mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101209 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2021, M. D A, représenté par Me Elatrassi-Diome, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 novembre 2020 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de réexaminer sa situation, sans délai à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- a été signée par une autorité incompétente ;
- il n'a pas été informé, dans une langue qu'il comprend, des conséquences du fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation, ainsi que du non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile ;
- a été prise sans qu'il soit mis à même de présenter ses observations préalablement à son édiction ;
- a été prise sans qu'aucun examen de sa vulnérabilité ne soit réalisé ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 744-7 et D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2022, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- la décision du 25 janvier 2021 par laquelle M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Le Vaillant, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant éthiopien, a sollicité le bénéfice de l'asile le 20 novembre 2020. En raison de l'impossibilité de relever ses empreintes digitales, sa demande d'asile a été enregistrée en procédure accélérée. Le même jour, par la décision attaquée, l'OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
2. En premier lieu, par une décision du 2 janvier 2018, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur du 15 février 2018, Mme B C, directrice territoriale de l'OFII à Rouen, a reçu délégation à l'effet de signer toutes décisions se rapportant aux missions dévolues à sa direction. Il n'est pas contesté que la décision attaquée entre dans le champ de ces missions. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui mentionne les considérations de droit et de faits qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, il résulte des dispositions alors en vigueur de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoyaient une information préalable du demandeur d'asile, notamment, des conséquences du fait de refuser ou de quitter son lieu d'hébergement ou sa région d'orientation, que cette information n'a vocation à être délivrée qu'aux demandeurs d'asile qui ont déjà accepté les conditions matérielles d'accueil, ce qui n'était pas le cas de M. A en l'espèce. S'agissant de l'information relative aux conséquences du non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile, s'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A en aurait été expressément informé préalablement à l'édiction de la décision attaquée, il ressort cependant de l'entretien de vulnérabilité qui a précédé l'adoption de la décision attaqué qu'il a été mis à même de présenter des observations, dans une langue qu'il a déclaré comprendre, sur la raison pour laquelle il a fait échec au relevé de ses empreintes digitales, qui constitue le motif du refus qui lui a été opposé. Dans ces conditions, l'irrégularité ayant entaché la procédure préalable à l'adoption de la décision attaquée n'a pas privé M. A d'une garantie et n'a pas été susceptible d'exercer une influence sur le sens de cette décision. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'information préalable doit être écarté.
5. En quatrième lieu, M. A est l'auteur d'une demande d'admission au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, présentée concomitamment à sa demande d'asile le 20 novembre 2020. Le moyen tiré de l'absence d'une phase contradictoire précédant le refus des conditions matérielles d'accueil est inopérant dès lors qu'une telle procédure administrative n'a vocation à s'appliquer qu'en cas de retrait ou de suspension de conditions matérielles déjà attribuées. En l'absence de toute précision sur la teneur des observations que le requérant eût formulées et qui auraient été de nature à avoir une influence sur l'appréciation de sa situation par l'OFII et alors, au demeurant, qu'il a fait l'objet d'un entretien de vulnérabilité au cours duquel il a été invité à présenter toutes autres observations, le moyen, tiré plus généralement de la méconnaissance de son droit d'être entendu, doit donc être écarté en tout état de cause.
6. En cinquième lieu, il ressort de la fiche d'évaluation de vulnérabilité produite par l'OFII en défense, signée par l'intéressé, que ce dernier a fait l'objet d'un examen de sa vulnérabilité préalablement à l'adoption de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de ce qu'un tel examen n'aurait pas été effectué manque en fait et doit être écarté.
7. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : / () 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. " Aux termes de l'article D. 744-37 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile peut être refusé par l'Office français de l'immigration et de l'intégration : / () 3° En cas de fraude. " Aux termes de l'article D. 744-38 de ce code, dans sa rédaction alors en vigueur : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du 1° de l'article L. 744-8 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. / Lorsque la décision est motivée par la circonstance que le demandeur a dissimulé ses ressources financières, a fourni des informations mensongères sur sa situation familiale ou a présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes, elle entraîne la restitution des montants indûment versés au titulaire de l'allocation. "
8. D'une part, en dépit d'une erreur dans la décision attaquée qui mentionne, de manière superfétatoire, le 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette décision de refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil est fondée sur les dispositions du 2° de l'article L. 744-7 et du 3° de l'article D. 744-37, dans leur rédaction alors en vigueur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article D. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, qui ne concernaient que la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil, est inopérant.
9. D'autre part, le motif opposé à M. A pour lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil consiste dans le fait qu'il a été impossible de relever ses empreintes digitales, en dépit de plusieurs tentatives. Cette circonstance a pu être regardée à bon droit par l'administration comme constituant une fraude et comme faisant obstacle à l'instruction de ses demandes dès lors que l'intéressé s'est borné, sans précision, à indiquer que l'impossibilité de relever ses empreintes digitales était liée à ses conditions de vie et de travail avant d'arriver en France. M. A n'apporte, au soutien de sa requête, aucune précision supplémentaire de nature à justifier l'altération de ses empreintes digitales. Par suite, c'est sans faire une inexacte application des dispositions, notamment, de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction alors en vigueur, que l'OFII a refusé à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Djehanne Elatrassi-Diome et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 3 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
M. Deflinne, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
Le rapporteur,
Signé
A. LE VAILLANT
Le président,
Signé
P. MINNELa greffière,
Signé
P. HIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026