mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2105117 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | GRUAU |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 6 septembre 2021 sous le n° 2103413, M. B D, représenté par Me Gruau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 août 2021 par lequel le maire de Conches-en-Ouche a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie professionnelle déclarée le 30 mars 2021 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Conches-en-Ouche de réexaminer sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle dans le délai d'un mois à compter du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner une mesure d'expertise ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Conches-en-Ouche la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté n'est pas suffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de fait et méconnaît le IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 dès lors qu'il a continué d'être chargé des mêmes tâches dans le cadre de ses nouvelles fonctions et d'être exposé aux mêmes risques postérieurement au 1er septembre 2020 et que la date de la constatation médicale est antérieure à la date de fin d'exposition au risque ;
- à titre subsidiaire, sa maladie est directement causée par l'exercice de ses fonctions ;
- à titre infiniment subsidiairement, il y a lieu d'ordonner avant dire droit une mesure d'expertise afin, notamment, de déterminer si sa maladie déclarée le 30 mars 2021 est imputable au service, cette mesure présentant un caractère utile.
Par un mémoire enregistré le 19 octobre 2022, la commune de Conches-en-Ouche, représentée par Me Huon, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur la requête de M. D et, à titre subsidiaire, au rejet de cette requête et, en tout état de cause, à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'arrêté du 12 août 2021 ayant été retiré après une nouvelle saisine de la commission de réforme, les conclusions tendant à l'annulation de cet acte ont perdu leur objet ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. D a produit un nouveau mémoire, enregistré le 3 novembre 2022, qui conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur la requête au motif que le maire a procédé au retrait de l'arrêté et qui tend, à titre subsidiaire, aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
II. Par une requête enregistrée le 28 décembre 2021 sous le n° 2105117, et un mémoire enregistré le 3 novembre 2022, M. D, représenté par Me Gruau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2021 du maire de Conches-en-Ouche en tant qu'il a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie professionnelle ;
2°) d'enjoindre à la commune de Conches-en-Ouche de réexaminer sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle dans le délai d'un mois à compter du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner une mesure d'expertise ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Conches-en-Ouche la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la suspension prononcée par le juge des référés impliquait le réexamen de sa demande après une nouvelle consultation de la commission de réforme ;
- la composition de la commission de réforme, réunie le 8 juillet 2021, est irrégulière en l'absence d'avis d'un chirurgien orthopédique spécialiste de la main ;
- il n'est pas établi que l'avis de la commission de réforme ait été rendu conformément aux conditions fixées par l'article 17 de l'arrêté du 4 août 2004 ;
- la décision de refus de reconnaissance de l'imputabilité au service est entachée d'une erreur de fait et méconnaît le IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 dès lors qu'il a continué d'être chargé des mêmes tâches dans le cadre de ses nouvelles fonctions et d'être exposé aux mêmes risques postérieurement au 1er septembre 2020 et que la date de la constatation médicale est antérieure à la date de fin d'exposition au risque ;
- à titre subsidiaire, sa maladie est directement causée par l'exercice de ses fonctions ;
- à titre infiniment subsidiairement, il y a lieu d'ordonner avant dire droit une mesure d'expertise afin, notamment, de déterminer si sa maladie déclarée le 30 mars 2021 est imputable au service, cette mesure présentant un caractère utile.
Par un mémoire enregistré le 20 octobre 2022, la commune de Conches-en-Ouche, représentée par Me Huon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme C,
- et les observations de Me Gruau, représentant M. D, et de Me Garceries substituant Me Huon, représentant la commune de Conches-en-Ouche.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, adjoint technique principal de 1ère classe depuis le 21 janvier 2020, est employé par la commune de Conches-en-Ouche depuis le 1er avril 1997. Il a exercé jusqu'au 1er octobre 2020 les fonctions de gardien du parc dénommé " La Forge " et était notamment chargé de l'entretien des espaces verts et de l'accueil du public pour les activités proposées sur le site. M. D a ensuite été affecté, à compter du 1er octobre 2020, au service de l'entretien des espaces verts de la ville en qualité d'agent polyvalent. Les 22 janvier et 12 février 2021, il a dû subir une intervention chirurgicale pour réaliser une libération du nerf médian dans le canal carpien droit et gauche. Le 30 mars 2021, son médecin traitant a rédigé un certificat médical au titre de la maladie professionnelle pour un " syndrome canalaire carpien droit et gauche sévère ". Le 28 mai 2021, M. D a adressé une déclaration de maladie professionnelle au titre de sa pathologie du canal carpien inscrite au tableau 57 C des maladies professionnelles. Par un arrêté du 28 juin 2021, le maire de Conches-en-Ouche l'a placé en congé de maladie ordinaire à plein traitement pour la période du 22 janvier 2021 au 11 avril 2021 inclus et à demi-traitement pour la période du 12 avril au 8 juillet 2021 inclus. Par un arrêté du 12 août 2021, dont M. D a demandé l'annulation et la suspension, le maire a refusé, après un avis défavorable de la commission de réforme émis le 8 juillet 2021, de reconnaître l'imputabilité au service de cette maladie. Par une ordonnance du 23 septembre 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Rouen a suspendu l'exécution de cet arrêté et a enjoint à la commune de réexaminer la situation de l'intéressé. Par un arrêté du 22 novembre 2021, dont M. D a également demandé l'annulation, le maire, après avoir sollicité de nouveau l'avis de la commission de réforme, a retiré son précédent arrêté et refusé de reconnaître la pathologie de l'intéressé comme étant imputable au service. Par les deux requêtes susvisées, qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par un seul jugement, M. D demande au tribunal de prononcer les annulations de l'arrêté 12 août 2021 et de l'arrêté du 22 novembre 2021 en tant qu'il refuse de reconnaître sa maladie comme imputable au service.
