LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2100159

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2100159

mardi 10 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2100159
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1 ère Chambre
Avocat requérantSEYREK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2021, M. C, représenté par Me Seyrek, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2020 par lequel préfet de l'Eure l'a expulsé du territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation, le tout dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que la décision attaquée :

- a été signée par une autorité incompétente ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction alors applicable ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2021, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision du 17 décembre 2020 par laquelle M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;

- l'ordonnance du 31 mars 2021 fixant la clôture de l'instruction au 23 avril 2021 à 12h ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Le Vaillant, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant russe né le 19 juillet 1980, déclare être entré irrégulièrement en France en 2008, afin d'y solliciter l'asile. Il se présentait alors sous l'alias Said Begue Bartikhanov et serait entré en compagnie de Mme D et de leurs deux enfants, nés en 2004 et 2006. Sa demande de protection internationale du 20 février 2009 a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 22 juillet 2009, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 23 décembre 2011. Par un arrêté du 6 septembre 2012, dont la légalité n'a pas été remise en cause par la juridiction administrative, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le 11 juin 2015, l'intéressé a été condamné par le tribunal correctionnel du Havre à une peine de 2 mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de vol en réunion, commis le 1er décembre 2014. Le 7 février 2018, il a été condamné par la cour d'assises de la Seine-Maritime à une peine de 8 ans d'emprisonnement pour des faits de viol en réunion, commis le 21avril 2013. Il a été écroué au centre pénitentiaire du Havre à compter du 23 septembre 2015. Par un jugement du 28 octobre 2020, le vice-président en charge de l'application des peines du tribunal judiciaire d'Evreux a admis M. B au bénéfice de la libération conditionnelle à compter du 1er juin 2021 et l'a préalablement placé en détention à domicile sous surveillance électronique, à compter du 12 novembre 2020. Par l'arrêté attaqué du 9 novembre 2020, le préfet de l'Eure, estimant que la présence en France de M. B représentait une menace grave pour l'ordre public, a prononcé son expulsion du territoire français.

2. En premier lieu, par un arrêté du 10 septembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Eure n° 27-2020-151 du même jour, le préfet de ce département a donné délégation à Mme A, directrice des relations avec les usagers et des missions supports, à l'effet de signer, notamment, tous arrêtés dans les matières relevant des attributions de sa direction. En vertu de l'arrêté n° SG BRH 17-04 du 22 novembre 2017 portant organisation de la préfecture et des sous-préfectures de l'Eure, à compter du 1er décembre 2017, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du 22 novembre 2017, la direction des relations avec les usagers et des missions supports, dont dépend le bureau migration et intégration et la section éloignement, est chargée de l'expulsion des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, en vertu de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige, l'expulsion peut être prononcée si la présence en France d'un étranger constitue une menace grave pour l'ordre public.

4. Ainsi qu'il a été dit au point 1, M. B, qui se trouvait en situation irrégulière depuis son entrée sur le territoire en 2008 ou 2009, a été condamné à deux reprises pour des faits commis avril 2013 et en décembre 2014. En particulier, il a été reconnu coupable de viol commis en réunion. Il ressort des pièces du dossier qu'il admet désormais sa responsabilité, qu'il a fait état d'un bon comportement en détention, qu'il y a bénéficié d'un suivi médico-psychologique, qu'il y a exercé une activité professionnelle et qu'il s'est vu accorder le bénéfice d'un régime de détention à domicile probatoire sous surveillance électronique et d'une libération conditionnelle. Cependant, d'une part, il ressort également des éléments relatifs à l'instruction judiciaire que M. B a persisté à nier les faits au cours de cette procédure, avant de rejeter la responsabilité sur les co-auteurs de l'infraction et de se prévaloir de sa forte consommation d'alcool, qui n'était pas de nature, selon l'expert psychiatre qui l'a examiné dans ce cadre, à abolir ou à altérer son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits. D'autre part, il ressort également de la décision du vice-président en charge de l'application des peines du tribunal judiciaire d'Evreux prononçant les aménagements de peine susmentionnés, moins d'un mois avant la décision attaquée, que le projet de réinsertion professionnelle de l'intéressé était caractérisé par une promesse d'embauche qui s'est révélée frauduleuse et plus généralement par un projet d'emploi en région parisienne, incompatible avec le dispositif de détention à domicile. Un avis défavorable à l'aménagement de sa peine avait été émis par le procureur de la République. Ainsi, en dépit des éléments favorables relatifs à la période d'incarcération, de l'ancienneté des faits et de l'avis émis par la commission d'expulsion, le préfet de l'Eure a, compte tenu de la particulière gravité des faits, tenant à leur nature et au contexte dans lequel ils ont été commis, lesquels faits ont motivé le prononcé d'une peine d'emprisonnement de 8 ans, considéré sans erreur d'appréciation que la présence de M. B sur le territoire français représentait une menace grave pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

