jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101668 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | RINEAU & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
A une requête et un mémoire, enregistrés les 30 avril 2021 et 12 juillet 2022, Mme D B, représentée A Me Rineau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision contenue dans le courrier du 31 mars 2021, notifié le 14 avril suivant, A laquelle la rectrice de l'académie de Normandie l'a mise en demeure de scolariser sa fille dans un délai de quinze jours, en application de l'article L. 131-10 du code de l'éducation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser au cabinet Rineau et associés en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et de la circulaire n° 2017-056 du 14 avril 2017, dès lors qu'elle ne précise pas en quoi l'instruction suivie A sa fille ne permettrait pas sa progression vers l'acquisition, à la fin de la période de socle commun, de l'instruction obligatoire ;
- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions des articles L. 131-10 et L. 131-16-1 du code de l'éducation, dès lors que tant le bilan du premier contrôle que le bilan du second contrôle de sa fille ne comportent aucune notification précise des raisons pour lesquelles l'enseignement dispensé ne permettrait pas l'acquisition progressive des domaines du socle commun et des insuffisances auxquelles il faudrait remédier, ce qui l'a privée d'une garantie en ce qu'elle n'a pas été mise à même de procéder aux rectifications nécessaires ;
- elle a été prise en violation de sa liberté pédagogique, telle que précisée A les articles R. 131-13 et D. 131-12 du code de l'éducation, qui a été niée au stade du premier et du second contrôle ainsi que dans l'établissement du bilan effectué à l'issue de ces deux contrôles ;
- elle a été prise en violation des articles R. 131-13 et D. 131-12 du code de l'éducation, dès lors que le délai d'un mois laissé entre les deux contrôles réalisés A l'inspecteur de l'académie était insuffisant pour lui permettre de faire constater une progression globale de sa fille sur l'ensemble des domaines du socle commun de connaissances et pour vérifier si l'ensemble des attendus de fin de cycle 2 étaient maîtrisés ;
- elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation.
A des mémoires en défense enregistrés les 16 juillet 2021 et 25 août 2022, la rectrice de l'académie de Normandie conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- et les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B a déclaré instruire son enfant, E, née le 30 juillet 2011, dans la famille. Le 27 janvier 2021, l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Eure a décidé, en application des dispositions de l'article L. 131-10 du code de l'éducation, de vérifier que l'enseignement assuré A l'intéressée à sa fille était conforme au droit de l'enfant à l'instruction. Cette première visite de contrôle annuel s'est déroulée au rectorat à la demande de Mme B, laquelle déclarait déménager, en présence de l'inspecteur de l'éducation nationale, assisté d'un conseiller pédagogique, sur convocation du 9 novembre 2020. Compte tenu des résultats de cette première évaluation, un nouveau contrôle a été effectué le 25 mars 2021 sur convocation du 12 février 2021, qui s'est également tenu dans les locaux du rectorat. Mme B a contesté les termes du premier contrôle et a demandé l'annulation du second contrôle A courrier du 25 février 2021, contestation réitérée A courriels des 17 et 23 mars 2021 et rejetée notamment A courrier de l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Eure du 24 mars 2021. Elle a également contesté les termes du second contrôle A courrier du 10 avril 2021. Au regard des conclusions de ce second contrôle, l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Eure a, A une décision du 31 mars 2021, notifiée le 14 avril suivant, mis en demeure Mme B d'inscrire sa fille, E, dans un établissement scolaire public ou privé dans un délai de quinze jours à compter de la réception de ce courrier. A une ordonnance n° 2101669 du 25 mai 2021, la juge des référés du tribunal administratif a rejeté le référé suspension formé A Mme B à l'encontre de cette mise en demeure. A sa requête, Mme B demande l'annulation de la mise en demeure du 31 mars 2021.
2. Le principe de la liberté de l'enseignement, qui figure au nombre des principes fondamentaux reconnus A les lois de la République, implique la possibilité de créer des établissements d'enseignement, y compris hors de tout contrat conclu avec l'Etat, tout comme le droit pour les parents de choisir, pour leurs enfants, des méthodes éducatives alternatives à celles proposées A le système scolaire public, y compris l'instruction au sein de la famille.
3. Le droit à l'instruction, reconnu A le treizième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 et A l'article 2 du protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, peut justifier l'encadrement de la liberté d'enseignement, dans la mesure où celui-ci n'a ni pour objet ni pour effet de vider de sa substance la liberté de l'enseignement.
4. Aux termes de l'article L. 131-1 du code de l'éducation : " L'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans et jusqu'à l'âge de seize ans. () " et aux termes de l'article L. 131-1-1 de ce code : " Le droit de l'enfant à l'instruction a pour objet de lui garantir, d'une part, l'acquisition des instruments fondamentaux du savoir, des connaissances de base, des éléments de la culture générale et, selon les choix, de la formation professionnelle et technique et, d'autre part, l'éducation lui permettant de développer sa personnalité, son sens moral et son esprit critique, d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle, de partager les valeurs de la République et d'exercer sa citoyenneté. / Cette instruction obligatoire est assurée prioritairement dans les établissements d'enseignement. ".
