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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2102063

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2102063

jeudi 4 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2102063
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantMAZZA

Texte intégral

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n°2020-256 du 13 mars 2020 relatif au dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement et d'agissements sexistes dans la fonction publique ;

- le code de la santé publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique ;

- les observations de Me Dhimolea, représentant le CHU de Rouen.

Considérant ce qui suit :

1. Médecin spécialisé en infectiologie, M. J S a été affecté, en octobre 2011, au sein du service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) du CHU de Rouen, dirigé par le Pr N C. En raison d'une situation devenue conflictuelle au sein du SMIT, M. S a été affecté dans l'intérêt du service, au mois de mai 2016, pour 60% de son temps de travail, au sein du service de gériatrie de l'hôpital Saint-Julien de Rouen, dépendant du CHU, 40% du temps restant étant dévolu à ses missions au sein du SMIT. A sa demande, l'intéressé a été ultérieurement mis à disposition de l'hôpital Necker, dépendant de l'AP-HP, pour une durée d'un an, à compter du 4 novembre 2019. Par un courrier du 17 septembre 2020, M. S a sollicité du CHU de Rouen le bénéfice de la protection fonctionnelle à raison de faits de harcèlement moral imputables, selon lui, au chef du SMIT du CHU de Rouen, ainsi qu'à la direction de l'établissement. Le silence du CHU de Rouen sur cette demande, reçue le 23 septembre 2020, a fait naître une décision implicite de rejet, le 23 novembre suivant. Par un courrier en date du 23 décembre 2020, M. S a sollicité de l'autorité administrative la communication des motifs de cette décision implicite de rejet. Par un courrier en date du 27 janvier 2021, réceptionné par M. S le 29 janvier suivant, la directrice générale de l'établissement a exposé à l'intéressé les motifs de sa décision. Par la présente instance, M. S demande, d'une part, l'annulation de la décision du 27 janvier 2021 rejetant sa demande de protection fonctionnelle et, d'autre part, la condamnation du CHU de Rouen à l'indemniser des préjudices résultant du harcèlement moral qu'il estime avoir subi.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la recevabilité et l'étendue du litige :

2. Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'acte par lequel une autorité administrative communique, à la demande d'un administré, les motifs d'une décision implicite de rejet n'a pas pour effet de faire naître une nouvelle décision distincte de la première et pouvant faire elle-même l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

4. Il résulte toutefois des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration qu'à l'intérieur du délai de recours contentieux, il est toujours loisible à la personne intéressée de solliciter de l'auteur de l'acte la communication des motifs de la décision implicite lorsqu'une décision explicite aurait dû être motivée. L'exercice de cette demande n'ayant d'autre objet que de permettre à l'intéressé de connaître les motifs de la décision lui faisant grief, un recours contentieux consécutif au courrier informant de ces motifs doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre ce courrier, que contre la décision implicite qu'il vient préciser. Sous réserve qu'ils aient été communiqués dans le délai visé à l'article L. 232-4, il appartient, en conséquence, au juge administratif, saisi dans le délai de recours contentieux, lequel a recommencé à courir à compter de la notification des motifs, de conclusions dirigées formellement contre le seul courrier informant des motifs, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant dirigées contre la décision implicite initiale.

5. Au cas d'espèce, les conclusions formées par M. S et dirigées contre le courrier de communication des motifs en date du 27 janvier 2021, qui lui a été transmis dans le délai visé à l'article L. 232-4 susvisé, doivent être regardées comme étant dirigées, non pas contre ce courrier, mais contre la décision implicite en date du 23 novembre 2020 que celui-ci vient préciser. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le CHU de Rouen, à la supposer même formellement opposée, doit en tout état de cause être écartée.

En ce qui concerne la loyauté des débats :

6. M. S soutient qu'il convient d'écarter des débats le rapport du Pr C et les pièces qui s'y rattachent, en particulier les témoignages de praticiens hospitaliers, en ce qu'ils violent le principe de loyauté de la preuve. Toutefois, le rapport du chef du SMIT, qui a eu pour seul objet, et pour seul effet, d'alimenter le débat contradictoire dans le cadre de la présente instance, ne saurait être regardé comme caractérisant une méconnaissance du principe de loyauté de la preuve, par le CHU de Rouen. En outre, M. S a été mis à même de prendre connaissance et d'émettre ses observations sur l'ensemble des éléments contenus dans ce rapport. Par suite, il n'y a pas lieu de l'écarter des débats.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus d'octroi de la protection fonctionnelle :

S'agissant du manquement au principe d'impartialité :

7. Le principe d'impartialité, rappelé par l'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, s'impose à toute autorité administrative dans toute l'étendue de son action, y compris dans l'exercice du pouvoir hiérarchique.

