mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2103444 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en maintien de requête, enregistrés le 7 septembre 2021 et le 6 juin 2023, M. D, représenté par Me Elatrassi, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 1er avril 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de procéder au réexamen de sa situation, sans délai à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. C soutient que la décision :
- est insuffisamment motivée ;
- a été adoptée par une autorité incompétente ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'a pas été informé dans une langue qu'il comprend des conditions de retrait et suspension des conditions matérielles d'accueil ;
- méconnaît les dispositions combinées des articles L. 744-8 et D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- n'a pas été adoptée à la suite d'une évaluation de sa vulnérabilité ;
- méconnaît les dispositions combinées des articles L. 744-7 et D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car aucun examen de vulnérabilité n'a été effectué ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision du 5 juillet 2021 par laquelle M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a décidé de dispenser la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement UE n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement UE n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Deflinne, premier conseiller ;
- et les observations de Me Elatrassi, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant afghan, né le 1er janvier 1991, est, selon ses dires, entré sur le territoire français en 2020. Il a déposé une demande d'asile le 9 décembre 2020 à la suite de laquelle un arrêté de remise aux autorité allemandes a été adopté à son encontre. À compter de cette date, il a accepté la prise en charge par le dispositif national d'accueil. Le 11 mars 2021 il a été informé que ses conditions matérielles d'accueil étaient susceptibles d'être suspendues. Par la décision du 1er avril 2021 attaquée, l'OFII a suspendu les conditions matérielles d'accueil du requérant.
2. En premier lieu, Mme A B qui a signé la décision attaquée, bénéficiait d'une délégation de signature du directeur général de l'OFII du 2 janvier 2018, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur, à l'effet notamment de signer la décision en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision, prise après un examen particulier de la situation de M. C par l'OFII, est donc suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, la décision n'a pas été prise en application de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite les moyens tirés de la méconnaissance de cet article, combiné avec l'article D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont inopérants.
5. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que M. C a été informé des conditions de suspension et de retrait des conditions matérielles d'accueil par le truchement d'un interprète. D'autre part, M. C a, le 10 mars 2021, signé une déclaration indiquant qu'il refusait de se soumettre au test PCR requis pour l'exécution de son arrêté de transfert en Allemagne. Ce document, versé au dossier, informait le requérant que, s'il ne se conformait pas à la réalisation de ce test, il ne pourrait plus bénéficier des conditions matérielles d'accueil. M. C était assisté pendant cet entretien par un interprète en langue pachto qu'il a déclaré comprendre lors de la souscription du formulaire de prise en charge au titre du dispositif national d'accueil et a été mis en mesure de comprendre les conséquences de son refus de se soumettre à ce test qui, ainsi que le précisait l'attestation, était exigé par les autorités allemandes en charge de sa demande d'asile. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir qu'il n'a pas été informé des modalités de suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans une langue qu'il comprenait.
6. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que, contrairement à ce qu'il soutient, M. C a, en acceptant les conditions matérielles d'accueil, fait l'objet d'une évaluation par les services de l'OFII le 9 décembre 2020, dont il n'est pas sérieusement contesté qu'elle consistait en l'évaluation de sa vulnérabilité. D'autre part, la décision de suspension du 1er avril 2021 se réfère expressément à l'accord donné par le requérant le 9 décembre 2020. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige ne serait pas intervenue à la suite d'une évaluation de sa vulnérabilité et qu'elle aurait, ce faisant, méconnu les dispositions combinées des article L. 744-7 et D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En sixième lieu, si M. C soutient qu'il ne lui a pas été possible de justifier son absence de présentation aux autorités, il ressort des pièces du dossier que la décision a été adoptée au motif qu'il a refusé de se soumettre à un test PCR alors, par ailleurs, qu'il avait été invité le 11 mars 2021 à produire sous quinzaine ses observations. Le moyen doit donc être écarté.
8. En dernier lieu, si M. C soutient que la décision procéderait d'une erreur manifeste d'appréciation, il n'apporte aucun élément de justification à l'appui de ce moyen.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er avril 2021 par laquelle l'OFII a suspendu ses conditions matérielles d'accueil. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, à Me Djehanne Elatrassi et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration..
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
M. Deflinne, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
Le rapporteur,
T. DEFLINNE
Le président,
P. MINNE
Le greffier,
N. BOULAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026