5. Aux termes de l'article L. 131-2 du code de l'éducation, dans sa version alors en vigueur : " L'instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles A les parents, ou l'un d'entre eux, ou toute personne de leur choix. () ". Aux termes de l'article L. 131-5 de ce code, dans sa version alors en vigueur : " Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées A l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille. / () L'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation peut convoquer l'enfant, ses responsables et, le cas échéant, les personnes chargées d'instruire l'enfant à un entretien afin d'apprécier la situation de l'enfant et de sa famille et de vérifier leur capacité à assurer l'instruction en famille. () ".
6. Enfin, aux termes de l'article L. 131-10 du code de l'éducation, dans sa version alors en vigueur : " () L'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation doit au moins une fois A an, à partir du troisième mois suivant la déclaration d'instruction A les personnes responsables de l'enfant prévue au premier alinéa de l'article L. 131-5, faire vérifier, d'une part, que l'instruction dispensée au même domicile l'est pour les enfants d'une seule famille et, d'autre part, que l'enseignement assuré est conforme au droit de l'enfant à l'instruction tel que défini à l'article L. 131-1-1. A cet effet, ce contrôle permet de s'assurer de l'acquisition progressive A l'enfant de chacun des domaines du socle commun de connaissances, de compétences et de culture défini à l'article L. 122-1-1 au regard des objectifs de connaissances et de compétences attendues à la fin de chaque cycle d'enseignement de la scolarité obligatoire. Il est adapté à l'âge de l'enfant et, lorsqu'il présente un handicap ou un trouble de santé invalidant, à ses besoins particuliers. / Le contrôle est prescrit A l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation selon des modalités qu'elle détermine. Il est organisé en principe au domicile où l'enfant est instruit. Les personnes responsables de l'enfant sont informées, à la suite de la déclaration annuelle qu'elles sont tenues d'effectuer en application du premier alinéa de l'article L. 131-5, de l'objet et des modalités des contrôles qui seront conduits en application du présent article. / () Les résultats du contrôle sont notifiés aux personnes responsables de l'enfant. Lorsque ces résultats sont jugés insuffisants, les personnes responsables de l'enfant sont informées du délai au terme duquel un second contrôle est prévu et des insuffisances de l'enseignement dispensé auxquelles il convient de remédier. () / Si les résultats du second contrôle sont jugés insuffisants, l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation met en demeure les personnes responsables de l'enfant de l'inscrire, dans les quinze jours suivant la notification de cette mise en demeure, dans un établissement d'enseignement scolaire public ou privé et de faire aussitôt connaître au maire, qui en informe l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, l'école ou l'établissement qu'elles auront choisi. Les personnes responsables ainsi mises en demeure sont tenues de scolariser l'enfant dans un établissement d'enseignement scolaire public ou privé au moins jusqu'à la fin de l'année scolaire suivant celle au cours de laquelle la mise en demeure leur a été notifiée. / () Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités d'application du présent article. ".
7. En premier lieu, en l'espèce, la mise en demeure contestée mentionne que la fille de Mme B a fait l'objet d'un premier contrôle pédagogique le 27 janvier 2021 dont les résultats ont été jugés insuffisants et qu'un second contrôle pédagogique a eu lieu le 25 mars 2021 afin de vérifier que des améliorations ont été apportées à l'enseignement dispensé. Elle mentionne également que les personnes en charge de ce contrôle n'ont pas constaté d'amélioration et que l'enseignement dispensé n'est pas conforme au droit de l'enfant à l'instruction tel que défini à l'article L. 131-1-1 du code de l'éducation et ne lui permet pas une acquisition des connaissances et compétences progressive et continue dans chaque domaine de formation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture défini à l'article L. 122-1-1 de ce code. Elle mentionne enfin son fondement juridique, soit l'article L. 131-10 du même code. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision contestée doit, dès lors et en tout état de cause, être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 131-16-1 du code de l'éducation : " Le bilan du contrôle est notifié A lettre recommandée avec accusé de réception aux personnes responsables de l'enfant dans un délai qui ne peut être supérieur à trois mois. / Lorsque les résultats du contrôle sont jugés insuffisants, ce bilan : / 1° Précise aux personnes responsables de l'enfant les raisons pour lesquelles l'enseignement dispensé ne permet pas l'acquisition progressive A l'enfant de chacun des domaines du socle commun de connaissances, de compétences et de culture ; / 2° Rappelle aux personnes responsables de l'enfant qu'elles feront l'objet d'un second contrôle dans un délai qui ne peut être inférieur à un mois et précise les modalités de ce contrôle, qui ne peut être inopiné ; / 3° Informe les personnes responsables de l'enfant de la mise en demeure et des sanctions pénales dont elles peuvent faire l'objet, au terme de la procédure, en application de l'article L. 131-10 du code de l'éducation et du premier alinéa de l'article 227-17-1 du code pénal. ".