8. Lorsqu'un agent public est mis en cause par un tiers à raison de ses fonctions, il incombe à la collectivité publique dont il dépend de le couvrir des condamnations civiles prononcées contre lui, dans la mesure où une faute personnelle détachable du service ne lui est pas imputable, de lui accorder sa protection dans le cas où il fait l'objet de poursuites pénales, sauf s'il a commis une faute personnelle, et, à moins qu'un motif d'intérêt général ne s'y oppose, de le protéger contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont il est l'objet. Si la protection résultant de ce principe n'est pas applicable aux différends susceptibles de survenir, dans le cadre du service, entre un agent public et l'un de ses supérieurs hiérarchiques, il en va différemment lorsque les actes du supérieur hiérarchique sont, par leur nature ou leur gravité, insusceptibles de se rattacher à l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Il résulte du principe d'impartialité que le supérieur hiérarchique mis en cause à raison de tels actes ne peut régulièrement, quand bien même il serait en principe l'autorité compétente pour prendre une telle décision, statuer sur la demande de protection fonctionnelle présentée pour ce motif par son subordonné.

9. Il résulte de l'ensemble des dispositions qui gouvernent les relations entre les agences régionales de santé et les établissements de santé, notamment de celles de l'article L. 6143-7-1 du code de la santé publique, alors en vigueur, qui donnent compétence au directeur général de l'agence régionale de santé pour mettre en œuvre la protection fonctionnelle au bénéfice des personnels de direction des établissements de santé de son ressort, que lorsque le directeur d'un établissement public de santé, à qui il appartient en principe de se prononcer sur les demandes de protection fonctionnelle émanant des agents de son établissement, se trouve, pour le motif indiqué au point précédent, en situation de ne pouvoir se prononcer sur une demande sans méconnaître les exigences qui découlent du principe d'impartialité, il lui appartient de transmettre la demande au directeur général de l'agence régionale de santé dont relève son établissement, pour que ce dernier y statue.

10. Au cas d'espèce, M. S fait valoir que la direction du CHU de Rouen ne pouvait rejeter sa demande de protection fonctionnelle sans méconnaître le principe d'impartialité dès lors que celle-ci visait des faits de harcèlement moral, par nature insusceptibles de se rattacher à l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, imputables, selon lui, au Pr C, chef du SMIT, ainsi qu'à la direction de l'établissement. Il ressort toutefois des termes du courrier de demande de protection fonctionnelle du 17 septembre 2020, que M. S a visé, de façon générale, des faits imputables à " la direction " de l'établissement, sans faire état de circonstances objectives mettant spécifiquement en cause la directrice générale du CHU de Rouen, réputée être l'auteur de la décision implicite de rejet de sa demande ainsi que le confirme, d'ailleurs, le courrier de communication des motifs du 27 janvier 2021 signé de cette autorité. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier, non seulement que M. S ne formule aucun grief dirigé ad personam contre la directrice générale de l'établissement mais, même, qu'il l'a, à plusieurs reprises, remerciée pour son soutien dans sa démarche de mise à disposition dans un autre établissement. Dans ces conditions, la directrice générale du CHU de Rouen a pu régulièrement, sans méconnaître le principe d'impartialité, se prononcer elle-même sur la demande de protection fonctionnelle dont l'établissement était saisi par l'agent à raison des faits de harcèlement moral précités. Le moyen tiré du manquement au principe d'impartialité doit être écarté.

S'agissant de l'insuffisante motivation de la décision :

11. Au cas d'espèce, le courrier en date du 27 janvier 2021 d'exposition des motifs de la décision implicite de rejet de la demande de protection fonctionnelle faite par M. S, fait état, au visa des articles 6 quinquies et 11 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983, rendue applicable aux praticiens hospitaliers par l'article L. 6152-4 du code de la santé publique, de ce que le harcèlement moral que M. S estime avoir subi n'est pas étayé d'éléments probants de sorte que la protection fonctionnelle demandée sur ce fondement doit lui être refusée. La décision comporte ainsi, de façon suffisamment précise, l'énoncé des considérations de fait et droit sur lesquelles la directrice générale du CHU de Rouen a entendu fonder la décision litigieuse. Le moyen tiré de son insuffisante motivation doit, par conséquent, être écarté.

