jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101718 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | AIT-TALEB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mai 2021, M. B D, représenté par Me Aït-Taleb, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 20 avril 2021 par laquelle le directeur de la maison d'arrêt de Rouen l'a placé, à titre préventif, en cellule disciplinaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à titre principal, à verser à Me Aït-Taleb au titre de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, valant renonciation de l'avocat au versement de l'aide juridictionnelle, et, à titre subsidiaire, à lui verser cette somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée de disproportion dès lors que la mesure n'était pas nécessaire et méconnait ainsi l'article R. 57-7-18 du code de procédure pénale.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 7 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code pénitentiaire ;
- la loi n°2009-1436 du 24 novembre 2009 ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D est incarcéré depuis le 25 juin 2020 et a été écroué à la maison d'arrêt de Rouen du 25 juin 2020 au 2 février 2022. Par une décision du 20 avril 2021, dont M. D demande l'annulation, le directeur de la maison d'arrêt de Rouen l'a placé, à titre préventif, en cellule disciplinaire.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-5 du code de procédure pénale, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " () Pour les décisions de confinement en cellule individuelle ordinaire, de placement en cellule disciplinaire et de suspension de l'exercice de l'activité professionnelle de la personne détenue, lorsqu'elles sont prises à titre préventif, le chef d'établissement peut en outre déléguer sa signature à un major pénitentiaire ou à un premier surveillant. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 20 avril 2021 a été signée, pour le directeur de la maison d'arrêt de Rouen, par Mme E A, première surveillante, à qui le chef d'établissement avait donné délégation permanente, par une décision du 29 septembre 2020, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs n°76/2020/187 du 2 octobre 2020, à l'effet de signer les décisions de placement préventif en cellule disciplinaire concernant les détenus de la maison d'arrêt. D'une part, l'absence de mention de cette délégation de signature dans les visas de la décision attaquée n'est pas de nature à l'entacher d'irrégularité. D'autre part, la publication de cette délégation de signature au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Maritime était, en raison de l'objet d'une telle décision, suffisante pour lui conférer une date certaine et la rendre opposable aux tiers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ".
5. Il ressort des termes même de la décision attaquée que celle-ci vise les articles R. 57-7-18, et R. 57-7-2 du code de procédure pénale, décrit les faits selon lesquels M. D a refusé de quitter sa cellule, déclinant toutes les propositions d'affectation qui lui ont été faites et précise que le fait de refuser de se soumettre à une mesure de sécurité ou de refus d'obtempérer immédiatement aux injonctions du personnel de l'établissement constitue une faute du deuxième degré. Par suite, la décision attaquée comprend les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R 57-7-18 du code de procédure pénale dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " Le chef d'établissement ou son délégataire peut, à titre préventif et sans attendre la réunion de la commission de discipline, décider le confinement en cellule individuelle ordinaire ou le placement en cellule disciplinaire d'une personne détenue, si les faits constituent une faute du premier ou du deuxième degré et si la mesure est l'unique moyen de mettre fin à la faute ou de préserver l'ordre à l'intérieur de l'établissement. () ". Et aux termes de l'article R 57-7-2 du code de procédure pénale, alors en vigueur: " Constitue une faute disciplinaire du deuxième degré le fait, pour une personne détenue : / 1° De refuser de se soumettre à une mesure de sécurité définie par une disposition législative ou réglementaire, par le règlement intérieur de l'établissement pénitentiaire ou par toute autre instruction de service ou refuser d'obtempérer immédiatement aux injonctions du personnel de l'établissement ; () "
7. D'une part, M. D ne conteste pas avoir commis une faute du deuxième degré en refusant d'obtempérer immédiatement aux injonctions du personnel de l'établissement. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'exposé des faits mentionné dans le compte-rendu d'incident du 20 avril 2021, que M. D a refusé catégoriquement de quitter sa cellule disciplinaire à la fin de l'exécution d'une précédente sanction dont il faisait l'objet, déclinant toutes les affectations en cellule qui lui ont été proposées. Les termes mêmes de la décision attaquée mentionnent que la mise en prévention a été l'unique moyen de mettre fin à l'incident. En outre, M. D a affirmé devant la commission disciplinaire, à l'occasion de sa procédure disciplinaire concernant les mêmes faits, avoir refusé sa réintégration en cellule ordinaire car il craignait pour son intégrité physique en raison de dettes impayées et avait peur de " commettre un acte qu'il regretterait toute sa vie ". Par suite, contrairement à ce que fait valoir M. D, son placement en cellule disciplinaire à titre préventif constituait le seul moyen de mettre fin à la faute et de préserver l'ordre à l'intérieur de l'établissement. Le moyen tiré de la disproportion et de l'absence de nécessité de la décision attaquée doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. D tendant à l'annulation de la décision du 20 avril 2021 par laquelle le chef d'établissement de la maison d'arrêt de Rouen l'a placé en cellule disciplinaire à titre préventif doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
Mme F et Mme C, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La rapporteure,
B. C
La présidente,
P. Bailly Le greffier,
J.-L. Michel
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026