jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2104009 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 4 |
| Avocat requérant | DUBREUIL-MEKKAOUI |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête enregistrée le 24 octobre 2021, sous le n° 2104009, Mme F C représentée par Me Mekkaoui, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 août 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a rejeté le recours préalable exercé à l'encontre de la décision du 17 février 2021 lui notifiant une dette d'allocation de logement familiale pour un montant de 1092 euros pour la période de février 2018 à juin 2018 ;
2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime une somme de 1500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 26 août 2021 ne mentionne pas les nom et prénom de son auteur en méconnaissance de l'article L.112-1 du code des relations entre le public et l'administration et a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la qualification de faux isolement est erronée, une situation de concubinage au sens de l'article 515-8 du code civil n'étant pas établie ;
- les versements effectués par M. C constituent des prêts et ne peuvent être qualifiés de pension alimentaire ;
- la fraude n'est pas établie.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de Seine-Maritime conclut au non-lieu à statuer.
Elle fait valoir que :
- les indus en lien avec la situation maritale de Mme C ont été annulés la situation d'isolement de Mme C ayant été prise en compte à compter de novembre 2017 ; par courrier du 29 décembre 2021 Mme C a été informée de l'annulation d'une somme de 1263,36 euros correspondant notamment à la somme de 1092 euros d'indu d'allocation logement à caractère familial, IM4 001, en litige et sur laquelle il n'y a plus lieu de statuer sur la requête 2104009 ;
- s'agissant des autres indus, les sommes perçues de M. C doivent être prises en compte ;
- les indus de RSA n'ayant pas été contestés, il ne pourra alors qu'être constaté que les sommes versées au titre des primes exceptionnelles de fin d'année sont elles aussi considérées comme indûment perçues ;
- les moyens d'illégalité externe ne sont pas fondés.
II- Par une requête enregistrée le 24 octobre 2021, sous le n° 2104010, Mme F C représentée par Me Mekkaoui, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 août 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a rejeté le recours préalable exercé à l'encontre de la décision du 17 février 2021 lui notifiant une dette de primes exceptionnelles de fin d'années pour un montant de 228,67 euros pour chacune des années 2018 et 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime une somme de 1500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 26 août 2021 ne mentionne pas les nom et prénom de son auteur en méconnaissance de l'article L.112-1 du code des relations entre le public et l'administration et a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la qualification de faux isolement est erronée, une situation de concubinage au sens de l'article 515-8 du code civil n'étant pas établie ;
- les versements effectués par M. C constituent des prêts et ne peuvent être qualifiés de pension alimentaire ;
- la fraude n'est pas établie.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les indus en lien avec la situation maritale de Mme C ont été annulés la situation d'isolement de Mme C ayant été prise en compte à compter de novembre 2017 ; par courrier du 29 décembre 2021 Mme C a été informée de l'annulation d'une somme de 1263,36 euros correspondant notamment à la somme de 1092 euros d'indu d'allocation logement à caractère familial, IM4 001, en litige et sur laquelle il n'y a plus lieu de statuer sur la requête 2104009 ;
- s'agissant des autres indus, les sommes perçues de M. C doivent être prises en compte ;
- les indus de RSA n'ayant pas été contestés, il ne pourra alors qu'être constaté que les sommes versées au titre des primes exceptionnelles de fin d'année sont elles aussi considérées comme indûment perçues ;
- les moyens d'illégalité externe ne sont pas fondés.
III- Par une requête enregistrée le 24 octobre 2021, sous le n° 2104011, Mme F C représentée par Me Mekkaoui, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 août 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime a rejeté le recours préalable exercé à l'encontre de la décision du 17 février 2021 lui notifiant une dette d'aide personnalisée au logement d'un montant de 4339,03 euros pour la période de février 2019 à décembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime une somme de 1500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 26 août 2021 ne mentionne pas les nom et prénom de son auteur en méconnaissance de l'article L.112-1 du code des relations entre le public et l'administration et a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la qualification de faux isolement est erronée, une situation de concubinage au sens de l'article 515-8 du code civil n'étant pas établie ;
- les versements effectués par M. C constituent des prêts et ne peuvent être qualifiés de pension alimentaire ;
- la fraude n'est pas établie.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de Seine-Maritime conclut au rejet.