S'agissant de l'irrégularité de la procédure suivie par le CHU de Rouen :

12. M. S soutient que la procédure suivie par le CHU de Rouen préalablement à l'adoption de la décision en litige est irrégulière, faute pour la direction de l'établissement d'avoir diligenté une enquête interne et saisi le CHSCT, sitôt sa demande de protection fonctionnelle déposée, eu égard aux faits de harcèlement moral sur lesquels celle-ci reposait. Toutefois, il ne résulte d'aucun texte, et notamment pas des dispositions de l'article 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983 et du décret n°2020-256 du 13 mars 2020, qui prévoient la mise en place d'un dispositif de signalement des actes de harcèlement, ni plus que d'aucun principe, que la direction d'un centre hospitalier serait tenue de diligenter une enquête interne, et pas davantage qu'elle serait dans l'obligation de saisir le CHSCT de l'établissement, avant de refuser de faire droit à une demande de protection fonctionnelle présentée par un praticien hospitalier. Le moyen tiré de l'irrégularité de procédure doit, par suite, être écarté.

S'agissant de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation :

13. Aux termes du premier alinéa de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983, alors en vigueur : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ".

14. Aux termes de l'article 11 de la même loi : " Les fonctionnaires bénéficient, à l'occasion de leurs fonctions, d'une protection organisée par la collectivité publique dont ils dépendent, conformément aux règles fixées par le code pénal et les lois spéciales. / () La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. () ".

15. Ces dispositions établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

16. D'autre part, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

17. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.

18. M. S fait valoir qu'il a subi, à compter de l'année 2014, des faits répétés de harcèlement tenant, notamment, à des manœuvres visant à l'isoler au sein du service et à le déstabiliser, à des propos vexatoires et dévalorisants pour son travail, ainsi qu'à une éviction du SMIT, en mai 2016, ces agissements ayant gravement dégradé ses conditions de travail et affecté sa santé. Le fonctionnaire impute ces faits constitutifs de harcèlement moral à son supérieur hiérarchique, le Pr C, chef du SMIT, ainsi qu'à la direction du CHU de Rouen, qu'il tient pour complice de ces agissements, au moins par passivité.

19. En premier lieu, M. S soutient que le Pr C a usé de manœuvres visant à l'isoler progressivement au sein du SMIT en le reléguant dans un bureau éloigné des salles d'hospitalisation. Le requérant fait valoir, à cet égard, qu'il a reçu, à l'automne 2014, un courrier électronique au ton " comminatoire " de son chef de service, lui ordonnant de changer de bureau pour gagner un autre bureau situé au troisième étage du bâtiment hébergeant le secteur d'hospitalisation ambulatoire, situé au rez-de-chaussée. Toutefois, les termes du courrier électronique du 17 octobre 2014, versé aux débats par le CHU de Rouen, en défense, ne révèlent aucun ton comminatoire. Nulle intention vexatoire ne saurait davantage être discernée dans le choix d'adresser ce message à l'ensemble des personnels du SMIT, dès lors que ce courrier électronique constitue, à l'évidence, un message de service qui comporte d'ailleurs de semblables consignes de déménagement à l'intention d'autres médecins, également concernés par la restructuration des locaux. Il ressort, au surplus, des indications du CHU de Rouen, en défense, non utilement contestées par le requérant, que ce changement de bureau faisait suite au refus initialement exprimé par M. S, d'occuper le bureau dévolu à son prédécesseur, le Dr T. Enfin, la situation d'isolement géographique imposé qu'aurait eu seul à subir le requérant, ne ressort pas des pièces du dossier, d'autres médecins s'étant trouvés contraints d'occuper des bureaux distants des secteurs d'hospitalisation, qu'ils soient conventionnels ou ambulatoires, dans le cadre de la restructuration précitée, notamment.

