jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2103782 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | GRATIEN SIMON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaires enregistrés les 6 octobre 2021 et 12 avril 2022, Mme F B, représentée par Maître Gratien, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Sotteville-lès-Rouen a accordé à M. A C un permis de construire n°PC76681210007 aux fins d'édification de deux maisons individuelles, sur la parcelle située 161, rue Pierre Jean de Béranger, sur le territoire de la commune ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Sotteville-lès-Rouen a transféré à la SCA Jules le permis de construire délivré le 19 avril 2021 à M. A C ;
3°) de mettre à la charge de la commune Sotteville-lès-Rouen une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle justifie d'un intérêt lui donnant qualité à agir et qu'elle justifie avoir régulièrement notifié son recours contentieux tant à la commune de Sotteville-lès-Rouen qu'au pétitionnaire ;
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
- la notice architecturale du dossier de demande est insuffisante au regard des articles R. 431-8 et suivants du code de l'urbanisme, dès lors que les documents produits ne permettent pas d'apprécier correctement l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes ;
- la décision contestée méconnaît les articles 4.1.1 et 4.1.3, du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole Rouen Normandie applicable en zone UBA1 ;
- la décision contestée méconnait les article 3 et 3.4 de ce règlement ;
- la décision contestée méconnait l'article 5 de ce règlement.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 avril 2022, la commune de Sotteville-lès-Rouen, représentée par la SELARL Audicit, conclut à titre principal à son irrecevabilité, à titre subsidiaire à son rejet, à titre infiniment subsidiaire à ce que le tribunal sursoie à statuer et invite le pétitionnaire à formuler une demande de permis modificatif et en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. C et la SCA Jules n'ont pas produit de mémoire en défense.
Par courrier du 22 mai 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité pour défaut d'intérêt pour agir des conclusions contre l'arrêté de transfert du permis de construire du 20 juillet 2021 qui se borne à modifier le bénéficiaire de l'autorisation délivrée le 19 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Duff,
- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- les observations de Me Boyer, pour la commune de Sotteville-lès-Rouen,
- la SCA Jules étant représentée par M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demandé déposée le 15 février 2021, M. C a sollicité la délivrance d'un permis de construire sur la parcelle cadastrée section AY n°284, située 161, rue Pierre Jean de Béranger à Sotteville-lès-Rouen afin d'y édifier deux maisons individuelles. Par un arrêté du 19 avril 2021, le maire de la commune de Sotteville-lès-Rouen a délivré le permis de construire n° PC 76681 21 0007 pour la construction de deux maisons individuelles. Par un arrêté du 20 juillet 2021, le maire de la commune de Sotteville-lès-Rouen a autorisé le transfert du permis de construire à la SCA Jules. Mme B, voisine immédiate, demande au tribunal d'annuler la décision du 19 avril 2021 par laquelle le maire de la commune Sotteville-lès-Rouen a délivré ce permis de construire à M. C ainsi que l'arrêté du 20 juillet 2021 par lequel le maire de la commune a transféré ce permis de construire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la recevabilité :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme dans sa version alors applicable : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n'est pas obligatoire pour les déclarations préalables portant sur une coupe ou un abattage d'arbres situés en dehors des secteurs urbanisés. / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. () ". Aux termes de l'article R. 600-2 du même code : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ".
3. La mention prévue à l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme destinée à mieux informer les éventuels requérants de leur obligation de notification et des risques d'irrecevabilité qu'ils encourent à ne pas l'accomplir, n'est pas au nombre des éléments dont la présence est une condition de déclenchement du délai de recours contentieux. L'absence, sur l'affichage, de la mention de cette condition de recevabilité fait en revanche obstacle à ce que soit opposée à l'auteur du recours l'irrecevabilité prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Par suite, l'absence de mention dans l'affichage de l'obligation de notification du recours a pour seul effet de rendre inopposable l'irrecevabilité prévue à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a saisi le maire de la commune de Sotteville-lès-Rouen d'un recours gracieux à l'encontre du permis de construire délivré le 19 avril 2021 à M. C, reçu à la mairie de Sotteville-lès-Rouen le 18 juin 2021 et doit ainsi être regardée comme ayant eu connaissance acquise de l'arrêté attaqué à cette date. Mme B ne conteste pas s'être abstenue d'accomplir les formalités prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme lors de son recours gracieux à l'égard du pétitionnaire. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas allégué que le permis de construire en litige a fait l'objet d'un affichage sur le terrain d'assiette du projet, comportant les mentions relatives à l'obligation de notification prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, l'irrecevabilité prévue à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne peut être opposée à la requérante et le recours gracieux a pu proroger le délai de recours contentieux, alors même qu'il n'a pas été notifié au pétitionnaire. La requête ayant été introduite dans le délai de deux mois à compter du rejet du recours gracieux, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête ne peut qu'être écartée.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
6. Si Mme B peut se prévaloir de sa qualité de voisin immédiat, étant propriétaire d'une maison d'habitation située à proximité de la parcelle de M. C, et si le projet de construction objet de l'arrêté de transfert est de nature à affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son immeuble, l'arrêté attaqué n'a ni pour objet ni pour effet d'autoriser la réalisation de travaux de construction, lesquels ont été autorisés par le permis de construire délivré, le 19 avril 2021 mais se borne à modifier le bénéficiaire de l'autorisation en litige. Dans ces conditions, la requérante ne justifie pas d'un intérêt pour agir à l'encontre de l'arrêté du 20 juillet 2021, par lequel le maire de Sotteville-lès-Rouen a transféré à la SCA Jules le bénéfice du permis de construire, délivré le 19 avril 2021 à M. C.
7. Par suite, faute d'intérêt pour agir à l'encontre de la décision portant transfert du permis de construire, les conclusions d'annulation de Mme B dirigées contre cet arrêté du 20 juillet 2021 qui sont irrecevables doivent être rejetées pour ce motif.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 19 avril 2021 :
8. En premier lieu, la maire de la commune de Sotteville-lès-Rouen a accordé, par un arrêté n° 2020-0409 du 6 juillet 2020, régulièrement reçu et affiché par la préfecture de la Seine-Maritime le 7 juillet 2020, une délégation à M. D, 1er adjoint au maire, pour " les actes, arrêtés () relevant des fonctions suivantes : urbanisme () notamment pour l'instruction et la délivrance des autorisations d'urbanisme ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, qui manque en fait, doit être écarté.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages () ".
10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
11. Il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale comprend une description du paysage et de l'environnement existant. Le plan de masse situe le projet dans son environnement dès lors qu'il mentionne les arbres et les haies existants, ainsi que le bâti environnant. Le plan de masse est complété par des photographies prises depuis le passage de la Fédération et la rue Pierre Jean de Béranger, ainsi qu'une vue du terrain plus lointaine, permettant de situer le terrain d'assiette au sein du quartier pavillonnaire. La notice architecturale décrit les matériaux utilisés et précise que le revêtement des murs est de couleur beige avec une bande de brique en terre cuite. Par ailleurs, le plan de masse précise l'emplacement des logements numéro un et numéro deux par rapport aux voies publiques et aux limites séparatives. Le service instructeur a ainsi pu d'une part apprécier l'état initial du terrain et de ses abords, et d'autre part les partis retenus pour l'insertion du projet de construction dans son environnement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de la notice architecturale doit être écarté en ses différentes branches.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article 4.1. " Caractéristiques des façades, des toitures et des clôtures " / 4.1.1. " Les constructions, installations ou aménagements, tant du point de vue de leur situation, de leur volume que de leur aspect, ne doivent porter atteinte ni au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, ni aux perspectives monumentales et doivent s'insérer harmonieusement au bâti et au paysage environnants en tenant compte de leur caractère dominant. / () La conception du projet limitera fortement la création de mur pignon aveugle important, visible dans la perspective des voies, et notamment aux abords des angles de dure afin d'en réduire l'impact et également vis-à-vis de la limite séparative latérale ". L'article 4.1.3. " Façades " prévoit que " Les façades doivent être composées, notamment par le rythme et la proportion de leurs ouvertures, pour tenir compte des caractères dominants du bâti environnant. Les différentes façades, notamment les façades latérales aveugles, doivent être traitées avec le même soin que la façade sur voie et en harmonie avec elle (). ". Il résulte de ces dispositions que la création de mur pignon aveugle important est limitée, sans toutefois qu'elle soit interdite.
13. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de coupe et du plan de masse, que le projet de construction amène à la création d'un mur pignon aveugle pour chaque logement créé. Contrairement à ce que soutient la requérante, la présence de murs pignon aveugles aux abords du projet de construction est visible sur de nombreuses maisons d'habitation. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la requérante, l'enduit de couleur beige avec une bande en terre cuite s'insère au sein d'un quartier composé de maisons ouvrières d'habitation assez hétérogènes, dont les tons ne se limitent pas à la couleur brique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
14. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3.1. " Implantation des constructions par rapport emprises publiques et aux voies " du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole Rouen Normandie applicable au secteur UBA1 : " Pour l'implantation le long des voies, publiques ou privées, existantes ou projetées, ouvertes à la circulation publique et le long des emprises publiques : toute construction, installation ou aménagement nouveau doit respecter les indications graphiques figurant au règlement graphique - planche 2. En l'absence de celles-ci : pour les constructions de premier rang, la façade du volume principal de la construction doit s'implanter : soit à l'alignement de fait, pour tenir compte des caractéristiques dominantes du bâti environnant et assurer la continuité ou le rythme du front bâti. / soit en cas d'absence d'alignement de fait, en fonction de l'implantation dominante des constructions existantes du même côté de la voie pour favoriser une meilleure continuité des volumes. / soit, s'il n'existe ni alignement de fait, ni implantation dominante du même côté de la voie, les constructions seront implantées à une distance minimale de 3 mètres de l'alignement () / Dans le cas de terrains bordés de plusieurs voies, la règle s'applique le long de l'une des voies au moins ".
15. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet de construction des deux maisons individuelles s'implante sur une parcelle en angle aigu, laquelle est bordée par deux voies, d'une part la rue Pierre Jean de Béranger, et d'autre part, le passage de la Fédération. Il ressort des différents clichés produits par le pétitionnaire que le bâti le long du passage de la Fédération ne présente ni alignement de fait, ni implantation dominante, de sorte que les constructions doivent être implantées à une distance minimale de trois mètres de l'alignement. Si le logement numéro deux se situe à une distance de 3,15 mètres de la voie publique, le logement numéro un se situe en limite de voie publique.
16. Par ailleurs, contrairement à ce que fait valoir la commune en défense, le logement numéro un ne peut être regardé comme ayant été implanté suivant la même configuration que l'implantation dominante rue Pierre Jean de Béranger, la circonstance que certaines maisons du même côté de cette voie soient aussi implantées en angle par rapport à la voie ne permettant pas en l'espèce de regarder cette implantation comme dominante. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que le projet de construction ne respecte la règle d'implantation ni par rapport à l'une ni par rapport à l'autre voie qui bordent le terrain. La branche du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole Rouen Normandie applicable au secteur UBA1 doit être accueillie en tant que la construction du logement numéro un ne respecte pas la règle d'implantation par rapport aux voies publiques.
17. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3.4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole Rouen Normandie applicable au secteur UBA1 : " L'emprise au sol des constructions ne peut excéder 45 % de la superficie du terrain. Dans les périmètres du réseau structurant de transport en commun urbain (), l'emprise au sol des constructions ne peut excéder 55 % de la superficie du terrain. ". Aux termes de l'article R. 420-1 du code de l'urbanisme : " l'emprise au sol () est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus ".
18. Il ressort des pièces du dossier et en particulier de la notice architecturale que le projet de construction s'implante sur une parcelle de 260 m² et a une emprise au sol de 57,07 m² pour la construction numéro un, et de 47,37 m² pour la construction numéro deux, lesquelles n'excèdent donc pas le rapport prévu par l'article 3.4 du règlement précité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
19. En sixième lieu, aux termes de l'article 5.2 " Part minimale de surfaces non imperméabilisées ", du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole Rouen Normandie applicable au secteur UBA1 : " Au moins 35 % de la surface du terrain doit être traitée en espaces verts ".
20. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du plan de masse, que la surface d'espace pleine terre du logement numéro un est de 52,81 m² et celle du logement numéro deux de 49,13 m², lesquelles n'excèdent donc pas le rapport prévu par l'article 5.2 du règlement précité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
Sur l'application de l'article L. 600-5 et de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
21. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ". L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme prévoit que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. () ".
22. Le vice relevé au point 16 du présent jugement affecte une partie identifiable du projet dès lors qu'il ne concerne que la construction numéro un concernant l'implantation par rapport aux voies publiques. Cette régularisation du permis de construire attaqué n'implique pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dans ces conditions, il y a lieu de faire application non pas des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme mais des dispositions de l'article L. 600-5 du même code
23. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 19 avril 2021 qu'en tant que la construction du logement numéro un ne respecte pas la règle d'implantation par rapport aux voies publiques.
Sur les frais d'instance :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Mme B, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Sotteville-lès-Rouen le paiement à Mme B d'une somme de 1 500 euros au titre des frais que celle-ci a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 19 avril 2021 par lequel la maire de la commune de Sotteville-lès-Rouen a délivré un permis de construire pour l'édification de deux constructions est annulé en tant que la construction du logement numéro un ne respecte pas la règle de l'implantation par rapport aux voies publiques.
Article 2 : La commune de Sotteville-lès-Rouen versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme présentées par la commune de Sotteville-lès-Rouen sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Sotteville-lès-Rouen, à Mme F B, à M. A C et à la SCA Jules.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Pascale Bailly, présidente,
M. Le Duff, premier conseiller, et Mme Thielleux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le rapporteur,
V. Le Duff
La présidente,
P. Bailly La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026