mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101397 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
| Avocat requérant | VIALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 avril 2021, M. A C, représenté par Me Viala, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2021 par lequel le préfet de l'Eures a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- l'acte attaqué est entaché d'un défaut de base légale dans la mesure où le préfet a pris cette décision avant d'obtenir les résultats de l'analyse salivaire ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- le préfet a également entaché sa décision d'excès de pouvoir en ce qu'il se substitue d'office à l'autorité judiciaire en précisant que la suspension prononcée ne peut faire l'objet d'aucune indulgence ni aménagement notamment pour raisons professionnelles, ce qui méconnaît les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ;
- la rapidité avec laquelle la décision a été prise, dès le lendemain de l'infraction, est critiquable, et porte atteinte à la séparation des pouvoirs dès lors qu'elle tend à nier l'existence du juge administratif et de ses compétences en matière de référé, la mention des voies et délai de recours sur la décision n'indiquant à cet égard aucune possibilité de saisine du juge des référés.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2021, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a été interpellé à Honguemare-Guenouville le 3 février 2021 à 9h48 après avoir été contrôlé, au volant de son véhicule, sous l'influence de substances ou plantes classées comme stupéfiants. Les services de gendarmerie ont procédé à la rétention immédiate du permis de conduire de l'intéressé. Le 23 mars suivant, le préfet de l'Eure a suspendu le permis de conduire de M. C pour six mois. Par sa requête, l'intéressé demande l'annulation de cette mesure de suspension.
2. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I. Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () / 2° Il est fait application des dispositions de l'article L. 235-2 si les analyses ou examens médicaux, cliniques et biologiques établissent que le conducteur conduisait après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants ou si le conducteur ou l'accompagnateur de l'élève conducteur a refusé de se soumettre aux épreuves de vérification prévues au même article L. 235-2 ; / () / 5° Le permis a été retenu à la suite d'une infraction en matière d'usage du téléphone tenu en main commise simultanément avec une des infractions en matière de respect des règles de conduite des véhicules, de vitesse, de croisement, de dépassement, d'intersection et de priorités de passage dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article L. 235-2 du code de la route : " ()/ Les officiers ou agents de police judiciaire de la gendarmerie ou de la police nationales territorialement compétents à leur initiative et, sur l'ordre et sous la responsabilité des officiers de police judiciaire, les agents de police judiciaire adjoints, peuvent également, même en l'absence d'accident de la circulation, d'infraction ou de raisons plausibles de soupçonner un usage de stupéfiants, procéder ou faire procéder, sur tout conducteur ou tout accompagnateur d'élève conducteur, à des épreuves de dépistage en vue d'établir si cette personne conduisait en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Selon l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". L'arrêté en litige, par lequel le préfet de l'Eure a prononcé la suspension de la validité du permis de conduire de M. C pour une durée de six mois, mentionne que cette mesure est prise en application des articles L. 224-7 à L. 224-9, R. 221-13, R. 221-14-1, R. 224-4, R. 224-12, R. 224-14 à
R. 224-17 du code de la route et qu'elle intervient à raison de l'infraction constatée le 3 février 2021, caractérisée par une conduite sous l'influence de produits stupéfiants. Par suite, l'arrêté attaqué répond à l'obligation de motivation édictée par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des mentions du procès-verbal de constatations établi et signé par un agent de police judiciaire dans le cadre d'une enquête préliminaire pour infraction aux règles de la circulation routière, qui fait foi de la matérialité des faits qui y sont consignés en l'absence de preuve contraire, que M. C a fait l'objet d'un dépistage positif au cannabis, à la suite d'un prélèvement salivaire. Les résultats de ce premier dépistage ont été confirmés par l'analyse effectuée le 5 février 2021 au sein du laboratoire pharmacocinétique et de toxicologie du groupe hospitalier du Havre. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale de l'infraction doit, en tout état de cause, être écarté.
5. En troisième lieu, l'interception d'un véhicule en raison du comportement particulièrement dangereux de l'automobiliste concerné est, en vertu des dispositions du 3° du I de l'article L. 224-2 du code de la route, au nombre des faits pour lesquels le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1 du même code, prononcer la suspension du permis de conduire. Ainsi qu'il a été dit précédemment, le préfet a pu, sans méconnaître l'office du juge administratif en matière de référé, ni davantage le principe de séparation des pouvoirs, agir dans ce délai imparti par l'article L. 224-2 du code de la route dans la mesure où les conditions prévues par cet article étaient en l'espèce, réunies, et qu'aucune atteinte au droit effectif au recours ne saurait être caractérisée en l'espèce. Le requérant ne peut davantage utilement se prévaloir de ce que la notification de l'arrêté attaqué ne mentionnait pas la possibilité de saisir le juge administratif d'un référé.
6. En quatrième et dernier lieu, en ce qui concerne la substitution alléguée de l'administration à l'autorité judiciaire, il appartient seulement aux juridictions de cet ordre, dans le cadre de la procédure pénale au terme de laquelle est prononcée une suspension judiciaire du permis de conduire, d'aménager cette peine. L'autorité préfectorale ne tire pas des dispositions précitées du code de la route la faculté d'aménager une mesure de suspension administrative du permis de conduire prononcée sur le fondement de ces dispositions. Dans ces conditions, M. C ne peut utilement critiquer l'arrêté attaqué au motif que le préfet l'aurait informé dans le courrier de notification dudit arrêté de ce que la mesure de suspension administrative prononcée à son encontre ne pouvait faire l'objet d'aucune indulgence ni aménagement notamment pour raisons professionnelles. Il ne peut davantage utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qui concernent une procédure d'urgence devant le juge administratif et qui sont, en tout état de cause, inapplicables au litige.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions qu'il présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er :La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A C et au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Eure.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
C. B
La greffière,
Signé
C. DUPONT
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
Cécilya DUPONT
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N°2101397
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026