lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2100125 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | VEYRIERES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2021 et un mémoire enregistré le 2 mars 2022, Mme A B, représentée par Me Veyrières, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 17 décembre 2020 par laquelle le président du département de la Seine-Maritime a décidé de mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant 19 461,09 euros ;
2°) d'annuler la décision implicite rejetant sa demande de remise gracieuse totale de sa dette.
Elle soutient que :
- elle est dans une situation de précarité ;
- elle n'a pas eu l'intention de frauder ;
- elle a droit au RSA pour les mois civils passés en France entre 2018 et 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2021, le président du conseil départemental de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées contre l'indu sont irrecevables dès lors Mme B a accepté cet indu ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 19 mai 2022, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision du 9 février 2022 admettant Mme B à l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport.
L'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative après appel des affaires à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, à qui ont été notifiés des indus de revenu de solidarité active, de primes exceptionnelles de fin d'année au titre des années 2018, 2019 et 2020 et d'aides exceptionnelles de solidarité au titre des mois de mai et novembre 2020, doit être regardée comme sollicitant, dans le dernier état de ses écritures, la seule annulation, d'une part, de la décision du 17 décembre 2020 par laquelle le président du département de la Seine-Maritime a décidé de mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant 19 461,09 euros au titre de la période d'août 2017 à novembre 2020 et, d'autre part, la décision implicite rejetant sa demande de remise gracieuse totale de sa dette.
Sur l'indu de revenu de solidarité active :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ".
3. Mme B, qui a demandé le 4 janvier 2021 l'annulation de sa dette, doit être regardée comme ayant exercé le recours préalable obligatoire contre la décision lui notifiant un indu de revenu de solidarité active, auquel le département doit être regardé comme ayant implicitement répondu. La décision implicite prise par le président du département de la Seine-Maritime rejetant le recours préalable obligatoire formé par l'intéressée s'est nécessairement substituée à celle initialement attaquée, qui a disparu de l'ordonnancement juridique en tant qu'elle porte notification d'un indu de revenu de solidarité active, et sur laquelle il n'y a plus lieu de statuer. La décision implicitement prise par le président du conseil départemental de la Seine-Maritime est donc seule susceptible de recours.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () " et aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ".
5. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête réalisé par des agents de la caisse d'allocations familiales, dont le contenu n'est pas contesté, que les relevés bancaires de Mme B ne montrent aucune opération réalisée en France entre le 1er août 2017 et le 1er mars 2018 et que Mme B a, depuis au moins le 1er mars 2018, séjourné en France seulement du 4 juin 2018 au 21 juillet 2018, du 19 septembre 2018 au 9 octobre 2018, du 22 février 2019 au 12 mars 2019, du 22 septembre 2019 au 28 septembre 2019 et du 4 mars 2020 au 2 juillet 2020. Compte tenu de la brièveté des séjours en France de la requérante, qui ne produit aucune pièce de nature à démontrer sa résidence sur le territoire national, Mme B ne peut pas être regardée comme y ayant, au sens de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, une résidence stable et effective, de nature à lui donner droit à la perception du revenu de solidarité active pour les mois civils complets passés en France. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle a droit au RSA pour les mois civils passés en France entre 2018 et 2020.
6. En dernier lieu, Mme B, bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis 2013, ne pouvait ignorer qu'elle devait faire connaître sa situation réelle aux services de la caisse d'allocations familiales. Elle ne conteste pas avoir fait l'ensemble de ses déclarations trimestrielles de ressources à partir de la Tunisie. Elle n'apporte aucune preuve des difficultés qui l'auraient contrainte à quitter la France pour pouvoir subvenir à ses besoins, alors qu'elle bénéficiait du revenu de solidarité active et de l'aide de ses enfants. Elle a omis de tenir la caisse d'allocations familiales informée de sa résidence à l'étranger pendant 3 ans. Dès lors, Mme B doit être regardée comme ayant commis une fraude au sens l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles, de nature à permettre au département de la Seine-Maritime de lever la prescription de deux ans.
Sur la remise gracieuse de l'indu :
7. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".
8. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 que Mme B a commis des manœuvres frauduleuses en vue de continuer à percevoir, pendant trois ans, le revenu de solidarité active, ce qui s'oppose à ce qu'une remise de dette lui soit accordée, sans qu'il soit besoin d'examiner sa précarité.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est fondée à demander ni l'annulation de la décision du 17 décembre 2020 par laquelle le président du département de la Seine-Maritime a décidé de mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant 19 461,09 euros au titre de la période d'août 2017 à novembre 2020, ni l'annulation de la décision implicite rejetant sa demande de remise gracieuse totale de sa dette.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au département de la Seine-Maritime et à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
La magistrate désignée,
H. CLe greffier,
N. BOULAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026