jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101851 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | SILIE VERILHAC ET ASSOCIÉS CABINET D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 mai 2021 et 28 septembre 2021, Mme B C, représentée par Me Dartix-Douillet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 9 novembre 2020 pour un changement de destination d'un garage en local d'artisanat, sur la parcelle cadastrée section B 835, située 1050 route de Lillebonne, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de condamner la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille aux entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté contesté et la décision portant rejet de son recours gracieux sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que l'activité qui sera exercée dans le local en cause sera exclusivement artisanale et n'occasionnera, pour le voisinage, aucune nuisance sonore, olfactive ou relative à la circulation.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2021, la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille, représentée par Me Enard Bazire, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 98-247 du 2 avril 1998 ;
- le décret n° 2009-1099 du 31 août 2006 ;
- le décret n° 2015-1783 du 28 décembre 2015, en particulier son article 12 ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- et les observations de Me Duval, substituant Me Dartix-Douillet, représentant Mme C, ainsi que celles de Me Monange, substituant Me Enard Bazire, représentant la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C est propriétaire d'une parcelle cadastrée section B 835, située 1050 route de Lillebonne à Saint-Nicolas-de-la-Taille, sur laquelle est édifiée une maison à usage d'habitation avec un garage. Le 9 novembre 2020, elle a déposé une déclaration préalable auprès des services communaux en vue d'un changement de destination de son garage en local d'artisanat, et plus particulièrement en atelier de mécanique automobile hors carrosserie. Par un arrêté du 24 novembre 2020, le maire de la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille s'est opposé à cette déclaration préalable. Par un courrier du 20 janvier 2021, Mme C a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, qui a été implicitement rejeté. Par sa requête, Mme C demande l'annulation de l'arrêté du 24 novembre 2020 ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article UH 1, " Occupations et utilisations du sol interdites ", du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille : " 1.1 Les constructions à usage agricole, d'artisanat, d'entrepôt, de commerce ou d'industrie sauf celles visées à l'article 2. () " Aux termes de l'article UH 2, " Occupations et utilisations du sol soumises à conditions spéciales ", de ce règlement : " Peuvent être autorisées : / 2.1 Les activités artisanales à condition qu'il n'en résulte pas pour le voisinage de nuisances occasionnées par le bruit, les émanations d'odeurs et la circulation. () "
3. Pour s'opposer à la déclaration préalable déposée par Mme C, le maire de la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille a considéré que le projet de changement de destination du garage existant en atelier de mécanique automobile est de nature à générer du bruit et des émanations d'odeurs.
4. En l'espèce, s'il est constant que l'activité projetée a vocation à être secondaire et que le dossier de déclaration préalable prévoit que l'atelier ouvrira du lundi au vendredi de 16h30 à 19h et le samedi de 9h à 12h et de 14h à 19h, il ressort de ce même dossier que ces horaires " restent indicatifs " et " peuvent évoluer sans dépasser les horaires du samedi ". Ainsi, en l'état du dossier, il n'est pas exclu que l'activité de l'atelier a vocation à s'étendre du lundi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 19h, dans une zone urbaine, notamment à moins de trente mètres de deux maisons à usage d'habitation. A supposer même que l'activité de l'atelier reste limitée aux premières plages horaires d'ouverture mentionnées ci-dessus, aucune des pièces du dossier, notamment pas le rapport du 19 janvier 2021 de l'étude d'impact acoustique réalisée sur la parcelle en cause le 11 janvier 2021 entre 10h28 et 11h24, soit postérieurement aux décisions contestées, et sans pont élévateur, n'est de nature à établir que l'activité envisagée n'occasionnerait pour le voisinage aucune nuisance sonore. Il ressort au contraire du dossier de déclaration préalable qu'en deux des six points de mesures effectuées avant l'étude acoustique mentionnée ci-dessus, le niveau sonore de l'activité projetée dépasse de plus de 5 dB le bruit ambiant. Par ailleurs, il est constant que l'activité projetée engendrera des émanations d'odeurs. Si des cuves et fûts étanches permettront le stockage d'huiles et de liquides à l'intérieur de l'atelier, aucune des pièces du dossier ne permet toutefois d'établir que cette activité n'occasionnera aucune nuisance olfactive pour le voisinage, alors qu'il n'est notamment pas contesté que la porte principale du garage a vocation à être ouverte de manière régulière. La commune fait valoir sans être sérieusement contredite que l'activité projetée, qui consiste, ainsi que cela a été dit ci-dessus, en la tenue d'un atelier de mécanique automobile hors carrosserie, doit être regardée comme occasionnant pour le voisinage, de par sa nature même, des nuisances sonores et olfactives. Enfin, et au surplus, la requérante ne conteste pas sérieusement la circonstance que l'augmentation de la circulation aux abords de la parcelle en cause est également inhérente à l'activité projetée, qui engendrera nécessairement la dépose de voitures à l'atelier.
5. Dans ces conditions, et en l'état du dossier, le moyen tiré de ce que l'arrêté et la décision contestés seraient entachés d'une " erreur manifeste d'appréciation " doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est fondée à demander ni l'annulation de l'arrêté du 24 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille s'est opposé à sa déclaration préalable, ni l'annulation de la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur les dépens :
7. La présente instance n'ayant comporté aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées par Mme C relatives aux dépens ne peuvent être que rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme C la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Mme C versera à la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la commune de Saint-Nicolas-de-la-Taille.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Berthet-Fouqué, président,
- Mme D et Mme A, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
D. DLe président,
J. Berthet-FouquéLa greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026