jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2004144 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | SIMON ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 octobre 2020 et 29 juillet 2020, la société civile immobilière de construction vente (SCCV) Isneauville - route de Neufchâtel, représentée par Me Raimbert, demande au tribunal :
1°) de surseoir à statuer dans l'attente d'une décision de la juridiction administrative devenue définitive à l'encontre de la délibération du 13 février 2020 par laquelle le conseil métropolitain de la métropole Rouen Normandie a approuvé le plan local d'urbanisme métropolitain ;
2°) en tout état de cause, d'annuler l'arrêté du 24 mars 2020 du maire de la commune d'Isneauville portant refus de permis de construire, ensemble la décision du 2 août 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre au maire de la commune d'Isneauville de lui délivrer le permis de construire sollicité, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire et dans les mêmes conditions, de procéder à une nouvelle instruction de sa demande et de se prononcer sur celle-ci ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Isneauville la somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l'arrêté du 24 mars 2020 constitue une décision de retrait de la décision implicite de permis tacite dont elle était bénéficiaire depuis le 27 décembre 2019 ;
- l'arrêté a été pris en violation des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'elle n'a pas été préalablement informée par la commune de son intention de procéder au retrait du permis tacite dont elle bénéficiait, ni n'a été invitée à présenter ses observations ;
- il a été pris en violation des articles L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et A. 424-2 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il ne mentionne pas le prénom de son auteur ;
- il est illégal en raison de l'illégalité de la délibération du 13 février 2020 par laquelle le conseil de la métropole Rouen Normandie a approuvé le plan local d'urbanisme de la métropole, cette délibération :
- étant intervenue au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que :
- il n'est pas justifié que les conseillers métropolitains ont été convoqués, en application de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales, au moins dans le délai de cinq jours francs prévu par les dispositions de l'article L. 2121-12 du même code ;
- la note explicative de synthèse transmise avec la convocation à la séance du 13 février 2020 n'a pas permis aux conseillers métropolitains de disposer d'une information suffisante sur le projet soumis à leur approbation, en méconnaissance de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales ;
- rien ne permet d'établir que les conseillers métropolitains ont été rendus destinataires du projet de plan local d'urbanisme métropolitain qui était soumis à leur approbation, en méconnaissance de l'article L. 2121-13 du code de l'urbanisme ;
- il n'est pas justifié par cette délibération que le rapport et les conclusions de la commission d'enquête ont été mises à disposition du public en application des articles L. 123-15 et R. 123-21 du code de l'environnement ;
- la commission d'enquête a insuffisamment motivé son rapport d'enquête, son avis et ses conclusions et n'a pas examiné les observations formulées par le public, ni celles qu'elle a formulées pour ses parcelles, en méconnaissance des articles L. 123-15 et R. 123-19 du code de l'environnement ;
- méconnaissant les dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme, dès lors que les modifications apportées au projet de plan local d'urbanisme intercommunal après l'enquête publique ont porté atteinte à son économie générale et que certaines ne résultaient pas de l'enquête ;
- méconnaissant les dispositions de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme, dès lors qu'elle est incohérente avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables qui prévoient de conforter les pôles de vie ;
- méconnaissant les dispositions " des articles L. 131-4, L. 142-1, L. 141-4 et L. 141-5 " du code de l'urbanisme, dès lors qu'elle est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale en ce que la soumission des communes d'Isneauville et de Boos aux règles applicables aux bourgs et villages est contraire à l'objectif de densification du tissu urbain dans les pôles de vie identifiés par ce schéma, dont cette commune fait partie ;
- étant entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'elle classe en zone UBB2 les parcelles cadastrées AD n os 36 et 158 ;
- méconnaissant le principe d'égalité des citoyens devant la loi et créant une rupture d'égalité devant les charges publiques, dès lors qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit de propriété en ce qu'elle entraîne un traitement différencié injustifié entre ses parcelles et les parcelles voisines ;
- il est illégal, dès lors que son projet est conforme au plan local d'urbanisme de la commune d'Isneauville.
La requête a été communiquée le 17 novembre 2020 à la commune d'Isneauville, qui a produit des pièces sans présenter d'observations en défense.