Sur l'exception de non-lieu à statuer sur la requête n° 2103413 :
2. La décision intervenue pour l'exécution de l'ordonnance par laquelle le juge des référés d'un tribunal administratif a suspendu l'exécution d'un acte administratif revêt, par sa nature même, un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation présenté concomitamment à la demande en référé. Alors même qu'elle présente toutes les apparences d'une mesure définitive, l'intervention d'une telle mesure ne prive pas d'objet les conclusions tendant à l'annulation de la décision initiale de refus de l'administration. Il peut toutefois en aller différemment lorsque l'autorité administrative a excédé ce qui était nécessaire à l'exécution de l'ordonnance du juge des référés.
3. Il ressort des pièces des dossiers que, par un nouvel arrêté du 22 novembre 2021, pris en exécution de l'ordonnance du 23 septembre 2021 du juge des référés du tribunal administratif, le maire de Conches-en-Ouche a retiré l'arrêté du 12 août 2021 et a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de M. D. Cette décision de retrait, qui, faute d'avoir été critiquée dans le délai de recours contentieux, est devenue définitive, excède ce qui était nécessaire à l'exécution de l'ordonnance précitée du juge des référés. Ainsi, dès lors qu'elle entraîne la disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'arrêté du 12 août 2021, les conclusions tendant à l'annulation de cet acte et les conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte sont devenues sans objet.
4. Dans ces conditions, et ainsi que le fait valoir la commune de Conches-en-Ouche en défense, il n'y a plus lieu de statuer sur ces demandes.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2105117 :
En ce qui concerne la régularité de la procédure suivie :
5. En premier lieu, par l'ordonnance du 23 septembre 2021, le juge des référés a suspendu l'exécution de l'arrêté du 12 août 2021 en raison d'une insuffisance de motivation et a enjoint à la commune de réexaminer la situation de M. D. Eu égard notamment au motif qui la fonde, l'exécution de cette ordonnance n'impliquait aucunement, contrairement à ce que soutient le requérant, que la commission de réforme fût de nouveau consultée préalablement à l'édiction de l'arrêté du 22 novembre 2021. Ainsi, le maire de Conches-en-Ouche a pu légalement, après avoir procédé au réexamen de la situation du requérant au vu notamment de l'avis du 8 juillet 2021 de la commission de réforme, refuser de reconnaître, pour les mêmes motifs et par une décision motivée, l'imputabilité au service de la maladie de M. D. Ce moyen doit dès lors être écarté.
6. En deuxième lieu, il résulte des articles 3 et 16 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière que, dans les cas où il est manifeste, au vu des éléments dont dispose la commission de réforme, que la présence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée par un agent est nécessaire pour éclairer l'examen de son cas, l'absence d'un tel spécialiste doit être regardée comme privant l'intéressé d'une garantie et comme entachant la procédure devant la commission d'une irrégularité justifiant l'annulation de la décision attaquée.
