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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2103285

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2103285

jeudi 16 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2103285
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique 1
Avocat requérantDESMEULLES NICOLAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en production de pièces enregistrés le 20 août 2021 et le 3 février 2023, M. B A, représenté par Me Desmeulles, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 21 juin 2021, par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a refusé de lui accorder une remise de dette totale de son indu de prime d'activité, laissant à sa charge la somme de 438,40 euros ;

2°) à titre subsidiaire, de lui accorder la remise gracieuse de son indu ;

3°) de mettre à la charge de la CAF de la Seine-Maritime et du département de la Seine-Maritime la somme de 1 500 euros au titre du 2e alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser directement à son conseil.

Il soutient que :

* la CAF est responsable de l'indu en litige dès lors qu'il a convenablement déclaré l'ensemble de ses ressources de sorte que la remise partielle de dette procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;

* sa bonne foi justifie à elle seule la remise totale de sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu :

* la décision du 17 janvier 2022 admettant M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;

* la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

* la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

* les autres pièces du dossier.

Vu :

* le code de l'action sociale et des familles ;

* le code de la sécurité sociale ;

* la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

* le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, ayant été entendu au cours de l'audience publique.

À l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a bénéficié de la prime d'activité suite à sa demande du 10 août 2016. Suite au constat d'incohérences relevées dans le cadre d'un contrôle de ses ressources, celui-ci s'est vu réclamer la somme de 876,81 euros au titre d'un indu de prime d'activité pour la période de février 2020 à avril 2020. Le 12 avril 2021, M. A a contesté ces décisions et a sollicité la remise de sa dette. Son recours a été partiellement admis, la CAF de la Seine-Maritime lui accordant une remise de 50 % de sa dette. Par la présente requête, M. A demande à titre principal l'annulation de son indu et, à titre subsidiaire, la remise gracieuse de celui-ci.

2. Aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. () " Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; 3° L'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à titre gratuit, déterminé de manière forfaitaire ; 4° Les prestations et les aides sociales, à l'exception de certaines d'entre elles en raison de leur finalité sociale particulière ; 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu. " Aux termes de l'article L. 845-3 de ce code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

Sur l'indu de prime d'activité :

3. Lorsque, le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu.

4. S'il n'est pas contesté que l'indu réclamé à M. A par la CAF de la Seine-Maritime trouve son origine dans une erreur commise par les services de cette dernière, cette circonstance n'est pas de nature à établir un droit pour l'intéressé de conserver les sommes versées à tort. Par suite, en se bornant à indiquer qu'il a toujours déclaré l'ensemble de ses ressources et qu'il n'est pas responsable de l'erreur commise, M. A ne justifie pas de l'erreur de droit ou d'appréciation qui aurait été commise par la CAF de la Seine-Maritime.

Sur la remise gracieuse :

5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

6. M. A, dont la bonne foi n'est pas remise en cause, ne fait pas état d'éventuelles difficultés financières qui le placeraient dans une situation de précarité telle qu'il ne serait pas en mesure de procéder au remboursement de sa dette de prime d'activité. Par suite, ses conclusions tendant à ce qu'une remise gracieuse lui soit octroyée doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la caisse d'allocations familiales de Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.

Le magistrat désigné,

T. C

Le greffier,

N. BOULAY

N°2103285

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