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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2101403

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2101403

mardi 20 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2101403
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique 1
Avocat requérantFORTIUM CONSEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 avril 2021, Mme B D, représentée par Me Rondel, demande au tribunal :

1°) de donner acte à M. C A de son intervention volontaire au présent litige ;

2°) de l'admettre provisoirement, ainsi que M. A, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

3°) d'annuler la décision du 11 février 2021 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a rejeté son recours exercé à l'encontre des indus d'aide exceptionnelle de solidarité INQ 1 et INQ 2 au titre des mois de mai 2020 et de novembre 2020 ;

4°) de réserver les dépens.

Elle soutient qu'elle n'a pas fraudé dès lors qu'elle n'est pas en situation de vie maritale avec M. C A.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2022, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme E en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

- la décision du 12 novembre 2021 admettant Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu :

- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;

- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 ;

- le jugement du tribunal administratif de Rouen du 28 juin 2022 n°s 2102314, 2101402 ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport.

A l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D a fait l'objet, le 22 décembre 2020, de deux indus d'aide exceptionnelle de solidarité au titre des mois de mai 2020 et de novembre 2020. Elle a formé un recours administratif auprès de la CAF de la Seine-Maritime en contestation de ces indus. Mme D demande l'annulation de la décision du 11 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a, après avis de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales, rejeté son recours.

Sur l'intervention volontaire de M. A :

2. Aux termes de l'article R. 632-1 du code de justice administrative : " L'intervention est formée par mémoire distinct. (). " M. A n'a pas présenté son intervention par mémoire distinct de celui par lequel Mme D a introduit sa requête. Cette intervention doit dès lors être déclarée irrecevable, comme les conclusions de l'intervenant tendant à ce que lui soit accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Mme D ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 novembre 2021, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions dirigées contre les indus d'aide exceptionnelle de solidarité :

4. Lorsque le juge administratif est saisi d'un recours dirigé contre une décision qui remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité, il entre dans son office d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte-tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. Pour apprécier le bien-fondé de cette décision, il examine les droits du requérant au cours de la période ayant donné lieu au constat d'un indu, au regard des textes applicables à cette période.

5. Aux termes de l'article 1er du décret du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires : " I.- Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 27 novembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à la crise sanitaire aux ménages et aux jeunes de moins de vingt-cinq ans les plus précaires : " I.- Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins une des allocations suivantes au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020 : 1° le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; () ".

6. Il résulte de l'instruction que les indus d'aide exceptionnelle de solidarité en litige résultent du fait que Mme D n'avait pas droit au revenu de solidarité active au titre de la période du 1er janvier 2019 au 30 novembre 2020. Par jugement n°s 2102314, 2101402 du 28 juin 2022, devenu définitif, le tribunal a rejeté le recours exercé par Mme D contre cet indu de revenu de solidarité active Dès lors, Mme D, qui se borne à soutenir qu'elle n'entretient pas de vie maritale avec M. A, n'établit pas qu'elle avait droit au revenu de solidarité active au titre des mois d'avril, de mai, de septembre ou d'octobre 2020, ce qui lui aurait ouvert droit au versement de l'aide exceptionnelle de solidarité. Par suite, la CAF de la Seine-Maritime était fondée à lui demander le remboursement des aides exceptionnelles de solidarité perçus en mai 2020 et en novembre 2020.

7. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a rejeté son recours exercé à l'encontre d'indus d'aide exceptionnelle de solidarité au titre des mois de mai 2020 et de novembre 2020. Par voie de conséquence, et en tout état de cause, ses conclusions relatives aux dépens doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'intervention volontaire de M. A n'est pas admise.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de Mme D d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à Me Pascale Rondel, à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie en sera adressée pour information à M. C A.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.

La magistrate désignée,

H. E La greffière,

F. HAY

N°2101403

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