7. En l'espèce, la commission de réforme, qui était composée au cours de la séance du 8 juillet 2021 de deux médecins généralistes, s'est prononcée au regard, non seulement de l'expertise d'un médecin agréé qui a d'ailleurs conclu à l'imputabilité au service de la maladie, mais encore, ainsi que le soutient la commune qui n'est pas contredite sur ce point, de l'examen d'électromyographie du 8 décembre 2020 et des comptes rendus d'hospitalisation des 22 janvier et 12 février 2021 établis par un médecin orthopédiste. Ainsi, au vu des éléments dont disposait la commission et eu égard en particulier au motif qu'elle a retenu, il ne ressort pas des pièces des dossiers que la présence d'un chirurgien orthopédique spécialiste de la main aurait été manifestement nécessaire pour éclairer l'examen du cas du requérant. Ainsi, l'absence d'un médecin spécialiste, qui n'a pas été de nature à priver M. D d'une garantie, n'est pas susceptible d'entacher la régularité de la procédure suivie devant la commission de réforme.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 17 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " La commission ne peut délibérer valablement que si au moins quatre de ses membres ayant voix délibérative assistent à la séance. / Deux praticiens, titulaires ou suppléants, doivent obligatoirement être présents. () Les médecins visés au 1 de l'article 3 et les médecins agréés ayant reçu pouvoir en application de l'article 8 ne peuvent pas siéger avec voix délibérative lorsque la commission examine le dossier d'un agent qu'ils ont examiné à titre d'expert ou de médecin traitant. / Les avis sont émis à la majorité des membres présents. Ils doivent être motivés, dans le respect du secret médical ".
9. Il ressort des pièces des dossiers, notamment du procès-verbal produit par le requérant lui-même, que la commission de réforme, qui était composée de sept membres, dont deux médecins généralistes, a rendu le 8 juillet 2021, à la majorité des membres présents, un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie du requérant. Cet avis a donc été émis conformément aux dispositions précitées de l'article 17 de l'arrêté du 4 août 2004. Ce moyen ne peut dès lors qu'être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de la décision :
10. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " IV. - Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions ".
S'agissant de la présomption d'imputabilité :
11. En vertu du tableau 57 C des maladies professionnelles, prévus à l'article R. 461-3 du code de la sécurité sociale, est présumé imputable au service le " syndrome du canal carpien " provoqué par " travaux comportant de façon habituelle, soit des mouvements répétés ou prolongés d'extension du poignet ou de préhension de la main, soit un appui carpien, soit une pression prolongée ou répétée sur le talon de la main " lorsque le délai de prise en charge, qui correspond à la période entre la cessation de l'exposition au risque et la première constatation médicale de la pathologie, est de trente jours.
Concernant la date de cessation de l'exposition au risque :
12. Il ressort des pièces des dossiers, en particulier de la lettre du maire du 1er septembre 2020 et de la fiche de poste produite, que M. D a été affecté, à compter du 1er octobre 2020 ainsi qu'il le reconnaît lui-même, au service des espaces verts de la commune où il était, notamment, chargé de l'entretien du cimetière et du réseau d'assainissement. M. D fait valoir que les missions qui lui étaient alors confiées étaient de même nature que celles qu'il exerçait dans son précédent emploi de gardien du parc dénommé " La Forge ", qu'il a ainsi continué d'être exposé aux mêmes risques et qu'il a bénéficié ultérieurement, conformément à l'avis du comité médical du 18 février 2022, d'un aménagement de son poste en raison d'une restriction médicale liée à l'utilisation d'engins vibrants. Toutefois, s'il est constant que la fiche de poste de l'emploi en cause mentionne les activités de tonte et de taille des haies du cimetière, il n'est ni établi ni même allégué que l'intéressé aurait utilisé, à compter du 1er octobre 2020, des engins vibrants, la commune faisant valoir que le cimetière contient très peu d'espaces verts et que l'activité de tonte est en réalité inexistante. Elle produit par ailleurs, au soutien de son argumentation, le procès-verbal de réception des travaux qui atteste que les allées du cimetière sont minéralisées depuis le 13 mars 2020. Le rapport de saisine de la commission de réforme établi par l'autorité administrative, que le requérant ne conteste pas sérieusement, et qui ne fait également pas état d'une activité de tonte, indique que l'intéressé avait en charge, en qualité d'agent polyvalent des espaces verts, le transport des poubelles et de matériels divers, ainsi que le ramassage de bois et de feuilles, activités qui ne nécessitent pas l'utilisation d'engins vibrants. Ce document concorde d'ailleurs avec la nouvelle fiche de poste, qui contrairement à l'ancienne fiche de poste relative aux fonctions de gardiennage, ne mentionne pas, parmi les moyens matériels mis à disposition du requérant, les tondeuses, tronçonneuses, débroussailleuses ou encore taille-haies, les missions nouvellement confiées, hormis la tonte que l'intéressé n'allègue toutefois pas avoir effectuée depuis le 1er octobre 2020, ne requérant pas ainsi de faire usage de tels engins. Par suite, en retenant le 30 septembre 2020 comme date de cessation de l'exposition au risque, le maire de Conches-en-Ouche n'a pas commis d'erreur de fait ni d'erreur d'appréciation.
