jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2003684 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | CHALOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2022, M. C B, représenté par Me Chalot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 août 2020 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes a confirmé la décision de la commission de discipline de la maison d'arrêt d'Evreux du 28 mai 2020 prononçant à son encontre une sanction de 20 jours de mise en cellule disciplinaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que son dossier disciplinaire n'a pas été communiqué à son conseil malgré une demande en ce sens du 26 mai 2020, ce qui méconnaît l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale ;
- le compte-rendu d'incident ne mentionne pas l'identité de son auteur, en méconnaissance de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, de l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale et de la circulaire du 8 avril 2019 relative au régime disciplinaire des personnes détenues majeures ;
- la décision attaquée est entachée d'illégalité car elle est fondée sur une fouille intégrale qui n'a fait l'objet d'aucune décision administrative, de sorte qu'il n'est pas possible d'apprécier la régularité de la fouille du 23 mai 2020, laquelle a donné lieu au compte-rendu d'incident et aux poursuites disciplinaires à son encontre ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête et fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Galle, conseillère,
- et les conclusions de M. Dujardin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par décision du 28 mai 2020, le président de la commission de discipline de la maison d'arrêt d'Evreux a prononcé à l'encontre de M. B, détenu, la sanction de 20 jours de mise en cellule disciplinaire. Par décision du 28 août 2020 prise sur recours préalable obligatoire du 28 mai 2020, laquelle s'est substituée à la décision du président de la commission de discipline, la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes a confirmé cette sanction.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale, dans sa rédaction applicable au cas d'espèce : " I. - En cas d'engagement des poursuites disciplinaires, les faits reprochés ainsi que leur qualification juridique sont portés à la connaissance de la personne détenue. / La personne détenue est informée de la date et de l'heure de sa comparution devant la commission de discipline ainsi que du délai dont elle dispose pour préparer sa défense. Ce délai ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. / () / III. - La personne détenue, ou son avocat, peut consulter l'ensemble des pièces de la procédure disciplinaire, sous réserve que cette consultation ne porte pas atteinte à la sécurité publique ou à celle des personnes. / () ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, que M. B s'est vu remettre, le 27 mai 2020 à 8h53 les pièces de son dossier. Son avocate a elle-même eu accès à ces pièces le jour de la réunion de la commission de discipline. Les dispositions de l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale ont ainsi été respectées.
4. En deuxième lieu, l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, dispose que : " Dans ses relations avec l'une des autorités administratives mentionnées à l'article premier, toute personne a le droit de connaître le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administratives de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne ; ces éléments figurent sur les correspondances qui lui sont adressées. Si des motifs intéressant la sécurité publique ou la sécurité des personnes le justifient, l'anonymat de l'agent est respecté. ". Les dispositions précitées, qui garantissent à toute personne, dans ses relations avec une autorité administrative, le droit de connaître le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administrative de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne, sont applicables à toutes les procédures dans le cadre desquelles un agent est chargé du traitement d'une affaire, y compris les procédures disciplinaires. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de la décision prise, au terme de la procédure, par l'autorité administrative compétente.
5. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que la circonstance que le compte-rendu d'incident ne mentionne pas l'identité de son auteur est par elle-même sans incidence sur la légalité de la décision du 28 août 2020 par laquelle la directrice des services pénitentiaires de Rennes a rejeté le recours administratif préalable obligatoire contre la sanction disciplinaire du 28 mai 2020.
