mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2102221 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | STREAM AVOCATS AND SOLLICITORS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juin 2021, M. C B, représenté par la SCP Stream Avocats et Solicitors, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 janvier 2021 par laquelle le préfet de la région Normandie a prononcé à son encontre, en sa qualité d'armateur et de capitaine du navire " L'Ami de la mer ", une amende de 1500 euros et la publication de cette décision pour une durée de trente jours auprès des représentants de la profession, à titre subsidiaire de ramener la sanction à de plus justes proportions ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 950 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- il n'a pas reçu communication des pièces du dossier demandées postérieurement à la notification de la décision attaquée ;
- l'action de l'autorité administrative était prescrite à la date de la décision attaquée au regard de l'article L. 946-6 du code rural et de la pêche maritime ;
- son navire n'est pas soumis aux obligations de déclaration des journaux de pêche par voie électronique ;
- son navire n'est pas soumis à l'obligation d'emport et de mise en fonctionnement d'une balise " Vessel Monitoring System " VMS ;
- la décision attaquée est privée de base légale concernant les manquements aux obligations déclaratives nécessaires au contrôle des activités maritimes dès lors qu'elle ne reprend pas les faits consignés dans le procès-verbal du 5 mars 2020, ce dernier faisant mention de manquements de sa part pour le navire " Neptune ", sans qu'ait pu être vérifié s'il y avait exercé les fonctions de capitaine sur ce navire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2022, le préfet de la région Normandie conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement européen (CE) n° 1224/2009 instituant un régime communautaire de contrôle afin d'assurer le respect des règles de la politique commune de la pêche ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,
- et les observations Me Langlais, représentant M. B.
Le préfet de la région Normandie n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 mars 2020, M. B, en sa qualité d'armateur et de capitaine du navire " L'Ami de la mer ", a fait l'objet d'un procès-verbal d'infraction pour non-respect des obligations d'enregistrement et de communication des données requises dans le cadre du système de déclaration par voie électronique d'une activité de pêche maritime ainsi que pour exercice d'activité de pêche maritime sans respect des obligations déclaratives nécessaires au contrôle des activités de pêche. Le 2 septembre 2020, la direction départementale des territoires et de la mer de la Seine-Maritime lui a notifié une procédure de sanction administrative prévue par l'article L. 946-1 du code rural et de la pêche maritime pour non-respect des obligations d'enregistrement et de communication des données requises dans le cadre du système de surveillance des navires de pêche maritime ainsi que pour exercice d'activité de pêche maritime sans respect des obligations déclaratives nécessaires au contrôle des activités de pêche. Par la décision attaquée du 4 janvier 2021, le préfet de la région Normandie a prononcé à son encontre, en sa qualité d'armateur et de capitaine du navire " L'Ami de la mer ", une sanction de 1500 euros et la publication de cette décision pour une durée de 30 jours auprès des représentants de la profession.
Sur la légalité externe :
2. En premier lieu, le requérant, qui ne conteste pas avoir reçu la notification des faits relevés à son encontre, des dispositions enfreintes et des sanctions encourues le 19 août 2020 et avoir été invité à présenter des observations préalablement à la sanction contestée, fait état de l'absence de transmission des pièces du dossier dont il a demandé la communication auprès des services après avoir reçu la décision de sanction du 4 janvier 2021. Toutefois, aucune disposition législative ou règlementaire n'impose à l'administration de communiquer ces documents. Par suite, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 946-6 du code rural et de la pêche maritime : " La décision de l'autorité administrative ne peut être prise plus d'un an à compter de la constatation des faits. Elle peut faire l'objet d'un recours de pleine juridiction devant la juridiction administrative ".
4. Il est constant que les faits ayant motivé l'édiction d'une sanction administrative à l'encontre de M. B ont été constatés le 5 mars 2020 alors que la décision de sanction a été prise en date du 4 janvier 2021, soit moins d'un an après la constatation des faits évoqués, la date de sa notification étant sans incidence sur la computation du délai de prescription. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'action de l'autorité administrative était prescrite à la date de la décision attaquée.
