mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2100095 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | HUON SARFATI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 janvier 2021 et 29 octobre 2021, Mme E D, représentée par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 novembre 2020 par laquelle le président de la communauté de communes du Vexin Normand a refusé de lui octroyer un congé de longue maladie et a décidé de son changement d'affectation, ensemble les décisions du 7 décembre 2020 portant rejet de ses recours administratifs ;
2°) d'annuler la décision du 3 février 2021 par laquelle le président de la communauté de communes du Vexin Normand lui a accordé un temps partiel thérapeutique de 50 % pour une durée de trois mois à compter du 4 janvier 2021 ;
3°) d'enjoindre à la communauté de communes du Vexin Normand de procéder au réexamen de sa situation et de régulariser sa situation administrative ;
4°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Vexin Normand une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée du 23 novembre 2020 par laquelle elle a été évincée de son poste de directrice lui fait grief ;
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- la décision attaquée, par laquelle lui est refusé l'octroi d'un congé de longue maladie et emportant mutation d'office, voire sanction disciplinaire déguisée, est entachée d'un défaut de motivation en fait et en droit ;
- la composition du comité médical départemental était irrégulière, dès lors qu'il n'est pas établi qu'un médecin spécialiste de la pathologie dont elle est atteinte aurait siégé ;
- il n'est pas établi que le médecin de prévention ait été informé de la séance du comité médical du 13 novembre 2020, ni qu'il ait été en mesure de produire un rapport, la communauté de communes ne contestant pas qu'aucun rapport n'a été transmis au comité médical ;
- la décision est entachée d'incompétence négative ; le comité médical émet un avis mais ne lie pas l'administration, qui est tenue d'apprécier la situation de l'agent dont elle est saisie ;
- elle n'a pas été mise à même de solliciter la communication de son dossier en temps utile ;
- rien ne s'oppose à ce que son syndrome dépressif soit pris en charge au titre du congé de longue maladie ;
- elle n'a jamais fait l'objet d'une déclaration d'inaptitude, ni bénéficié d'un congé de longue maladie et devait nécessairement être réintégrée sur son poste ; par ailleurs, ni le poste de directrice de la crèche intercommunale dénommée " multi-accueil Capucine ", ni celui d'animatrice aux accueils collectifs de mineurs (A) d'Etrépagny n'ont fait l'objet d'une vacance de poste, de sorte que l'administration ne pouvait pas recruter un nouvel agent sur le poste de directrice, ni la réintégrer sur le poste d'animatrice.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 août 2021 et le 13 juin 2022, la communauté de communes du Vexin Normand, représentée par Me Huon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la décision attaquée du 23 novembre 2020, ayant été intégralement exécutée depuis l'introduction de la requête, les conclusions de la requête sont devenues sans objet ;
- l'arrêté du 3 février 2021 accordant à Mme D un temps partiel thérapeutique de 50 % pour une période de trois mois aux A des primaires d'Etrépagny, comportant la mention des délais et voies de recours, n'a pas été contesté dans un délai de deux mois ;
- les conclusions dirigées contre la décision du 23 novembre 2020 portant changement d'affectation de Mme D, dès lors qu'elle constitue une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours, sont irrecevables ;
- à défaut de présentation de conclusions indemnitaires, la demande de reconnaissance de l'existence d'une faute s'analyse comme une demande en " déclaration de droit " manifestement irrecevable ; par ailleurs, la requérante ne justifie pas avoir formé de réclamation indemnitaire préalable et n'est dès lors et en tout état de cause pas recevable à solliciter l'engagement de sa responsabilité ;
- le moyen tiré de l'insuffisance de motivation est inopérant, la décision portant changement d'affectation et refusant d'octroyer un congé de longue maladie n'étant pas au nombre des décisions devant être motivées ;
- Mme D ne peut utilement se prévaloir de la prétendue absence de déclaration de vacance d'emploi, dès lors que cette circonstance ne lui fait pas grief ; en outre, l'obligation de publication de la vacance d'un poste n'est pas applicable aux cas des mutations d'office ;
- les autres moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 22 avril 1905 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme C,
- et les observations de Me Colliou, substituant Me Enard-Bazire, représentant Mme D, et de Me Huon, représentant la communauté de communes du Vexin Normand.
La communauté de communes du Vexin Normand a produit une note en délibéré le 20 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, éducatrice principale de jeunes enfants, exerçait au sein de la communauté de communes du Vexin Normand les fonctions de directrice de la crèche intercommunale " multi-accueil Capucine " depuis le 2 mai 2012. Le 7 mai 2020, elle a été placée en congé de maladie ordinaire jusqu'au 20 novembre 2020. Après avoir renoncé à la demande de reconnaissance d'imputabilité au service qu'elle avait formulée, pour la pathologie dont elle souffre, elle a formulé une demande de congé de longue maladie le 3 septembre 2020. Par la décision du 23 novembre 2020, prise après avis défavorable du comité médical du 13 novembre 2020, le président de la communauté de communes du Vexin Normand a refusé de lui octroyer un congé de longue maladie et a procédé à son changement d'affectation à compter du 4 janvier suivant. Après avoir formé un recours gracieux et un recours hiérarchique le 30 novembre 2020, rejetés par deux courriers du 7 décembre 2020, Mme D demande au tribunal l'annulation de la décision du 23 novembre 2020, ensemble les rejets de ses recours administratifs. En outre, par un arrêté du 3 février 2021, dont Mme D demande également l'annulation, le président de la communauté de communes du Vexin Normand lui a accordé un temps partiel thérapeutique de 50 % pour une durée de trois mois à compter du 4 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 23 novembre 2020 :
En ce qui concerne l'exception de non-lieu à statuer :
2. Si la communauté de communes fait valoir que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 novembre 2020 sont dépourvues d'objet, au motif que la décision aurait été intégralement exécutée, il ne ressort pas des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, la décision attaquée du 23 novembre 2020 aurait été retirée, ou abrogée avant son exécution. En outre, l'arrêté du 3 février 2021 portant placement à temps partiel thérapeutique, lequel se borne à rappeler le poste sur lequel l'intéressée a été affectée, ne peut être regardé comme se substituant à la décision du 23 novembre 2020 prononçant le changement d'affectation de Mme D. Dans ces conditions, le litige n'ayant pas perdu son objet, l'exception de non-lieu à statuer doit, par suite, être écartée.
En ce qui concerne les fins de non-recevoir soulevées en défense :
3. En premier lieu, il ne ressort pas des écritures de Mme D que celle-ci a entendu formuler des conclusions indemnitaires tendant à la réparation du préjudice éventuellement subi du fait des fautes que l'administration aurait commises, ni même, ainsi que le fait valoir cette dernière, de conclusions tendant à ce que le comportement de la communauté de communes soit déclaré fautif. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la reconnaissance d'une faute de la communauté de communes du Vexin Normand doit être écartée.
4. En second lieu, les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre une telle mesure, à moins qu'elle ne traduise une discrimination, est irrecevable, alors même que la mesure de changement d'affectation aurait été prise pour des motifs tenant au comportement de l'agent public concerné.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme D, qui exerçait ses fonctions en qualité de directrice d'une crèche intercommunale depuis le 2 mai 2012, animant et encadrant à ce titre l'ensemble des agents d'une équipe pluridisciplinaire, a été affectée sur un poste d'animatrice aux accueils collectifs de mineurs (A) d'Etrépagny. Il ressort des pièces du dossier que ce changement d'affectation entraîne pour l'intéressée une perte sensible de responsabilités, Mme D n'exerçant plus, dans le cadre de ses nouvelles fonctions, de missions d'encadrement, ni d'organisation de la structure. En outre, la mesure emporte une perte de rémunération, dans la mesure où la nouvelle bonification indiciaire dont Mme D bénéficiait dans ses précédentes fonctions n'a pas été rétablie après que son congé de maladie a pris fin. La mesure portant changement d'affectation constitue dès lors un acte faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, cette fin de non-recevoir opposée par la communauté de communes du Vexin Normand doit être écartée.
En ce qui concerne la légalité de la mesure portant changement d'affectation :
6. Aux termes de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 : " Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté ".
7. En vertu de ces dispositions, un agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne, qu'elle soit ou non justifiée par l'intérêt du service, doit être mis à même de demander la communication de son dossier, et pas seulement de son dossier médical, en étant averti en temps utile de l'intention de l'autorité administrative de prendre la mesure en cause. Dans le cas où l'agent public fait l'objet d'un déplacement d'office, il doit être regardé comme ayant été mis à même de solliciter la communication de son dossier s'il a été préalablement informé de l'intention de l'administration de le muter dans l'intérêt du service, quand bien même le lieu de sa nouvelle affectation ne lui aurait pas alors été indiqué.
8. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée du 23 novembre 2020 prononçant le changement d'affectation de Mme D a été prise en raison de son état de santé et de son placement en temps partiel thérapeutique et constitue une décision prise en considération de sa personne, qui ne pouvait légalement intervenir sans que la requérante ait été mise à même de demander la communication de son dossier, conformément aux dispositions précitées. Or, si Mme D a sollicité la consultation de son dossier médical, cette demande avait été formulée dans le cadre de l'instruction de son congé de longue maladie et ne concernait pas la consultation de son entier dossier. La circonstance que Mme D a sollicité le 7 octobre 2020 un rendez-vous en vue d'aborder les modalités de sa reprise d'activité ne permet pas davantage de regarder la communauté de communes du Vexin Normand comme l'ayant informée de son intention de procéder à son changement d'affectation. Dès lors, Mme D n'a pas été informée préalablement à la décision du 23 novembre 2020 de l'intention du président de la communauté de communes de prononcer son changement d'affectation, ni mise à même de consulter son dossier préalablement à cette décision. Par suite, cette irrégularité de procédure ayant privé Mme D d'une garantie, le moyen tiré du vice de procédure doit être accueilli.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés contre cette décision, que Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision du 23 novembre 2020 de la communauté de communes du Vexin Normand en tant qu'elle prononce son changement d'affectation.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant l'octroi d'un congé de longue maladie :
10. En premier lieu, aux termes de l'article 57 de la du 26 janvier 1984 alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; ". En outre, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ".
11. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que le refus d'un congé de longue maladie est au nombre des décisions qui doivent être regardées comme refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, au sens de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et doivent, dès lors, être motivées. La circonstance que la collectivité a accordé ultérieurement à Mme D un temps partiel thérapeutique n'est pas de nature à dispenser l'administration de cette obligation. En l'espèce, ni la décision, ni l'avis du comité médical joint à la décision ne vise les dispositions dont il est fait application, ni n'évoque les considérations de droit et de fait qui la fondent. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être accueilli.
12. En second lieu, aux termes de l'article 9 du décret du 30 juillet 1987, dans sa version applicable au litige : " Le médecin du service de médecine préventive prévu à l'article 108-2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée compétent à l'égard du fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir s'il le demande communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 24, 33 et 37-7 ci-dessous. / L'intéressé et l'administration peuvent faire entendre le médecin de leur choix par le comité médical. ". Selon l'article 24 de ce même décret, dans sa version applicable au litige : " Lorsque l'autorité territoriale estime, au vu d'une attestation médicale ou sur le rapport des supérieurs d'un fonctionnaire, que celui-ci se trouve dans la situation prévue à l'article 57 (3° ou 4°) de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée, elle peut provoquer l'examen médical de l'intéressé dans les conditions prévues aux alinéas 3 et suivants de l'article 25 ci-dessous. Un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive attaché à la collectivité ou établissement dont relève le fonctionnaire concerné doit figurer au dossier. ".
13. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé l'intéressée d'une garantie.
14. Si la date de la réunion du comité médical du 13 novembre 2020 a été communiquée par le centre de gestion départemental de l'Eure au médecin de prévention, lequel a convoqué Mme D à une visite médicale le 9 novembre 2020, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce médecin aurait remis un rapport écrit au comité médical. Dans ces conditions, dès lors que le comité médical a émis un avis défavorable à la demande d'octroi d'un congé de longue maladie et compte tenu de la nature des missions dévolues au médecin de prévention, Mme D doit être regardée comme ayant été privée d'une garantie. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du comité médical départemental doit être accueilli.
15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés contre cette décision, que Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision du 23 novembre 2020 de la communauté de communes du Vexin Normand en tant qu'elle refuse de lui octroyer un congé de longue maladie.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 3 février 2021 :
16. Il ressort des pièces du dossier que le président de la communauté de communes du Vexin Normand a pris un arrêté le 3 février 2021 plaçant Mme D en temps partiel thérapeutique à hauteur de 50 % pour une durée de trois mois, courant du 4 janvier 2021 au 3 avril 2021, lequel comporte la mention des délais et voies de recours et a été régulièrement notifié à Mme D le 18 mars 2021. Il ressort des pièces du dossier que les conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté ont été enregistrées le 29 octobre 2021, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois. Par suite, les conclusions formulées par la requérante à l'encontre de l'arrêté du 3 février 2021 sont tardives.
17. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 3 février 2021 du président de la communauté de communes du Vexin Normand.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Le présent jugement implique que la communauté de communes du Vexin Normand procède au réexamen de la situation administrative de Mme D dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Sur les frais liés à l'instance :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la communauté de communes du Vexin Normand la somme de 1 500 euros à verser à Mme D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme D les sommes demandées par la communauté de communes du Vexin Normand au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 novembre 2020 du président de la communauté de communes du Vexin Normand portant changement d'affectation et refus de congé de longue maladie est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la communauté de communes du Vexin Normand de réexaminer la situation de Mme D dans un délai de deux mois.
Article 3 : La communauté de communes du Vexin Normand versera la somme de 1 500 euros à Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de la communauté de communes du Vexin Normand tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D et à la communauté de communes du Vexin Normand.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Boucetta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé : H. B
La présidente,
Signé :C. BOYER Le greffier,
Signé : J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026