6. Le requérant soutient toutefois qu'il n'est pas possible d'identifier le rédacteur de ce compte-rendu, et cite les dispositions de l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale qui prévoit que : " En cas de manquement à la discipline de nature à justifier une sanction disciplinaire, un compte rendu est établi dans les plus brefs délais par l'agent présent lors de l'incident ou informé de ce dernier. L'auteur de ce compte rendu ne peut siéger en commission de discipline. ". Il ressort des pièces du dossier que M. B qui a assisté à la commission de discipline, était en mesure de constater par lui-même que l'auteur du compte-rendu d'incident, qui était le surveillant ayant réalisé la fouille au cours de laquelle des stupéfiants ont été découverts sur lui, ne siégeait pas au sein de la commission de discipline. Au demeurant, il ressort de la feuille d'émargement de la commission de discipline du 28 mai 2020 que l'assesseur pénitentiaire était un agent dont la signature est différente de celle de l'auteur du compte-rendu d'incident, M. AF Dapvril, lieutenant. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il n'est pas possible de vérifier que l'auteur du compte-rendu d'incident n'a pas siégé dans la commission de discipline doit être écarté.
7. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : () 11° D'introduire ou tenter d'introduire au sein de l'établissement des produits stupéfiants, ou sans autorisation médicale, des produits de substitution aux stupéfiants ou des substances psychotropes, de les détenir ou d'en faire l'échange contre tout bien, produit ou service ; (). ".
8. Aux termes de l'article 57 de la loi du 29 novembre 2009 : " Les fouilles doivent être justifiées par la présomption d'une infraction ou par les risques que le comportement des personnes détenues fait courir à la sécurité des personnes et au maintien du bon ordre dans l'établissement. Leur nature et leur fréquence sont strictement adaptées à ces nécessités et à la personnalité des personnes détenues. () ".
9. M. B soutient que la décision de sanction qui lui a été infligée le 28 mai 2020, confirmée par la décision de la directrice interrégionale des services pénitentiaires du Grand Ouest en date du 28 août 2020, est entachée d'une illégalité car la décision de procéder à une fouille n'a pas été formalisée par écrit, ce qui ne permet pas d'en vérifier la régularité, alors que cette décision de fouille a donné lieu au compte-rendu d'incident et aux poursuites disciplinaires à son encontre, les produits stupéfiants ayant été trouvés à l'occasion de cette fouille. Toutefois, en l'absence de disposition législative contraire, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire sur les détenus, à laquelle il incombe d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction, peut apporter la preuve de ces faits devant le juge administratif par tout moyen. La conformité des fouilles des cellules aux dispositions de l'article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 visée ci-dessus, ne conditionne pas la validité des preuves recueillies lors de ces fouilles. Par suite, et alors que le requérant ne conteste pas dans la présente instance, pas plus qu'il ne l'a fait au cours de la procédure disciplinaire, que des produits stupéfiants ont bien été trouvés sur lui lors de la fouille du 23 mai 2020, la circonstance que la décision de procéder à la fouille serait, en l'espèce, illégale est, à supposer cette illégalité établie, sans incidence sur la légalité de la sanction disciplinaire et de la décision prise sur recours administratif préalable obligatoire confirmant cette sanction.
10. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a dissimulé un morceau de résine de cannabis de 53 grammes découvert lors d'une fouille à la remontée d'une promenade. S'il a soutenu devant la commission de discipline avoir fait l'objet de menaces et de pression pour transporter ce produit stupéfiant, et s'il continue de soutenir devant le tribunal qu'il a été " contraint " de récupérer " le colis " en cours de promenade pour un tiers, il n'apporte à l'appui de ces affirmations aucun commencement de preuve ni aucune explication circonstanciée sur la nature et la crédibilité et l'auteur des menaces qui l'auraient poussé à dissimuler des produits interdits en détention pour le compte d'un tiers. En outre, le requérant avait déjà été condamné pénalement pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée, qui lui inflige une sanction de 20 jours de mise en cellule disciplinaire, est disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté, alors même que le quantum de cette sanction est le plus élevé prévu par les dispositions de l'article R. 57-7-47 du code de procédure pénale en ce qui concerne les fautes disciplinaires du premier degré.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 28 août 2020 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre des frais liés au litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Chalot, et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
Mme Galle, première conseillère,
Mme Garona, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé :
C. Galle
La présidente,
Signé :
C. Boyer
Le greffier,
Signé :
J-L. Michel
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026