jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101584 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | JOLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 avril 2021, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1) avant-dire-droit, de désigner un expert architecte, afin d'évaluer les conséquences du défaut d'entretien, par la commune, des parcelles cadastrées AN35 et AN351, et de mettre les dépens à la charge de la commune ;
2) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite née du silence gardé par la maire de la commune de Saint-Saëns sur la demande qu'il lui a adressée le 21 juillet 2020 tendant, entre autre, à ce que la commune assure l'entretien normal des parcelles cadastrées AN35 et AN351, voisines de son fonds personnel ;
3) de " nommer un paysagiste indépendant " aux frais de la commune afin d'assurer l'entretien desdites parcelles ;
4) d'enjoindre à la maire de Saint-Saëns d'assurer l'entretien normal de ces parcelles ;
5) de condamner la commune de Saint-Saëns à lui verser le montant qu'estimera l'architecte ;
6) de prononcer la suspension de la validité du permis de construire qui lui a été accordé le 18 juillet 2020 jusqu'à la fin de l'instance ;
7) de mettre à la charge de la commune de Saint-Saëns la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient notamment que la commune n'entretient pas ces parcelles, ce qui lui cause désagrément et préjudices.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2022, la commune de Saint-Saëns, représentée par Me Joly, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les parcelles en litige appartenant au domaine privé de la commune, la requête échappe pour l'essentiel à la compétence de la juridiction administrative ;
- les conclusions indemnitaires et tendant à la suspension du délai de validité du permis de construire lui appartenant sont irrecevables faute de liaison du contentieux ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022 par une ordonnance du 30 juin 2022.
Un mémoire, présenté par M. B, a été enregistré le 4 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique ;
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 18 juillet 2020, intitulé " recours gracieux valant mise en demeure " et reçu le 21 juillet suivant, M. B a saisi la maire de Saint-Saëns, commune où il réside, d'un certain nombre de demandes tendant, notamment, à ce que soit assuré l'entretien normal des parcelles cadastrées AN35 et AN351, qui appartiennent à la commune. Le silence gardé par la maire sur cette demande a fait naitre une décision implicite de rejet dont M. B demande, à titre principal, l'annulation.
Sur l'exception d'incompétence soulevée par la commune de Saint-Saëns s'agissant des conclusions relatives à l'entretien des parcelles AN35 et AN351 :
2. La contestation concernant des actes s'inscrivant dans un rapport de voisinage ou les recours en responsabilité fondés sur ce même rapport n'affecte ni le périmètre du domaine privé de la personne publique ni sa consistance, ne met en cause que des rapports de droit privé et relève, à ce titre, de la compétence du juge judiciaire.
3. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ". Selon l'article L. 2111-2 du même code, font également partie du domaine public communal les biens de la commune qui, concourant à l'utilisation d'un bien appartenant au domaine public, en constituent un accessoire indissociable. A cet égard, une parcelle communale ne peut être regardée comme affectée à l'usage direct du public en l'absence d'intention de la commune de l'y affecter.
4. Il ressort des pièces du dossier et notamment du relevé cadastral et des photographies produites par les parties que les deux parcelles en cause sont clôturées et très essentiellement composées de terrain naturel, à l'exception d'une bande goudronnée. La circonstance que des véhicules y soient stationnés occasionnellement ou même régulièrement ne permet pas de regarder ces parcelles comme affectées à l'usage direct du public, en l'absence de toute indication sur la qualité des usagers et, surtout, d'intention de la commune d'affecter ces parcelles à l'usage direct du public qui ressortirait des éléments soumis au tribunal. Par suite, ces parcelles ne sont pas affectées à l'usage direct du public. Il ne ressort pas plus des pièces du dossier que ces parcelles seraient affectées à un service public.
5. Il suit de là que les parcelles AN35 et AN351 en litige appartiennent au domaine privé de la commune. Par suite, l'ensemble des conclusions visées ci-dessus de M. B qui ont trait à un rapport de voisinage entre son terrain et ces parcelles, y compris ses conclusions indemnitaires, ne met en cause que des rapports de droit privé et relève, à ce titre, du juge judiciaire. Il y a en conséquence lieu d'accueillir l'exception soulevée par la commune et de rejeter lesdites conclusions comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les conclusions tendant à ce que le tribunal ordonne la suspension de la validité du permis de construire dont est titulaire M. B :
6. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".
7. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 424-21 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire () peut être prorogé deux fois pour une durée d'un an, sur demande de son bénéficiaire si les prescriptions d'urbanisme et les servitudes administratives de tous ordres auxquelles est soumis le projet n'ont pas évolué de façon défavorable à son égard ", et aux termes de l'article R. 424-22 du même code : " La demande de prorogation est établie en deux exemplaires et adressée par pli recommandé ou déposée à la mairie deux mois au moins avant l'expiration du délai de validité ".
8. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 20 septembre 2018 du maire de la commune de Saint-Saëns, M. B s'est vu délivrer un permis de construire un bâtiment en rez-de-jardin surmonté d'un double garage. Par la présente requête, il demande au tribunal de suspendre la durée de validité de ce permis de construire jusqu'à la résolution du litige qui l'oppose à la commune.
9. Toutefois, alors qu'au surplus de telles conclusions ne relèvent pas de l'office du juge, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment du courrier du 18 juillet 2020 que M. B aurait saisi la maire de Saint-Saëns, sur le fondement de l'article R. 424-22 du code de l'urbanisme, d'une demande de prorogation. Par suite, en l'absence au jour du présent jugement de toute décision prise par l'administration, les conclusions susanalysées ne sont pas recevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Saëns, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B une somme de 250 euros au titre des frais exposés par la commune de Saint-Saëns et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: L'ensemble des conclusions de M. B relatives à l'entretien des parcelles cadastrées AN35 et AN351 sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : M. B versera à la commune de Saint-Saëns une somme de 250 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Saëns.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le rapporteur,
Robin Mulot
La présidente,
Anne Gaillard
Le greffier,
Henry Tostivint
La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2101584
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026