jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101691 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | CLORIS SOLAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 avril 2021, 19 juillet 2022, 18 octobre 2022 et 31 octobre 2022, M. C D, représenté par Me Cloris, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 9 février 2021 par lequel le préfet de l'Eure lui retiré son titre de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- la décision attaquée méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 décembre 2021, 14 septembre 2022 et 20 octobre 2022, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant cap-verdien né le 16 décembre 1983, entré sur le territoire français le 18 février 2005 était titulaire, depuis le 31 janvier 2013 d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " délivrée et renouvelée sept fois jusqu'en 2021, sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 9 février 2021, dont M. D demande l'annulation, le préfet de l'Eure lui a retiré son titre de séjour pour menace à l'ordre public.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à l'occasion de ses demandes de renouvellement de titre de séjour en 2019 et 2020, le requérant a fait état de ce qu'il était le père d'un seul enfant. Ainsi, le fait que le préfet de l'Eure n'ait pas mentionné dans la décision attaquée la naissance du second enfant de M. D en 2017, alors que l'intéressé n'en avait pas informé ses services, n'est pas de nature à caractériser un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle. Dans ces conditions, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée qui mentionnent que M. D est père d'un enfant né en 2010 de son union avec une ressortissante portugaise, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de l'Eure n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. D.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " La carte de séjour temporaire ou la carte de séjour pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusée ou retirée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Et aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits de libertés d'autrui ". L'autorité administrative ne peut retirer la carte dont un étranger est titulaire qu'au regard d'un motif d'ordre public suffisamment grave pour que ce refus ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du demandeur. Il appartient ainsi à cette autorité d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle et actuelle pour l'ordre public, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
4. Pour contester la décision attaquée, M. D soutient qu'il est entré sur le territoire français en 2005 et qu'il est père de deux enfants, nées en 2010 et 2017 de son union avec sa concubine, ressortissante portugaise, et qu'elles sont toutes deux scolarisées en France, l'une en deuxième année de cours élémentaire, et l'autre en petite section de maternelle.
5. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. D a été condamné pénalement quatre fois entre 2015 et 2019 pour des faits de violences, et notamment trois fois pour des faits commis à l'encontre d'une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité. Il ressort notamment du jugement correctionnel du tribunal de grande instance de Créteil du 22 octobre 2019 que M. D a été condamné à un emprisonnement délictuel de douze mois assorti d'un sursis partiel avec mise à l'épreuve d'une durée de huit mois ainsi que d'une interdiction de paraitre au domicile de son ex-concubine, mère de ses enfants et de rentrer en relation avec cette dernière durant la période de mise à l'épreuve. Si M. D soutient qu'il verse une pension à la mère de ses enfants à hauteur de 500 euros par mois pour assurer l'entretien de ses enfants et qu'il ne peut, à ce titre, pas perdre son travail qui permet de subvenir aux besoins de sa famille, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'a communiqué ses bulletins de paie que pour une durée de trois mois faisant état de salaires très inégaux et variables et produit la preuve des virements bancaires de 500 euros seulement pour la même durée.
6. Dans ces conditions, bien que l'intéressé produise à l'appui de ses allégations une attestation de son ex-concubine, le requérant n'établit pas contribuer régulièrement et habituellement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants âgées de dix et trois ans à la date de la décision attaquée. En outre, les circonstances que M. D ait effectué un suivi psychologique et vive à nouveau en concubinage avec la mère de ses enfants, ou encore, comme le fait valoir le préfet, que le requérant se prévale d'un faux titre de séjour, sont des éléments postérieurs à la décision attaquée sans incidence sur sa légalité. Dans ces circonstances, compte tenu du caractère récent des condamnations pénales de M. D, de leur récidive et nonobstant la circonstance qu'il soit père de deux enfants résidantes et scolarisées en France, ou qu'il envisage à nouveau un projet de mariage avec la mère des enfants, la décision de retrait de titre de séjour n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. D au respect de sa vie privée et familiale et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
8. Si M. D soutient que ses deux enfants sont scolarisées en France et qu'il va régulièrement les chercher à la sortie de l'école, la décision attaquée, qui ne constitue pas une mesure d'éloignement, n'implique aucune séparation de la cellule familiale. En outre, les enfants vivent chez leur mère et sont scolarisées à proximité du logement de leur mère. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
9. Enfin, pour les motifs précédemment énoncés, et au vu de la situation professionnelle, personnelle et familiale de M. D, le moyen tiré de ce que la décision portant retrait de son titre de séjour serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. D doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que ses conclusions au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet de l'Eure.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
Mme B et Mme A, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La rapporteure,
B. A
La présidente,
P. Bailly La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026