jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2102897 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET GENTILHOMME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 juillet 2021 et le 20 mars 2023, la société Orange, représentée par Me Gentilhomme, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juin 2021 par laquelle le président de la métropole Rouen Normandie a rejeté sa demande tendant à l'abrogation de l'article 1.2 du chapitre premier de la section cinquième des dispositions communes applicables à toutes les zones du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole approuvé le 13 février 2020 ;
2°) d'enjoindre au président de la métropole de convoquer le conseil métropolitain et d'inscrire à l'ordre du jour une modification du plan local d'urbanisme supprimant ces dispositions dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la métropole Rouen Normandie la somme de 5 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'interdiction figurant au point 1.2 du chapitre premier de la section cinquième des dispositions communes applicables à toutes les zones du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole est entachée d'illégalité ;
- une telle réglementation relève de la police spéciale des télécommunications qui appartient à l'Etat et ne peut être mise en place dans le cadre d'un PLU ;
- la Métropole ne justifie pas de circonstances particulières pouvant justifier l'invocation du principe de précaution et ce alors que l'interdiction litigieuse ne repose sur aucune considération scientifique ;
- l'interdiction porte une atteinte illégale à la liberté du commerce de l'industrie et à leurs obligations légales de développement du réseau de télécommunication mobile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, la métropole Rouen Normandie, représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Orange la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailly, vice-présidente,
- les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique,
- les observations de Me Gentilhomme pour la société Orange et de Me Muta, substituant la SELARL Lexcap pour la métropole Rouen Normandie.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 13 février 2020, le conseil métropolitain de la métropole Rouen Normandie a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole. L'article 1.2 du premier chapitre de la cinquième section du livre premier, portant dispositions communes applicables à toutes les zones, du règlement du plan local d'urbanisme dispose que : " Au sein de l'ensemble des zones, l'implantation de nouvelles antennes relais est autorisée dans un périmètre de plus de 100 m autour des établissements sensibles existants (hôpitaux, maternités, établissements accueillant des enfants) ". La société Orange a saisi le 27 avril 2021 le président de la métropole d'une demande d'abrogation de ces dispositions du plan local d'urbanisme. Par décision du 1er juin 2021, celui-ci a rejeté cette demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile ; 4° La sécurité et la salubrité publiques ; 5° La prévention des risques naturels prévisibles, des risques miniers, des risques technologiques, des pollutions et des nuisances de toute nature () ". Aux termes de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article L. 151-17 du même code : " Le règlement peut définir, en fonction des circonstances locales, les règles concernant l'implantation des constructions ".
3. S'il résulte de ces dispositions qu'un conseil municipal est compétent pour fixer, en fonction des circonstances locales, les règles concernant la destination, la nature et l'implantation des constructions autorisées sur son territoire, parmi lesquelles figurent les antennes relais de téléphonie mobile, ces dispositions ne permettent pas en revanche, indépendamment des procédures d'évaluation des risques et des mesures provisoires et proportionnées susceptibles, le cas échéant, d'être mises en œuvre par les autres autorités publiques dans leur domaine de compétence, de faire légalement obstacle à l'implantation des antennes de téléphonie mobile à proximité de certains bâtiments en l'absence d'éléments circonstanciés faisant apparaître, en l'état des connaissances scientifiques, des risques, même incertains, de nature à justifier une telle exclusion.
4. Pour justifier l'interdiction litigieuse, la Métropole Rouen Normandie se réfère à la justification des choix figurant au sein du rapport de présentation du plan local d'urbanisme qui précise que l'objectif est de " limiter l'exposition aux champs électromagnétiques des populations les plus sensibles " et se réfère à l'instruction ministérielle du 15 avril 2013 relative à l'urbanisme à proximité des lignes de transport d'électricité. Cependant, alors au demeurant que cette instruction ne concerne que les lignes à haute tension, dont les champs électromagnétiques sont de très basse fréquence (de 50 à 60 Hz) et non les antennes relais, la métropole ne s'appuie sur aucun élément circonstancié de nature à établir l'existence, en l'état des connaissances scientifiques, d'un risque pouvant résulter, pour le public, de son exposition aux champs électromagnétiques émis par les antennes relais de téléphonie mobile et justifiant que, indépendamment des procédures d'évaluation des risques et des mesures provisoires et proportionnées susceptibles, le cas échéant, d'être mises en œuvre par les autorités compétentes, elle règlemente l'implantation de ces antennes sur l'ensemble de son territoire. Dans ces conditions, en l'état des connaissances scientifiques et en l'absence de documents permettant de tenir pour avérés les risques pour la santé, susceptibles de résulter des radiofréquences émises par les antennes-relais, le lien de causalité entre la manifestation et l'aggravation des symptômes liés à l'hypersensibilité électromagnétique et l'implantation des antennes-relais n'est pas démontré. Dès lors, les dispositions dont l'abrogation est demandée excèdent ce que peut légalement prescrire un plan local d'urbanisme.
5. En deuxième lieu, et en conséquence de ce qui a été dit au point précédent, ces dispositions portent une atteinte excessive à la liberté du commerce et de l'industrie.
6. Aux termes de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte réglementaire illégal ou dépourvu d'objet, que cette situation existe depuis son édiction ou qu'elle résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures, sauf à ce que l'illégalité ait cessé () ".
7. Si le conseil métropolitain est seul compétent pour abroger tout ou partie du plan local d'urbanisme intercommunal, c'est à son président qu'il revient d'inscrire cette question à l'ordre du jour d'une réunion du conseil métropolitain. En application des dispositions précitées de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration, il est tenu d'inscrire la question à l'ordre du jour du conseil métropolitain pour permettre à celui-ci de prononcer l'abrogation des dispositions illégales. Par suite, c'est à tort que le président de la métropole Rouen Normandie a rejeté la demande d'abrogation dont il était saisi et la société Orange est fondée à demander l'annulation de cette décision de rejet.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. L'exécution du présent jugement, eu égard à ses motifs, implique nécessairement que le président de la métropole de Rouen inscrive à l'ordre du jour d'une séance du conseil métropolitain la modification du plan local d'urbanisme afin d'abroger l'article 1.2 du chapitre premier de la section cinquième des dispositions communes applicables à toutes les zones du règlement du plan local d'urbanisme approuvé le 13 février 2020. Il y a lieu de le lui enjoindre dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Orange, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la métropole Rouen Normandie au titre des frais qu'elle a exposés. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la métropole Rouen Normandie la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Orange.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 1er juin 2021 par laquelle le président de la métropole Rouen Normandie a rejeté la demande de la société Orange tendant à l'abrogation de l'article 1.2 du chapitre premier de la section cinquième des dispositions communes applicables à toutes les zones du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole approuvé le 13 février 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au président de la métropole Rouen Normandie d'inscrire à l'ordre du jour d'une séance du conseil métropolitain la modification du plan local d'urbanisme afin d'abroger l'article 1.2 du chapitre premier de la section cinquième des dispositions communes applicables à toutes les zones du règlement du plan local d'urbanisme, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La métropole Rouen Normandie versera à la société Orange la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Orange et à la métropole Rouen Normandie.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
M. Le Duff, premier conseiller et Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023
La présidente-rapporteure,
P. Bailly
L'assesseur le plus ancien,
V. Le Duff
La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026