jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2005316 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 décembre 2020, Mme A C, représentée par Me Elatrassi-Diome, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 juillet 2020 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII, à titre principal, de lui verser rétroactivement les sommes dues, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sans délai, sous astreinte 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour Me Elatrassi-Diome de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut d'examen de sa situation de vulnérabilité, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut d'information, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut de mise en demeure de présenter des observations écrites dans un délai de quinze jours, en méconnaissance des dispositions de l'article D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'elle s'est vu retirer les conditions matérielles d'accueil en dehors des cas prévus par les dispositions des articles L. 744-8 et D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie d'une situation de vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 février 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, la décision pouvait être fondée sur le motif tiré de ce que Mme C n'a pas déposé sa demande d'asile dans un délai de 90 jours à compter de son entrée sur le territoire français ;
- les moyens soulevés sont infondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante camerounaise, a sollicité le bénéfice de l'asile le 25 juin 2020, date à laquelle lui a été notifiée l'intention de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 23 juillet 2020, dont l'intéressée demande l'annulation, l'OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la nature de la décision attaquée :
2. Si la décision attaquée se présente comme étant une décision de " refus de rétablissement ", il ressort des pièces du dossier, et notamment du courrier du 25 juin 2020 produit en défense par l'OFII, que cette décision constitue un refus de conditions matérielles d'accueil fondée sur le non-respect du délai de dépôt de la demande d'asile de l'intéressée dans un délai de 90 jours à compter de son entrée sur le territoire français. Ainsi, la décision attaquée doit être regardée, non comme un " refus de rétablissement " mais comme un refus initial de bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions de la requête :
3. En premier lieu, par une décision n° INTV1800137S du 2 janvier 2018, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur du 15 février 2018, Mme D E, directrice territoriale de l'OFII à Rouen, a reçu délégation à l'effet de signer toutes décisions se rapportant aux missions dévolues à sa direction. Il n'est pas contesté que la décision attaquée entre dans le champ de ces missions. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision mentionne les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'extrait de l'application du dispositif national d'accueil de l'OFII produit en défense, que l'intéressée a fait l'objet d'un examen de sa vulnérabilité préalablement à l'adoption de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de ce qu'un tel examen n'aurait pas été effectué doit être écarté.
6. En quatrième lieu, les dispositions de l'article L. 744-7 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient une information préalable du demandeur d'asile des conséquences du fait de refuser ou de quitter son lieu d'hébergement ou sa région d'orientation, ainsi que du non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile. Mme C s'est vu refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif du dépôt tardif de sa demande d'asile. Ainsi, elle ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du 1° de l'article L. 744-8 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. "
8. Mme C est l'auteure d'une demande d'admission au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, présentée concomitamment à sa demande d'asile le 25 juin 2020. Le moyen tiré de l'absence d'une phase contradictoire précédant le refus des conditions matérielles d'accueil ainsi que le défaut d'examen de sa vulnérabilité est inopérant dès lors qu'une telle procédure administrative n'a vocation à s'appliquer qu'en cas de retrait ou de suspension de conditions matérielles déjà attribuées. En l'absence de toute précision sur la teneur des observations que la requérante aurait formulées et qui auraient été de nature à avoir une influence sur l'appréciation de sa situation par l'OFII et alors, au demeurant, qu'elle a effectivement présenté ses observations dans un courrier du 7 juillet 2020, soit préalablement à la décision attaquée, le moyen, tiré plus généralement de la méconnaissance de son droit d'être entendu, doit donc être écarté en tout état de cause.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile peut être refusé par l'Office français de l'immigration et de l'intégration : () / 2° Si le demandeur, sans motif légitime, n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2 ; () ". Aux termes de l'article L. 723-2 du code précité : " III. - L'office statue également en procédure accélérée lorsque l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile constate que : () / 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; () ".
10. Pour refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, l'OFII s'est fondé sur la circonstance que l'intéressée ne justifiait pas des raisons pour lesquelles elle n'avait pas respecté les obligations auxquelles elle avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge. Toutefois, et comme il a été dit au point 2 du présent jugement, la décision attaquée doit s'analyser non comme un refus de rétablissement mais comme un refus initial des conditions matérielles d'accueil.
11. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressée est entrée sur le territoire français le 7 juillet 2019 et ne s'est présentée au guichet unique des demandeurs d'asile que le 25 juin 2020, soit plus de 90 jours après son entrée en France. Ainsi, l'OFII n'a pas commis d'erreur de droit en refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 744-7 et D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. En septième lieu, les seuls éléments produits par la requérante tenant notamment à un compte rendu d'hospitalisation du 7 septembre 2020 pour une exérèse d'un kyste vulvaire est insuffisant pour caractériser une situation de vulnérabilité. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle doivent être écartés.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 juillet 2020 doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense. Les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées par voie de conséquence.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
M. Le Duff, premier conseiller, et Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
La présidente-rapporteure,
P. B
L'assesseur le plus ancien,
V. Le Duff
La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026