Sur la légalité interne :
5. En premier lieu, si le procès-verbal de constatation des infractions du 5 mars 2020 mentionne un manquement aux obligations de déclarations par voie électronique, auxquelles le requérant n'était pas soumis au regard de la taille de son navire, ce manquement n'a pas été retenu dans la décision de sanction attaquée.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 945-4 du code rural et de la pêche maritime : " I.- Est puni de 22 500 € d'amende le fait : / () 12° De ne pas se conformer aux obligations déclaratives concernant le navire, ses déplacements, les opérations de pêche, les captures et les produits qui en sont issus, l'effort de pêche réalisé, les engins de pêche, le stockage, la transformation, le transbordement, le transfert ou le débarquement des captures et des produits qui en sont issus, la commercialisation, l'importation, l'exportation et le transport des produits de la pêche et de l'aquaculture marine. / () ". Aux termes de l'article 10 de l'arrêté du 10 août 2018 portant approbation d'une délibération du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins relative aux conditions d'exercice de la pêche à la Coquille Saint-Jacques : " Chaque titulaire de la licence est tenu de déclarer ses captures qu'il inscrira dans le journal de pêche ou, le cas échéant, la fiche de pêche selon la réglementation en vigueur. En l'absence de déclaration statistique aux autorités compétentes, la licence ne sera pas renouvelée. ". Aux termes de l'article 18.1. de l'arrêté précité : " Les infractions à la présente délibération et à celles prises pour son application sont recherchées et poursuivies conformément aux articles L. 941-1, L. 946-2, L. 946-5 et L. 946-6 du code rural et de la pêche maritime. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. B, détenteur d'une licence coquilles Saint Jaques pour l'année 2019/2020, était tenu, en application des dispositions de l'arrêté du 10 août 2018 précité, de déclarer ses captures dans son journal de pêche. Le préfet de la région Normandie fait valoir, conformément au procès-verbal du 5 mars 2020, que l'étude des journaux de pèche et du relevé de l'application Trident sur la période du 20 décembre 2019 au 4 mars 2020 montre que, pour les marées des 20 décembre 2019 et 27 décembre 2019, M. B n'a pas transmis à l'autorité compétente les journaux de pêche du navire dont il était capitaine. Si le requérant déclare que sa campagne de pêche à la coquille Saint-Jacques s'est achevée prématurément à la fin de l'année 2019 en raison de difficultés techniques puis de problème de santé, il n'apporte aucun élément sérieux susceptible de remettre en cause les éléments constatés au procès-verbal, lequel fait foi jusqu'à preuve contraire. Par suite, la méconnaissance de son obligation de déclarer ses captures dans son journal de pêche, constitutive de l'infraction aux obligations déclaratives nécessaires au contrôle des activités maritimes, doit être regardée comme établie.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 4 décembre 2019 du préfet de la région Normandie rendant obligatoire la délibération n°2019/CSJ-BDS-B-33 du 20 novembre 2019 du comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Normandie fixant les conditions d'exploitation de la coquille Saint-Jacques sur le gisement " Baie de Seine " pour la campagne de pêche 2019/2020 : " La disposition suivante complète les mesures de la délibération annexée au présent arrêté : / Tout navire, quelle que soit sa longueur, pratiquant la pêche de la coquille Saint-Jacques, est équipé d'une balise VMS en fonctionnement. Pendant toute la durée de la campagne, la balise VMS doit être réglée de façon à émettre toutes les 15 minutes dans le gisement de la baie de Seine et ce quelle que soit l'activité du navire. ".
9. M. B, détenteur d'une licence coquilles Saint-Jacques pour l'année 2019/2020, était soumis aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 4 décembre 2019 précité à l'obligation d'être équipé d'une balise VMS en fonctionnement. Si l'intéressé déclare que sa campagne de pêche à la coquille Saint-Jacques s'est achevée prématurément à la fin de l'année 2019, sans en justifier au demeurant, il ressort des pièces du dossier, notamment des relevés d'embarquement Asterie et du journal de pêche, que, conformément au procès-verbal du 5 mars 2020, M. B a embarqué en mer sur la période du 1er janvier au 6 janvier 2020 alors que sa balise VMS n'émettait pas. Par suite, l'infraction résultant du manquement aux obligations d'enregistrement et de communication des données requises dans le cadre du système de surveillance des navires de pêche maritime pour laquelle il a été sanctionné par la décision attaquée est constituée.
10. En troisième lieu, la circonstance que le procès-verbal d'infraction comportait une erreur de plume concernant le nom du navire de M. B, laquelle au demeurant ne faisait pas obstacle à la compréhension par le destinataire du procès-verbal, est sans incidence sur la légalité de la décision de la sanction du 4 janvier 2021 laquelle mentionne le navire " l'Ami de la Mer ".
11. En quatrième lieu, si M. B, demande de ramener la sanction à de plus justes proportions, par voie de conséquence du bien-fondé des autres moyens de sa requête, il n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en examiner le bien-fondé.
12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 4 janvier 2021 par laquelle le préfet de la région Normandie a prononcé à son encontre, en sa qualité d'armateur et de capitaine du navire " L'Ami de la mer ", une amende de 1 500 euros et la publication de cette décision pour une durée de trente jours auprès des représentants de la profession. Par suite, il y a lieu de rejeter ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la région Normandie.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Favre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La rapporteure,
L. A
La présidente,
C. BOYER Le greffier,
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026