20. Par ailleurs, le requérant ne saurait valablement se prévaloir de ce que le Pr C lui a confié des tâches indues en lui demandant de s'impliquer dans la restructuration des locaux du secteur de soins ambulatoires, y compris sur le plan architectural, cette dimension de la restructuration s'avérant importante aux fins de définir un " parcours patient ", dès lors, d'une part, qu'il ressort de la fiche de poste de M. S, que celui devait " accompagner () la restructuration de l'ambulatoire " du SMIT, et, d'autre part, et de façon plus générale, que de telles tâches ne sauraient, par elles-mêmes, être tenues pour indues, eu égard aux attributions et fonctions assumées par M. S dans ce secteur en particulier.

21. Au regard de ces éléments, les agissements allégués ne sauraient être tenus pour constitutifs de harcèlement moral.

22. En second lieu, M. S fait valoir qu'il subissait " constamment " des reproches sur sa façon de piloter le secteur ambulatoire, afin de saper son positionnement hiérarchique auprès de ses collaborateurs et de ses collègues. Toutefois, le requérant ne produit aucun élément précis au soutien de cette allégation. S'il fait notamment valoir, de façon générale, que ses propositions en matière d'organisation du secteur ambulatoire et de répartition des praticiens n'étaient jamais suivies d'effets, le Pr C entendant, selon lui, " conserver le contrôle absolu du service ", aucun élément précis versé aux débats ne permet de tenir cette circonstance pour établie, alors que les attestations de praticiens et de cadres de santé produites par le CHU font, au contraire, état de ce que l'intéressé ne s'impliquait pas dans l'organisation du secteur ambulatoire, ne formulait pas de propositions et dénigrait la restructuration entreprise auprès des équipes de soins. Au demeurant, les indications du requérant sur ce point sont infirmées par les termes du courrier électronique en date du 15 octobre 2015 du Pr C, rédigé en réponse à des propositions formulées par le Dr S concernant l'organisation de l'hôpital de jour, et dans lequel le chef du SMIT se montre ouvert aux propositions ainsi formulées, tout en rappelant la nécessité d'une étroite coordination avec l'ensemble des praticiens du service. A la supposer établie, la circonstance que le Dr S ait été publiquement repris par le Pr C, en janvier 2015, lors d'une réunion avec la directrice générale du CHU de Rouen, sur le projet d'antibiothérapie en ambulatoire, alors même que ce projet a été ultérieurement relancé en septembre 2015, par le chef du SMIT, ne révèlerait pas, par elle-même, des agissements excédant le pouvoir hiérarchique. En outre, et contrairement à ce que soutient le requérant, le développement de l'antibiothérapie en ambulatoire ne figurait pas au nombre des actions listées dans sa fiche de poste, document qu'il ne produit d'ailleurs pas. De la même manière, la circonstance que le document de synthèse annuel dont il avait dirigé l'élaboration, à la demande du Pr C, et qu'il présente comme un " excellent outil de travail interne ", n'ait pas été intégré parmi les outils de suivi du service, n'est pas de nature à révéler l'existence de la déconsidération organisée dont le Dr S dit avoir été l'objet. Il doit, au demeurant, être relevé que ce document de suivi n'a jamais été utilisé que par l'intéressé lui-même, et à une seule reprise, selon ses propres indications, de sorte qu'il est loisible de s'interroger sur la praticité et l'utilité de cet outil.

23. En troisième lieu, le Dr S soutient qu'il a été progressivement exclu de l'infectiologie de salle et transversale, avec, pour corollaire, une perte de responsabilité. Toutefois, outre que cette affirmation n'est, une fois de plus, assortie d'aucun élément suffisamment probant, il ressort de la fiche de poste de M. S, produite par le CHU, que le poste occupé par l'intéressé était " () essentiellement ciblé sur le secteur ambulatoire de l'infectiologie même s'il [comporte] des articulations avec l'hospitalisation et l'activité transversale ". Il ressort en outre des pièces du dossier que M. S n'assumait pas la plénitude de ses attributions, sur ce secteur, ainsi que le révèlent, en particulier, l'attestation du 29 octobre 2021 de Mme Q P, cadre supérieur de santé et l'attestation du 20 octobre 2021 du Dr M D, praticien du secteur ambulatoire. Dans ces conditions, d'une part, et compte tenu des importantes difficultés relationnelles rencontrées par l'intéressé avec ses collègues qui seront exposées infra, d'autre part, le recentrage de l'activité de M. S sur le secteur ambulatoire, effectué dans l'intérêt du service, ne peut être regardé comme caractérisant l'entreprise " d'exclusion " menée à son encontre, invoquée par le requérant.

