LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2101588

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2101588

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2101588
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantJOLY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 25 avril 2021 sous le numéro 2101587, M. A B, demande au tribunal :

1) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite née du silence gardée par la maire de Saint-Saëns sur le courrier qu'il lui a adressé le 18 juillet 2020 tendant, notamment, à ce que celle-ci prenne des mesures de police administrative et judiciaire de nature à faire respecter l'ordre public, en particulier en ce qui concerne le stationnement des véhicules et le dépôt de déchets, et à ce que soit entretenue la voirie communale ;

2) d'enjoindre à la maire de respecter ses obligations ;

3) de mettre à la charge de la commune de Saint-Saëns la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il apporte la preuve de la commission de très nombreuses infractions qui ne sont ni prévenues ni réprimées par la maire ;

- celles-ci concernant le stationnement et le dépôt de déchets ;

- la voirie communale est mal entretenue.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2022, la commune de Saint-Saëns, représentée par Me Joly, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute de décision préalable, en tant qu'elle concerne la police des déchets et l'entretien de la voirie ;

- ses conclusions sont insuffisamment précises ;

- aucun des moyens n'est fondé.

La clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022 par une ordonnance du 30 juin 2022.

Un mémoire, présenté par M. B, a été enregistré le 4 octobre 2022.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaitre des conclusions de M. B relatives à l'exercice, par la maire de Saint-Saëns, de ses fonctions de police judiciaire.

II. Par une requête enregistrée le 25 avril 2021 sous le numéro 2101588, M. A B, demande au tribunal :

1) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 4 juin 2020 par lequel la maire de Saint-Saëns a autorisé les restaurants et bars à agrandir leur surface de terrasse afin de respecter les distanciations sociales imposées lors de l'épidémie de covid-19 ;

2) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite née du silence gardée par la maire de Saint-Saëns sur le courrier qu'il lui a adressé le 18 juillet 2020 tendant, notamment, à ce que celle-ci prenne des mesures de police administrative et judiciaire de nature à faire respecter l'ordre public, en particulier en ce qui concerne le stationnement des véhicules et le dépôt de déchets, et à ce que soit entretenue la voirie communale ;

3) d'enjoindre à la maire de respecter ses obligations et notamment de procéder au retrait du mobilier urbain proche des places de stationnement réservées aux véhicules de transport de fonds ;

4) de mettre à la charge de la commune de Saint-Saëns la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il apporte la preuve de la commission de très nombreuses infractions qui ne sont ni prévenues ni réprimées par la maire ;

- celles-ci concernant le stationnement et le dépôt de déchets ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2022, la commune de Saint-Saëns, représentée par Me Joly, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions dirigées contre l'arrêté du 4 juin 2020 sont tardives ;

- ses conclusions sont insuffisamment précises et, par suite, irrecevables ;

- aucun des moyens n'est fondé.

La clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022 par une ordonnance du 30 juin 2022.

Un mémoire, présenté par M. B, a été enregistré le 4 octobre 2022.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaitre des conclusions de M. B relatives à l'exercice, par la maire de Saint-Saëns, de ses fonctions de police judiciaire.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la route ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de procédure pénale, notamment ses articles 12, 13 et 14 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;

- et les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 18 juillet 2020, intitulé " recours gracieux valant mise en demeure " et reçu le 21 juillet suivant, M. B a saisi la maire de Saint-Saëns, commune où il réside, d'un certain nombre de demandes tendant, notamment, à ce que la maire " rétablisse " l'ordre public en matière de stationnement. Le silence gardé par la maire sur cette demande a fait naitre une décision implicite de rejet dont M. B demande, à titre principal, l'annulation.

2. Les deux requêtes visées ci-dessus sont présentées par le même requérant et tendant, pour l'essentiel, aux mêmes fins. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions relatives à l'exercice, par la maire, de ses pouvoirs de police judiciaire :

3. Parmi ses nombreuses conclusions, M. B demande notamment au tribunal d'annuler le refus implicite née du silence gardé par la maire de Saint-Saëns sur le courrier qu'il lui a adressé en tant que celle-ci refuse, soit en nom propre soit par l'intermédiaire du policier municipal de la commune, de verbaliser des contrevenants, et d'enjoindre à cette autorité de procéder à des verbalisations. A cet effet, M. B produit de nombreuses photographies relevant - selon lui - la commission d'infractions, notamment de stationnement.

