mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2004198 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 octobre 2020 et le 16 novembre 2020, M. B A, représenté par Me David, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2020 par lequel le préfet de l'Eure a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de son renvoi et a assorti sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, conformément aux dispositions de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à ce qu'il procède à un nouvel examen de sa situation.
M. A soutient que :
* S'agissant de la décision de refus de titre de séjour : elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale.
* S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît le droit d'être entendu tel qu'il est garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
* S'agissant du refus de délai de départ volontaire :
- il est signé par une autorité incompétente ;
- il est dépourvu de base légale ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
* S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
* S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été prononcée lors de sa condamnation par le juge judiciaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2020, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a décidé de dispenser la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- le jugement n° 2004198 du 20 novembre 2020 du magistrat désigné par le président du tribunal ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Deflinne, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant dominicain né le 23 juin 1974, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2020 par lequel le préfet de l'Eure a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par un jugement du 20 novembre 2020, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Rouen a renvoyé à une formation collégiale du tribunal les conclusions dirigées contre la décision de refus de titre de séjour, rejeté les conclusions du requérant dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant un délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français.
2. M. A, qui serait entré sur le territoire français il y a vingt-cinq ans, soutient qu'il y a développé une activité de paysagiste depuis 2002. Il soutient également avoir construit une vie familiale et conserver des liens forts avec ses enfants qui résident en Guadeloupe.
3. Il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition du 2 septembre 2020, que M. A n'a plus aucun lien avec ses deux enfants mineurs, qui sont à la charge exclusive de leur mère avec laquelle il n'a plus de contact. Si l'intéressé soutient avoir conservé des liens forts avec ses deux fils aînés, respectivement âgés de vingt-cinq et vingt ans, le courrier adressé par ces derniers à leur père au centre de détention de Val-de-Reuil ne suffit pas à établir l'intensité de ces liens alors qu'il indiquait, lors de son audition, ne plus avoir de contact avec eux depuis trois ans et ne pas savoir ce qu'ils devenaient. Par ailleurs, si M. A fait valoir qu'il a créé une auto-entreprise d'entretien d'espaces verts et de piscines, il ne démontre pas que cette activité lui aurait permis une insertion professionnelle stable en France alors, au demeurant, qu'il n'est pas contesté qu'il n'a plus de titre de séjour valable depuis 2007 et a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 26 octobre 2012. Enfin, M. A a fait l'objet de nombreuses condamnations pénales pour des faits graves. Ainsi, le 1er octobre 2003, il a été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis pour violence par conjoint ou concubin suivie d'incapacité supérieure à huit jours ; le 20 avril 2005, à trois mois d'emprisonnement avec sursis et 500 euros d'amende pour refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance et conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique ; le 29 mai 2007, à un mois d'emprisonnement avec sursis assorti de l'obligation d'accomplir un travail d'intérêt général de 60 heures dans un délai d'un an et six mois pour recel de bien provenant d'un vol ; le 19 mars 2008, à trois mois d'emprisonnement pour violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité supérieure à huit jours ; le 18 juin 2008, à un mois d'emprisonnement pour transport prohibé d'arme de catégorie 6 ; le 29 septembre 2008 à un an et six mois d'emprisonnement dont un an avec sursis assortie d'une mise à l'épreuve pendant un an et six mois pour agression sexuelle ; le 28 mai 2010, à quatre mois d'emprisonnement pour vol avec destruction ou dégradation (tentative) ; le 24 janvier 2011, à trois ans d'emprisonnement dont deux ans avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pendant un an et six mois pour vol aggravé par deux circonstances, récidive de conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique et conduite d'un véhicule sans permis ; le 20 mai 2013, à quatre ans d'emprisonnement pour agression sexuelle commise en réunion (récidive) et, enfin, le 10 avril 2018 à quatre mois d'emprisonnement pour violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité supérieure à huit jours. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour de l'intéressé en France, il n'est pas établi que la décision en litige du préfet de l'Eure du 21 octobre 2020 ait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et qu'elle aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Cécile David et au préfet de l'Eure.
Délibéré après l'audience du 25 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
M. Deflinne, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
T. DEFLINNE
Le président,
Signé
P. MINNE
Le greffier,
Signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026