mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | NORMANDIE JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 avril 2021, Mme B C, représentée par la SELARL Normandie-Juris, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2021 par lequel le ministre de l'agriculture et de l'alimentation a mis fin à ses fonctions à compter du 1er février 2021 pour cause de démission ;
2°) d'enjoindre au ministre de réexaminer sa situation, de prendre un arrêté mettant fin à ses fonctions à compter du terme de son contrat et de lui remettre tous documents y afférents, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté attaqué :
- a été signé par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'erreur de droit ;
- repose sur des faits matériellement inexacts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2022, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance du 22 avril 2022 fixant la clôture de l'instruction au 23 juin 2022 à 12h ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n° 2008-636 du 30 juin 2008 ;
- l'arrêté du 30 juin 2008 portant organisation et attributions du secrétariat général du ministère chargé de l'agriculture ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- et les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été recrutée par contrat, à compter du 1er septembre 2020, en qualité d'enseignante remplaçante et affectée au lycée d'enseignement agricole, technologique et général (LEGTA) d'Yvetot. Elle a été placée en position de congé de maladie du 4 janvier 2021 au 27 janvier 2021. Par l'arrêté attaqué du 8 février 2021, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation a pris acte de la démission de Mme C et mis fin à ses fonctions à compter du 1er février 2021.
2. Aux termes de l'article 6 quater de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, repris à l'article L. 332-6 du code général de la fonction publique : " Les remplacements de fonctionnaires occupant les emplois permanents de l'Etat et de ses établissements publics mentionnés à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans la mesure où ils correspondent à un besoin prévisible et constant, doivent être assurés en faisant appel à d'autres fonctionnaires. / Des agents contractuels peuvent être recrutés pour assurer le remplacement momentané de fonctionnaires () / Le contrat est conclu pour une durée déterminée. Il est renouvelable par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence du fonctionnaire ou de l'agent contractuel à remplacer. "
3. Il résulte de ces dispositions que les contrats passés par l'Etat en vue de recruter des agents non titulaires doivent, sauf disposition législative spéciale contraire, être conclus pour une durée déterminée et ne peuvent être renouvelés que par reconduction expresse. La circonstance qu'un contrat à durée déterminée a été reconduit tacitement bien qu'il ait comporté une stipulation selon laquelle il ne pouvait l'être que par une décision expresse ne peut avoir pour effet de lui conférer une durée indéterminée. Le maintien en fonctions de l'agent en cause à l'issue de son contrat initial, s'il traduit la commune intention des parties de poursuivre leur collaboration, a seulement pour effet de donner naissance à un nouveau contrat, conclu lui aussi pour une période déterminée et dont la durée est celle assignée au contrat initial.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, recrutée par contrat à durée déterminée pour la période du 1er septembre 2020 au 31 décembre 2020, s'est vu proposer un avenant à ce contrat le prorogeant pour la période du 1er janvier 2021 au 30 juin 2021, dont il est constant qu'elle ne l'a pas signé. Mais la requérante a adressé aux services du LEGTA d'Yvetot, au cours du mois de janvier 2021, un arrêt de travail pour la période du 4 janvier 2021 au 27 janvier 2021 et cette situation été prise en compte par le ministre de l'agriculture et de l'alimentation par une décision rétroactive du 14 juin 2021 la plaçant en position de congé de maladie au titre de cette période. Dans ces conditions, Mme C et le ministre de l'agriculture et de l'alimentation doivent être regardés comme ayant exprimé leur commune intention de continuer leur collaboration, donnant ainsi naissance à un contrat à durée déterminée courant du 1er janvier 2021 au 31 avril 2021.
5. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 30 juin 2008 fixant l'organisation de l'administration centrale du ministère chargé de l'agriculture, de l'alimentation, de l'agroalimentaire et de la forêt : " L'administration centrale du ministère chargé de l'agriculture, de l'alimentation, de l'agroalimentaire et de la forêt comprend, () : / a) Le secrétariat général ; () " Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 30 juin 2008 portant organisation et attributions du secrétariat général du ministère chargé de l'agriculture : " Le secrétariat général comprend les services suivants : / () 4. Le service des ressources humaines. () " Aux termes de l'article 6 de cet arrêté : " Le service des ressources humaines comprend les sous-directions suivantes : / 1. La sous-direction de la gestion des carrières et de la rémunération. / () I. - La sous-direction de la gestion des carrières et de la rémunération assure le pilotage de la gestion des carrières, des parcours professionnels et du suivi individualisé des agents. Elle est responsable de l'organisation de la gestion administrative des personnels () / () Elle participe à l'analyse des compétences et des métiers et contribue à la gestion prévisionnelle des emplois et compétences. () " En vertu du I de l'article 3 la décision du 20 décembre 2019 portant organisation du secrétariat général du ministère de l'agriculture et de l'alimentation, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'agriculture, le service des ressources humaines comprend la sous-direction de la gestion des carrières et de la rémunération qui comprend le bureau de gestion des personnels contractuels.
6. Par une décision du 7 décembre 2018, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'agriculture, la secrétaire générale du ministère de l'agriculture et de l'alimentation a donné délégation à Mme A D, adjointe à la cheffe du bureau de gestion des personnels contractuels au secrétariat général du ministère en charge de l'agriculture, à l'effet de signer tous actes, arrêtés et décisions, à l'exclusion des décrets, dans la limite des attributions du bureau de gestion des personnels contractuels. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
7. En deuxième lieu, la décision par laquelle l'administration prend acte de la démission d'un agent public contractuel n'est pas au nombre de celles qui doivent être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué est inopérant.
8. En troisième lieu, le ministre produit en défense un courrier électronique adressé le 5 février 2021 par Mme C à son administration, l'informant sans équivoque de sa démission, qu'elle date au 31 janvier 2021. Par suite, c'est sans erreur de droit et au regard de faits matériellement exacts que le ministre de l'agriculture et de l'alimentation a, le 8 février 2021, pris acte de la démission de Mme C à compter du 1er février 2021.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté n° AGR-0000077379 du 8 février 2021 par lequel le ministre de l'agriculture et de l'alimentation a mis fin à ses fonctions à compter du 1er février 2021 pour cause de démission. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles relatives aux frais liés à l'instance, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
Le rapporteur,
A. LE VAILLANT
Le président,
P. MINNELe greffier,
N. BOULAY
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026