lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200687 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 4 |
| Avocat requérant | GUERIN JENNIFER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2022 et un mémoire enregistré le 30 septembre 2022, Mme E D représentée par Me Guérin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 août 2021 par laquelle la commission de médiation du département de l'Eure a préconisé un accompagnement social en amont d'une proposition de logement et d'annuler la décision du 2 septembre 2021 confirmant cette décision sur recours gracieux ;
2°) subsidiairement en cas d'indivisibilité des décisions, d'annuler la décision du 30 août 2021 par laquelle la commission de médiation du département de l'Eure l'a reconnue prioritaire et a préconisé un accompagnement social en amont d'une proposition de logement et d'annuler la décision du 2 septembre 2021 confirmant cette décision sur recours gracieux ;
3°) d'enjoindre à la commission de médiation du département de l'Eure de la reconnaître prioritaire et de lui proposer une offre de logement autonome ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à Me Guérin, son avocate, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision préconisant un accompagnement social est entachée d'erreur de faits dès lors que son refus d'un logement de transition à Verneuil d'Avre et d'Iton le 28 avril 2021 n'est pas établi, que les motifs du refus ne sont pas pris en considération ; que la commission ne donne que des informations partielles sur son refus d'un logement T4 Béarn à l'Aigle proposé par Orne habitat qui est dû à ses problèmes de santé la conduisant à refuser des logements situés à des étages trop élevés ou humides. Ces refus ne justifient pas une demande d'accompagnement social.
- la motivation de la décision d'accompagnement social est erronée dès lors que l'origine de ses difficultés financières est due à une confusion entre sa situation et celle de son frère jumeau par la CPAM qui a cessé le versement de l'allocation adulte handicapée à Mme D, générant des difficultés financières ; le versement à titre rétroactif des allocations n'ayant pas été déclaré à la CAF, elle s'est vu demander un remboursement de certaines allocations et le paiement de pénalités. Elle a honoré l'ensemble des dettes dues à la CAF et à la CPAM. Par jugement du tribunal d'instance d'Evreux du 26 février 2018, elle a été condamnée à payer les arriérés de loyer dus au Logement familial de l'Eure et a quitté son logement le 17 août 2018. Elle apure, à raison de 100 euros par mois, la somme due qui est supérieure à celle à laquelle elle a été condamnée en raison des frais de remise en état qu'elle conteste. Elle n'a pas besoin de plan de surendettement.
- elle est titulaire d'un bail au 18 rue des Forges à Rugles, dont le paiement du loyer est suspendu pendant la procédure d'insalubrité et dont le propriétaire a été condamné au paiement de dommages et intérêts par le tribunal judiciaire d'Evreux le 13 janvier 2022 ;
- ses capacités financières lui permettent d'honorer ses loyers ;
- les mesures d'accompagnement sont inutiles, elles n'ont pour but que d'empêcher de lui proposer un logement ;
- elle a modifié sa demande le 21 avril 2022 pour indiquer ses problèmes de santé.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 avril 2022, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- Mme D a une dette auprès du logement familial de l'Eure qui est le principal bailleur dans les communes concernées par le périmètre de relogement, que si elle apure sa dette en versant 100 euros par mois, elle n'a jamais renvoyé le protocole transactionnel définissant le plan d'apurement ;
- si elle soutient que les offres de logement ne tiennent pas compte de son état de santé, elle n'a pas modifié ou complété sa demande de logement social en ce sens ;
- le logement proposé était conforme au paragraphe 3 de l'article 2 de l'arrêté ARS 07/21 ;
- la mesure d'accompagnement social est nécessaire.
Mme E D née A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du 24 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme B a donné lecture de son rapport au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Aux termes des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. / () Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement, ainsi que, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires. Elle peut préconiser que soit proposé au demandeur un logement appartenant aux organismes définis à l'article L. 411-2 loué à une personne morale aux fins d'être sous-loué à titre transitoire dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article L. 442-8-3. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée. Elle peut faire toute proposition d'orientation des demandes qu'elle ne juge pas prioritaires ".. Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du même code : " Les propositions faites () aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière ".
2. Par une décision du 30 août 2021 confirmée par décision du 2 septembre suivant, la commission de médiation de l'Eure a désigné Mme D comme prioritaire et devant être logée d'urgence dans un logement répondant à ses besoins et à ses capacités de type T3-T4. Cette décision précise en outre qu'en raison des difficultés budgétaires récurrentes du ménage et du contentieux résultant d'une dette locative importante avec le principal bailleur du secteur de relogement souhaité (Logement Familial de l'Eure), une mesure d'accompagnement vers et dans le logement doit être mobilisée. Contrairement à ce qui est soutenu, la mesure d'accompagnement social ne fait pas obstacle à ce qu'un logement soit proposé à Mme D.
3. Il résulte de l'instruction, que les deux refus de logement dont Mme D expose qu'ils seraient fondés sur le caractère inadapté des offres au regard notamment de ses problèmes de santé, ont été pris en considération par la commission et ne l'ont pas conduite à refuser de reconnaitre Mme D comme étant prioritaire. Ces refus ainsi que le reconnaît d'ailleurs la requérante n'ont pas davantage motivé la décision de mobiliser un accompagnement social. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que les logements proposés n'étaient pas adaptés à la situation de Mme D sont inopérants.
4. Il ressort en revanche des termes mêmes des décisions contestées qu'un accompagnement social a été mobilisé en raison des difficultés budgétaires récurrentes du ménage depuis plusieurs années et du contentieux résultant d'une dette locative importante avec le principal bailleur social du secteur de relogement souhaité, le Logement Familial de l'Eure. Si Mme D soutient que cet accompagnement est inutile et que ses capacités financières lui permettent d'assumer le loyer de son futur logement, il résulte de l'instruction que Mme D qui conteste le montant de la somme due à son ancien bailleur, apure sa dette à raison de 100 euros par mois mais a refusé de renvoyer le protocole transactionnel destiné à finaliser le plan d'apurement de la dette et à sécuriser le remboursement de la dette auprès du logement Familial de l'Eure à hauteur de son montant. En outre, Mme D ne conteste pas avoir eu à effectuer des reversements d'allocations à la CAF depuis 2018, et quand bien même ces reversements seraient indirectement dus à un différé de paiement de son allocation adulte handicapée suspendue à tort par la CPAM, ils révèlent également une erreur de déclaration de la requérante auprès de la CAF. Par suite, et dès lors que Mme D ne démontre pas que la décision d'accompagnement social reposerait sur une erreur de fait ou d'appréciation de sa situation, elle n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions de la commission de médiation en tant qu'elles prévoient une mesure d'accompagnement social.
5. Il résulte de ce qui précède, que dès lors que les conclusions en annulation de la mesure d'accompagnement social sont rejetées, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions à fin d'injonction présentées par Mme D.
Sur les conclusions subsidiaires :
6. Mma D n'est pas recevable à contester la légalité des décisions de la commission de médiation des 30 août et 2 septembre 2022 en tant qu'elles lui sont favorables, ce qu'au demeurant elle reconnaît. Par suite et dès lors qu'elle ne peut être regardée compte tenu de la teneur de ses écritures comme présentant des conclusions sur le fondement des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, ses conclusions subsidiaires tendant à l'annulation de l'ensemble de leurs dispositions doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
7. Les dispositions des articles L. 761-1 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante, sur leur fondement.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D, à Me Guérin et au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement.
Copie sera adressée au préfet de l'Eure.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. BLe greffier,
signé
J.-L. Michel
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026