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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2100505

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2100505

mardi 4 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2100505
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantCHERRIER BODINEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 février 2021, M. A D, représenté par la SCP Cherrier Bodineau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2020 par laquelle le directeur de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) lui a concédé une pension d'invalidité sur la base d'un taux global de 43 %, ensemble la décision du 6 janvier 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la CNRACL de fixer à 53 % le taux global d'invalidité non imputable au service en tenant compte d'un taux de 30 % pour la raideur douloureuse de l'épaule gauche ;

3°) de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations, outre les entiers dépens de l'instance, la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'en ne prenant pas en compte l'importance de ses douleurs à l'épaule gauche pour apprécier le taux d'invalidité, le directeur de la CNRACL n'a pas correctement appliqué le barème d'invalidité des fonctionnaires et a commis, dès lors, une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2021, la Caisse des dépôts et consignations conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

L'affaire a été renvoyée à une formation collégiale de jugement en application de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le décret n° 68-756 du 13 août 1968 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de Mme C,

- et les observations de Me Maleysson représentant M. D.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ancien fonctionnaire territorial employé par la Métropole Rouen Normandie, a été radié des cadres le 12 juin 2020. Par une décision du 28 octobre 2020, prise après avis de la commission départementale de réforme, le directeur de la CNRACL lui a concédé une pension d'invalidité sur la base d'un taux global de 43 % et refusé de lui accorder le bénéfice d'une rente d'invalidité au motif que les séquelles rémunérées au titre de l'allocation temporaires d'invalidé ne s'étaient pas aggravées. Contestant uniquement le taux d'invalidité global retenu et plus particulièrement le taux d'invalidité de 15 % au titre de la raideur douloureuse de son épaule gauche, M. D a formé un recours gracieux par une lettre du 16 novembre 2020. Cette demande a été rejetée par un courrier du 6 janvier 2021. M. D demande l'annulation de ces décisions fixant à 43 % son taux global d'invalidité.

2. Aux termes de l'article 30 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la CNRACL : " Le fonctionnaire qui se trouve dans l'impossibilité définitive et absolue de continuer ses fonctions par suite de maladie, blessure ou infirmité grave dûment établie peut être admis à la retraite soit d'office, soit sur demande. / Lorsque l'admission à la retraite pour invalidité intervient après que les conditions d'ouverture du droit à une pension de droit commun sont remplies par ailleurs, la liquidation des droits s'effectue selon la réglementation la plus favorable pour le fonctionnaire ". L'article 39 du même décret dispose : " Le fonctionnaire qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité ne résultant pas du service peut être mis à la retraite par anticipation soit sur demande, soit d'office dans les délais prévus au troisième alinéa de l'article 30. L'intéressé a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° de l'article 7 et au 2° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite sous réserve que ses blessures ou maladies aient été contractées ou aggravées au cours d'une période durant laquelle il acquérait des droits à pension. () / Le taux d'invalidité est déterminé compte tenu du barème indicatif prévu pour les fonctionnaires de l'Etat par le quatrième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite ". Ce barème est annexé au décret du 13 août 1968 pris en application de l'article L. 28 (3e alinéa) de la loi n° 64-1339 du 26 décembre 1964 portant réforme du code des pensions civiles et militaires de retraite. Il prévoit, en ce qui concerne les raideurs articulaires de l'épaule du côté dominant, un taux d'invalidité de 15 % en cas de " limitation modérée de tous les mouvements de l'épaule bien compensés par l'omoplate ", ce taux pouvant être majoré de 10 à 15 % selon l'importance des douleurs.

3. En l'espèce, M. D est atteint au total de sept infirmités, dont une raideur de l'épaule gauche dominante pour laquelle un taux d'invalidité de 15 % a été retenu.

4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que le médecin agréé, pour apprécier l'invalidité du requérant au titre de son infirmité à l'épaule gauche, a tenu compte, après avoir procédé à un examen clinique, et contrairement à ce qui est allégué, de l'importance des douleurs articulaires ressenties par l'intéressé au regard du barème annexé au décret du 13 août 1968. Si M. D produit, pour contester le taux retenu, un certificat médical établi le 25 février 2022 par un rhumatologue et des comptes rendus d'échographie et d'IRM pratiquées entre 2019 et 2022, ni ce certificat médical qui se borne à mentionner l'existence d'une pathologie mécanique de l'épaule gauche, ni les autres documents qui concernent des infirmités autres que la raideur de l'épaule gauche, ne sont de nature à remettre en cause le rapport d'expertise du médecin agréé dont les conclusions sont d'ailleurs confirmées par la commission départementale de réforme. Dans ces conditions, le directeur de la CNRACL a pu, sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur appréciation, au vu notamment du barème annexé au décret du 13 août 1968, retenir un taux de 15 % au titre de la raideur de l'épaule gauche.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 28 octobre 2020 et du 6 janvier 2021 du directeur de la CNRACL. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance. La présente instance n'ayant pas occasionné de dépens, la demande que M. D présente à ce titre doit également être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la Caisse des dépôts et consignations.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Boyer, présidente,

- M. Guiral, conseiller,

- Mme Favre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.

Le rapporteur,

S. B

La présidente,

C. BOYER

Le greffier,

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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