Concernant la date de la première constatation médicale de la pathologie :
13. M. D fait valoir que la date de première constatation médicale correspond au 8 décembre 2020, date de réalisation de l'électromyographie. Il ressort toutefois des pièces des dossiers, notamment du certificat médical pour maladie professionnelle rempli par le médecin traitant du requérant, que la date de la première constatation médicale du syndrome canalaire carpien gauche et droit a été fixée au 5 novembre 2020, date qui a été également retenue par la commission de réforme. M. D ne peut se prévaloir à cet égard du rapport d'expertise médicale dès lors que la date déterminée par le médecin agréé, à savoir le 8 décembre 2020, correspondrait, non pas à la date de première constatation médicale, mais à la " date d'origine du risque ". En tout état de cause, à supposer même que la date à laquelle la pathologie a été médicalement constatée soit fixée au 8 décembre 2020 ainsi qu'il est soutenu, le délai de prise en charge demeurerait alors dans cette hypothèse, eu égard à la date de cessation d'exposition au risque mentionnée au point précédent, toujours supérieur à trente jours.
14. Dans ces conditions, la condition relative au délai de prise en charge fixé par le tableau 57 C n'étant pas remplie, M. D ne peut bénéficier de la présomption d'imputabilité prévue aux dispositions de l'article 21 bis précité.
S'agissant du lien direct :
15. Si l'imputabilité au service d'une maladie peut être reconnue lorsque, notamment la condition tenant au délai de prise en charge n'est pas remplie, le fonctionnaire qui ne bénéficie pas alors de la présomption d'imputabilité doit, pour obtenir une telle reconnaissance, établir que cette maladie est directement causée par l'exercice des fonctions.
16. M. D soutient que sa maladie est imputable au service et invoque à cet égard les conclusions favorables de l'expertise médicale. Toutefois, le médecin agréé, qui a considéré, contrairement d'ailleurs à la commission de réforme, que les critères de la maladie désignée dans le tableau n° 57 C étaient réunis, ne mentionne pas, même s'il conclut à l'absence de pathologie indépendante évoluant pour son propre compte et à l'absence d'état préexistant, que la maladie du requérant serait directement liée à ses fonctions. M. D n'apporte en outre aucun élément probant et précis de nature à établir que ses précédentes fonctions de gardien du parc dénommé " La Forge " ou que son nouvel emploi d'agent polyvalent pour lequel il n'utilise pas d'engins vibrants pourraient être la cause directe de son syndrome canalaire carpien. La commune produit en revanche en défense, outre l'attestation de la directrice des ressources humaines, le rapport d'observations de la chambre régionale des comptes de Normandie qui indique que le requérant n'assurait plus l'entretien du parc depuis plusieurs années, ce constat, non sérieusement contredit, étant corroboré par l'attestation circonstanciée du responsable des services techniques qui précise que l'entretien des espaces verts adjacents à l'étang d'une superficie de 15 300 m², ainsi que les opérations d'abattage, d'élagage et de tronçonnage, étaient assurés par les services techniques de la ville, et que les terrains adjacents aux courts de tennis et l'espace des archers d'une superficie de 30 600 m² étaient entretenus par le personnel de la brigade verte de la communauté de communes. Dès lors, au vu des éléments versés au dossier, il n'apparaît pas que le syndrome du canal carpien gauche et droit ait été directement causé par l'exercice des fonctions du requérant.
17. Dans ces conditions, en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de M. D, le maire n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983.
18. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner la mesure d'expertise sollicitée, que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 novembre 2021 portant refus d'imputabilité au service.
Sur les conclusions à fin d'injonction de la requête n° 2105117 :
19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation l'arrêté du 22 novembre 2021 portant refus d'imputabilité au service, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte que présente M. D doivent être rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
20. En premier lieu, en ce qui concerne l'instance n° 2103413, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par les parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
21. En second lieu, en ce qui concerne l'instance n° 2105117, les dispositions du même article font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune, qui n'est pas dans la partie perdante, la somme demandée par M. D au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En outre, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme que la commune demande au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte de la requête n° 2103413 de M. D.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2103413 et les conclusions de la requête n° 2105117 de M. D sont rejetés.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Conches-en-Ouche présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les instances nos 2103413 et 2105117 sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la commune de Conches-en-Ouche.
Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Favre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
Le rapporteur,
S. A
La présidente,
C. BOYER
Le greffier,
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2103413, 2105117
CH
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026