24. En quatrième lieu, M. S soutient qu'il a fait l'objet de plusieurs manœuvres de déstabilisation de la part du chef du SMIT. Toutefois, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ce que le Pr C a remis en cause son rôle de directeur de thèse du Dr B K dès lors qu'il ressort de l'attestation rédigée par l'intéressée elle-même, que la collaboration avec le Dr S dans le cadre de ce travail de recherche s'est révélée " très décevante du fait du manque d'investissement du Dr S dans la mise en place de l'étude sur laquelle allait reposer mon travail " au point de devoir faire appel au Pr C pour assurer la relecture de ses travaux, peu de temps avant leur dépôt, de sorte qu'il lui a paru normal que la thèse soit présentée comme ayant été codirigée puisque " c'est la réalité ". Le requérant ne peut davantage faire valoir que le Pr C s'est employé à faire obstacle à toute valorisation du travail de thèse du Dr K, dans le cadre d'un congrès international, en septembre 2015, dès lors qu'il appartenait bien au chef du SMIT de décider si la communication des résultats des recherches effectuées était opportune. A cet égard, les termes du courrier électronique du 15 septembre 2015 particulièrement argumenté du Pr C, ne révèlent aucune condescendance pour le travail accompli mais plutôt une insistance sur la nécessité de consolider et de " sécuriser " les résultats obtenus, notamment sur le plan de la méthode, avant toute communication, une telle orientation entrant pleinement dans le champ de ses attributions de chef de service. Si le Dr S fait valoir que le Pr C l'a empêché d'accéder à la présidence du Comité de coordination de la lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le virus de l'immunodéficience humaine (COREVIH) de Normandie alors même qu'une telle promotion était prévue par sa fiche de poste, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que les difficultés relationnelles importantes rencontrées par l'intéressé tant avec ses collègues du SMIT qu'avec les agents du COREVIH et qui seront détaillées infra, rendaient inopportunes sa désignation eu égard, notamment, à la dimension partenariale, prégnante, dans cette fonction, d'autre part, que la fiche de poste précitée faisait simplement état de ce que le Dr S avait " vocation, à terme, à assurer le co-pilotage, puis le pilotage " du COREVIH et, enfin, que cette décision n'échoyait pas au seul Pr C mais a été prise collégialement, en concertation avec la direction générale du CHU, dans le cadre de la commission médicale d'établissement. Pour les mêmes motifs, le retrait de ses fonctions de coordonnateur du COREVIH n'est pas constitutif d'une mesure vexatoire prise pour des considérations étrangères à l'intérêt du service. Au demeurant, il ressort de l'attestation précitée du Dr M D, dont les indications ne sont pas contestées en réplique, que le Dr S s'est montré " tout-à-fait ferme sur le sujet du COREVIH dont il dit être certain de ne jamais vouloir prendre la présidence, cette activité ne l'intéressant pas ". Le Dr S ne saurait plus utilement soutenir que le Pr C l'a mis à l'écart d'un congrès de l'IAC devant se tenir à l'été 2016 et financé par l'industrie pharmaceutique, dès lors qu'il ressort des indications non contestées du rapport du Pr C, que le Dr B K, était le seul praticien à disposer d'une présentation acceptée, pour cet évènement. La circonstance que le Pr C ait rappelé au Dr S, dans un courrier électronique en date du 17 novembre 2016, que la participation à des projets de recherche, qui engagent le SMIT et l'établissement, ne pouvaient être validés à son seul niveau, dans le cadre d'une simple réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), qui ne constitue pas un organe décisionnaire, mais devaient être discutés en concertation avec la Direction de la Recherche du CHU, évalués, avant d'être, le cas échéant, validés, ne saurait être tenue pour constitutive d'une manœuvre de déstabilisation, le chef de service ne faisant, en l'espèce, que rappeler les procédures en vigueur en la matière et la nécessaire collégialité dont procède tout engagement d'un travail expérimental. Par ailleurs, le détournement de patientèle allégué par le requérant, n'est nullement démontré. Les circonstances entourant le changement de bureau de l'intéressé, au mois de juillet 2019, soit cinq ans après un premier déménagement, ne révèlent pas d'agissements constitutifs de harcèlement moral, eu égard, notamment, à la situation contrainte de l'établissement, en termes de surface de locaux, marquée par une extensions des secteurs psychiatrie et addictologie et à la circonstance que le Dr S n'exerçait plus qu'à hauteur de 40% de son temps, des fonctions au sein du SMIT du CHU de Rouen à la date de cette décision, de sorte qu'il n'était pas possible de lui attribuer un bureau individuel. Enfin, pour regrettable que soit l'omission du nom du Dr S sur le papier à entête du SMIT, en 2019, elle ne saurait être tenue pour constitutive d'une mesure vexatoire intentionnelle, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que d'autres médecins, notamment le Dr B K, ont été concernés par une telle omission, laquelle résulte d'une erreur imputable au département informatique de l'établissement, chargé de l'élaboration des masques types.