Vu :
- l'arrêt de la cour administrative d'appel de Douai n° 21DA02270 du 18 octobre 2022 ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 septembre 2019, la SCCV Isneauville - route de Neufchâtel a déposé une demande de permis de construire auprès des services de la commune d'Isneauville en vue de la construction d'un ensemble immobilier composé d'un hôtel, d'une résidence service pour seniors, de locaux commerciaux, de bureaux et de logements, sur un terrain situé 356 rue du Mont Perreux, 1150 route de Neufchâtel, parcelles cadastrées AD36 et AD158, à Isneauville. Par un arrêté du 24 mars 2020, le maire de la commune d'Isneauville a refusé de faire droit à cette demande. Par sa requête, la SCCV Isneauville - route de Neufchâtel demande l'annulation de l'arrêté du 24 mars 2020.
Sur la nature de l'arrêté du 24 mars 2020 :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 423-18 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction est déterminé dans les conditions suivantes : / a) Un délai de droit commun est défini par la sous-section 2 ci-dessous. En application de l'article R. 423-4, il est porté à la connaissance du demandeur par le récépissé ; / b) Le délai de droit commun est modifié dans les cas prévus par le paragraphe 1 de la sous-section 3 ci-dessous. La modification est notifiée au demandeur dans le mois qui suit le dépôt de la demande ; / c) Le délai fixé en application des a ou b est prolongé dans les cas prévus par le paragraphe 2 de la sous-section 3 ci-dessous, pour prendre en compte des obligations de procédure qui ne peuvent être connues dans le mois qui suit le dépôt de la demande. ". Aux termes de l'article R. 423-23 de ce code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / () b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ; / c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager. " et aux termes de l'article R. 423-25 du même code : " Le délai d'instruction prévu par le b et le c de l'article R*423-23 est majoré de deux mois : / a) Lorsqu'il y a lieu de consulter une commission départementale ou régionale ; () ". Enfin, aux termes de l'article R. 423-19 dudit code : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. ".
3. Aux termes de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / () b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite. () ".
4. Aux termes de l'article R. 423-42 du code de l'urbanisme : " Lorsque le délai d'instruction de droit commun est modifié en application des articles R. 423-24 à R. 423-33, l'autorité compétente indique au demandeur ou à l'auteur de la déclaration, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie : / a) Le nouveau délai et, le cas échéant, son nouveau point de départ ; / b) Les motifs de la modification de délai ; / c) Lorsque le projet entre dans les cas prévus à l'article R. 424-2, qu'à l'issue du délai, le silence éventuel de l'autorité compétente vaudra refus tacite du permis. / Copie de cette notification est adressée au préfet. ". Aux termes de l'article R. 423-46 de ce code : " Les notifications et courriers prévus par les sous-sections 1 et 2 ci-dessus sont adressés par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. ". Enfin, aux termes de l'article R. 423-48 du même code, dans sa version alors en vigueur : " Lorsque la demande précise que le demandeur accepte de recevoir à une adresse électronique les réponses de l'autorité compétente, les notifications peuvent lui être adressées par échange électronique. / Dans ce cas, le demandeur est réputé avoir reçu ces notifications à la date à laquelle il les consulte à l'aide de la procédure électronique. Un accusé de réception électronique est adressé à l'autorité compétente au moment de la consultation du document. A défaut de consultation à l'issue d'un délai de huit jours après leur envoi, le demandeur est réputé avoir reçu ces notifications. ".
5. En l'espèce, il est constant que par un courrier du 22 octobre 2019, le service instructeur de la métropole Rouen Normandie a adressé à la SCCV Isneauville - route de Neufchâtel une demande de pièces complémentaires et lui a indiqué que le délai d'instruction de sa demande serait de cinq mois " à compter de la date de réception des pièces manquantes en mairie ". Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du formulaire de demande de permis de construire dont s'agit, que la société pétitionnaire a accepté de recevoir les actes d'instruction par voie électronique. Il ressort également des pièces du dossier que le courrier du 22 octobre 2019 mentionné ci-dessus a été adressé à la société intéressée par courriel dont elle a accusé réception le 23 octobre 2019. Dans ces conditions, un délai d'instruction de cinq mois mentionné ci-dessus était applicable à la demande de permis de construire déposée le 27 septembre 2019 par la SCCV Isneauville - route de Neufchâtel. Le dossier de cette société étant réputé complet le 20 décembre 2019, date de réception des dernières pièces complémentaires sollicitées, ce délai n'était pas expiré à la date de l'arrêté contesté.
