jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2003097 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | MASSARDIER JULIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 août 2020, M. C B, représenté par Me Massardier, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 27 juillet 2020 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la sanction disciplinaire prononcé le 17 juin 2020 par la commission de discipline du centre de détention de Val-de-Reuil ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, tiré du défaut de mention de la décision de fouille versée au dossier de procédure ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, tiré de l'absence de nécessité et de proportionnalité de la décision de fouille ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n°2009-1436 du 24 novembre 2009 ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B est incarcéré depuis le 14 novembre 2020 et a été écroué au centre pénitentiaire de Val-de-Reuil. Par une décision du 17 juin 2020, la commission de disciplinaire du centre de détention de Val-de-Reuil a prononcé une sanction de dix jours de cellule disciplinaire, avec sursis, actif pendant six mois, à l'encontre de M. B. Par une décision du 27 juillet 2020, la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par M. B contre cette sanction. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette sanction.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : () 10° D'introduire ou tenter d'introduire au sein de l'établissement tous objets, données stockées sur un support quelconque ou substances de nature à compromettre la sécurité des personnes ou de l'établissement, de les détenir ou d'en faire l'échange contre tout bien, produit ou service ; () ". Aux termes de l'article R. 57-7-2 du même code : " Constitue une faute disciplinaire du deuxième degré le fait, pour une personne détenue : 1° De refuser de se soumettre à une mesure de sécurité définie par une disposition législative ou réglementaire, par le règlement intérieur de l'établissement pénitentiaire ou par toute autre instruction de service ou refuser d'obtempérer immédiatement aux injonctions du personnel de l'établissement () ; ". L'article R. 57-7-33 du même code dispose : " Lorsque la personne détenue est majeure, peuvent être prononcées les sanctions disciplinaires suivantes : () / 8° La mise en cellule disciplinaire ". Aux termes de l'article R. 57-7-47 du même code : " Pour les personnes majeures, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré, quatorze jours pour une faute disciplinaire du deuxième degré et sept jours pour une faute disciplinaire du troisième degré. () ".
3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un détenu ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
4. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que M. B a refusé de se soumettre à une fouille intégrale, y compris après qu'il a été amené au bâtiment F de l'établissement pour procéder à cette fouille, et d'autre part, qu'il a spontanément remis au surveillant pénitentiaire un téléphone portable qu'il avait dissimulé sur lui. Ces faits, dont la matérialité n'est pas contestée, constituent respectivement des fautes disciplinaires du deuxième et du premier degré. Si M. B soutient qu'il se servait du téléphone pour envoyer des photographies de ses blessures, alors qu'il a été victime d'une violente agression au centre pénitentiaire ayant conduit à son hospitalisation et pour communiquer avec sa famille, ces circonstances ne sont pas de nature à justifier l'usage interdit d'un téléphone portable en cellule, et sa dissimulation fautive. Ainsi, la sanction de dix jours de cellule disciplinaire, intégralement avec sursis, actif pendant six mois, très inférieure à la sanction maximale encourue pour les fautes commises, ne peut être regardée comme disproportionnée à la gravité des fautes. Par suite, le moyen tiré de la disproportion de la sanction doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 : " () les fouilles intégrales des personnes détenues doivent être justifiées par la présomption d'une infraction ou par les risques que leur comportement fait courir à la sécurité des personnes et au maintien du bon ordre dans l'établissement. Leur nature et leur fréquence sont strictement adaptées à ces nécessités et à la personnalité des personnes détenues. Elles peuvent être réalisées de façon systématique lorsque les nécessités de l'ordre public et les contraintes du service public pénitentiaire l'imposent. Dans ce cas, le chef d'établissement doit prendre une décision pour une durée maximale de trois mois renouvelable après un nouvel examen de la situation de la personne détenue. () ". Et aux termes de l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " En cas d'engagement des poursuites disciplinaires, les faits reprochés ainsi que leur qualification juridique sont portés à la connaissance de la personne détenue. Le dossier de la procédure disciplinaire est mis à sa disposition. () . ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la décision de fouille ne constitue pas le fondement des poursuites, dès lors que la procédure disciplinaire est fondée sur un refus d'obtempérer aux injonctions des membres de l'établissement et sur le fait d'avoir introduit dans l'établissement un téléphone portable. Ainsi, l'absence dans le dossier disciplinaire de la décision de fouille concernant M. B est sans incidence sur la régularité de la procédure disciplinaire, cette décision ne constituant pas le fondement des poursuites. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté comme inopérant.
7. En troisième lieu, la validité de la fouille n'est pas une condition de la régularité de la procédure disciplinaire. Dès lors, la non-conformité de la fouille intégrale dont M. B a fait l'objet le 30 avril 2020 aux dispositions de l'article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2019, ne peut être utilement soulevée pour contester la légalité de la sanction de confinement en cellule disciplinaire. Par suite, le moyen tiré du défaut de nécessité et de proportionnalité de la décision ordonnant la fouille doit être écarté comme inopérant.
8. Il résulte ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de la décision du 27 juillet 2020 de la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
10. La présente instance n'ayant comporté aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées par M. B relatives aux dépens ne peuvent être que rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
Mme D et Mme A, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure,
B. A
La présidente,
P. Bailly La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026