9. En l'espèce, d'une part, le bilan du contrôle réalisé le 27 janvier 2021 mentionne que le conseiller pédagogique a orienté l'évaluation de E au regard de connaissances et compétences attendues à la fin du cycle 2, correspondant au niveau CE2, l'intéressée se situant, à la date du contrôle, en début de cycle 3, soit en CM1. Il mentionne que quatre des cinq domaines du socle n'ont pas été abordés, soit les domaines " Les méthodes et des outils pour apprendre et pour comprendre ", " La formation de la personne et du citoyen ", " Les systèmes naturels et les systèmes techniques ", et " Les représentations du monde et de l'activité humaine ". A cet égard, la rectrice fait valoir sans être contestée que le seul élément apporté A Mme B lors de ce contrôle, soit un manuel " multi livre CE2 ", n'a pas permis d'évaluer ces domaines, ainsi que cela ressort d'ailleurs des mentions " Non évaluable sur les supports apportés " figurant sur les conclusions de ce bilan. L'unique domaine du socle abordé, soit " Les langages pour penser et communiquer ", a été considéré " A consolider " après des évaluations effectuées en français et en mathématiques, ainsi que cela ressort des conclusions du bilan du 27 janvier 2021. Ce bilan renvoie, dans la case " Conseils, préconisations, ressources ", vers un site internet qui, selon la rectrice, contient des supports détaillés sur les attendus de fin d'année et les repères annuels de progression.
10. D'autre part, et ainsi que le reconnaît au demeurant la requérante dans ses écritures, le bilan du contrôle réalisé le 25 mars 2021 comporte une notification " plus précise " des résultats en fonction des domaines du socle commun. Il mentionne que la conseillère pédagogique a orienté l'évaluation de E au regard de connaissances et compétences attendues à la fin du cycle 2. Il mentionne que l'un des cinq domaines du socle n'a pas été abordé, soit le domaine " Les méthodes et des outils pour apprendre et pour comprendre ". A cet égard, la rectrice fait également valoir sans être contestée que les seuls éléments apportés A Mme B lors de ce second contrôle n'ont pas permis d'évaluer ce domaine, ainsi que cela ressort d'ailleurs de la mention " Non évaluable sur les supports apportés " figurant sur les conclusions de ce bilan. Les quatre domaines du socle abordés, ont été considérés " A consolider " après des évaluations effectuées en français en matière d'oral, de lecture orale, de lecture compréhension, d'étude de langue et d'écriture, en mathématiques en matière de numération, de calcul mental, de calcul posé, de grandeurs et mesures, de géométrie et de résolution de problèmes arithmétique, en anglais, en géographie, en histoire et en arts et musique, ainsi que cela ressort des conclusions de ce bilan. Les appréciations portées A l'évaluation sont détaillées dans chacune de ces matières, ainsi que cela ressort des termes mêmes du bilan du 25 mars 2021. Enfin, ce bilan renvoie, dans la case " Conseils, préconisations, ressources ", à divers conseils et ressources pour améliorer l'apprentissage et la progression de E.
11. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure doit être écarté.
12. En troisième lieu, si aucun des courriers de l'académie ne fait mention du " dossier pédagogique " établi A Mme B, cette dernière indique elle-même l'avoir communiqué à l'inspecteur lors du contrôle réalisé le 27 janvier 2021. Il n'est nullement établi que ce document n'aurait pas été pris en compte. Enfin, compte tenu des lacunes constatées lors des deux contrôles mentionnés ci-dessus, constats qui confirment au demeurant certaines des appréciations faites le 31 janvier 2020 lors d'un précédent contrôle des compétences et des connaissances de E, l'administration n'a, eu égard au droit à l'instruction dont bénéficie cette enfant qui vise à lui garantir un certain niveau d'instruction, pas porté une atteinte disproportionnée au principe de la liberté de l'enseignement de Mme B, qui ne se prévaut au demeurant d'aucun aménagement justifiant le retard pris A sa fille quant à la maîtrise des compétences attendues en fin de cycle 2. Ce moyen doit, dans ces conditions, être écarté.
13. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, et ainsi que la requérante le reconnaît dans ces écritures, que cette dernière a été informée A courrier du 12 février 2021, " reçu mi-février " 2021 d'après l'intéressée, qu'un second contrôle allait être diligenté le 25 mars 2021, soit plus d'un mois plus tard. Ainsi, et au égard à ce qui a été dit aux points 8 et 9 du présent jugement, le délai dont a disposé Mme B entre le premier et le second contrôle dont elle a fait l'objet, soit près de deux mois, était suffisant et n'a ainsi méconnu ni les dispositions précitées de l'article R. 131-16-1 du code de l'éducation, ni, en tout état de cause, les dispositions des articles R. 131-13 et D. 131-12 du même code.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 131-12 du code de l'éducation : " Pour les enfants qui reçoivent l'instruction dans la famille ou dans les établissements d'enseignement privés hors contrat, l'acquisition des connaissances et des compétences est progressive et continue dans chaque domaine de formation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture et doit avoir pour objet d'amener l'enfant, à l'issue de la période de l'instruction obligatoire, à la maîtrise de l'ensemble des exigences du socle commun. La progression retenue doit être compatible avec l'âge de l'enfant et, lorsqu'il présente un handicap tel que défini à l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles, avec ses besoins particuliers, tout en tenant compte des choix éducatifs effectués A les personnes responsables de l'enfant et de l'organisation pédagogique propre à chaque établissement. ". Aux termes de l'article R. 131-13 de ce code : " Le contrôle de la maîtrise progressive de chacun des domaines du socle commun est fait au regard des objectifs de connaissances et de compétences attendues à la fin de chaque cycle d'enseignement de la scolarité obligatoire, en tenant compte des méthodes pédagogiques retenues A l'établissement ou A les personnes responsables des enfants qui reçoivent l'instruction dans la famille. ". Aux termes de l'article R. 131-14 du même code : " Lorsque l'enfant reçoit l'instruction dans la famille, le contrôle de l'acquisition des connaissances et compétences prescrit A l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation se déroule sous la forme d'un entretien avec au moins l'une des personnes responsables de l'enfant soumis à l'obligation scolaire, le cas échéant en présence de ce dernier. Les personnes responsables de l'enfant précisent notamment à cette occasion la démarche et les méthodes pédagogiques qu'elles mettent en œuvre. Afin d'apprécier l'acquisition A l'enfant des connaissances et des compétences mentionnées aux articles R. 131-12 et R. 131-13, l'une au moins des personnes responsables de l'enfant présentent à la personne chargée du contrôle des travaux réalisés A l'enfant au cours de son instruction et l'enfant effectue des exercices écrits ou oraux, adaptés à son âge et à son état de santé. ". Enfin aux termes de l'article D. 131-12 de ce code : " L'acquisition des connaissances et compétences est progressive et continue dans chaque domaine de formation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture et doit avoir pour objet d'amener l'enfant, à l'issue de la période de l'instruction obligatoire, à la maîtrise de l'ensemble des exigences du socle commun. La progression retenue doit être compatible avec l'âge de l'enfant et son état de santé, tout en tenant compte des choix éducatifs effectués et de l'organisation pédagogique propre à chaque établissement. ".
15. Si la requérante soutient que les conclusions de l'évaluation du 27 janvier 2021 seraient inexactes, elle n'établit toutefois pas, A les seules pièces qu'elle produit, que le travail scolaire de sa fille serait supérieur à deux heures A jour ou que la mention " issus du commerce " s'agissant des documents et supports mis à disposition de sa fille serait incomplète. De même, elle n'établit pas, A les seules pièces qu'elle produit, que les conclusions de l'évaluation du 25 mars 2021 seraient inexactes. A cet égard, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'à cette date le travail scolaire de sa fille serait supérieur à deux heures A jour et qu'elle aurait mis en place un cadre structuré de travail. Il ressort des termes mêmes du bilan de cette évaluation que des cahiers ont été présentés lors de cette évaluation. Enfin, ainsi que cela a déjà été dit, il ressort des pièces du dossier que la fille de Mme B a présenté, lors des deux contrôles réalisés, des lacunes au regard de connaissances et compétences attendues à la fin du cycle 2, correspondant au niveau CE2, alors que l'intéressée se situait, à la date du contrôle, en début de cycle 3, soit en CM1. Contrairement à ce que soutient la requérante, ces contrôles ont valablement pu s'effectuer au regard des objectifs de connaissances et de compétences attendues à la fin du cycle 2, comme le prévoient les dispositions précitées des articles L. 131-10 et R. 131-13 du code de l'éducation et, au demeurant, le point II.3.5 de la circulaire n° 2017-056 du 14 avril 2017. Le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'erreur d'appréciation doit, dès lors, être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 31 mars 2021 A laquelle l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Eure l'a mise en demeure d'inscrire sa fille, E, dans un établissement scolaire public ou privé dans un délai de quinze jours à compter de la réception de ce courrier. Il y a lieu, A voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Normandie.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bailly, présidente,
- Mme F et Mme C, conseillères.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
La rapporteure,
Signé :
D. FLa présidente,
Signé :
P. BaillyLa greffière,
Signé :
A. Hussein
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026