6. Il suit de là que l'arrêté du 24 mars 2020 porte uniquement refus de la demande de permis de construire valant permis de démolir de la SCCV Isneauville - route de Neufchâtel.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la procédure contradictoire préalable :
7. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " et aux termes de l'article L. 122-1 de ce code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ".
8. Il résulte de ce qui a été dit aux points 5 et 6 du présent jugement que, contrairement à ce que soutient la société requérante, l'arrêté contesté ne constitue pas une décision de retrait d'une décision créatrice de droit. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions combinées précitées des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne l'identification de l'auteur de l'arrêté du 24 mars 2020 :
9. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ". ". Par ailleurs, aux termes de l'article A. 424-1 du code de l'urbanisme : " La décision expresse prise sur une demande de permis de construire, d'aménager ou de démolir ou sur une déclaration préalable prend la forme d'un arrêté. () " et selon l'article A. 242-2 de ce code, cet arrêté " mentionne, en caractères lisibles, le prénom, le nom et la qualité de son signataire ".
10. En l'espèce, l'arrêté attaqué mentionne de manière lisible les nom et qualité de son auteur, ainsi que la première lettre de son prénom, soit " P. PELTIER ", " maire ", permettant à la société intéressée de l'identifier sans ambiguïté. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne l'illégalité du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie :
S'agissant du rapport, des conclusions et de l'avis de la commission d'enquête :
11. En premier lieu, aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. () ". Si ces dispositions n'imposent pas à la commission d'enquête de répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête publique, elles l'obligent à indiquer en livrant ses conclusions, les raisons qui déterminent le sens de cet avis.
12. Ainsi que l'a jugé la cour administrative d'appel de Douai par l'arrêt susvisé n° 21DA02270 du 18 octobre 2022, le premier volume du document élaboré par la commission d'enquête publique, après avoir présenté les conditions d'accès au dossier et le contenu du projet de plan, a exposé un bilan quantitatif de la participation du public et a comporté un recensement complet des observations déposées. En un deuxième volume, ce document a présenté de manière synthétique les observations émises par le public et les réponses apportées par la métropole, en les regroupant en 23 thématiques assorties chacune d'un commentaire. En outre, pour les principales contributions individuelles, le rapport a présenté la " réponse du maître d'ouvrage ", assortie également d'un commentaire. Si certains de ces commentaires ont été succincts ou ont consisté à prendre acte des modifications proposées par la métropole, la commission n'était pas tenue, ainsi qu'il a été dit, de répondre à chacune des observations émises par le public, mais seulement d'établir une synthèse de ces observations et des réponses qui y ont été apportées, ce qu'elle a fait avec une précision suffisante.
13. Par ailleurs, en son troisième volume, le document élaboré par la commission d'enquête a exposé ses conclusions sur le déroulement de l'enquête, sur chacune des 23 thématiques mentionnées ci-dessus et sur chacun des avis des communes consultées, en analysant les enjeux soulevés et les propositions de la métropole. Contrairement à ce que soutient la société requérante, la commission ne s'est pas bornée à prendre acte de ces propositions, mais elle les a replacées dans leur contexte et analysées avec une précision suffisante, avant de se prononcer, favorablement ou défavorablement, sur leur contenu, le cas échéant, en exprimant des regrets ou des demandes. Enfin, le même document, après un rappel synthétique des " points positifs " et des " points négatifs " du projet, a énoncé neuf " recommandations " puis un " avis favorable assorti de trois réserves " qui ont été définies de manière précise et dénuée d'ambiguïté.
14. Contrairement à ce que soutient la société requérante, l'ensemble de ces éléments exposaient de manière suffisamment détaillée les raisons qui ont déterminé le sens de l'avis et des réserves exprimés par la commission d'enquête publique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 123-19 du code de l'environnement doit être écarté.
15. En second lieu, aux termes de l'article R. 123-21 du code de l'environnement : " () L'autorité compétente pour organiser l'enquête publie le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête sur le site internet où a été publié l'avis mentionné au I de l'article R. 123-11 et le tient à la disposition du public pendant un an. ".
16. En l'espèce, si la société requérante soutient que le rapport de la commission d'enquête publique, qui a été signé par ses auteurs le 28 novembre 2019, n'a pas été publié en ligne en temps utile, la cour administrative d'appel de Douai a jugé, dans l'arrêt susvisé, qu'il ressort d'une attestation établie le 12 mars 2021 par le président de la métropole Rouen Normandie que ce rapport a été mis en ligne le 12 décembre 2019, soit deux mois avant la séance au cours de laquelle a été approuvé le projet de plan. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 123-21 du code de l'environnement doit être écarté.
S'agissant des modifications du projet à l'issue de l'enquête publique :
17. Aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à la majorité des suffrages exprimés après que les avis qui ont été joints au dossier, les observations du public et le rapport du commissaire ou de la commission d'enquête aient été présentés lors d'une conférence intercommunale rassemblant les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale et, le cas échéant, après que l'avis des communes sur le plan de secteur qui couvre leur territoire a été recueilli ; () ".
18. Il résulte de ces dispositions que le projet de plan ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête. Il ne résulte pas en revanche de ces dispositions que la délibération par laquelle l'organe délibérant approuve un projet de plan local d'urbanisme devrait comporter une présentation des modifications apportées au projet à l'issue de l'enquête publique.
19. En l'espèce, la seule circonstance que de nombreuses modifications ont été apportées au plan à l'issue de l'enquête publique ne suffit pas à caractériser une remise en cause de son économie générale, laquelle doit être appréciée à l'aune de l'objet et de la portée de ces modifications. A cet égard, si la société requérante relève qu'à l'issue de l'enquête publique, des espaces boisés classés ont été supprimés à proximité du contournement routier situé à l'est de Rouen, cette modification a procédé, ainsi que l'a jugé la cour administrative d'appel dans son arrêt n° 21DA02270 susvisé, d'une réserve émise par les services de l'Etat dans leur avis versé dans le dossier d'enquête publique, qu'elle n'a porté que sur une partie limitée du territoire métropolitain et que ce classement, qui aurait fait obstacle à la réalisation d'un projet déclaré d'utilité publique, a résulté d'une " erreur matérielle ".
20. En outre, si la société requérante souligne qu'à l'issue de l'enquête publique, des travaux d'extension d'une superficie maximale de 50 m² ont été autorisés dans l'ensemble de la " zone des coteaux ", hors secteur UCO-1, cette modification a procédé d'une demande formulée par la commune de Rouen dans son avis versé dans le dossier d'enquête publique et qu'eu égard à son objet et à sa portée, cette modification ne remet pas en cause l'économie générale du projet. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme doit être écarté.
S'agissant de l'information des conseillers métropolitains :
21. D'une part, aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse. ". Aux termes de l'article L. 2121-12 de ce code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () ". Aux termes de l'article L. 2121-13 du même code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ".
22. Il résulte de ces dispositions que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux conseillers municipaux de connaître le contexte et de comprendre les motifs de fait et de droit ainsi que les implications des mesures envisagées. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
23. D'autre part, en vertu de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales, les dispositions précitées sont applicables à " l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale " et, s'agissant de l'application des dispositions de l'article L. 2121-12, " ces établissements sont soumis aux règles applicables aux communes de 3 500 habitants et plus s'ils comprennent au moins une commune de 3 500 habitants et plus. Ils sont soumis aux règles applicables aux communes de moins de 3 500 habitants dans le cas contraire ".
24. En premier lieu, ainsi que l'a jugé la cour administrative d'appel de Douai par l'arrêt susvisé n° 21DA02270 du 18 octobre 2022, le dossier documentaire, qui a été remis dans le délai imparti aux conseillers métropolitains, comportait, outre un rappel du déroulement de la procédure d'élaboration du projet de plan et des différentes pièces le composant, d'une part, une synthèse des consultations réalisées, en précisant le sens des avis émis par les communes et les personnes publiques associées ou consultées ainsi que les principales remarques et réserves qu'elles avaient formulées, d'autre part, une présentation du déroulement de l'enquête publique et une synthèse des recommandations et réserves émises par la commission d'enquête, enfin, les suites données à ces consultations et les modifications apportées par la métropole au projet de plan arrêté. En complément, le dossier documentaire comportait en annexe, sous forme de tableaux, un recensement exhaustif et une présentation synthétique des avis des communes concernées et des personnes publiques associées ou consultées, ainsi que des observations du public et, en regard, les éléments de réponse formulés par la métropole. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que ce dossier documentaire, alors même qu'il n'était pas formellement intitulé notice explicative de synthèse, était lacunaire.
25. En second lieu, à supposer même, comme le soutient la société requérante, que l'ordre du jour de la séance du 13 février 2020 n'ait pas été adressé avec la convocation aux membres du conseil métropolitain, ces derniers, qui ont reçu avec la convocation le projet de délibération et les réponses apportées aux contributions du public et aux avis des communes et des personnes publiques associées, doivent être regardés comme ayant été avertis de l'examen du projet de plan lors de cette séance. Par suite, l'irrégularité invoquée ne saurait en tout état de cause avoir exercé en l'espèce une influence sur le sens de la délibération approuvée, ni avoir privé les conseillers communautaires d'une garantie.
26. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
S'agissant de la compatibilité du plan avec le schéma de cohérence territoriale :
27. Aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : / 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; () ".
28. Il résulte de ces dispositions qu'à l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les plans locaux d'urbanisme sont soumis à une simple obligation de compatibilité avec ces orientations et objectifs. Si ces derniers peuvent être en partie exprimés sous forme quantitative, il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, ainsi qu'il a été dit, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent.
29. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire pertinent en prenant en compte les prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
30. En l'espèce, d'une part, le schéma de cohérence territoriale, adopté par une délibération du 12 octobre 2015 du conseil de la métropole Rouen Normandie, distingue, au sein de l'armature urbaine du territoire de la métropole, quatre niveaux d'urbanisation, à savoir les " cœurs d'agglomération ", constitués par " les centralités historiques de Rouen et d'Elbeuf et leurs quartiers urbains mixtes alentours ", les " espaces urbains ", constitués " des tissus bâtis continus (tâche urbaine) ", les " pôles de vie ", consistant en des " centralités de l'espace rural " servant de " points d'appui pour polariser le développement urbain (habitat, services, équipements) au service des territoires ruraux, et relayer les fonctions urbaines de proximité (bouquet de commerces, services et équipements) ", enfin, les " bourgs et villages ", correspondant à des " groupes d'habitations ou à de petits ensemble urbains organisés autour d'un noyau traditionnel () dont la fonction est essentiellement résidentielle ". Le schéma de cohérence territoriale classe les communes d'Isneauville, Boos, Duclair et du Trait dans la catégorie des " pôles de vie ", en précisant leurs particularités locales.
31. Pour " garantir un fonctionnement durable du territoire à travers l'armature urbaine ", le document d'orientation et d'objectifs de ce schéma fixe des perspectives de développement urbain différentiées selon les niveaux de cette armature. A ce titre, " () le développement urbain est intensifié dans les cœurs d'agglomération, amplifié dans les espaces urbains, conforté dans les pôles de vie, modéré dans les bourgs et villages, et très limité dans les hameaux ". Le même document relève en particulier que les pôles de vie doivent conforter " une logique de densification des tissus urbains et de diversification du parc de logements " et accueillir " des activités économiques () afin de conforter leur rôle d'animation et de service ". Il fixe aussi pour objectif de " conforter l'urbanisation dans les espaces urbains et les pôles de vie autour des transports en commun réguliers ".
