mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101527 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | LANGUIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 avril 2021 et le 5 juillet 2021, Mme C B, représentée par Me Languil, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 février 2021 par laquelle le président de la communauté d'agglomération Seine-Eure a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie dont elle est atteinte ;
2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Seine-Eure de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie ayant donné lieu aux arrêts de travail du 17 février 2014 au 17 mai 2017 ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Seine-Eure, outre les entiers dépens, une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le mémoire en défense produit par la communauté d'agglomération Seine-Eure n'est pas recevable dès lors que le président de la communauté d'agglomération n'a pas compétence pour ester en justice ;
- il appartient à la communauté d'agglomération d'établir la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que sa pathologie présente un lien direct avec les conditions de travail auxquelles elle a été confrontée à l'occasion de sa reprise de fonctions au sein des services de la communauté d'agglomération en février 2014.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2021, la communauté d'agglomération Seine-Eure, représentée par Me Enard-Bazire, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête de Mme B est irrecevable, dès lors que la décision attaquée est purement confirmative de la décision implicite de rejet de la requérante tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service des arrêts du 14 février 2014 au 17 mai 2017, laquelle a été soumise à la censure du tribunal par une requête distincte enregistrée sous le numéro 2001877 ;
- elle est bien fondée à revendiquer le bénéfice de la jurisprudence du Conseil d'Etat Czabaj, selon laquelle un requérant doit exercer son recours juridictionnel dans un délai raisonnable d'un an ;
- les autres moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme E,
- et les observations de Me Languil, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a intégré les services de la communauté d'agglomération Seine-Eure (CASE) par voie de mutation le 1er octobre 2010, en qualité d'attachée territoriale afin d'exercer les fonctions d'adjointe au directeur des finances. A compter du 1er octobre 2010, elle a été autorisée, à sa demande, à exercer ses fonctions à temps partiel, à hauteur de 80% d'un temps plein. Le 23 août 2013, elle a fait l'objet d'arrêts de travail renouvelés jusqu'au 31 janvier 2014. Après avoir repris ses fonctions le 3 février 2014 à temps partiel, elle a fait l'objet d'un nouvel arrêt de travail à compter du 17 février 2014, puis a été placée en congé de longue durée du 17 février 2014 au 16 mai 2017. Elle a été ensuite placée, à sa demande, en disponibilité pour convenance personnelle pour une durée de trois ans à compter du 17 mai 2017. Par un courrier du 26 décembre 2017, Mme B a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie dont elle souffre. A la suite d'un avis défavorable du 7 février 2019 de la commission de réforme, le président de la CASE a, par un arrêté du 20 mars 2019, refusé de reconnaître comme imputable au service la pathologie de Mme B. Par un jugement du 12 juin 2020, le tribunal administratif, saisi par la requérante, a prononcé le non-lieu à statuer sur ses conclusions d'annulation dirigées contre l'arrêté du 20 mars 2019 relatives à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie, cet arrêté ayant été retiré par un nouvel arrêté du 11 octobre 2019. A la suite du nouvel avis de la commission de réforme du 6 décembre 2019, Mme B a présenté de nouvelles conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de la CASE refusant de reconnaître la maladie professionnelle imputable au service, puis s'est désistée d'office de sa requête, désistement dont il a été donné acte par une ordonnance du tribunal du 5 juillet 2021. Parallèlement, par l'arrêté attaqué du 25 février 2021, le président de la CASE a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie dont elle est atteinte.
Sur la recevabilité du mémoire en défense :
2. Aux termes de l'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales :
" Le président est l'organe exécutif de l'établissement public de coopération intercommunale. () Il représente en justice l'établissement public de coopération intercommunale. () ".
Selon l'article L. 5211-2 du même code : " A l'exception de celles des deuxième à quatrième alinéas de l'article L. 2122-4, les dispositions du chapitre II du titre II du livre Ier de la deuxième partie relatives au maire et aux adjoints sont applicables au président et aux membres du bureau des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre. ". Aux termes de l'article L. 2122-21 de ce code : " Sous le contrôle du conseil municipal et sous le contrôle administratif du représentant de l'État dans le département, le maire est chargé, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal et, en particulier : () 8° De représenter la commune soit en demandant, soit en défendant (). ". Enfin, l'article L. 2122-22 du même code dispose que : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : () 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal (). "
3. Il résulte des dispositions précitées que le président d'un établissement public de coopération intercommunale n'a qualité pour engager une action en justice au nom de la collectivité qu'à condition de bénéficier, par délibération de l'organe délibérant, soit d'une délégation générale pour ester en justice ou représenter en justice la collectivité soit, aux mêmes fins, d'une habilitation pour une instance donnée.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par délibération n° 2020-87 du 9 juillet 2020, régulièrement affichée et transmise au représentant de l'Etat le 10 juillet 2020, le conseil communautaire a autorisé son président à défendre la CASE dans les actions intentées contre elle. Par suite, contrairement à ce que soutient Mme B, le mémoire en défense présenté pour la CASE par son président est recevable.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
5. En premier lieu, par un arrêté n° 20A182 du 10 juillet 2020, le président de la communauté d'agglomération a donné délégation à M. F A, directeur général adjoint des services de la communauté, pour signer les actes relevant des ressources humaines. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. /Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ".
7. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
8. Il ressort des pièces du dossier que le retour de Mme B au sein des services de la CASE le 3 février 2014 était concomitant, d'une part, à une réorganisation profonde des services, ayant entrainé une redistribution des missions, notamment en vue de procéder à des mutualisations et, d'autre part, à un déménagement des équipes de la CASE dans les nouveaux locaux de la communauté d'agglomération, imposant ainsi à Mme B, ainsi qu'à d'autres agents, de s'installer dans ces nouveaux bureaux. En outre, si l'intéressée invoque la circonstance qu'à la suite de la suppression du poste de responsable de l'unité de Louviers qu'elle occupait antérieurement, elle s'est vu attribuer le poste de responsable adjointe du service des affaires financières et confier, à cet égard, des missions qu'elle ne maitrisait pas, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette modification du périmètre de ses fonctions ne trouvait pas une explication dans les nécessités du service. Par ailleurs, s'il est constant que Mme B ne disposait d'aucune fiche de poste associée à ses nouvelles fonctions, cette circonstance, pour regrettable qu'elle soit, n'est pas à elle seule de nature à établir que la pathologie de Mme B ou son aggravation, serait en lien avec ses conditions de travail compte tenu du contexte de réorganisation de la CASE précédemment exposé. Par suite, en refusant de reconnaître l'imputabilité de la pathologie dont elle souffre au service, et nonobstant l'avis favorable de la commission de réforme du 6 décembre 2019, le président de la CASE n'a pas fait une inexacte application de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 25 février 2021 du président de la CASE. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CASE, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante une somme à verser à la CASE au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté d'agglomération Seine-Eure tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la communauté d'agglomération Seine-Eure.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Boucetta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
H. D
La présidente,
C. BOYER Le greffier,
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026