jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2102188 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET GENTILHOMME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juin 2021, la société anonyme Orange, représentée par Me Gentilhomme, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Mesnils-Sur-Iton s'est opposé à la déclaration préalable déposée par la société Unité Pilotage Réseaux Ouest pour le compte de la société Orange, en vue de l'installation d'une station de radiotéléphonie sur la parcelle cadastrée section ZD n°153, située lieu-dit les Ruyaux, sur le territoire de la commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mesnils-Sur-Iton la somme de 5 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué n'est pas signé en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le risque de chute n'est pas établi ;
- méconnait l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que le maire n'a pas accompli les diligences appropriées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, la commune de Mesnils-Sur-Iton conclut au non-lieu à statuer dès lors que par arrêté du 2 septembre 2021, le maire a pris une décision de non opposition à déclaration préalable en exécution de l'ordonnance du juge des référés.
Par ordonnance n°2103164 du 23 août 2021, le juge des référés du tribunal administratif a prononcé la suspension de l'exécution de l'arrêté du 8 avril 2021, jusqu'au jugement au fond de l'affaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Garona, conseillère,
- les conclusions de M. Dujardin, rapporteur public,
- et les observations de Me Guranna, pour la société anonyme Orange.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 février 2021, la société Unité Pilotage Réseaux Ouest a déposé pour le compte de la société anonyme Orange, un dossier de déclaration préalable de travaux en vue de l'installation d'une station de radiotéléphonie sur la parcelle section ZD n°153, sise, lieu-dit les Ruyaux, sur le territoire de la commune de Mesnils-sur-Iton. Par l'arrêté attaqué du 8 avril 2021, le maire de la commune de Mesnils-sur-Iton s'est opposé à cette déclaration préalable.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. La commune de Mesnils-Sur-Iton fait valoir en défense que le litige a perdu son objet dès lors que le maire de la commune a pris une décision de non-opposition à déclaration préalable, par arrêté du 2 septembre 2021, en exécution de l'ordonnance de référé du 23 août 2021.
3. Toutefois, une décision intervenue pour l'exécution de l'ordonnance par laquelle le juge des référés d'un tribunal administratif a suspendu l'exécution d'un acte administratif revêt, par sa nature même, un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation présenté parallèlement à la demande en référé. Il en est notamment ainsi lorsque l'administration décide, à l'issue du réexamen faisant suite à la décision de suspension d'un refus, prise par le juge des référés, de faire droit à la demande. Par suite, la décision de l'administration accordant l'autorisation pour l'exécution d'une ordonnance du juge des référés qui a suspendu un refus, ne rend pas sans objet les conclusions dirigées contre le refus initial.
4. En l'espèce, la décision de non opposition à déclaration préalable du 2 septembre 2021 a été délivrée à la suite du réexamen ordonné en conséquence d'une mesure de suspension prise sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative par ordonnance n°2103164 du 23 août 2021 du juge des référés du tribunal administratif de Rouen. Dans ces conditions et eu égard à ce qui a été dit au point 3, l'exception de non-lieu à statuer doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
6. Pour s'opposer à la déclaration préalable de travaux déposée par la société Orange, le maire de la commune de Mesnils-sur-Iton s'est fondé sur la circonstance que le projet qui prévoit l'installation d'une antenne de radiotéléphonie d'une hauteur de 36 mètres, se situe à proximité de la zone AUC, destinée à recevoir les futures extensions du village et est susceptible, en cas de chute, de tomber sur des constructions à usage d'habitation. Toutefois, la commune qui n'a pas produit d'observation sur ce point, ne justifie pas de la réalité d'un risque de chute ou d'effondrement objectif au regard de la configuration des lieux et n'établit, ni même n'allègue que les travaux prévus pour la société requérante seraient insuffisants. Dès lors, l'arrêté attaqué ne pouvait être fondé sur les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme précitées et le moyen doit être accueilli.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. / Lorsqu'un projet fait l'objet d'une déclaration préalable, l'autorité compétente doit s'opposer à sa réalisation lorsque les conditions mentionnées au premier alinéa ne sont pas réunies. (). ".
8. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité, et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement. Une autorisation d'urbanisme doit être refusée lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et que, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.
9. Pour s'opposer à la déclaration de travaux déposée par la société Orange, le maire de la commune de Mesnils-sur-Iton a également retenu un second motif tiré de ce que le terrain en cause n'est pas desservi par le réseau électrique, que le projet nécessite une extension du réseau de 450 mètres à la charge de la collectivité et que celle-ci n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai ces travaux pourront être réalisés. La société requérante soutient sans être contredite que le maire de la commune de Mesnils-sur-Iton n'a pas effectué les diligences appropriées pour recueillir les informations relatives aux travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics nécessaires et la commune n'établit pas avoir effectué ces diligences. Par suite, le motif tiré de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est illégal et le moyen doit être accueilli.
10. Il résulte de ce qui précède que la société Orange est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 8 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Mesnils-Sur-Iton s'est opposé à sa déclaration préalable. Aucun autre moyen n'est de nature à justifier, en application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'annulation de cet arrêté.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Mesnils-sur-Iton le versement d'une somme de 1 000 euros à la société Orange au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 avril 2021 est annulé.
Article 2 : La commune de Mesnils-sur-Iton versera à la société Orange une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Orange et à la commune de Mesnils-sur-Iton.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
Mme Galle, première conseillère,
Mme Garona, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé :
E. GaronaLa présidente,
Signé :
C. BoyerLe greffier,
Signé :
J-L. Michel
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026