32. D'autre part, ainsi que l'a jugé la cour administrative d'appel de Douai par l'arrêt susvisé, pour organiser le développement urbain à l'échelle de la métropole, les auteurs du plan local d'urbanisme intercommunal ont utilisé comme cadre de référence l'armature urbaine ainsi définie par le schéma de cohérence territoriale. A ce titre, le projet d'aménagement et de développement durables du plan relève que " l'intensification urbaine se doit d'être adaptée aux différents contextes locaux, reflétant la diversité des formes urbaines de la métropole. Dans cette perspective, l'armature urbaine définie par le SCoT, qui distingue les cœurs d'agglomération, les espaces urbains, les pôles de vie et les bourgs et villages, constitue le cadre de référence pour envisager les évolutions urbaines au sein du territoire ". Ce projet fixe ainsi comme objectif de " conforter les pôles de vie (Le Trait, Duclair, Boos et Isneauville) en renforçant leur offre de services, d'équipements et de commerces de proximité " et de " soutenir leur dynamique de construction en privilégiant une diversification des typologies d'habitat et des formes urbaines compactes et économes du foncier ", ainsi que d'" instaurer des densités bâties adaptées à la diversité du territoire ". Pour l'ensemble des pôles de vie, le projet d'aménagement et de développement durables fixe, sans distinction ni modulation, le même objectif d'une densité de " 40 logements par hectare ".
33. Pour mettre en œuvre cet objectif du projet d'aménagement et de développement durables, le rapport de présentation indique que si le règlement a délimité, " dans tous les espaces de l'armature " urbaine, des zones de hameaux (UBH), de coteaux (UCO) et d'habitat collectif (UD), il a défini, pour les quatre pôles de vie du territoire métropolitain, un régime d'utilisation des sols différencié.
34. S'agissant des communes de Duclair et du Trait, le règlement a délimité, dans leurs espaces urbains, des zones urbaines de centralité à dominante d'habitat (UAB), des zones urbaines mixte à dominante d'habitat individuel dense (UBA1) et des zones urbaines mixtes à dominante d'habitat individuel peu dense mais avec des formes homogènes (UBB1). Ainsi que l'a jugé la cour administrative d'appel de Douai, ces zonages se justifient par le développement urbain dense et équilibré de ces communes en matière d'équipements, de services et de mixité urbaine.
35. S'agissant des communes d'Isneauville et de Boos, le règlement a délimité, dans leurs espaces urbains, des zones de centralité historique (UAC), des zones urbaines mixte à dominante d'habitat individuel moyennement dense (UBA2) et des zones urbaines mixtes à dominante d'habitat individuel peu dense (UBB2). Ainsi que l'a jugé la cour administrative d'appel de Douai, les limitations particulières au droit de construire prévues dans ces zones se justifient par l'inadéquation des niveaux d'équipements et de services à la rapide croissance urbaine d'Isneauville et de Boos, notamment dans cette dernière, par l'absence de desserte en transport en commun structurante.
36. Ces régimes différenciés d'urbanisation permettront de conforter le développement des quatre pôles de vie, en tenant compte, d'une part, de leur degré et dynamique d'urbanisation et, d'autre part, de leurs capacités de croissance équilibrée, afin qu'ils présentent une densité, une diversité d'activités et un niveau d'équipements et de services leur permettant, conformément aux objectifs du schéma de cohérence territoriale, de polariser le développement urbain au service des territoires ruraux et de relayer les fonctions urbaines de proximité.
37. Si la société requérante conteste en particulier la compatibilité du règlement qu'en tant qu'il classe en zone UBB2 les parcelles lui appartenant à Isneauville, le règlement crée, ainsi que l'a jugé la cour administrative d'appel de Douai, dans cette commune plusieurs zones qui permettront de conforter de manière équilibrée le développement urbain de ce pôle de vie, à savoir une zone 1AUR1 correspondant à des secteurs d'urbanisation future couverts par une zone d'aménagement concerté, une zone de renouvellement urbain et de projets mixtes à dominante d'habitat (UR3), ainsi que des zones de projet à dominante d'activités économiques (URX1). En outre, si le schéma de cohérence territoriale fixe comme objectif de développer l'urbanisation autour des stations de transports en commun réguliers, le classement en zone UBB2 des parcelles litigieuses, qui se trouvent à proximité de telles stations, permettra de satisfaire cet objectif, en tenant compte des caractéristiques locales mentionnées ci-dessus.
38. Dans ces conditions, alors même que les zonages appliqués, d'une part, à Duclair et au Trait et, d'autre part, à Isneauville et à Boos ont été par ailleurs utilisés, respectivement, dans les espaces urbains et dans les bourgs et villages, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le plan local d'urbanisme intercommunal n'est pas compatible avec les orientations et objectifs du schéma de cohérence territoriale de la métropole Rouen Normandie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme doit être écarté.
