jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2100626 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | LECLERCQ & TARTERET AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 février 2021 et 13 juillet 2022, M. B C, représenté par Me Tarteret, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Sainneville lui a refusé la délivrance d'un permis de construire ;
2°) d'enjoindre à la commune de Sainneville de procéder au réexamen de sa demande de permis de construire dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Sainneville la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté méconnaît l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme, dès lors que le terrain en cause se trouve dans une partie actuellement urbanisée de la commune ;
- à supposer que son terrain soit regardé comme n'étant pas situé dans une partie actuellement urbanisée de la commune, l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions du d) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, dès lors que son projet n'entre pas dans le champ d'application de ces dispositions.
Par des mémoires enregistrés les 19 mai 2022 et 30 janvier 2023, la commune de Sainneville, représentée par Me Legendre, conclut au rejet de la requête et, dans le dernier état de ses écritures, à ce que soit mise à la charge de M. C une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un courrier du 18 janvier 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office.
Le 20 janvier 2023, M. C a présenté une réponse à ce moyen susceptible d'être relevé d'office.
Le 30 janvier 2023, la commune de Sainneville a présenté une réponse à ce moyen susceptible d'être relevé d'office.
Par un mémoire enregistré le 3 février 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- et les observations de Me Bodin, substituant Me Tarteret, représentant M. C, ainsi que celles de Me Legendre, représentant la commune de Sainneville.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C est propriétaire d'un terrain situé 3 chemin Grénesé à Sainneville, cadastré section B n° 333, sur lequel il a édifié sans autorisation une maison individuelle à usage d'habitation à ossature bois d'une surface de 49,58 m². Le maire de la commune a dressé un procès-verbal d'infraction. Le 27 mai 2020, M. C a adressé un dossier de demande de permis de construire aux services de la commune. Le 17 juillet 2020, le préfet a émis un avis défavorable à la demande de M. C. Par un arrêté du 27 juillet 2020, notifié au plus tôt le 31 juillet 2020, le maire de la commune de Sainneville a refusé de faire droit à la demande de l'intéressé. Par un courrier du 5 août 2020, M. C a sollicité la communication d'un certificat attestant de ce qu'il était titulaire d'un permis de construire tacite. Par un courrier du 10 août 2020, le maire de la commune a informé l'intéressé de son intention de retirer le permis de construire, délivré tacitement le 27 juillet 2020. Par arrêtés des 10 et 20 août 2020, le maire de la commune a procédé au retrait de ce permis de construire tacite. M. C a formé un recours en annulation contre les trois arrêtés des 27 juillet 2020, 10 août 2020 et 20 août 2020, sur lesquels il est statué par un jugement distinct du même jour n° 2003772.
2. Par une nouvelle demande de permis de construire, déposée le 20 novembre 2020 auprès des services communaux, et complétée le 19 décembre suivant, M. C a sollicité la délivrance d'un permis de construire. Le 8 janvier 2021, le préfet de la Seine-Maritime a émis un avis défavorable à cette demande. Par un arrêté du 15 janvier 2021, le maire de la commune de Sainneville a refusé de faire droit à la demande de l'intéressé. Par sa requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 15 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune. ".
4. Ces dispositions interdisent en principe, en l'absence de plan local d'urbanisme ou de carte communale opposable aux tiers ou de tout document d'urbanisme en tenant lieu, les constructions implantées " en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune ", soit en dehors des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par ces dispositions, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre l'urbanisation de la commune à des parties encore non urbanisées. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.
5. Pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité, le maire de la commune de Sainneville a notamment estimé que le terrain en cause est situé en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune. Il est constant que le territoire de la commune de Sainneville n'est couvert par aucun plan local d'urbanisme, carte communale opposable aux tiers ou tout document d'urbanisme en tenant lieu. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet en cause, dont il n'est pas contesté qu'il est relié aux réseaux publics de distribution d'eau et d'électricité et est desservi par une impasse débouchant sur une voie publique, se situe dans un hameau de la commune, à plus d'un kilomètre du bourg. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans et photographies produits, que ce terrain est bordé, à l'ouest, par des parcelles non construites, constituées principalement par de vastes champs agricoles. Au sud, ce terrain est bordé par une parcelle non construite, laquelle jouxte, uniquement au sud, des parcelles comportant une dizaine de maisons individuelles. Au nord de ce même terrain se trouvent tant des parcelles construites, soit environ cinq maisons individuelles, que non construites, constituées par des champs. Enfin, à l'est, la parcelle du terrain d'assiette du projet en litige jouxte une parcelle déjà construite, sur laquelle est implantée une maison d'habitation, les parcelles suivantes étant, pour la première d'entre elles, construite, les suivantes ne l'étant pas et étant constituées de vastes champs. Ainsi, au vu de la configuration des lieux, le projet en cause ne peut être regardé comme s'insérant dans une partie actuellement urbanisée de la commune. Il suit de là que le maire a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, prendre l'arrêté en litige sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme, anciennement codifiées à l'article L. 111-1-2 du même code.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme : " Peuvent toutefois être autorisés en dehors des parties urbanisées de la commune : / () 2° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole, à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière sur le terrain sur lequel elles sont implantées, à la réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage, à la mise en valeur des ressources naturelles et à la réalisation d'opérations d'intérêt national ; () ".
7. Un chenil, qu'il soit destiné à l'élevage ou au gardiennage de chiens en pension, doit être regardé comme une activité agricole au sens de la législation de l'urbanisme. Cette activité agricole constitue une exploitation si elle revêt une consistante suffisante permettant d'assurer la viabilité de l'activité au moins à terme et ainsi sa pérennité.
8. Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté par la commune, que M. C, au demeurant affilié auprès de la caisse de mutualité sociale agricole Haute-Normandie, exerce, depuis le 17 février 2022, une activité d'élevage canin sur le terrain d'assiette du projet en cause. Toutefois, il est constant que cet élevage est composé de moins de dix chiens, M. C ayant installé sur son terrain un nombre limité de chenils, soit cinq. Il ressort en outre des pièces du dossier que l'intéressé ne justifie avoir effectué que cinq ventes de chiens au cours d'une période de plus de sept mois, au demeurant postérieure à l'arrêté contesté, pour des prix de vente oscillant entre 1 000 euros et 2 100 euros. Ainsi, par les seules pièces qu'il produit, le requérant n'établit pas que la viabilité de son activité agricole serait, à terme, assurée. Dans ces conditions, M. C ne peut être regardé comme titulaire d'une exploitation agricole au sens et pour l'application des dispositions précitées du d) de l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit, dès lors, être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, dans sa version alors en vigueur : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / () d) Le document attestant de la conformité du projet d'installation d'assainissement non collectif au regard des prescriptions réglementaires, prévu au 1° du III de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales, dans le cas où le projet est accompagné de la réalisation ou de la réhabilitation d'une telle installation ; () ".
10. Il est constant que la construction irrégulièrement édifiée par M. C sur le terrain dont il est propriétaire situé 3 chemin Grénesé, comporte une installation d'assainissement non collectif. Il est également constant que le dossier de demande de permis de construire déposé le 20 novembre 2020 par M. C auprès des services communaux, et complété le 19 décembre suivant, ne comportait aucun " document attestant de la conformité " de cette installation d'assainissement non collectif " au regard des prescriptions réglementaires, prévu au 1° du III de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales ". La circonstance que l'intéressé n'aurait prévu aucune réhabilitation de son installation, qui serait, selon ses écritures, " parfaitement fonctionnelle ", est à cet égard sans incidence sur l'obligation pesant sur lui. Ce moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède, et alors, au surplus, qu'il est constant que le préfet de la Seine-Maritime a émis un avis défavorable à la demande de M. C, que ce dernier n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Sainneville lui a refusé la délivrance d'un permis de construire. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Sainneville, qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par la commune de Sainneville au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Sainneville présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Sainneville.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bailly, présidente,
- Mme D et Mme A, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
D. DLa présidente,
Signé
P. BaillyLa greffière,
Signé
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026