jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2103613 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | DELALANDE Samuel |
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
En application des dispositions de l'article R. 411-5 du code de justice administrative, M. A a été désigné en tant que représentant unique dans l'instance enregistrée sous le n°2103613.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique ;
- les observations de M. A ;
- les observations de Me Gillet, représentant les consorts G.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération n°DB05 en date du 22 juillet 2021, le conseil municipal de la commune de Saint-Pierre-du-Vauvray (27) a donné pouvoir au maire de la commune aux fins d'effectuer les démarches nécessaires auprès d'un géomètre et d'engager la procédure de transaction notariale pour une valeur de 4 900 euros net vendeur, pour la vente de la parcelle " ZC0151 ", d'une surface de 165,24 m2. Par une délibération n°DB06 du même jour, le conseil municipal a donné pouvoir au maire de la commune aux fins d'effectuer de semblables démarches et d'engager la procédure de cession de la parcelle ZB0161, d'une surface de 336,05m2, pour une valeur de 8 200 euros net vendeur. Par une instance enregistrée sous le numéro 2103613, M. B A, M. D I et Mme F J demandent l'annulation de ces deux délibérations. Par une instance enregistrée sous le numéro 2104903, les consorts G demandent l'annulation de la délibération n°DB06.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées sont relatives aux mêmes délibérations et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre aux fins d'y statuer par un même jugement.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
3. En premier lieu, les conclusions d'une requête collective, qu'elles émanent d'un requérant qui attaque plusieurs décisions ou de plusieurs requérants qui attaquent une ou plusieurs décisions, sont recevables dans leur totalité si elles présentent entre elles un lien suffisant.
4. Au cas d'espèce, la requête de M. A, M. I et Mme J tend à l'annulation de deux délibérations prises le même jour par le conseil municipal de Saint-Pierre-du-Vauvray et ayant pour objet de donner pouvoir au maire pour procéder à la cession de deux parcelles. Ayant toutes deux pour objet de donner pouvoir à la même autorité pour la cession de parcelles du domaine de la commune, selon des modalités analogues, les décisions attaquées présentent entre elles un lien suffisant de nature à permettre qu'elles fassent l'objet d'une requête unique. Ainsi, les requérants pouvaient valablement contester les deux décisions précitées par l'introduction d'une même requête. La fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Pierre-du-Vauvray doit être écartée.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de justice administrative : " Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur et, dans le cas d'une personne morale, par une personne justifiant de sa qualité pour agir. ". Selon l'article R. 611-8-4 du même code : " Lorsqu'une partie ou son mandataire adresse un mémoire ou des pièces par voie électronique, son identification selon les modalités prévues par l'arrêté mentionné à l'article R. 414-1 vaut signature pour l'application des dispositions du présent code () ". Aux termes de l'article R. 411-5 du même code : " Sauf si elle est signée par un mandataire régulièrement constitué, la requête présentée par plusieurs personnes physiques ou morales doit comporter, parmi les signataires, la désignation d'un représentant unique. / A défaut, le premier dénommé est avisé par le greffe qu'il est considéré comme le représentant mentionné à l'alinéa précédent, sauf à provoquer, de la part des autres signataires qui en informent la juridiction, la désignation d'un autre représentant unique choisi parmi eux. ".
6. Au cas d'espèce, la requête enregistrée sous le n°2103613 a été présentée par M. A, M. I et Mme J grâce à l'application informatique " Télérecours ". Cette télétransmission vaut, en application de l'article R. 611-8-4 précité du code de justice administrative, signature de la requête. En outre, M. A a été désigné représentant unique en application de l'article R. 411-5 du code de justice administrative. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée du défaut de signature du recours ne peut être accueillie.
7. En troisième lieu, les contribuables d'une commune sont personnellement intéressés à ce que les actes concernant la gestion du patrimoine communal soient accomplis dans les conditions prescrites par la loi. Ainsi, les consorts G, en tant que propriétaires fonciers et donc contribuables de la commune de Saint-Pierre-du-Vauvray, disposent d'un intérêt leur donnant qualité à agir pour contester la délibération n°DB06 du conseil municipal de de cette commune portant sur la cession d'une parcelle du domaine communal. En outre, les consorts G justifient de ce qu'ils sont propriétaires d'une maison d'habitation jouxtant la parcelle objet de la délibération litigieuse. Ils justifient ainsi d'un intérêt à agir. La fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Pierre-du-Vauvray ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
8. Aux termes de l'article L. 3111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1, qui relèvent du domaine public, sont inaliénables et imprescriptibles. ". Aux termes de l'article L. 2141-1 du même code : " Un bien d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1, qui n'est plus affecté à un service public ou à l'usage direct du public, ne fait plus partie du domaine public à compter de l'intervention de l'acte administratif constatant son déclassement. ".
9. En vertu du principe désormais énoncé à l'article L. 3111-1 du code général de la propriété des personnes publiques, les biens qui relèvent du domaine public des personnes publiques sont inaliénables et imprescriptibles. Leur cession ne peut intervenir, s'agissant de biens affectés à un service public ou à l'usage direct du public, qu'après qu'ils ont fait l'objet d'une désaffectation et d'une décision expresse de déclassement.
10. D'une part, il ressort clairement de la délibération du conseil municipal de la commune de Saint-Pierre-du-Vauvray en date du 4 novembre 2009, versée aux débats par les requérants, que la parcelle cadastrée ZB0161 située dans le secteur des Matrais est classée dans le domaine public communal. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas même allégué, que cette parcelle aurait, depuis lors, fait l'objet d'un acte constatant son déclassement, au sens des dispositions de l'article L. 2141-1 du code général de la propriété des personnes publiques, citées au point n°8.
11. D'autre part, il ressort de l'acte notarié de notoriété acquisitive en date du 11 septembre 2012, produit par les requérants, que la parcelle ZC0276 située dans le secteur des Longs Champs et qui constitue, au vu de la délibération, la parcelle concernée par la vente, et non la parcelle ZC0151 comme indiqué dans la délibération DB05, se trouvait dans le périmètre d'une zone d'aménagement concertée dont la construction a été abandonnée en raison de la défaillance du promoteur et de sa mise en procédure collective et appartenait au domaine public communal. Cette parcelle, qui, quoiqu'étant dépourvue d'aménagement, doit être regardée comme étant affectée à l'usage du public a toujours été entretenue par la commune. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et n'est pas soutenu, que cette parcelle aurait fait l'objet d'un déclassement. Par suite, celle-ci appartient toujours au domaine public de la commune.
12. Ainsi, les deux parcelles précitées constituaient bien, à la date des délibérations contestées, des biens du domaine public communal.
13. Par ailleurs, la commune de Saint-Pierre-du-Vauvray ne saurait valablement se prévaloir de ce qu'il demeure loisible à l'autorité municipale de procéder au déclassement des parcelles avant la vente, dès lors qu'il ressort clairement des termes mêmes des deux délibérations attaquées, que celles-ci ont pour objet de donner pouvoir au maire de conclure la cession des parcelles du domaine public communal, pour un prix d'ores et déjà fixé, sans conditionner sa finalisation au respect d'étapes procédurales ultérieures, telle qu'une nouvelle délibération, et sans même indiquer la nécessité de procéder préalablement à leur déclassement.
14. Il suit de là que le conseil municipal de la commune de Saint-Pierre-du-Vauvray ne pouvait, ainsi qu'il l'a fait, autoriser le maire de cette commune à engager les démarches en vue de la cession des parcelles " ZC0151 " et ZB0161, sans méconnaître le principe d'inaliénabilité des biens du domaine public des personnes publiques, protégé par les dispositions de l'article L. 3111-1 du code général de la propriété des personnes publiques citées au point n°8. Par suite, ces deux délibérations, qui sont entachées d'illégalité, doivent être annulées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des deux requêtes.
Sur l'injonction :
15. Il n'entre pas, en l'absence de dispositions expresses l'y habilitant, dans les pouvoirs du juge administratif d'ordonner par voie de presse la publication de ses décisions aux frais d'une partie. Les conclusions à fin d'injonction formées en ce sens ne peuvent donc qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas perdants, dans les présentes instances, les sommes demandées par la commune de Saint-Pierre-du-Vauvray au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette collectivité le versement de la somme de 1 500 euros aux consorts G. Il n'y a pas lieu, en revanche, de mettre à la charge de la commune, le versement d'une somme, au titre de ces mêmes dispositions, à M. A, M. I et Mme J solidairement, qui n'ont pas exposé de frais d'avocat.
D É C I D E :
Article 1er : La délibération n°DB05 et la délibération n°DB06 du 22 juillet 2021 du conseil municipal de la commune de Saint-Pierre-du-Vauvray sont annulées.
Article 2 : La commune de Saint-Pierre-du-Vauvray versera une somme de 1 500 euros aux époux G en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. A, M. I et Mme J au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, désigné comme représentant unique en application de l'article R. 411-5 du code de justice administrative, à M. H G, à Mme E C épouse G et à la commune de Saint-Pierre-du-Vauvray.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de l'Eure.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Bouvet, premier conseiller,
M. Mulot, premier conseiller,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 juin 2023.
Le rapporteur,
signé
C. BOUVETLa présidente,
signé
A. GAILLARD
Le greffier,
signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
signé
S. Combes
2 ; 2104903
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026