mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2102128 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL (SELAFA) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2021 et un mémoire complémentaire enregistré le 15 mars 2023, M. A M'Sili, représenté par Me Malet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision prise par le CEPPIC en date du 27 janvier 2021 rejetant sa candidature à la formation " Développeur Intégrateur Web " à Arques la Bataille ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux dirigé contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge du CEPPIC la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. M'Sili soutient que :
- la juridiction administrative est bien compétente pour connaître de ses conclusions ;
- la décision du 27 janvier 2021 a été adoptée par une autorité incompétente ;
- le CEPPIC n'a pas informé les candidats des critères de sélection ;
- la décision repose sur une discrimination géographique liée à son lieu d'habitation.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2021, le CEPPIC, représenté par Me Vève, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête en tant qu'elle est portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître ;
2°) à titre subsidiaire au rejet de la requête en tant qu'elle est infondée ;
3°) à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le CEPPIC soutient que :
- la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître des conclusions de la requête, le CEPPIC étant une association de droit privé qui n'est pas chargée de l'exécution d'une mission de service public ;
- les moyens soulevés par M. M'Sili ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique ;
- les observations de Me Malet, pour M. M'Sili.
Considérant ce qui suit :
1. Titulaire d'un diplôme de technicien informatique option gestion délivré en 2003 par l'Institut National Spécialisé de Formation Professionnelle de Sétif (Algérie), M. A M'Sili a posé sa candidature, le 8 janvier 2021, aux fins d'intégrer la formation " Développeur-intégrateur Web " dispensée par le CEPPIC, association régie par la loi de 1901 dépendant de la CCI Rouen-Métropole. Dans ce cadre, M. M'Sili a participé, le 12 janvier 2021, aux tests d'évaluation ainsi qu'à une réunion d'information sur la formation. Par un courrier électronique en date du 27 janvier 2021, l'intéressé a été informé que sa candidature n'avait pas été retenue par le CEPPIC. Par un courrier en date du 2 février 2021, M. M'Sili a adressé un recours gracieux au directeur du CEPPIC aux fins de contester cette décision. Une décision implicite de rejet est née du silence de l'association sur cette demande. Par la présente instance, M. M'Sili demande l'annulation de la décision du 27 janvier 2021, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 710-1 du code de commerce, dans sa rédaction applicable au litige : " Les établissements du réseau des chambres de commerce et d'industrie ont chacun, en leur qualité de corps intermédiaire de l'Etat, une fonction de représentation des intérêts de l'industrie, du commerce et des services auprès des pouvoirs publics ou des autorités étrangères. Assurant l'interface entre les différents acteurs concernés, ils exercent leur activité sans préjudice des missions de représentation conférées aux organisations professionnelles ou interprofessionnelles par les dispositions législatives ou réglementaires en vigueur et des missions menées par les collectivités territoriales dans le cadre de leur libre administration. / Le réseau et, en son sein, chaque établissement, contribuent au développement économique, à l'attractivité et à l'aménagement des territoires ainsi qu'au soutien des entreprises et de leurs associations en remplissant, dans des conditions fixées par décret, toute mission de service public et toute mission d'intérêt général directement utiles à l'accomplissement de ses missions. Dans le cadre de ses missions, il veille à l'égalité entre les femmes et les hommes et encourage l'entrepreneuriat féminin. / A cet effet, chaque établissement du réseau peut assurer, par tous moyens, y compris par des prestations de services numériques, et dans le respect, le cas échéant, des schémas sectoriels qui lui sont applicables : () 4° Une mission en faveur de la formation professionnelle initiale ou continue grâce, notamment, aux établissements publics et privés d'enseignement qu'il ou elle crée, gère ou finance ; () ".
3. Indépendamment des cas dans lesquels le législateur a lui-même entendu reconnaître ou, à l'inverse, exclure l'existence d'un service public, une personne privée qui assure une mission d'intérêt général sous le contrôle de l'administration et qui est dotée à cette fin de prérogatives de puissance publique est chargée de l'exécution d'un service public. Même en l'absence de telles prérogatives, une personne privée doit également être regardée, dans le silence de la loi, comme assurant une mission de service public lorsque, eu égard à l'intérêt général de son activité, aux conditions de sa création, de son organisation ou de son fonctionnement, aux obligations qui lui sont imposées ainsi qu'aux mesures prises pour vérifier que les objectifs qui lui sont assignés sont atteints, il apparaît que l'administration a entendu lui confier une telle mission.
4. Il ressort des pièces du dossier que le CEPPIC est une association loi 1901, soit une personne morale de droit privé, dépendant de la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de Rouen Métropole et chargée, sous le contrôle de cet établissement public, de " promouvoir sous toutes ses formes et dans toutes les disciplines, la formation et l'assistance technique dans les entreprises " ainsi qu'en dispose l'article 2 des statuts de l'association.
5. Si, eu égard à son objet statutaire, cette association peut être regardée comme poursuivant une mission d'intérêt général tenant au développement de la formation professionnelle, il ne ressort d'aucune dispositions législatives ou réglementaires qu'elle se serait vue conférer des prérogatives de puissance publique pour l'accomplissement de cette mission. En outre, il n'apparaît pas, compte tenu du mode d'organisation, de fonctionnement et de financement de l'association, tels qu'exposés dans ses statuts, que l'administration ait entendu lui confier une mission de service public. Dès lors, la décision litigieuse par laquelle le CEPPIC a rejeté la candidature de M. M'Sili à la formation qu'il sollicitait, n'a pas le caractère d'un acte administratif. Il suit de là que les conclusions formées par M. M'Sili contre cette décision ressortissent à la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. M'Sili ne peuvent qu'être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CEPPIC, qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, la somme demandée par M. M'Sili au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. M'Sili, la somme de 1 500 euros demandée par le CEPPIC au titre de ces mêmes frais.
D É C I D E :
Article 1er : Les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. M'Sili sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. M'Sili et par le CEPPIC au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A M'Sili et au CEPPIC.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Bouvet, premier conseiller,
M. Mulot, premier conseiller,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
Le rapporteur,
C. BOUVET
La présidente,
A. GAILLARD
Le greffier,
H. TOSTIVINT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026