mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200600 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 février 2022, et des pièces complémentaires enregistrées le 30 août 2022, M. A C, représenté par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 décembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " étudiant " dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à titre principal, à verser à Me Bidault au titre de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, valant renonciation de l'avocat au versement de l'aide juridictionnelle, et, à titre subsidiaire, à lui verser cette somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- s'agissant de la décision portant refus de séjour :
o elle est insuffisamment motivée ;
o elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o elle méconnait l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;
o elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application par le préfet de son pouvoir discrétionnaire de dérogation à l'exigence de production d'un visa de long séjour ainsi que des conséquences de la décision sur la situation personnelle ;
-s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
o elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
o elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
-s'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
o elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par décision du 9 février 2022 M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Derbali, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain né le 10 mai 1998 est entré en France le 2 septembre 2017 muni d'un visa long séjour valant titre de séjour " étudiant ". A l'expiration de son visa, il a été muni d'un titre de séjour " étudiant ", renouvelé régulièrement jusqu'au 6 décembre 2019. Le 26 juin 2021, il a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 3 décembre 2021, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de renouvellement de titre séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. C, entré en France en septembre 2017 en vue d'y réaliser ses études, a été inscrit en classe préparatoire scientifique en 2017 puis a été admis pour l'année scolaire 2019-2020 au cycle d'ingénieur à l'ESIGELEC, à Saint-Étienne-du-Rouvray, dont il a validé en 2020 la première année avec une moyenne de 9.36 et un reliquat de crédits à valider en 2020-2021. L'intéressé fait valoir des difficultés personnelles, liées à la recherche d'un stage en alternance, à son isolement lors de la crise sanitaire et à son état de santé, notamment un état dépressif, lesquelles l'ont empêché de se réinscrire pour l'année scolaire 2020-2021. Il a été ensuite admis pour l'année scolaire 2021-2022 en formation d'ingénieur du génie des systèmes industriels en alternance à l'Université de Caen Normandie à Cherbourg-en-Cotentin et a été recruté en alternance pour la période d'octobre 2021 à août 2024. Il produit une attestation faisant état de son implication et de son sérieux lors d'un stage effectué en 2021 et une attestation établie par le responsable de sa formation à l'université Caen Normandie indiquant qu'il est admis en troisième année pour l'année universitaire 2022-2023. M. C verse au dossier deux attestations de prise en charge financière pendant son séjour en France pour l'année 2021-2022 et soutient qu'il a noué des relations amicales lors de sa présence sur le territoire. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, dès lors que M. C finalise sa formation de cycle d'ingénieur, alors même qu'il ne remplit pas les conditions posées à l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la dérogation à l'exigence de production d'un visa de long séjour, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de M. C doit être retenu.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, par voie de conséquence, l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4.La présente décision, eu égard aux motifs qui la fondent, implique qu'il soit enjoint, au préfet territorialement compétent de délivrer à M. C une carte de séjour temporaire mention " étudiant ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
5. M. C étant admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Bidault, conseil du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bidault de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 3 décembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de délivrer un titre de séjour à M. C, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à M. C une carte de séjour temporaire mention " étudiant ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le préfet de Seine-Maritime versera au conseil de M. C, Me Bidault, la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Bidault et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Favre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
L. B
La présidente,
C. BOYER Le greffier,
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
SG
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026