S'agissant de la cohérence du plan avec le projet d'aménagement et de développement durables :
39. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ".
40. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
41. En l'espèce, le projet d'aménagement et développement durables, qui identifie Isneauville, Boos, Le Trait et Duclair comme des " pôles de vie ", fixe comme objectifs, repris du schéma de cohérence territoriale, de " conforter les pôles de vie () et de soutenir leur dynamique de construction " ainsi que d'" instaurer des densités bâties adaptées à la diversité du territoire ". Pour les mêmes motifs que ceux énoncés ci-dessus, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les régimes d'urbanisation définis dans ces pôles de vie par le règlement ne sont pas cohérents avec les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables.
42. S'agissant en particulier des parcelles appartenant à la société requérante, leur classement en zone UBB2 emporte certes des restrictions particulières au droit de construire, notamment une emprise au sol maximale de 25 %, une hauteur maximale de 9,50 mètres et, pour les nouvelles constructions à usage de commerce et d'activités de service, une surface de plancher maximale de 500 m² et une surface minimale non imperméabilisée de 25 %. Toutefois, ces restrictions se justifient par les circonstances locales énoncées ci-dessus et répondent ainsi à l'objectif, fixé par le projet d'aménagement et de développement durables, d'un développement urbain " maîtrisé " du pôle de vie que constitue Isneauville.
43. Il s'ensuit que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le règlement n'est pas cohérent avec les objectifs fixés par le plan d'aménagement et de développement durables, pris globalement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.
S'agissant du classement en zone UBB2 des parcelles cadastrées AD nos 36 et 158 :
44. D'une part, aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter. ".
45. D'autre part, il ressort du rapport de présentation que " Les zones commençant par UBB correspondent à la zone urbaine mixte à dominante d'habitat individuel où l'objectif est : / - soit d'encadrer la densification des tissus peu denses, / - soit de préserver les tissus denses existants " et que " sont classées en zone UBB2 les tissus urbains composé d'habitat individuel peu dense, réalisés sous différentes formes : opérations de lotissement, divisions parcellaires dans le diffus ".
46. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles cadastrées AD nos 36 et 158, classées en zone UBB2, consistent en des terrains non bâtis, d'une superficie respective de 8 621 et 10 976 m², encadrés à l'ouest par la route départementale n° 928, au sud par la route départementale n° 47A, au nord-est par des habitations individuelles peu denses et, à l'est et au sud-est, par des parcelles agricoles qui s'étirent sur quelques kilomètres jusqu'à l'autoroute A 28. Par leur localisation, ces parcelles appartiennent ainsi à un secteur peu densément bâti d'habitats individuels.
47. En outre, ainsi qu'il a été dit, leur classement en zone UBB2 vise à permettre un développement équilibré de l'urbanisation à l'échelle d'Isneauville, en cohérence avec les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, conformément aux objectifs du schéma de cohérence territoriale. A cet égard, la société requérante ne peut utilement faire valoir que des parcelles voisines, qui ne sont pas contiguës à celles litigieuses et qui présentent des caractéristiques urbaines différentes, ont été classées en zones UR3 ou URX1.
48. Enfin, il ne résulte aucunement des pièces du dossier que le classement en litige porterait atteinte au droit de propriété de la société requérante, méconnaîtrait le principe d'égalité des citoyens devant la loi et créerait une rupture d'égalité devant les charges publiques.
49. Dans ces conditions, alors même que ces parcelles étaient auparavant classées en zone UbA par le plan local d'urbanisme d'Isneauville, les auteurs du plan local d'urbanisme intercommunal ont pu les classer en zone UBB2 sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
50. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de faire droit à la demande de sursis à statuer présentée par la SCCV Isneauville - route de Neufchâtel, que cette dernière n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 24 mars 2020 par lequel le maire de la commune d'Isneauville a refusé de faire droit à sa demande de permis de construire, ensemble la décision du 2 août 2020 portant rejet de son recours gracieux. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête présentées aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCCV Isneauville - route de Neufchâtel est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV Isneauville - route de Neufchâtel et à la commune d'Isneauville.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bailly, présidente,
- M. Le Duff, premier conseiller,
- Mme Thielleux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
D. ALa présidente,
Signé
P. BaillyLa greffière,
Signé
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026