4. Ces conclusions ne visent pas au maintien, par l'autorité de police administrative compétente, de l'ordre public et à la prévention de troubles à celui-ci, mais à la constatation d'infractions pénales, à la recherche de leurs auteurs, au rassemblement de preuves de leur commission et le cas échéant à la sanction desdits auteurs, au sens notamment des articles 12 à 14 du code de procédure pénale. Elles relèvent ainsi de la mission de police judiciaire qui est confiée à l'autorité judiciaire, au maire et sous l'autorité de celui-ci aux agents de police municipale. Il n'appartient dès lors qu'à la juridiction judiciaire de connaître de telles conclusions, qui doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 4 juin 2020 portant réglementation des terrasses sur la commune :

5. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir () de la publication de la décision attaquée ".

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa version en vigueur au 4 juin 2020 : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement () / Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes () ".

7. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'attestation établie par la maire de Saint-Saëns, qui n'est pas utilement contestée, que l'arrêté attaqué, qui présente un caractère réglementaire, a été affiché en mairie du 4 juin au 6 aout 2020. Cette publication a fait courir le délai de recours contentieux qui a commencé à courir le 4 juin 2020 et a expiré le 6 aout 2020. Il s'ensuit que les conclusions de M. B dirigées contre l'arrêté du 4 juin 2020 sont tardives. Il y a ainsi lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Saëns et de rejeter comme irrecevables les conclusions de M. B dirigées contre cet arrêté.

Sur l'exercice des pouvoirs de police administrative :

8. Aux termes de l'article L. 2213-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales, et les voies de communication à l'intérieur des agglomérations () ". Aux termes de l'article L. 2213-2 du même code : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation : 1° Interdire à certaines heures l'accès de certaines voies de l'agglomération ou de certaines portions de voie ou réserver cet accès, à certaines heures ou de manière permanente, à diverses catégories d'usagers ou de véhicules ; 2°Réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains () ".

9. Dans l'exercice des pouvoirs de police qui lui sont ainsi confiés, il appartient au maire de prendre les mesures nécessaires pour concilier les droits de l'ensemble des usagers de la voie publique et les contraintes liées, le cas échéant, à la circulation et au stationnement de leurs véhicules.

10. A l'appui de sa requête, M. B a produit près d'une centaine de photographies relevant - selon lui - des infractions au code de la route, quasi exclusivement en matière de stationnement. Toutefois, s'il semble en effet que la plupart de ces photographies révèlent la commission d'infractions, celles-ci sont pour la plupart source d'une atteinte d'une gravité relative à l'ordre public à l'exception de quelques-unes et ne révèlent en tout état de cause pas la persistance de situations dangereuses. En outre, l'examen de ces photographies démontre au contraire que l'autorité de police a adopté des mesures destinées à réglementer le stationnement, notamment par l'attribution de places réservées aux véhicules de transport de fonds, à l'organisation d'un stationnement unilatéral dans certaines voies ou l'interdiction de stationner à certains emplacements. Il ne ressort pas des pièces versées par les parties qu'en s'abstenant de prendre les mesures sollicitées par le requérant, au demeurant particulièrement imprécises, la maire de Saint-Saëns aurait commis une carence dans l'exercice de son pouvoir de police.

11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle la maire de Saint-Saëns a rejeté sa demande tendant à l'adoption de mesures supplémentaires de police de stationnement.

Sur l'entretien de la voirie communale et les dépôts sauvages de déchets en dehors des emplacements autorisés :

12. Ainsi qu'il a été rappelé ci-dessus, le premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative dispose que la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision.

13. Il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment du courrier mentionné au point 1 du 18 juillet 2020 qui n'en fait aucunement mention que M. B, avant de saisir le tribunal administratif, aurait fait naitre une décision de la maire de Saint-Saëns refusant de procéder à l'entretien de la voirie communale. Dans son mémoire en défense, la commune qui réfute avoir pris toute décision a opposé à titre principal une fin de non-recevoir tirée de l'absence de décision préalable, qu'il y a dès lors lieu d'accueillir. Il s'ensuit que les conclusions de M. B relatives au défaut d'entretien de la voirie par la commune sont irrecevables et doivent être rejetées.

14. Il en va de même, pour les mêmes motifs, des conclusions relatives aux dépôts de déchets en dehors des emplacements autorisés, qui ne sont dirigées contre aucune décision de l'autorité compétente.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Saëns, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B une somme de 250 euros au titre des frais exposés par la commune de Saint-Saëns et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er: Les conclusions de M. B relatives à l'exercice, par la maire de Saint-Saëns et des agents de la commune, de leurs pouvoirs de police judiciaire sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : M. B versera à la commune de Saint-Saëns une somme de 250 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Saëns.

Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,

Assistés de M. Tostivint, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

Le rapporteur,

Robin Mulot La présidente,

Anne Gaillard

Le greffier,

Henry Tostivint

La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2101587 ; 2101588

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions