mercredi 6 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200694 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | DIARRA |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement du 8 mars 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Rouen, après avoir rejeté les conclusions de la requête de M. A D B, représenté par Me Diarra, tendant à l'annulation des décisions du 26 janvier 2022 par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, a renvoyé à une formation collégiale les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision du 26 janvier 2022 portant refus de titre de séjour, ainsi que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais d'instance.
M. D B soutient, dans sa requête et son mémoire enregistrés les 17 février et 3 mars 2022, en ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour, que :
- cette décision méconnaît l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de droit ; l'absence de visa long séjour ne peut lui être opposée pour la délivrance d'une carte de séjour en qualité de parent d'enfant français ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires, enregistrés le 28 février 2022 et le 11 avril 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun de ses moyens n'est fondé.
M. D B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 6 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D B, ressortissant congolais né le 10 décembre 1990 à Kinshasa, est entré irrégulièrement en France le 25 juillet 2013. Le 19 novembre 2013, il a sollicité le bénéfice de l'asile, demande rejetée le 26 juin 2015 par l'Office français des réfugiés et des apatrides, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile par un arrêt du 21 décembre 2015. Sa demande de réexamen a été déclarée irrecevable par l'Office le 8 mars 2016, décision confirmée par la Cour le 25 juillet 2016. M. D B, qui a sollicité, le 23 mai 2016, son admission au séjour au titre de son état de santé, s'est vu délivrer un titre de séjour valable du 18 juin 2017 au 17 juin 2018. A la suite de la naissance de son fils de nationalité française le 11 janvier 2018, un changement de statut lui a été accordé. Le 23 mars 2021, M. D B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Par la décision attaquée du 26 janvier 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
3. Si M. D B, qui est père d'un enfant français né le 11 janvier 2018, fait valoir qu'incarcéré depuis le 17 mai 2019, il n'a pas pu contribuer à l'éducation et à l'entretien de son enfant depuis cette date jusqu'à son placement en semi-liberté en janvier 2022, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait contribué à l'entretien et l'éducation de son enfant entre la naissance de celui-ci et la date de son incarcération. En outre, la circonstance qu'il lui était interdit, tant durant l'instruction pénale que postérieurement au jugement du 16 juin 2021 le condamnant à une peine d'emprisonnement de cinq ans, assortie d'un sursis probatoire d'un an, d'entrer en contact avec la mère de l'enfant, victime de ses violences, ne saurait justifier une impossibilité de contribuer financièrement à l'entretien de son fils, alors qu'il a travaillé en détention, ni de solliciter l'organisation de visites hors de la présence de la mère. En outre, si le requérant se prévaut d'un arrêt rendu le 15 avril 2021 par la chambre de la famille de la cour d'appel de Rouen, statuant sur un appel formé par le requérant avant son incarcération, arrêt qui l'a déchargé du paiement de toute part contributive du fait de la précarité de sa situation, il ressort des pièces du dossier que le requérant était en détention depuis plus deux ans à la date de cet arrêt, qui, au demeurant, ne faisait pas obstacle à ce qu'il verse volontairement une contribution à l'entretien de son enfant grâce aux revenus perçus en détention, comme il l'a d'ailleurs fait le 2 février 2022, postérieurement à la décision attaquée. Enfin, le versement, le 1er mars 2022, d'une somme de 79 euros pour la restauration scolaire et les prestations périscolaires ne saurait suffire pour établir l'existence d'une contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant depuis au moins deux ans. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que le requérant ne remplissait pas la condition posée à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile exigeant une contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet aurait refusé de délivrer au requérant un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français au motif qu'il était dépourvu de visa de long séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. Il ressort du dossier que M. D B a été condamné le 25 mai 2018 à quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de violence sur conjoint puis, par un jugement du 16 juin 2021, à cinq ans d'emprisonnement pour des faits de violence aggravée, le jugement ayant, par ailleurs, interdit à l'intéressé d'entrer en contact avec la mère de son enfant, victime de ses violences. Si le requérant fait valoir qu'il est de nouveau en couple avec la mère de son enfant, il ressort des pièces du dossier que cette relation, qui a été interrompue depuis l'incarcération de M. D B en mai 2019, n'a repris, au plus tôt, que lors de son placement en semi-liberté en janvier 2022, soit très peu de temps avant la décision attaquée. Si le requérant se prévaut également de la présence en France d'un frère, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il entretiendrait avec lui des relations intenses. Enfin, et ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant ne justifie pas participer à l'entretien et l'éducation de son fils, ni entretenir des liens intenses avec ce dernier. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation de M. D B.
7. Il résulte de ce qui précède que M. D B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 26 janvier 2022 portant refus de séjour. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A D B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D B, à Me Diarra et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Boucetta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.
La présidente-rapporteure,
A. C L'assesseur le plus ancien,
S. GUIRAL
Le greffier
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026