25. En cinquième lieu, le requérant soutient qu'il a fait l'objet d'une ostracisation orchestrée par le Pr C et relayée par la direction du CHU de Rouen, en vue de l'isoler au point que ses collègues ne lui adressaient plus la parole. Il ressort à cet égard des pièces du dossier, en particulier des multiples témoignages précis et concordants versés aux débats par le CHU de Rouen, que le Dr S entretenait des relations difficiles, voire conflictuelles, avec de très nombreux praticiens et agents du SMIT et du COREVIH, et non pas avec le seul Pr C, à l'origine d'un climat de tension et de défiance n'autorisant plus la poursuite d'une collaboration normale avec ces professionnels.

26. L'attestation précitée du Dr M D fait ainsi état de ce que " le Dr S a tenu des propos peu confraternels à l'égard du Dr A Van den Driessche ", qu'il a traitée de " quiche ". Cette praticienne ajoute que les équipes médicales étaient agacées de ne pouvoir le joindre ou le localiser, qu'il s'est montré agressif avec le Dr B K, qu'il a " congédié sans ménagement et avec mépris devant des internes " en refusant de prendre ses transmissions, qu'il a cessé de répondre aux salutations de ses collègues, à compter du 4 janvier 2016, ne communiquant plus que par e-mail ou par sms. L'attestation fait également état d'absences, de retards ou de départs particulièrement cavaliers dans le cadre des permanences ou des réunions de service, la charge étant reportée sur ses collègues, d'altercations avec des membres de l'équipe, en particulier le Dr E F, d'insultes proférées à l'encontre des Drs Valérie Delbos et Yasmine D (" faux-culs, bande d'enfoirés "), de commentaires acerbes et de sous-entendus négatifs émis devant des tiers concernant la compétence d'autres praticiens du service, d'un comportement irascible avec les internes et les soignants, d'une incapacité à débattre d'un strict point de vue médical, sur la situation d'un patient, sans attribuer tout désaccord à une manifestation d'hostilité à son encontre liée à sa mésentente avec le chef du SMIT, et plus généralement, d'une importante difficulté à travailler dans un cadre collectif et hiérarchisé.

27. L'attestation précitée de Mme Q P, cadre de santé du secteur ambulatoire du SMIT indique que le Dr S s'est montré à plusieurs reprises d'une particulière agressivité à son encontre, parfois en présence de tiers. Selon les termes de cette attestation, l'intéressé a ultérieurement fait montre d'une attitude oscillant entre l'évitement, ne saluant plus les cadres ni les soignants du service, et l'agressivité. Mme P fait ainsi le constat qu'au cours de l'année 2016, " il n'y avait plus d'échanges professionnels " et que " plus personne n'osait lui adresser la parole et appréhendait de le croiser ".

28. Le Dr O G fait état, pour sa part, dans son attestation en date du 24 novembre 2021 de ce que les relations avec le Dr S, " initialement cordiales " se sont dégradées à compter de 2014. Ce praticien relate notamment une altercation concernant la prise en charge d'un patient survenue en septembre 2015 au cours de laquelle elle a été " vivement prise à partie " par le Dr S, à la vue de soignants et de personnes extérieures au service, au point d'en avoir été " vivement bouleversée " et d'éviter, à compter de ce jour, de se rendre dans le secteur ambulatoire les jours où le Dr S exerçait. Cet épisode est, au demeurant, corroboré par le rapport du Pr C en date du 7 janvier 2022 et le rapport du Dr I en date du 15 février 2022 qui évoquent le choc ressenti par l'intéressée, parvenue en pleurs dans le bureau du second. Le Dr O G indique, en outre, que les réunions RCP dirigées par le requérant, émaillées de sous-entendus proférés par le Dr S étaient " non-sereines " et d'issue imprévisible du fait du comportement de l'intéressé.

29. Le Dr B K indique, dans son attestation précitée, que lors des consultations, le Dr S ne " la saluait jamais ou alors lui reprochait de ne pas le saluer " et qu'il dirigeait les réunions RCP de façon " condescendante " en émettant de nombreuses " réflexions acerbes ". L'intéressée relate, en outre, une altercation survenue le 15 juin 2018 au cours de laquelle le Dr S l'a insultée avec " une volonté de m'anéantir à mon retour de congé maternité " au point de ne plus souhaiter paraître dans une salle de réunion ou dans un couloir de consultation où il se trouverait. Le Dr K en conclut que le Dr S s'est " isolé du restant de l'équipe, très critique vis-à-vis de chaque individu ".

30. L'attestation en date du 15 février 2022 du Dr H I évoque une dégradation progressive des relations entretenues par Jérémie S avec le reste de l'équipe du SMIT en raison d'un comportement non confraternel caractérisé, notamment, par des changements de prescription sans concertation et un dénigrement de la compétence de ses collègues. Le Dr I évoque, en outre, l'attitude méprisante et les critiques récurrentes émises par le Dr S à l'encontre du COREVIH et de ses employés. L'attestation indique que plusieurs médecins du SMIT, en particulier les Drs Elise F, Isabelle G et Valérie Delbos, se sont ouverts, à compter du deuxième semestre 2015 des difficultés à travailler avec le Dr S et de la souffrance induite par son comportement. Il ressort de ce même rapport que le Dr S s'est montré particulièrement agressif à l'endroit du Dr I, en 2016, tant en paroles qu'en gestes, allant jusqu'à l'expulser sans ménagement de son bureau, en le bousculant. Plus largement, l'intéressé évoque la difficulté à travailler avec le Dr S, tout dialogue s'avérant conflictuel et indique que " à peu près tous les collègues () ont été en difficulté " avec lui, situation ayant non seulement altéré les conditions de travail des personnels du SMIT et du COREVIH, mais également préjudicié à la qualité de la prise en charge des patients.

31. Enfin, l'attestation en date du 11 octobre 2021 du Pr Loïc Marpeau, président de la commission médicale d'établissement, fait écho aux faits et circonstances relatés dans les attestations précitées, l'intéressé indiquant, en particulier, que plusieurs médecins du SMIT se sont exprimés sur les difficultés à travailler avec le Dr S, au point de lui faire entrevoir que le service était " en danger ".

32. Ainsi, les nombreux éléments versés aux débats, dont les attestations précitées ne constituent qu'un échantillon, ne permettent pas, eu égard, notamment, à leur caractère concordant, de considérer que les relations conflictuelles existantes entre le Dr S et ses collègues seraient imputables à une machination entreprise par le Pr C, avec la complicité de la direction de l'établissement, visant à l'isoler, pas plus qu'elles ne permettent de tenir pour établi que ce chef de service aurait mis en place un management inapproprié au sein du SMIT, reposant, comme le soutient le requérant, tout à la fois sur la peur et sur l'intérêt bien-compris des autres praticiens, et pas davantage, enfin, que celui-ci aurait " soudoyé " des témoins, dans le cadre de la présente instance. Il doit, en outre, être observé que la conflictualité évoquée aux points précédents ne semble pas avoir concerné d'autres praticiens que le Dr S, aucune polarisation du service relative au management du Pr C ne ressortant des éléments versés aux débats. Dans ces conditions, la circonstance que le Dr S se soit vu publiquement et, même, vigoureusement, reprocher, par le Pr C, lors d'une réunion de service du 10 décembre 2015, au demeurant restreinte aux seuls cadres seniors du SMIT, de ne pas s'inscrire dans un fonctionnement collectif, ne saurait être regardée comme révélant une démarche vexatoire s'inscrivant dans un contexte de harcèlement moral.

33. Il ressort, enfin, de l'attestation du Dr R L, chef de service à l'hôpital Ambroise Paré (AP-HP), que de semblables problèmes relationnels impliquant le Dr S illustrant, en particulier, sa difficulté à se plier aux règles inhérentes au fonctionnement d'un système hiérarchique, avaient déjà été à déplorer, lors de sa précédente affectation, de 2009 à 2011, dans cet établissement. Cette praticienne observe, d'ailleurs, que " sa mutation, en 2011, a permis à l'équipe de retrouver cohésion et sérénité ".