Elle fait valoir que :
- les indus en lien avec la situation maritale de Mme C ont été annulés la situation d'isolement de Mme C ayant été pris en compte à compter de novembre 2017 ; par courrier du 29 décembre 2021 Mme C a été informée de l'annulation d'une somme de 1263,36 euros correspondant notamment à la somme de 1092 euros d'indu d'allocation logement à caractère familial, IM4 001, en litige et sur laquelle il n'y a plus lieu de statuer sur la requête 2104009 ;
- s'agissant des autres indus, les sommes perçues de M. C doivent être prises en compte ;
- les indus de RSA n'ayant pas été contestés, il ne pourra alors qu'être constaté que les sommes versées au titre des primes exceptionnelles de fin d'année sont elles aussi considérées comme indûment perçues ;
- les moyens d'illégalité externe ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Boyer, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les rapports de Mme B ont été entendus au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La caisse d'allocations familiales ( CAF) de la Seine-Maritime a notamment mis à la charge de Mme C, par décision du 17 février 2021, une dette, d'un montant total de 1092 euros, résultant d'un trop-perçu d'allocation logement familiale pour la période de février 2018 à juin 2018 dont le solde a été fixé par cette décision à 910 euros, une dette d'aide personnalisée au logement d'un montant de 4339,03 euros pour la période de février 2019 à décembre 2020 et une dette de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 228,67 euros au titre de chacune des années 2018 et 2019. Par trois requêtes distinctes qui concernent la même allocataire, ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent, au demeurant, les mêmes moyens, et qu'il y a donc lieu de joindre pour y statuer par un seul jugement, Mme C demande l'annulation des décisions du 26 août 2021 par lesquelles le directeur de la CAF de la Seine-Maritime a rejeté les recours préalables présentés à l'encontre de la décision du 17 février 2021 en tant qu'elle concerne les indus susvisés.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une notification d'indu rectificatif en date du 29 décembre 2021, la caisse d'allocation familiales de Seine-Maritime indique que la dette d'allocation de logement familiale pour un montant de 1092 euros pour la période de février 2018 à juin 2018 a été soldée. Il n'y a, par suite, pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête enregistrée sous le n° 2104009.
Sur les indus restant en litige :
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement ou de prime exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
S'agissant des moyens communs aux deux décisions :
4. En premier lieu, en vertu de l'ancien article L. 351-14 du code de la construction et de l'habitation, le directeur de l'organisme payeur statue, après avis de la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale sur les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre de l'aide au logement. Or, les courriers du 27 août 2021 notifiant les décisions rejetant les recours de Mme C portent la signature du directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, M. E D, lequel avait compétence pour rejeter les demandes faites par la requérante le 15 avril 2021. Les moyens tirés de l'absence de signature et de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doivent être écartés.
5. En deuxième lieu, contrairement aux affirmations de la requérante les décisions attaquées contiennent les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite les moyens tirés de leur insuffisante motivation doivent être écartés.
S'agissant de l'indu d'aide personnalisée au logement :
6. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L.822-5 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ne sont dues qu'aux personnes payant un minimum de loyer, compte tenu de leurs ressources et de la valeur en capital de leur patrimoine, lorsque cette valeur est supérieure à un montant fixé par voie réglementaire. ". En vertu de l'article R. 822-2 du même code les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. L'article R. 822-4 du même code dispose que les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale.
7. Mme C soutient que les sommes versées par son époux correspondaient à des prêts et non à des pensions alimentaires. Elle produit une attestation de M. A C du 15 mars 2021 qui ne mentionne ni les sommes prêtées, ni les conditions de remboursement et ne formalise aucun engagement de la part de Mme C. Un telle attestation ne permet pas de rapporter la preuve de l'existence d'un prêt familial entre les ex-époux. Par suite, ces sommes ont été à bon droit considérées comme des revenus de Mme C.
S'agissant de l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité :
8. Il résulte, d'une part, des décrets des 14 décembre 2018 et 10 décembre 2019 susvisés qu'une aide exceptionnelle, à la charge de l'État et versée par la caisse d'allocations familiales, est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont, sous certaines réserves, droit à cette allocation au titre du mois de novembre de l'année en cours ou, à défaut, du mois de décembre.
9. Mme C, qui ne conteste pas qu'elle n'avait pas droit au revenu de solidarité active au titre des mois de novembre et de décembre des années 2018 et 2019 n'est donc pas fondée à demander l'annulation des indus de primes exceptionnelles de fin d'année et d'aide exceptionnelle qui lui sont réclamés au titre des années 2018 et 2019.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions présentées au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête enregistrée sous le n° 2104009.
Article 2 : Les requêtes de Mme C, enregistrées sous les n° 2104010 et 2104011 sont rejetées.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G C, et à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La magistrate désignée,
C. B
Le greffier,
J-L. Michel
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. et autres
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