jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2103899 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
| Avocat requérant | LEBOURG CÉLINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2021, M. B A, représenté par Me Lebourg, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui remettre son titre de conduite à la suite de son échec à l'épreuve pratique du permis de conduire, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux datée du 16 août 2021.
Il soutient que :
- ses notes sont totalement injustifiées dès lors qu'il n'a pas commis les fautes qui lui sont reprochées ;
- la notation générale n'est pas renseignée, ce qui constitue une irrégularité formelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- l'arrêté du 19 février 2010 relatif aux modalités de l'épreuve pratique de l'examen du permis de conduire des catégories B et B1 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Leduc a été présenté
- les observations du préfet de la Seine-Maritime, représenté par Mme C, M. A n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du paragraphe II de l'article R. 221-1-1 du code de la route : " II.-Le permis de conduire est délivré à tout candidat qui a satisfait aux épreuves d'examen prévues au présent chapitre par le préfet du département de sa résidence ou par le préfet du département dans lequel ces épreuves ont été subies ". Aux termes de l'article D. 221-3 du même code : " Les examens du permis de conduire susvisés comportent une épreuve théorique et une épreuve pratique qui se déroulent dans les conditions et selon les modalités fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. / () / Le permis de conduire à l'exception de la catégorie A obtenue dans les conditions définies au deuxième alinéa du présent article, est délivré sur l'avis favorable soit d'un inspecteur du permis de conduire et de la sécurité routière, soit d'un agent public appartenant à une des catégories fixées par arrêté. / () / Le ministre chargé de la sécurité routière fixe par arrêtés les conditions et modalités d'application du présent article ".
2. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté susvisé du 19 février 2010 : " L'épreuve pratique de l'examen du permis de conduire des catégories B et B1 a pour objet de contrôler les connaissances, les aptitudes et le comportement des candidats, nécessaires pour circuler en toute sécurité. / Cette épreuve consiste à évaluer chez tout candidat : / () / Sa maîtrise des commandes et de la manipulation du véhicule pour ne pas créer de situations dangereuses ; / Sa capacité à assurer sa propre sécurité et celle des autres usagers sur tout type de route, à percevoir et à anticiper les dangers engendrés par la circulation et à agir de façon appropriée () ". Aux termes du troisième alinéa de l'article 17 du même arrêté : " L'épreuve est obligatoirement menée à son terme, sauf en cas d'incapacité manifeste et durable du candidat à assurer sa sécurité, celle du véhicule d'examen, de ses passagers et des autres usagers ". Aux termes de l'article 21 du même arrêté : " L'expert évalue les compétences du candidat dans les domaines suivants : / () / Adapter son allure aux circonstances ; / () / Partager la chaussée () ". Aux termes de l'article 22 du même arrêté : " L'expert évalue l'autonomie et la conscience du risque du candidat au travers des compétences suivantes : / Analyse des situations ; / Adaptations aux situations () ". Enfin, aux termes de l'article 27 du même arrêté, consacré à l'évaluation de la conduite effective : " Pour chacune des compétences décrites à l'article 21 du présent arrêté, l'expert attribue la note 0,1,2 ou 3, en s'appuyant sur les définitions suivantes : / Niveau 0 : au moins une composante de la compétence n'est pas acquise et le candidat est incapable de la restituer. Pour autant, la sécurité n'a pas dépendu des tiers. / Niveau 1 : la compétence est en cours d'acquisition mais mal maîtrisée. Elle a été mise en œuvre pendant l'examen, mais de manière incomplète. / () / Toute action, non-action ou tout comportement dangereux du candidat plaçant les autres usagers et/ ou le véhicule dans une situation où la sécurité dépendrait essentiellement des réactions des tiers constitue une erreur éliminatoire. / L'erreur éliminatoire entraîne obligatoirement l'échec à l'examen, qu'elle ait ou non nécessité une intervention physique ou verbale de l'expert () "
3. En premier lieu, s'il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de contrôler l'appréciation faite par un examinateur du permis de conduire de la valeur des candidats, il lui appartient en revanche de vérifier que l'examinateur a formé cette appréciation sans méconnaître les normes qui s'imposent à lui.
4. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite d'une épreuve pratique organisée le 18 mai 2021, l'examinateur du permis de conduire a fait état, dans la rubrique " observations " de la fiche de recueil du bilan de compétences, d'une " Incapacité manifeste et durable du candidat à assurer la sécurité ", et a indiqué que l'examen n'avait pas été mené à son terme. Le requérant s'est de nouveau présenté à cette épreuve le 8 juin suivant, et si l'examen a pu se dérouler dans son intégralité, le bilan est demeuré " insuffisant ", en raison d'une circulation en sens interdit, d'une allure inadaptée à l'occasion d'un changement de direction, et d'une erreur d'utilisation des commandes ayant une incidence sur la sécurité. Ce faisant, l'examinateur du permis de conduire a régulièrement apprécié la conduite de M. A au regard des exigences définies par les dispositions précitées et n'a pas retenu de motifs éliminatoires qui ne seraient pas prévus par les textes applicables.
5. En second lieu, eu égard à la parfaite lisibilité de la fiche de recueil du bilan de compétences et à l'absence de toute ambigüité quant au résultat de l'examen, la circonstance que le total général des points n'ait pas été renseigné est sans incidence sur la régularité de la décision de non-octroi du titre de conduite.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des actes attaqués. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
Le magistrat désigné,
signé
C. LEDUC Le greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer et au préfet de Seine-Maritime, chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026