mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2102499 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | LANGUIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 juin 2021 et le 5 mai 2022, M. A C, représenté par Me Languil, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2021 par lequel le maire de Bolbec a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses arrêts de travail à compter du 27 mai 2014 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Bolbec de reconnaître sa maladie comme imputable au service ou, à tout le moins, de réexaminer sa demande dans le délai de quinze jours suivant le jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bolbec la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est signée par le premier adjoint au maire dont la délégation, qui n'est pas suffisamment précise, ne l'autorise pas à signer les décisions relatives à la gestion du personnel ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'appréciation dès lors que l'échographie réalisée le 23 mai 2014, qui fait apparaître un élément médical nouveau, atteste l'aggravation de son état de santé après la date de consolidation de sa maladie.
Par un mémoire enregistré le 4 janvier 2022, la commune de Bolbec, représentée par Me Phelip, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme D,
- et les observations de Me Languil représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, employé par la commune de Bolbec en qualité d'adjoint technique territorial et affecté au service des espaces verts, a été victime de deux accidents de service, le 12 novembre 2003 et le 29 mars 2005, qui lui ont causé des séquelles à son épaule gauche et à son épaule droite. A la suite du jugement n° 1101419, devenu définitif, rendu le 12 mars 2013 par le magistrat désigné par le tribunal administratif de Rouen, l'imputabilité au service de la maladie dont était atteint M. C à l'épaule gauche, à savoir une lésion du bourrelet glénoïdien, a été reconnue par le maire de Bolbec. L'affection à l'épaule droite a également été prise en charge au titre de la législation sur les maladies professionnelles. Par une décision du 27 mai 2014, la Caisse des dépôts et consignations lui a accordé une allocation temporaire d'invalidité au taux rémunéré de 25 %, la date de consolidation de sa pathologie à l'épaule gauche ayant été fixée au 4 avril 2013. Le 27 mai 2014, M. C a demandé à la commune de Bolbec de reconnaître comme imputables au service ses arrêts de travail à compter de cette date, en raison d'une rechute de sa pathologie à l'épaule gauche, demande que le maire a rejeté par un arrêté du 22 septembre 2016. Par un arrêt n° 19DA00036 du 8 octobre 2020, devenu définitif, la cour administrative d'appel de Douai a, notamment, annulé cet arrêté au motif que le médecin de prévention n'avait pas remis le rapport prévu à l'article 16 du décret du 30 juillet 1987 et a enjoint au maire de réexaminer la situation de l'intéressé. Par l'arrêté attaqué du 17 mai 2021, pris après un nouvel avis défavorable de la commission de réforme, le maire de Bolbec a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de maladie professionnelle déclarée le 27 mai 2014.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales ". Lorsque l'état d'un fonctionnaire est consolidé postérieurement à un accident imputable au service, le bénéfice de ces dispositions est subordonné, non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation de sa pathologie, mais à l'existence de troubles présentant un lien direct et certain, mais non nécessairement exclusif, avec l'accident de service. En outre, l'existence d'un état antérieur, fût-il évolutif, ne permet d'écarter l'imputabilité au service de l'état d'un agent que lorsqu'il apparaît que cet état a déterminé, à lui seul, l'incapacité professionnelle de l'intéressé.
3. Pour estimer que la maladie déclarée par M. C à compter du 27 mai 2014 n'était pas imputable au service, le maire de Bolbec a retenu, suivant en cela l'avis de la commission de réforme, l'absence de fait médical nouveau, l'évolution naturelle d'une pathologie intercurrente documentée et indépendante des fonctions exercées par l'intéressé ainsi que l'indemnisation des séquelles existantes par le versement d'une allocation temporaire d'invalidité. Il ressort toutefois des pièces du dossier, en particulier du rapport du médecin de prévention et du certificat du médecin généraliste, que le requérant souffre d'une bursite sous-acromio-detoïdienne révélée par une échographie réalisée le 23 mai 2014 et que les arrêts de travail et les soins y afférents sont liés à l'évolution naturelle et dégénérative de la maladie initiale dont l'imputabilité au service a été reconnue. Dans ces conditions, et alors même qu'en l'absence de fait médical nouveau, les troubles affectant le requérant ne revêtiraient pas les caractéristiques d'une rechute, les douleurs dont il a souffert à compter du 27 mai 2014 doivent être regardées comme présentant un lien direct et certain, fût-il même non exclusif, avec son accident de service initial, peu important à cet égard que l'intéressé bénéficie d'une allocation temporaire d'invalidité dès lors que cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que ses arrêts de travail soient pris en charge au titre de la législation sur les maladies professionnelles. Par suite, et en dépit de l'avis défavorable de la commission de réforme, le maire de Bolbec a fait une inexacte application des dispositions citées au point 2 en refusant de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail de M. C à compter du 27 mai 2014.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 mai 2021 du maire de Bolbec.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard aux motifs qui le fondent, que la commune de Bolbec reconnaisse l'imputabilité au service de la pathologie dont souffre M. C. Il y a lieu, dès lors, de lui enjoindre de procéder à cette reconnaissance dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bolbec une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas la partie perdante, la somme que la commune demande au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 17 mai 2021 du maire de Bolbec est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Bolbec de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie professionnelle qu'a déclarée M. C le 27 mai 2014, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Bolbec versera à M. C une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Bolbec tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Bolbec.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Favre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
Le rapporteur,
S. B
La présidente,
C. BOYER
Le greffier,
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026