mercredi 3 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2104255 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VERNASSIERE & HUDSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 et 18 novembre 2021 et 6 avril 2022, Mme A B, représentée par Me Vernassière, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la communication de la décision prise par le ministre de l'action et des comptes publics émettant une réserve à la délivrance par la grande chancellerie de la Légion d'honneur de l'habilitation lui permettant d'organiser la cérémonie de remise d'insigne de chevalier de l'ordre national du mérite, ainsi que tout document administratif sur lequel se fonde cette décision et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge du ministre de l'action et des comptes publics une somme de
1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il y a urgence à ce qu'elle obtienne la communication de la décision du ministre dès lors que celle-ci fait obstacle à ce que la grande chancellerie lui remette l'autorisation permettant la remise de son insigne de l'ordre national du Mérite ; une telle situation injustifiée jette le discrédit sur sa personne ; elle subit l'humiliation et le déshonneur induit par la rumeur ;
- la mesure demandée est utile dès lors que la communication de la décision du ministre lui permettra de la contester devant le juge de l'excès de pouvoir ; l'opacité entourant la question, voire l'existence même de la réserve émise, dont l'identité de l'auteur est, au surplus, inconnue, a pour conséquence d'anéantir les droits acquis qu'elle tire du décret de nomination du Président de la République du 2 mai 2017 ;
- cette mesure ne se heurte à l'exécution d'aucune décision administrative puisqu'aucune décision de refus de lui communiquer la décision du ministre n'est intervenue.
Par un courrier, enregistré le 12 novembre 2021, le ministre de l'action et des comptes publics se déclare incompétent pour formuler des écritures en réponse à la requête de
Mme B.
Par un mémoire, enregistré le 1er février 2022, le grand chancelier de la Légion d'honneur informe le tribunal de son impossibilité de connaître la teneur de la réserve émise par le ministre de l'action et des comptes publics et indique avoir demandé au ministre une mise à jour de son avis.
Par un mémoire, enregistré le 4 février 2022, le grand chancelier de la Légion d'honneur informe le tribunal de ce que le ministre de l'économie, des finances et de la relance a, de nouveau, émis un avis réservé à la délivrance d'une habilitation au profit de la requérante, cette circonstance impliquant, par conséquent, le maintien de la suspension de la remise de la décoration octroyée à Mme B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la Légion d'honneur, de la médaille militaire et de l'ordre national du mérite ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
2. Aux termes de l'article 49 du code de la Légion d'honneur, de la médaille militaire et de l'ordre national du mérite : " La réception est différée s'il se révèle, après publication du décret de nomination ou de promotion, que les qualifications du bénéficiaire doivent, dans l'intérêt de l'ordre, être à nouveau vérifiées. / S'il se confirme après enquête que l'intéressé ne possède pas les qualifications requises, il peut être décidé par décret qu'il ne sera pas procédé à la réception. ".
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, par décret du Président de la République du 2 mai 2017, Mme B a été nommée pour prendre rang, à la date de la remise règlementaire de l'insigne, au grade de chevalier de l'ordre national du mérite. Mme B a demandé l'habilitation pour organiser la cérémonie de remise d'insigne le 16 novembre 2018. Toutefois, il résulte de l'instruction, en particulier des échanges de courriels et des observations du grand chancelier de la Légion d'honneur, que le ministre de l'économie, des finances et de la relance a émis un avis réservé concernant la nomination de Mme B, qui demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au ministre de communiquer sa décision émettant une réserve.
4. Si Mme B fait valoir que la décision du ministre fait obstacle, ainsi que le prévoient les dispositions précitées de l'article 49 du code de la Légion d'honneur, de la médaille militaire et de l'ordre national du mérite, à ce que la grande chancellerie lui remette l'habilitation permettant la remise de son insigne de l'ordre national du mérite, cette circonstance ne saurait caractériser, par elle-même, une situation d'urgence justifiant le prononcé de l'injonction qu'elle demande, la requérante ne produisant, par ailleurs, aucun élément sur l'existence de rumeurs qui jetteraient le discrédit sur sa personne. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas que la communication de l'avis du ministre de l'économie présenterait le caractère d'urgence auquel est notamment subordonnée l'intervention du juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Au surplus, il ne résulte pas de l'instruction que la communication de l'avis " réservé " du ministre de l'économie, à le supposer matérialisé et motivé, serait nécessaire à la sauvegarde des droits de Mme B devant la juridiction administrative, la requérante pouvant, si elle s'y croit recevable et fondée, saisir la juridiction du différend qui l'oppose à l'administration. Dans ces conditions, la mesure sollicitée ne présente pas d'utilité.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au grand chancelier de la Légion d'honneur et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Fait à Rouen, le 3 août 2022.
La juge des référés,
A. MACAUD
La République mande et ordonne au Premier ministre et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026