mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2104035 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | CHERRIER BODINEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 octobre 2021 et 1er février 2022, Mme A D, représentée par la SCP Cherrier-Bodineau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2021 par lequel le président du département de la Seine-Maritime a refusé de reconnaître son accident du 5 février 2020 imputable au service, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 29 septembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au département de la Seine-Maritime de prendre en charge son accident du 5 février 2020 au titre d'accident de service ;
3°) de mettre à la charge du département de la Seine-Maritime les dépens ainsi que la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme D soutient que l'arrêté attaqué :
- est entaché de vice de procédure au regard de la composition irrégulière de la commission de réforme, dès lors qu'il n'est pas établi qu'un médecin spécialiste de la pathologie dont elle est atteinte aurait siégé, et de l'insuffisante motivation de l'avis de la commission de réforme ;
- est entaché d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dès lors que, l'accident étant survenu au temps et au lieu du service, il doit être pris en charge au titre des accidents de service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2022, le département de la Seine-Maritime, représenté par son président, conclut au rejet de la requête de Mme D. Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, recrutée par le département de la Seine-Maritime en qualité d'assistante socio-éducative le 1er juillet 2003, exerce les fonctions d'assistante sociale au sein du centre médico-social de Déville-Lès-Rouen depuis le 1er juillet 2017. Le 14 février 2020, Mme D a adressé une déclaration d'accident de service suite à un évènement survenu le 5 février 2020. Le 25 août 2020, elle a été placée à titre provisoire en congé pour invalidité imputable au service. L'intéressée a fait l'objet d'une expertise par un médecin agréé le 21 septembre 2020. Lors de sa séance du 18 février 2021, la commission de réforme a sursis à statuer et a sollicité la réalisation d'une nouvelle expertise. L'agent a fait l'objet d'une seconde expertise par un médecin agréé le 29 mars 2021. Le 3 juin 2021, la commission de réforme a émis un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident déclaré par Mme D. Par l'arrêté attaqué du 25 juin 2021, le président du département de la Seine-Maritime a refusé de reconnaître l'accident du 5 février 2020 déclaré par Mme D imputable au service. Par courrier du 27 juillet 2021, Mme D a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision, rejeté par la décision également attaquée du 29 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Concernant la légalité externe :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " Cette commission comprend : / 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes ; / 2. Deux représentants de l'administration ; / 3. Deux représentants du personnel ". Il résulte des dispositions précitées que, dans le cas où il est manifeste, eu égard aux éléments dont dispose la commission de réforme, que la présence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée est nécessaire pour éclairer l'examen du cas du fonctionnaire, l'absence d'un tel spécialiste est susceptible de priver l'intéressé d'une garantie et d'entacher ainsi la procédure devant la commission d'une irrégularité justifiant l'annulation de la décision prise par l'autorité administrative à l'issue de cette consultation.
3. Il ressort du procès-verbal de la réunion de la commission de réforme du 3 juin 2021, au cours de laquelle le cas de Mme D a été examiné, que cette commission comprenait deux médecins généralistes mais aucun médecin spécialiste. Néanmoins, il ressort des pièces du dossier que la commission de réforme a statué au vu respectivement des rapports circonstanciés du Dr C, psychiatre, du 21 septembre 2020 et du rapport du Dr E, psychiatre, du 29 mars 2021. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier, au vu des informations dont disposait la commission de réforme, que la présence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée par Mme D était manifestement nécessaire pour éclairer l'examen de son cas. Le moyen tiré d'un vice de procédure tenant à l'absence d'un médecin spécialiste en séance de commission de réforme doit dès lors être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 17 de l'arrêté du 4 août 2004 précité : " () Les avis sont émis à la majorité des membres présents. Ils doivent être motivés, dans le respect du secret médical. () ".
5. Il ressort du procès-verbal de séance du 3 juin 2021 de la commission de réforme que cette dernière a estimé, en précisant le motif de sa saisine et le sens défavorable de son avis, qu'" il existe une grande incohérence entre l'incident déclaré et les lésions psychiques qui s'ensuivent ". Ainsi, cet avis satisfait à l'exigence de motivation qui résulte de l'article 17 de l'arrêté du 4 août 2004.
Concernant la légalité interne :
6. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ". Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Il appartient dans tous les cas au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel événement, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.
7. Mme D fait valoir que son état de santé, à la suite de l'arrêt de travail de sept jours établi par son médecin généraliste le 7 février 2020 pour des angoisses, des pleurs, des troubles du sommeil et " une tendance à se sentir coupable ", renouvelé jusqu'au 16 février 2021, serait imputable aux échanges tendus qu'elle a eu le 5 février 2020 avec deux de ses collègues dans la salle de convivialité concernant le maintien de la réunion hebdomadaire des assistances sociales. La décision attaquée est fondée sur le motif qu'il n'est établi aucun lien direct entre l'accident du 5 février 2020 et la pathologie que Mme D a développée. Cette circonstance ne pouvait pas, à elle seule, justifier le refus de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré. Toutefois, pour établir que la décision était légale, le département de la Seine-Maritime invoque dans son mémoire en défense un autre motif, tiré de ce que l'évènement déclaré par l'intéressée ne peut caractériser un accident. Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment de la déclaration d'accident du 14 février 2020, du rapport hiérarchique dressé le 21 février 2020 ainsi que de la note de service en date du 17 juin 2020, que les propos tenus par les collègues de Mme D auraient été, en dépit d'une vive tension entre elles, de nature à engendrer une souffrance psychologique et excéder le cours normal des évènements. Ainsi, alors même que les deux médecins agréés ont conclu à l'imputabilité au service de son état de santé, les échanges du 5 février 2020 ne permettent pas de caractériser un évènement qui, par sa soudaineté et sa violence, pourrait être à l'origine d'un accident. Il résulte de l'instruction que le département de la Seine-Maritime aurait pris la même décision s'il avait entendu se fonder initialement sur ce motif. Il peut être procédé à la substitution demandée, qui ne prive pas la requérante d'une garantie procédurale liée au motif substitué. Dès lors, le département de la Seine-Maritime n'a commis ni erreur de droit, ni erreur d'appréciation en refusant de reconnaître l'évènement du 5 février 2020 imputable au service.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 25 juin 2021 par lequel le président du département de la Seine-Maritime a refusé de reconnaître son accident du 5 février 2020 imputable au service, ni de la décision de rejet de son recours gracieux 29 septembre 2021. Ses conclusions à fin d'injonction, par voie de conséquence, et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au département de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Boucetta, conseillère,
- Mme Favre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
L.B
La présidente,
C.BOYER Le greffier,
J.-B. MIALON
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026