34. En sixième lieu, le requérant fait valoir que son affectation, à compter du mois de mai 2016, à temps partiel, au sein de l'hôpital Saint-Julien, constitue, en réalité, une mesure d'éviction prise directement dans le prolongement des agissements vexatoires illustrant le harcèlement moral qu'il a subi. Toutefois, compte tenu, notamment, des problèmes de comportement et des difficultés relationnelles présentés par l'intéressé tels que décrits aux points précédents, de la situation conflictuelle rendant pratiquement impossible la poursuite d'une collaboration normale avec ses confrères que ce comportement a engendré, du retentissement de cette conflictualité sur l'organisation et la qualité des soins rendus aux patients du SMIT, et de ses conséquences sur l'activité partenariale de ce service, dans le cadre du COREVIH, en particulier, de l'échec des tentatives de conciliation menée par l'établissement, la décision d'affecter le Dr S, à compter du 17 mai 2016, au sein du service de gériatrie de l'hôpital Saint-Julien de Rouen, dépendant du CHU, pour y exercer des fonctions de médecine interne à hauteur de 60% de son temps de travail, le reste du temps étant dévolu à ses missions au sein du secteur ambulatoire du SMIT, ne peut, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme ayant été fondée sur des ressorts étrangers à l'intérêt du service. Elle ne saurait davantage être regardée comme une mesure de représailles faisant suite à la dénonciation de faits de harcèlement moral. Au surplus, cette décision n'a emporté aucun effet préjudiciable sur le statut, la rémunération ou le niveau des responsabilités effectivement assurées par l'intéressé.

35. En septième lieu, si les pièces versées aux débats par M. S permettent d'établir que l'intéressé a connu, à compter de l'année 2016, une dégradation de son état de santé caractérisée, notamment, par l'apparition d'un syndrome anxieux et de troubles du sommeil, en lien avec une situation de souffrance au travail, elles ne permettent cependant pas de démontrer que ces troubles auraient pour origine des faits de harcèlement moral.

36. Au regard de l'ensemble des éléments précédemment exposés, le harcèlement moral allégué par le requérant n'est pas établi.

37. En dernier lieu, M. S ne peut utilement fait valoir que le CHU de Rouen a manqué à son obligation de protection, dès lors qu'il résulte des motifs exposés précédemment, d'une part, que le harcèlement moral allégué n'est nullement établi, et, d'autre part, que l'établissement a tenté une conciliation par l'intermédiaire du Pr Marpeau, président de la commission médicale d'établissement, avant de tirer les conclusions de l'échec de cette entreprise en aménageant le poste de M. S, au travers d'une affectation partielle à l'hôpital Saint-Julien, puis, à compter de novembre 2019, d'une mise à disposition de l'intéressé dans des établissements relevant de l'AP-HP.

38. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formées par M. S et dirigées contre la décision implicite en date du 23 novembre 2020 rejetant sa demande de protection fonctionnelle doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les conclusions indemnitaires :

39. Il résulte de tout ce qui précède, d'une part, que la décision rejetant la protection fonctionnelle sollicitée par M. S n'est entachée d'aucune illégalité et, d'autre part, que le harcèlement moral et le manquement à l'obligation de protection que l'intéressé indique avoir subis ne sont nullement établis. Par suite, les conclusions indemnitaires tendant à la réparation de son préjudice moral et de son préjudice de carrière, formées par le requérant sur ce double fondement, ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité.

Sur les frais liés au litige :

40. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHU de Rouen, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, la somme demandée par M. S au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. S le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de ces mêmes frais.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. S est rejetée.

Article 2 : M. S versera une somme de 1 500 euros au CHU de Rouen en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. J S et au Centre hospitalier universitaire de Rouen.

Copie en sera adressée, pour information, à l'Agence Régionale de Santé de Normandie.

Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

M. Leduc, premier conseiller,

M. Bouvet, premier conseiller,

Assistés de M. Tostivint, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 mai 2023.

Le rapporteur,

C. BOUVETLa présidente,

A. GAILLARD

Le greffier,

H. TOSTIVINT

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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