jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2100889 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | AIT-TALEB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 mars 2021, M. A E, représenté par Me Aït-Taleb, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 2 mars 2021 par laquelle le directeur de la maison d'arrêt de Rouen l'a placé, à titre préventif, en cellule disciplinaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à titre principal, à verser à Me Aït-Taleb au titre de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, valant renonciation de l'avocat au versement de l'aide juridictionnelle, et, à titre subsidiaire, à lui verser cette somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivée ;
- il est entachée de disproportion dès lors que la mesure n'était pas nécessaire ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code pénitentiaire ;
- la loi n°2009-1436 du 24 novembre 2009 ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A E est incarcéré depuis le 16 octobre 2020 et a été écroué à la maison d'arrêt de Rouen du 20 novembre 2020 au 22 avril 2021. Par une décision du 2 mars 2021, dont M. E demande l'annulation, le directeur de la maison d'arrêt de Rouen l'a placé à titre préventif en cellule disciplinaire.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-5 du code de procédure pénale, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " () Pour les décisions de confinement en cellule individuelle ordinaire, de placement en cellule disciplinaire et de suspension de l'exercice de l'activité professionnelle de la personne détenue, lorsqu'elles sont prises à titre préventif, le chef d'établissement peut en outre déléguer sa signature à un major pénitentiaire ou à un premier surveillant. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 2 mars 2021 a été signée, pour le directeur de la maison d'arrêt de Rouen, par M. C D, major, à qui le chef d'établissement avait donné délégation permanente, par une décision du 29 septembre 2020, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs n°76/2020/187 du 2 octobre 2020, à l'effet de signer les décisions de placement préventif en cellule disciplinaire concernant les détenus de la maison d'arrêt. D'une part, l'absence de mention de cette délégation de signature dans les visas de la décision attaquée n'est pas de nature à l'entacher d'irrégularité. D'autre part, la publication de cette délégation de signature au recueil des actes administratifs de préfecture de la Seine-Maritime était, en raison de l'objet d'une telle décision, suffisante pour lui conférer date certaine et la rendre opposable aux tiers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ".
5. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que celle-ci vise les articles R. 57-7-18, R. 57-7-19 et R. 57-7-1 ainsi que l'article R. 57-7-2 du code de procédure pénale et décrit les faits de violences verbales et physiques, de tapage, de contrainte et de résistance violente aux injonctions du personnel pénitentiaire en indiquant que ces faits constituent des fautes du premier et deuxième degrés. Par suite, la décision attaquée comprend les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R 57-7-18 du code de procédure pénale, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " Le chef d'établissement ou son délégataire peut, à titre préventif et sans attendre la réunion de la commission de discipline, décider le confinement en cellule individuelle ordinaire ou le placement en cellule disciplinaire d'une personne détenue, si les faits constituent une faute du premier ou du deuxième degré et si la mesure est l'unique moyen de mettre fin à la faute ou de préserver l'ordre à l'intérieur de l'établissement. / Pour les mineurs de seize à dix-huit ans, le placement préventif en cellule disciplinaire n'est possible que pour les fautes prévues aux 1°, 2°, 3°, 4°, 5°, 6° , 7°, 8°, 9° et 10° de l'article R. 57-7-1. ". Aux termes de l'article R 57-7-1 du code de procédure pénale, alors en vigueur: " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : () 1° D'exercer ou de tenter d'exercer des violences physiques à l'encontre d'un membre du personnel ou d'une personne en mission ou en visite dans l'établissement ; () / 3° D'opposer une résistance violente aux injonctions des personnels ; / 4° D'obtenir ou de tenter d'obtenir par violence, intimidation ou contrainte la remise d'un bien, la réalisation d'un acte, un engagement, une renonciation ou un avantage quelconque ; () / 12° De proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'un membre du personnel de l'établissement, d'une personne en mission ou en visite au sein de l'établissement pénitentiaire ou des autorités administratives ou judiciaires ; (). ". Et aux termes de l'article R. 57-7-2 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " Constitue une faute disciplinaire du deuxième degré le fait, pour une personne détenue : () / 15° De provoquer un tapage de nature à troubler l'ordre de l'établissement ; () ".
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier et notamment de l'exposé des faits mentionné dans le compte-rendu d'incident du 2 mars 2021 que M. E a commis des faits de tapage dans sa cellule et montré une attitude très agressive envers les surveillants pénitentiaires en raison de la perte de son tabac. A l'intervention des surveillants pénitentiaires pour faire cesser le tapage, il a menacé, insulté et tenté d'agresser physiquement les agents pénitentiaires pour les faire sortir de sa cellule. L'intéressé a fait preuve de résistance physique et violente pour ne pas être menotté et a refusé de se calmer avant son placement en cellule disciplinaire. D'autre part, M. E a admis, à l'occasion de la procédure disciplinaire menée concernant les mêmes faits, avoir été agressif et avoir proféré des insultes et menaces envers les surveillants pénitentiaires. Par suite, contrairement à ce que fait valoir M. E, son placement en cellule disciplinaire à titre préventif constituait le seul moyen de mettre fin à la faute et de préserver l'ordre à l'intérieur de l'établissement. Le moyen tiré de la disproportion et de l'absence de nécessité de la décision attaquée doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. E tendant à l'annulation la décision du 2 mars 2021 par laquelle le chef d'établissement de la maison d'arrêt de Rouen l'a placé en cellule disciplinaire à titre préventif doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
Mme F et Mme B, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
La rapporteure,
Signé :
B. B
La présidente,
Signé :
P. Bailly La greffière,
Signé :
A. Hussein
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026