jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101690 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | BOULAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 avril 2021 et 10 septembre 2021, M. D A C, représenté par Me Boulais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Vernon s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 11 janvier 2021 pour la création d'un nouvel accès et l'installation d'un portail sur la parcelle cadastrée section AX 544, située 9 rue d'York ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vernon la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté emporte retrait de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable dont il bénéficie depuis le 12 février 2021 ;
- il est entaché d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'il n'a pas été précédé de la mise en œuvre d'une procédure contradictoire, ce qui l'a privé d'une garantie ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, dès lors que la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable dont il bénéficie n'est pas illégale, son projet ne méconnaissant pas les dispositions de l'article UD 3.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon.
Par des mémoires en défense enregistrés les 15 août 2021 et 11 juillet 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la commune de Vernon, représentée par le cabinet Richer et Associés droit public, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A C la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A C est propriétaire d'une parcelle cadastrée section AC 544 située 9 rue d'York sur le territoire de la commune de Vernon, sur laquelle est implantée sa maison d'habitation. Le 11 janvier 2021, il a déposé auprès des services communaux un dossier de déclaration préalable en vue de la création d'un accès de 3,5 mètres de large entre deux arbres depuis la voie publique pour desservir une place de stationnement surmontée d'un carport, ainsi que l'installation d'un portail. Par un arrêté du 2 mars 2021, le maire de la commune de Vernon s'est opposé à la déclaration préalable déposée par l'intéressé. Par sa requête, M. A C demande l'annulation de l'arrêté du 2 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la nature de l'arrêté en litige :
2. Aux termes de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. " Aux termes de de l'article R. 423-22 de ce code : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41. ". L'article R. 423-23 de ce code prévoit que : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables ; () ". Enfin, l'article R. 424-1 du même code dispose que : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable ; () ".
3. Il est constant que M. A C a déposé une déclaration préalable de travaux le 11 janvier 2021. En application des dispositions combinées du code de l'urbanisme citées au point précédent, une décision implicite de non-opposition est intervenue au terme d'un délai d'un mois à compter du 11 janvier 2021, soit le 11 février 2021. Il suit de là que l'arrêté du 2 mars 2021 en litige doit être regardé comme portant à la fois retrait de cette décision tacite de non-opposition dont bénéficiait M. A C depuis le 11 février 2021, et opposition à la déclaration préalable déposée par l'intéressé.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté en litige :
4. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. () ".
5. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " Aux termes de l'article L. 122-1 de ce code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. () " Enfin, aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ".
6. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
7. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 du présent jugement que l'arrêté contesté doit être regardé comme constituant une décision de retrait d'une décision créatrice de droit. En application des dispositions combinées précitées des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, cette décision figure au nombre des actes devant être motivés et faisant l'objet d'une procédure contradictoire. En l'espèce, il est constant que M. A C n'a pas été mis en mesure de présenter des observations préalablement à l'arrêté attaqué, alors que le maire de la commune de Vernon n'était pas tenu de procéder spontanément au retrait de la décision tacite de non-opposition dont était titulaire l'intéressé. Ce dernier a, ainsi, été privé d'une garantie.
8. L'autre moyen de la requête n'est pas de nature à justifier, en application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'annulation de l'arrêté contesté.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Vernon a retiré la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable dont il bénéficiait et s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 11 janvier 2021.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Vernon demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Vernon la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 2 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Vernon a retiré la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable dont bénéficiait M. A C et s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 11 janvier 2021, est annulé.
Article 2 : La commune de Vernon versera à M. A C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Vernon présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A C et à la commune de Vernon.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Berthet-Fouqué, président,
- Mme E et Mme B, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
D. ELe président,
J. Berthet-FouquéLa greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026