre le permis initial. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

22. En cinquième lieu, aux termes de l'article U 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan, dans sa version alors en vigueur : " Espaces libres, aires de loisirs et plantations / Les espaces non bâtis de chaque parcelle, les espaces communs et les aires de stationnement doivent faire l'objet d'un traitement paysager et ne peuvent être occupés même à titre provisoire, par des dépôts d'objets, emballages, matériaux et matériels de rebut. / Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées. Les fossés et talus doivent être maintenus ou recomposés en cas de modification dès lors qu'ils présentent un intérêt paysager ou technique (retenues de terres, récupération des eaux pluviales, etc). L'utilisation d'essences locales est à privilégier. ". Aux termes de l'article 5 du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, applicable aux permis de construire modificatifs : " () L'implantation des constructions doit respecter les arbres existants sur le terrain. Ceux qui ne peuvent être maintenus doivent être remplacés par un nombre au moins égal d'arbres. () ".

23. S'il ressort des pièces du dossier que le permis de construire initial ne prévoyait pas d'aménagement paysager au sens des dispositions précitées, le permis de construire modificatif daté du 4 février 2022 prévoit toutefois un tel aménagement paysager, qu'il détaille. Il est notamment précisé dans la notice de ce permis de construire modificatif que " les quatre arbres de moyennes tiges supprimées initialement seront replantés ", que " 7 arbres abattus seront replantés dans le cadre du projet ", que les " six arbres tiges à l'angle de la rue Mazurier côté sud sont bien évidemment conservés ", et qu' " afin d'inscrire le projet dans une logique paysagère de qualité, et d'intégration par rapport aux parcelles limitrophes, il sera créé un aménagement paysagé sur l'ensemble de l'unité foncière avec pour fil conducteur un aspect de quiétude " et que pour ce faire, " il sera planté 10 arbres de moyennes tiges répartis sur l'ensemble de la parcelle ". Dans ces conditions, le permis de construire modificatif mentionné ci-dessus doit être regardé comme ayant régularisé l'irrégularité dont le permis de construire initial était entaché. Cette irrégularité ainsi régularisée ne peut plus être utilement invoquée à l'appui des conclusions à fin d'annulation dirigées contre le permis initial. De plus, l'aménagement paysager prévu par les permis de construire modificatifs en litige, dont il n'est pas sérieusement contesté qu'il procède au maintien ou au remplacement des plantations existantes, par un nombre au moins égal, ne méconnaît pas les dispositions précitées de l'article 5 du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.

24. Toutefois, en dernier lieu, aux termes de l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan alors applicable : " Le permis de construire peut être refusé, ou n'être accordé que sous réserve de prescriptions spéciales, si les constructions, par leur situation, leur architecture, leur dimension ou l'aspect extérieur des bâtiments à édifier et de leurs abords, sont de nature à porter atteinte au site et aux paysages ". Aux termes de l'article 4.1.1 du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, applicable à la date des permis de construire modificatifs : " Les constructions, installations ou aménagements, tant du point de vue de leur situation, de leur volume que de leur aspect, ne doivent porter atteinte ni au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, ni aux perspectives monumentales et doivent s'insérer harmonieusement au bâti et au paysage environnants en tenant compte de leur caractère dominant. / Les bâtiments présentant un long linéaire sur voie doivent présenter une division en séquences de la façade voire de la toiture afin de prolonger le rythme du bâti environnant. / La conception du projet limitera fortement la création du mur pignon aveugle important, visible dans la perspective des voies, et notamment aux abords des angles de rue afin d'en réduire l'impact et également vis-à-vis de la limite séparative latérale. ". En outre, l'article 4.1.3 de ce règlement, relatif aux façades, prévoit que : " () Le traitement des rez-de-chaussée sur voie (notamment les rez-de-chaussée aveugles) ne doit pas nuire à l'ambiance de la rue ou à son animation. / Les constructions des rez-de-chaussée sur voie (notamment les rez-de-chaussée aveugles) ne doit pas nuire à l'ambiance de la rue ou à son animation. / () Les façades doivent être composées, notamment par le rythme et la proportion de leurs ouvertures, pour tenir compte des caractères dominants du bâti environnant. () ". Enfin, l'article 4.1.4 du même règlement, relatif aux toitures, dispose que : " Les toitures doivent s'insérer harmonieusement dans le bâti environnant en tenant compte de ses caractères dominants. () ".

25. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants au sens des dispositions précitées, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité des lieux avoisinants du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

26. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies produites par les requérants ainsi que des photographies du reportage joint à la demande de permis de construire en cause, que le projet en litige doit être réalisé dans la partie basse du quartier de Saint André. Ce quartier, et en particulier les rues de Sébastopol et Mazurier, est composé d'un ensemble bâti cohérent caractérisé par des façades de briques et silex jointoyés avec du mortier de chaux, et des toitures en ardoises présentant des pentes. En outre, quatre constructions situées entre 50 mètres et 100 mètres du terrain d'assiette du projet font l'objet d'une protection moyenne au titre du patrimoine bâti dans le cadre du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie. Il ressort également des pièces du dossier que sont présentes dans ce quartier plus de quatre-vingt-dix maisons présentant le même style de bâti traditionnel et seulement une dizaine de maisons de style moderne.

27. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, notamment de la notice jointe au permis de construire modificatif du 4 février 2022, que les constructions projetées, d'aspect résolument contemporain et visibles depuis la rue, sont constituées de trois volumes cubiques superposés. Elles présentent des façades massives sans ouverture, la façade de la première maison côté rue de Sébastopol se composant d'un parement en brique d'une teinte rouge similaire à la brique existante, le pignon de la maison donnant sur la rue Mazurier présentant quant à lui un enduit blanc de finition gratté fin, sans correspondance avec le bâti environnant dominant existant. Il est en outre constant que la maison donnant sur la rue de Sébastopol, qui présente un long linéaire sur voie d'environ vingt mètres, ne fait pas l'objet de divisions en séquences. Par suite, le traitement retenu des ouvertures et des façades, qui seront visibles depuis les rues de Sébastopol et Mazurier, ne permet pas de respecter la cohérence de l'ensemble bâti d'intérêt patrimonial voisin ni, plus généralement, d'assurer l'insertion harmonieuse des deux immeubles dans le bâti environnant dominant. Il en va de même des projets tels que décrits dans les notices des permis des 28 septembre 2020 et 21 janvier 2020.

28. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des articles U 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan et de l'article 4 du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie doivent être accueillis.

S'agissant du moyen dirigé exclusivement contre les dispositions des permis de construire modificatifs :

29. Aux termes de l'article 4.1.6 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie : " Clôtures / () Le long des voies, publiques ou privées, existantes ou projetées et ouvertes à la circulation / La hauteur maximale des clôtures autorisée est de 1,6 m. A vas de haie végétale, la hauteur maximale autorisée est de 1,8 m. () ". Le lexique du même règlement prévoit que : " Un mur de soutènement ne peut être considéré comme une clôture. ".

30. Il ressort des pièces du dossier que les permis modificatifs des 28 septembre 2020 et 4 février 2022 prévoient que le mur de clôture existant côté rue Mazurier, qui mesure 2,20 mètres, sera surmonté d'une clôture de 1,20 mètres. Toutefois, il n'est pas sérieusement contesté que ce mur constitue, sur sa partie devant être surmonté d'une clôture, un mur de soutènement, le niveau du sol s'élevant à près de 2 mètres plus haut que le niveau du sol à l'endroit de l'accès à la parcelle côté rue Mazurier. Dans ces circonstances particulières, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.1.6 du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie doit être écarté.

31. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation des permis des 21 janvier 2020, 28 septembre 2020 et 4 février 2022.

Sur la demande de sursis à statuer :

32. D'une part, aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. "

33. D'autre part, aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

34. Les dispositions précitées de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ont pour objet de permettre au juge administratif de surseoir à statuer sur une demande d'annulation d'un permis de construire lorsque le vice entraînant l'illégalité de ce permis est susceptible d'être régularisé. Elles ne subordonnent pas, par principe, cette faculté de régularisation à la condition que les travaux autorisés par le permis de construire initial n'aient pas été achevés. Il appartient au juge administratif, pour faire usage des pouvoirs qui lui sont ainsi dévolus, d'apprécier si, eu égard à la nature et à la portée du vice entraînant son illégalité, cette régularisation est possible.

35. Enfin, un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

36. Le vice mentionné aux points 24 à 27 du présent jugement tiré de ce que les permis de construire contestés méconnaissent les dispositions de l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mont-Saint-Aignan et l'article 4 du règlement écrit du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, le projet portant atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants dans lesquels il s'inscrit, d'un intérêt particulier, n'est pas relatif à une partie identifiable du projet en cause. Eu égard à la situation, à la dimension et aux caractéristiques du projet, la régularisation de ce vice implique de revoir l'économie générale du projet et d'y apporter un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dans ces conditions, il ne peut être fait application, ni des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, ni de celles de l'article L. 600-5-1 du même code.

Sur les frais liés au litige :

37. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que la commune de Mont-Saint-Aignan et M. E demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la commune de Mont-Saint-Aignan la somme globale de 1 500 euros à verser aux requérants au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : Les arrêtés des 21 janvier 2020, 28 septembre 2020 et 4 février 2022 par lesquels la maire de la commune de Mont-Saint-Aignan a délivré un permis de construire et des permis de construire modificatifs à M. E sont annulés.

Article 2 : La commune de Mont-Saint-Aignan versera à M. Le Prince et autres la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de la commune de Mont-Saint-Aignan présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Les conclusions de M. E présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. O Le Prince, en sa qualité de représentant unique des requérants, à M. M E et à la commune de Mont-Saint-Aignan.

Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Bailly, présidente,

- Mme T et Mme C, conseillères,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.

La rapporteure,

D. TLa présidente,

P. BaillyLa greffière,

A. Hussein

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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