mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200587 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 février 2022, Mme D C épouse A, représentée par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a fixé son pays de destination ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 février 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assignée à résidence pour une durée de six mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ladite condamnation valant renonciation au versement de l'aide juridictionnelle ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, à lui verser directement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ;
- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- l'assignation à résidence est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter sans délai le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Mme C épouse A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse A, ressortissante nigériane née le 25 mai 1983 à Lagos, a présenté une demande de titre de séjour le 28 juillet 2018 sur le fondement des dispositions alors en vigueur des 7° et 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 20 octobre 2020, dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Rouen par un jugement du 9 février 2021, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Mme C épouse A demande, par la présente requête, l'annulation des arrêtés des 9 et 10 février 2022 par lesquels le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé son pays de destination et l'a assignée à résidence pendant six mois.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".
3. Mme C épouse A soutient qu'elle réside en France depuis sept ans, qu'elle vit en couple depuis trois ans avec un compatriote qui est titulaire d'une carte de résident, qu'ils se sont mariés le 13 mars 2021 à Rouen et sont engagés dans une procédure de procréation médicalement assistée (PMA). Toutefois, si la requérante produit une attestation de la caisse d'allocations familiales du 6 février 2022, une facture d'Engie du 19 janvier 2022 et quelques attestations peu précises, ces documents ne peuvent suffire à établir le caractère habituel du séjour en France de l'intéressée depuis 2014 ni ne sont de nature à démontrer la réalité et l'ancienneté de la communauté de vie des époux avant la célébration du mariage qui est récente. Mme C épouse A n'établit pas davantage être engagée dans une procédure de PMA. Il ressort enfin des pièces du dossier que la requérante, qui ne justifie d'aucune insertion sociale et professionnelle en France, n'est pas dépourvue d'attaches familiales au Nigéria où résident son enfant mineur et sa mère et où elle a elle-même vécu au moins jusqu'à l'âge de trente-et-un ans. Dans ces conditions, compte tenu de la brièveté de la vie commune de la requérante avec son mari, l'obligation de quitter le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de la requérante.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme C épouse A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.
Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet " et aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ".
6. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition, que Mme C épouse A a déclaré son intention de ne pas se conformer à la mesure d'éloignement et de se maintenir en France où réside son époux. Dès lors, elle entre dans le cas, visé au 4° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour lequel le risque que l'étranger se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français peut être regardé, sauf circonstance particulière, comme établi. Si la requérante fait valoir qu'elle a été assignée à résidence dans l'attente du rétablissement des liaisons aériennes et n'était pas en capacité dès lors de déférer sans délai à la mesure d'éloignement, cette circonstance, qui a trait à l'exécution de la décision d'obligation de quitter le territoire, est sans incidence sur la légalité de la décision de refus de délai de départ volontaire et ne saurait constituer une circonstance particulière justifiant qu'elle ne soit pas privée d'un délai de départ volontaire. Le préfet de la Seine-Maritime a pu dès lors, en vertu du 4° de l'article L. 612-3, refuser d'accorder à Mme C épouse A un délai de départ volontaire.
7. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme C épouse A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire.
Sur les autres décisions :
9. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 et 8 du présent jugement que Mme C épouse A ne peut se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi et de l'assignation à résidence.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C épouse A n'est pas fondée à demander l'annulation des arrêtés des 9 et 10 février 2022 du préfet de la Seine-Maritime. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles de Me Bidault relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C épouse A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C épouse A, à Me Bidault et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Boucetta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
Le rapporteur,
S. B
La présidente,
C. BOYER
Le greffier,
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026