mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200074 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | LANGUIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2022, M. C B, représenté par Me Languil, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 novembre 2021 du groupe hospitalier du Havre (GHH) en tant qu'il a implicitement refusé de lui accorder le bénéfice d'un congé de longue maladie ;
2°) d'enjoindre au GHH de lui accorder le bénéfice d'un congé de longue maladie à compter du 25 février 2019 ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du GHH une somme de 2 000 euros en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a été informé ni de la réunion du comité médical ni de ses droits et qu'il n'est pas établi que le médecin de prévention a lui-même été informé ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 et de l'article 29 du décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 dès lors que la seule circonstance qu'il ait été inapte aux fonctions d'aide-soignant n'est pas de nature à justifier le refus d'un congé de longue maladie, d'autant plus qu'il n'était pas définitivement inapte à toutes fonctions ;
- il n'est par ailleurs pas établi qu'il ne pourrait pas faire l'objet d'un reclassement ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2022, le GHH conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision du 21 mars 2022 par laquelle M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle ;
- l'ordonnance du 5 septembre 2022 fixant la clôture de l'instruction au 20 octobre 2022 à 12h ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,
- et les observations de Me Languil, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, aide-soignant titulaire affecté au GHH, a été victime de plusieurs accidents, dont les deux derniers ont été reconnus imputables au service, le 29 janvier 2013, le 15 mai 2018 et le 7 octobre 2018. La consolidation de son état de santé a été fixée au 24 février 2019, en dernier lieu par une expertise médicale du 4 novembre 2020 réalisée par le Dr A, qui fait état d'une douleur lombaire à la fesse gauche, justifiant un taux d'incapacité permanente partielle de 15 %. Cette expertise fait état d'une inaptitude aux fonctions d'aide-soignant en service de soins. M. B a déclaré un arrêt de travail le 25 février 2019 et a sollicité, au mois de mars 2020, le bénéfice d'un congé de longue maladie à compter du 25 février 2019. Par une décision du 16 novembre 2021, le GHH a placé M. B en disponibilité d'office à compter du 25 février 2020, soit à l'expiration de ses droits à congé maladie ordinaire. M. B demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle refuse implicitement de lui octroyer le bénéfice d'un congé de longue maladie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction alors applicable : " Les comités médicaux sont chargés de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les contestations d'ordre médical qui peuvent s'élever à propos () de l'octroi et du renouvellement des congés de maladie, de longue maladie et de longue durée () " Aux termes de l'article 18 du même décret : " Le médecin chargé de la prévention attaché au service auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical ou à la commission de réforme est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir, s'il le demande, communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 34, 43 et 47-7. Le fonctionnaire intéressé et l'administration peuvent, en outre, faire entendre le médecin de leur choix par le comité médical ou la commission de réforme. "
3. Il ressort des pièces du dossier que ni le médecin chargé de la prévention compétent ni M. B n'ont été informés de la réunion du comité médical le 8 septembre 2021 et que le requérant n'a pas été avisé de ses droits en amont de la réunion. Le GHH, sans contester l'existence de ces manquements, se borne à faire valoir qu'il n'était pas tenu par ces obligations procédurales dès lors qu'il s'agissait d'une seconde réunion du comité médical, lequel s'était, le 6 janvier 2021, déjà prononcé sur le droit de M. B à un congé de longue maladie et sur son inaptitude. Toutefois, d'une part, il ne résulte d'aucune disposition ni d'aucun principe général que l'administration, lorsqu'elle saisit une seconde fois le comité médical de la situation d'un agent que cette instance a déjà examinée, ce qu'elle demeure toujours libre de faire, ne serait pas tenue au respect de la procédure qui résulte des dispositions précitées de l'article 18 du décret du 14 mars 1986. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces obligations procédurales auraient été respectées à l'occasion de la première saisine du comité médical, de sorte que les irrégularités en question présentent la nature de vices qui ont privé l'intéressé de la garantie d'exposer son cas contradictoirement aux membres du comité médical et de faire entendre le cas échéant le médecin de son choix. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la décision du 16 novembre 2021 a été rendue à l'issue d'une procédure irrégulière.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 16 novembre 2021 du GHH en tant qu'elle lui refuse implicitement le bénéfice d'un congé de longue maladie à compter du 25 février 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Compte tenu des motifs d'annulation de la décision attaquée et seuls susceptibles d'être retenus, le présent jugement implique seulement que le GHH procède au réexamen de sa demande de congé de longue maladie à compter du 25 février 2019, dans le respect des règles de consultation du comité médical compétent. Il y a lieu d'ordonner à cet établissement public de santé de procéder à ce réexamen dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit utile d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Languil, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Languil d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 16 novembre 2021 du GHH est annulée en tant qu'elle refuse implicitement à M. B le bénéfice d'un congé de longue maladie à compter du 25 février 2019.
Article 2 : Il est enjoint au GHH de réexaminer la demande de congé de longue maladie de M. B, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Languil la somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Languil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Anaëlle Languil et au groupe hospitalier du Havre.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
Le rapporteur,
Signé
A. LE VAILLANT
Le président,
Signé
P. MINNELe greffier,
Signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026