mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2100171 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2021 et des mémoires enregistrés le 15 mars 2021, le 9 avril 2021, le 16 avril 2021 et le 5 août 2021, Mme D B, représentée par Me Elatrassi-Diome, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de sursoir à statuer dans l'attente de la procédure tendant à la délivrance d'un certificat de nationalité française ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2020 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un certificat de résidence ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande, le tout dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme B soutient que :
- La décision portant refus de séjour :
o a été prise par une autorité incompétente ;
o n'est pas suffisamment motivée ;
o est entachée d'un vice de procédure, faute de saisine de la commission du titre de séjour ;
o méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o est entachée d'erreur d'appréciation ;
o méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
- La décision portant obligation de quitter le territoire français :
o n'est pas suffisamment motivée ;
o est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
o méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
- S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
o n'est pas suffisamment motivée ;
o est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 mars 2021 et le 8 avril 2021, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision du 17 décembre 2020 admettant Mme B à l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de procédure civile ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,
- et les observations de Me Yousfi, pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante sénégalaise, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2020 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a déposé le 5 août 2021 une demande de certificat de nationalité française. Malgré les multiples mesures d'instruction diligentées par le tribunal, elle n'a pas indiqué quelles suites avaient été données à sa demande ni indiqué que le délai d'instruction avait été prorogé. Compte tenu des dispositions de l'article 1045-1 du code de procédure civile, entrées en vigueur au 1er septembre 2022, un refus implicite de lui délivrer un certificat de nationalité française doit être regardé comme né, au plus tard, au cours du mois de mars 2023. La requérante n'indique pas au tribunal avoir exercé de recours contre cette décision et il n'est donc pas utile de sursoir à statuer jusqu'à la fin de la procédure liée à sa demande de certificat de nationalité française.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, la décision en litige a été prise par Mme C A qui disposait, en qualité d'adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement de la préfecture de la Seine-Maritime, d'une délégation de signature par arrêté n° 20-69 du 4 septembre 2020 du préfet de la Seine-Maritime, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 76-2020-158 du même jour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision en litige comporte la mention des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, notamment la nationalité de Mme B, son entrée sans visa de long séjour, ses attaches en France et dans son pays d'origine et l'absence de preuve que des risques de traitements inhumains ou dégradants seraient encourus dans ce pays. Elle est, par suite suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " Sauf si la présence de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public, la carte de résident est délivrée de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour : 2° A l'enfant étranger d'un ressortissant de nationalité française si cet enfant est âgé de dix-huit à vingt et un ans ou dans les conditions prévues à l'article L. 311-3 ou s'il est à la charge de ses parents ainsi qu'aux ascendants d'un tel ressortissant et de son conjoint qui sont à sa charge, sous réserve qu'ils produisent un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois () "
6. Mme B ne conteste pas qu'elle est entrée en France sans être munie du visa de long séjour exigé par les dispositions précitées du 2° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle n'est donc pas fondée à soutenir que la décision lui refusant le titre sollicité méconnaîtrait ces dispositions.
7. En quatrième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que Mme B réside en France et fait l'objet d'une prise en charge par ses deux enfants, nés en 1989 et en 1994, de nationalité française, son entrée en France en décembre 2018 était récente à la date de la décision en litige et ses enfants avaient quitté le Sénégal dès 2003 pour vivre en France avec leur père. Née en 1969, Mme B ne fait état d'aucune perspective d'insertion professionnelle en France et ne démontre pas qu'elle serait dépourvue de toute attache au Sénégal où elle a vécu jusqu'à l'âge de 49 ans. En ayant refusé à Mme B la délivrance d'un titre de séjour, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée de mener une vie privée et familiale normale, n'a pas commis d'erreur d'appréciation et n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicables.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " La commission est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné aux articles L. 314-11 et L. 314-12, ainsi que dans le cas prévu à l'article L. 431-3 () " Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles mentionnés au sein du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme B ne remplit pas les conditions pour la délivrance de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 313-11 et L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet de Seine-Maritime était tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, la décision en litige fait suite à un refus de titre de séjour suffisamment motivé, comme il a été dit au point 4. Elle est donc elle-même suffisamment motivée.
11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le refus de titre de séjour opposé à Mme B n'est pas entaché d'illégalité. Le moyen tiré du défaut de base légale de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit donc être écarté.
12. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation sont écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 du jugement.
Sur la décision fixant le pays de destination :
13. En premier lieu, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision contestée est écarté pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 4.
14. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision obligeant Mme B à quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Le moyen tiré du défaut de base légale de la décision portant fixation du pays de destination doit donc être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 9 novembre 2020 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à Me Djehanne Elatrassi-Diome et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.
La rapporteure,
H. JEANMOUGIN Le président,
P. MINNE
Le greffier,
N. BOULAY
N°2100171
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026