jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2100201 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | PONCET DEBOEUF BEIGNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 janvier et 31 mars 2021, l'EARL Gaillard-Neveu, représentée par Me André, demande au tribunal :
1) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 15 octobre 2020 par lequel le maire de Nogent-le-Sec (Eure) a interdit la circulation aux véhicules de transport de marchandises sur le chemin rural de la Redoute, de la sortie de la ferme jusqu'au numéro 13 sur une distance de trois cents mètres dans les deux sens de circulation, sauf pour les engins agricoles et véhicules d'urgence, ainsi que la décision du 7 janvier 2021 rejetant son recours gracieux contre cet arrêté ;
2) de mettre à la charge de la commune de Nogent-le-Sec la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté repose sur des faits matériellement inexacts ;
- la mesure n'est ni nécessaire, ni adaptée, ni proportionnée aux buts poursuivis ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit de propriété et à la liberté du commerce et de l'industrie.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 février et 3 juin 2021, la commune de Nogent-le-Sec, représentée par Me Poncet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique ;
- les observations de Me Baron, avocat de l'EARL Gaillard-Neveu ;
- et les observations de Me Beignet, avocate de la commune de Nogent-le-Sec.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que l'EARL Gaillard-Neveu a pour activité la culture et l'élevage et, en particulier, sur le territoire de la commune de Nogent-le-Sec, l'exploitation d'un élevage de vaches laitières et de production de lait. Cette exploitation est desservie par une voie dénommée " Chemin de la Redoute ". Se fondant sur l'existence de désordres, le maire de la commune de Nogent-le-Sec a, par un arrêté du 15 octobre 2020, réglementé la circulation et en particulier interdit la circulation des véhicules de transport de marchandises sur une portion de ce chemin. Par la présente requête, l'EARL Gaillard-Neveu, qui a sollicité en vain, par un recours gracieux formé le 12 novembre 2020, le retrait de cet arrêté, demande l'annulation dudit arrêté et de la décision du 7 janvier 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'article L. 161-5 du code rural et de la pêche maritime prévoit que l'autorité municipale est chargée de la police et de la conservation des chemins ruraux. En outre, aux termes du 1° de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales, " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation () Interdire à certaines heures l'accès de certaines voies de l'agglomération ou de certaines portions de voie ou réserver cet accès, à certaines heures ou de manière permanente, à diverses catégories d'usagers ou de véhicules ". Enfin, aux termes de l'article D. 161-10 du code rural et de la pêche maritime : " Dans le cadre des pouvoirs de police prévus à l'article L. 161-5, le maire peut, d'une manière temporaire ou permanente, interdire l'usage de tout ou partie du réseau des chemins ruraux aux catégories de véhicules et de matériels dont les caractéristiques sont incompatibles avec la constitution de ces chemins, et notamment avec la résistance et la largeur de la chaussée () ".
3. Dans l'exercice de ces pouvoirs de police, il appartient au maire de prendre les mesures nécessaires pour concilier les droits de l'ensemble des usagers de la voie publique et les contraintes liées, le cas échéant, à la circulation et au stationnement de leurs véhicules. Ces mesures doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées au but poursuivi.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'exploitation de la requérante est desservie par une voie d'accès qui la traverse, le chemin de la Redoute, qui rejoint au sud-ouest la route départementale 140 et au nord-ouest la rue d'Orvaux. Par l'arrêté attaqué, le maire a interdit la circulation aux véhicules de transports de marchandises de la sortie de l'exploitation de la requérante jusqu'aux habitations situées à proximité immédiate de l'intersection du chemin de la Redoute et de la rue d'Orvaux. Toutefois, la partie du chemin objet de l'interdiction en litige, si elle est ouverte à la circulation publique, ne dessert que l'exploitation de la requérante, qui se voit interdire d'y faire circuler son engin de transport de marchandises agricoles, notamment de fourrage et de lait. Si pour motiver l'arrêté attaqué, le maire a notamment retenu la nécessité de préserver les espaces, paysages et les chemins, il ne ressort pas des éléments produits que la circulation sur la portion interdite du seul véhicule de l'exploitation requérante, fut-ce quelques fois par jour, serait de nature à dégrader les chemins et sites, ou en tout état de cause pas plus que la partie en terre du sud du chemin. A cet égard, les attestations de riverains, établies d'ailleurs en cours d'instance, font état de désordres liés à des inondations dont il ne résulte pas que l'arrêté attaqué en permette la résolution. S'agissant des motifs liés à la sécurité publique et de la circulation, les deux intersections situées aux extrémités du chemin de la Redoute présentent un nombre d'habitations semblable, une configuration similaire, et il n'est pas établie une différence de densité de circulation ou de vitesse des véhicules suffisante pour justifier la mesure d'interdiction attaquée.
5. Il s'ensuit que l'EARL Gaillard-Neveu est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué n'est ni nécessaire, ni a fortiori adapté et proportionné et que le maire de Nogent-le-Sec a, dès lors, excédé ses pouvoirs. Elle est ainsi, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué ainsi que par voie de conséquence celle de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les demandes de frais de justice :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EARL Gaillard-Neveu, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Nogent-le-Sec demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Nogent-le-Sec une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'EARL Gaillard-Neveu et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: L'arrêté du 15 octobre 2020 par lequel le maire de Nogent-le-Sec a interdit la circulation aux véhicules de transport de marchandises sur le chemin rural de la Redoute, de la sortie de la ferme jusqu'au numéro 13 sur une distance de trois cents mètres dans les deux sens de circulation, sauf pour les engins agricoles et véhicules d'urgence est annulé, ainsi que la décision du 7 janvier 2021 rejetant le recours gracieux.
Article 2 : La commune de Nogent-le-Sec versera à l'EARL Gaillard-Neveu une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Nogent-le-Sec présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'EARL Gaillard-Neveu et à la commune de Nogent-le-Sec.
En application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative, copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Evreux.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
Le rapporteur,
signé
Robin Mulot
La présidente,
signé
Anne Gaillard
Le greffier,
signé
Henry Tostivint
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
signé
S. Combes
N°2100201
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026