5. En troisième lieu, M. B se prévaut de ses garanties de réinsertion à l'issue de son incarcération et de ses attaches familiales en France, où résident son épouse et leurs enfants, nés en 2004 et 2006. Il fait notamment valoir que son épouse s'est vu délivrer un titre de séjour valable du 16 septembre 2019 au 16 septembre 2021. Cependant, si tant la commission d'expulsion que le juge de l'application des peines ont fait état du soutien familial dont il pourrait bénéficier, le requérant n'apporte aucun élément supplémentaire de nature à apprécier l'intensité et la stabilité du lien qu'il aurait entretenu, durant les cinq ans qu'a duré son incarcération, avec ses enfants et son épouse qui, informée de la nature des faits commis, refusait de croire à sa culpabilité selon l'enquête réalisée par les services pénitentiaire d'insertion et de probation. S'il se prévaut d'une promesse d'embauche en qualité de mécanicien, celle-ci évoque une possibilité d'hébergement, à Paris, alors que le domicile de l'épouse de M. B se situe au Havre. Au terme d'une enquête évoquée par le juge de l'application des peines dans sa décision du 12 octobre 2020, il a été révélé que cette entreprise n'exerçait aucune activité. Si le requérant se prévaut de l'activité professionnelle exercée par son épouse, il se borne à produire un unique contrat de travail à durée déterminée, à temps partiel, d'avril à juin 2019. Enfin, si M. B justifie avoir séjourné en France depuis, à tout le moins, le début de l'année 2009, il s'y est maintenu en dépit d'une mesure d'éloignement prise à son encontre en 2012 et une partie significative de ce séjour, qui est constamment demeuré irrégulier, a eu lieu en détention. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point précédent, le requérant s'est rendu coupable de faits d'une particulière gravité qui, en dépit de leur ancienneté, sont de nature à le faire regarder comme représentant une menace grave pour l'ordre public. Il a également été condamné pour des faits de vol en réunion, commis à une période concomitante, et, auparavant, pour des faits d'usage de faux document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation, et il a persisté à se présenter sous une fausse identité pendant plusieurs années après son entrée sur le territoire. Dans ces conditions, en dépit de la présence en France de l'épouse et des enfants de M. B, le préfet de l'Eure n'a pas, en ayant prononcé son expulsion du territoire français, porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, eu égard aux buts poursuivis par cette décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle du requérant, doivent être écartés.

6. En quatrième lieu, si M. B soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.

7. En dernier lieu, la décision attaquée n'ayant pas pour objet de refuser à M. B la délivrance d'un titre de séjour, celui-ci ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction alors en vigueur.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 novembre 2020 par lequel le préfet de l'Eure l'a expulsé du territoire français. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles relatives aux frais liés à l'instance, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à Me Arzu Seyrek et au préfet de l'Eure.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Minne, président,

M. Deflinne, premier conseiller,

M. Le Vaillant, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.

Le rapporteur,

A. LE VAILLANT

Le président,

P. MINNELe greffier,

N. BOULAY

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions