jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2105000 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | LEROUX MARIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 décembre 2021 et 19 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Leroux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 17 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier du Rouvray l'a suspendue de ses fonctions à compter du 18 octobre 2021 jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination contre la covid-19, ainsi que la décision du 28 octobre 2021 rejetant son recours gracieux ;
2) de mettre à la charge du centre hospitalier du Rouvray la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il y a lieu de statuer sur sa requête dès lors qu'elle n'a été réintégrée qu'à compter du 26 novembre 2021 ;
- la décision a été signée par un auteur ne justifiant pas de sa compétence ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que l'entretien prévu au C.-1 de l'article 1 de la loi du 5 août 2021 ne lui a pas été proposé ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne pouvait prendre effet qu'à l'issue de son congé maladie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2022, le centre hospitalier du Rouvray conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°2021-699 du 1er juin 2021 ;
- la décision n°2021-824 DC du Conseil constitutionnel du 5 août 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Leroux, avocate de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. L'émergence d'un nouveau coronavirus, responsable de la maladie à coronavirus 2019 ou covid-19 et particulièrement contagieux, a été qualifiée d'urgence de santé publique de portée internationale par l'Organisation mondiale de la santé le 30 janvier 2020, puis de pandémie le 11 mars 2020. Celle-ci prend la forme de vagues soudaines, difficiles à prévenir et entraînant dans un délai très bref des conséquences particulièrement graves, y compris un nombre significatif de décès et la saturation des capacités hospitalières. Ce risque s'est aggravé avec l'apparition d'un nouveau variant, encore plus contagieux.
2. La loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire a notamment prévu l'obligation, sur laquelle il sera revenu infra, pour les personnels exerçant dans les structures qu'elle énonce, d'être vaccinés contre la covid-19, et instauré en cas de non-respect de cette obligation une mesure de suspension sans traitement.
3. Mme A, adjointe administrative titulaire, exerce les fonctions de secrétaire médicale au centre hospitalier du Rouvray. Par une décision du 17 septembre 2021, le directeur dudit centre hospitalier a prononcé sa suspension à compter du lendemain. Mme A, qui a été réintégrée à compter du 26 novembre 2021, demande à titre principal au tribunal l'annulation de cette mesure de suspension.
4. D'une part, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière applicable au litige et désormais repris aux articles L. 822-1 et suivants du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité à droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 42 ".
5. D'autre part, aux termes du I de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique () ". Et aux termes du III de l'article 14 de la même loi : " Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit () ".
6. En premier lieu, il résulte des articles L. 6143-7 et D. 6143-33 et suivants du code de la santé publique que le directeur d'un établissement public de santé peut déléguer sa signature dans les conditions définies par ces dispositions. Par une décision du 1er avril 2021 publiée le 16 avril suivant au recueil des actes administratifs, le directeur du centre hospitalier du Rouvray a consenti à l'adjointe au directeur des ressources humaines, signataire de l'acte attaqué, délégation aux fins de signer, notamment, tous les " actes de gestion courante () de gestion administrative et carrière du personnel non médical ". Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
7. En deuxième lieu, les dispositions du C.-1 de l'article 1 de la loi du 5 août 2021 ne sont pas relatives à la mise en œuvre de l'obligation vaccinale instaurée au personnel soignant, et le centre hospitalier n'en n'a pas fait application à la situation de Mme A, qui ne saurait par suite en invoquer utilement la méconnaissance.
8. En troisième lieu, la décision du 17 septembre 2021 comporte la mention des dispositions dont il a été fait application et l'énoncé, dépourvu d'ambiguïté, du motif de fait retenu par l'autorité compétente. Elle est, par suite, suffisamment motivée, le moyen ne pouvant par ailleurs pas être utilement invoqué à l'encontre du rejet du recours gracieux de Mme A.
9. En quatrième lieu, il résulte des dispositions citées aux points 4 et 5 du présent jugement que si le directeur d'un établissement de santé public peut légalement prendre une mesure de suspension à l'égard d'un agent qui ne satisfait pas à l'obligation vaccinale contre la covid-19 alors que cet agent est déjà en congé de maladie, cette mesure et la suspension de traitement qui lui est associée ne peuvent toutefois entrer en vigueur qu'à compter de la date à laquelle prend fin le congé de maladie de l'agent en question ou de tout autre congé qui lui aurait été immédiatement consécutif.
10. Mme A s'est vu délivrer le 17 septembre 2021 par un médecin un avis d'arrêt de travail jusqu'au 8 octobre 2021, prolongé à cette date jusqu'au 12 novembre 2021, soit sans interruption. Il n'est pas contesté que ces avis ont été adressés dans les quarante-huit heures de leur établissement au service des ressources humaines.
11. Il suit de ce qui vient d'être dit que Mme A est fondée à soutenir que la décision attaquée ne pouvait prendre effet qu'à l'issue de ses congés, qui étaient immédiatement consécutifs.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander l'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle prend effet avant la fin de ses congés de maladie ainsi que, dans cette seule mesure, de la décision du 28 octobre 2021 rejetant son recours gracieux.
13. Enfin il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier du Rouvray une somme de 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 17 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier du Rouvray a suspendu Mme A de ses fonctions à compter du 18 septembre 2021 jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination contre la covid-19 est annulée en tant qu'elle prend effet avant l'expiration des congés de maladie de l'intéressée ainsi que, dans cette mesure, la décision du 28 octobre 2021 rejetant son recours gracieux.
Article 2 : Le centre hospitalier du Rouvray versera à Mme A une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier du Rouvray.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
Le rapporteur,
Robin Mulot
La présidente,
Anne Gaillard
Le greffier,
Henry Tostivint
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2105000
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026