mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2103931 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique 4 |
| Avocat requérant | NGYESE KISOKA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 octobre 2021, Mme D C, représentée par Me Ngyese Kisoka demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 mai 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a prononcé à son encontre des indus d'aide personnalisé au logement (APL) et d'allocation de soutien familial (ASF) pour un montant de 1 503,78 euros ;
2°) d'annuler la décision implicite de la CAF de Seine Maritime du 8 juin 2021 rejetant son recours administratif préalable ;
3°) d'enjoindre à la CAF de Seine Maritime de réexaminer la situation de Mme D C et de lui verser les prestations sociales qu'elle a retenues, d'un montant de 1.503,78 €, ce dans un délai de 15 jours à compter du prononcé du jugement à venir, sous astreinte de 150 € par jour de retard.
Elle soutient que :
- faute d'être signée la décision du 7 mai 2021 encourt l'annulation ;
- la décision du 7 mai 2021 est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- la CAF a commis une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où, conformément au jugement du Juge aux Affaires Familiales du 10 mai 2019, la résidence habituelle des enfants a été fixée à son domicile, elle les avait, dans les faits, à sa charge au titre de la période de mars à août 2020.
Mme D C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 23 février 2022.
Les parties ont été informées, par lettres du 12 septembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé :
- sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête, tendant à ce que soit prononcée une remise des indus d'ASF comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
- sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 7 mai 2021 de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, relative à l'aide personnalisée au logement, à laquelle s'est entièrement substituée la décision implicite rejetant le recours administratif préalable obligatoire.
Par un mémoire enregistré le 21 septembre 2022, la Caisse d'allocations familiale conclut au rejet de la requête et fait valoir que les conclusions relatives à un indu d'ASF sont irrecevables comme portées devant une juridiction incompétente et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
' le code de de la sécurité sociale ;
' le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Boyer, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.Par décision du 7 mai 2021, la Caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a réclamé à Mme C le remboursement d'une somme de 1 503,78 euros au titre d'un trop-perçu d'aide personnalisée au logement (APL) et d'allocation au soutien familial (ASF) pour la période de mars à août 2020. Par courrier du 7 mai 2021 réceptionné le 8 juin 2021 par la CAF, Mme C a formé un recours administratif contre cette décision. Aucune réponse n'ayant été donnée à ce recours, Mme C demande l'annulation de la décision du 7 mai 2021 et de la décision implicite rejetant son recours administratif.
Sur les conclusions relatives aux indus d'ASF :
2. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole () ". Aux termes de l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Les prestations familiales comprennent : () 2°) les allocations familiales ; 3°) le complément familial ; () 6°) l'allocation de soutien familial ; 7°) l'allocation de rentrée scolaire () ".
3. Il résulte de ces dispositions que les conclusions de la requête, tendant à ce que soit annulée la décision de la CAF en tant qu'elle porte sur un indu d'ASF sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître. Elles sont, par suite, irrecevables.
Sur les conclusions relatives aux indus d'APL :
En ce qui concerne la décision du 7 mai 2021 :
4. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; (). ". Aux termes de l'article L. 825-2 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement () par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. ". L'article R. 825-1 du même code subordonne l'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée.
5.L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable se substitue nécessairement à la décision initiale, et elle est seule susceptible d'être déférée au juge. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 7 mai 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées.
6.Les moyens tirés de ce que la décision du 7 mai 2021 serait dénuée de toute signature et qu'elle ne serait pas motivée, sont par suite de ce qui vient d'être dit au point précédent, inopérants.
En ce qui concerne la décision implicite rejetant le recours administratif :
7. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
8. Il résulte de l'instruction qu'à la suite d'un contrôle diligenté par la CAF de la Seine-Maritime, il a été constaté que les enfants de A C n'étaient pas à sa charge entre les mois de mars à août 2020 contrairement à ses déclarations.
9. Si Mme C produit un jugement de divorce en date du 10 mai 2019 décidant que la résidence des enfants demeure chez leur mère, ce document ne permet pas à lui seul d'établir la résidence effective des enfants entre mars et août 2020. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
11.Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de la requérante aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme C, tendant à ce que soit annulée la décision de la CAF en tant qu'elle porte sur un indu d'ASF, sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, et à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 04 octobre 2022.
La magistrate désignée,
Signé : C. B
Le greffier,
Signé : J-L. Michel
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026