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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2200699

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2200699

jeudi 26 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2200699
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantYANNICK ENAULT-CHRISTIAN HENRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 février 2022 et 2 décembre 2022, M. B F, Mme G D et M. H C, représentés par Me Malet, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 23 août 2021 par lequel le maire de la commune de Rouen a délivré le permis de construire n° PC 76540 21 50012 à la SASU 2H Promotion pour la construction d'un immeuble de huit logements, ensemble la décision du 16 décembre 2021 de rejet de leur recours gracieux ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 1er septembre 2022 par lequel le maire de la commune de Rouen a délivré le permis de construire modificatif n° PC 76540 21 50012 M01 à la SASU 2H Promotion ;

3°) de mettre à la charge de la commune Rouen la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UCO 3.2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la métropole Rouen Normandie relatif à l'implantation des constructions ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UCO 3.4 du PLUi de la métropole Rouen Normandie relatif à l'emprise au sol ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UCO 3.5 du règlement PLUi de la métropole Rouen Normandie relatif à la hauteur des constructions ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UCO 4.1 du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie relatif aux caractéristiques des façades, toitures et clôtures ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UCO 4.1.6 et 4.1.6 du livre I du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie relatif aux caractéristiques des clôtures ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UCO 5.1 du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UCO 5.2 du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie relatif aux espaces verts ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UBB1 6. du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie relatif au stationnement des cycles ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article 7 du chapitre 3 du livre 1 du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie relatif aux conditions d'accès ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UCO 8 du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie relatif à la desserte par les réseaux.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 octobre 2022 et 14 décembre 2022, la commune de Rouen conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,

- et les observations de Me Malet, représentant M. F, M. C et Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande déposée le 8 février 2021, la SASU 2H promotion a sollicité la délivrance d'un permis de construire pour la réalisation d'un immeuble de huit logements, d'une surface plancher de 761,05 m², sur un terrain situé au 109 rue verte à Rouen, sur les parcelles cadastrées CM 205 et AM 223. Par un arrêté du 23 août 2021, le maire de la commune de Rouen a délivré le permis de construire sollicité n° PC 76540 21 50012, sous prescription. M. F, M. C et Mme D, voisins du terrain d'assiette du projet ont présenté un recours gracieux le 18 octobre 2021 qui a fait l'objet d'une décision de rejet le 16 décembre 2021. Postérieurement à l'introduction de la requête, la SASU 2h promotion a déposé le 26 avril 2022 une demande de permis de construire modificatif qui lui a été délivré le 1er septembre 2022 sous le numéro PC 76540 21 50012 M01.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif, dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Il peut, de même, être régularisé par un permis modificatif si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par le permis initial a été entretemps modifiée. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre les dispositions du permis initial n'ayant pas été modifiées :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; ()".

4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale a été produite au dossier de demande de permis de construire initial et qu'elle indique notamment que " le terrain est doté de deux arbres en état de fragilité par suite d'élagages importants et de quelques arbustes en colonisation sauvage du fait du délaissé du site ". Si cette notice ne décrit pas expressément le nombre et la nature exacte de la végétation présente sur le site, elle comprend une photographie du site permettant d'illustrer ses propos. En tout état de cause, le diagnostic visuel et mécanique du 11 janvier 2021 produit à l'appui de la demande de permis de construire, ainsi que les photographies de l'environnement proche et de l'état de la parcelle sont suffisants pour permettre d'une part, d'apprécier l'état initial du site notamment en ce qui concerne l'état de sa végétation et des arbres présents sur la parcelle et d'autre part, de s'assurer de l'appréciation par le service instructeur de l'insertion du projet dans son environnement. Si les requérants produisent une photographie aérienne de la zone pour se prévaloir de l'insuffisance des pièces du dossier, celle-ci n'est pas de nature à établir que la végétation telle que décrite dans les pièces du dossier ne correspondrait pas à la réalité du site.

6. D'autre part, la notice architecturale précise également que le terrain est entouré d'habitations qui surplombent la parcelle et bordé de murs de clôtures en brique et silex. En outre, il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies du quartier, illustrant la nature du bâti environnant, produites à l'appui de la demande du permis de construire que l'administration ne pouvait pas ignorer la qualité du bâti environnant le projet. L'absence de description détaillée de l'environnement urbain du projet dans la notice architecturale n'a donc pas été de nature à induire en erreur les services d'instruction de la demande d'autorisation d'urbanisme. Par suite, les branches du moyen tiré de l'incomplétude du dossier en ce qui concerne l'état initial du terrain ne peuvent qu'être écartées.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3.2 UCO du règlement PLUi de la métropole Rouen Normandie : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : () En cas de retrait, les constructions doivent s'implanter à une distance au moins égale à la moitié de la hauteur de la construction, avec un minimum de 3 m vis-à-vis de la limite séparative (soit L=H/2 et = 3 m). () ". Le lexique du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie définit uniquement, au titre de la hauteur, la hauteur maximale des constructions, sans définir la hauteur devant être retenue pour l'application des dispositions précitées de l'article 3.2 UCO du même PLUi.

8. Il résulte de ces dispositions, en l'absence de mention particulière du règlement du plan local d'urbanisme applicable, que, à l'exception des débordements de toiture inférieurs ou égaux à un mètre, tout point de la façade, y compris au niveau de balcons en saillie, doit respecter une distance minimale par rapport à la limite séparative correspondant à la moitié de la hauteur de la façade, mesurée à l'égout du toit ou, dans le cas d'un mur pignon, au sommet de ce dernier, avec un minimum de trois mètres.

9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la hauteur de la façade ouest s'élève à 5,74 mètres en tenant compte de la hauteur de l'égout du toit compte tenu de la toiture prévue pour la construction. Il est constant que le projet de construction prévoit un retrait de 3,6 mètres par rapport à la limite séparative la plus proche. La hauteur est, dès lors, supérieure à la distance de retrait minimal de 3 mètres ainsi qu'à la moitié de la hauteur de la façade de la construction. D'autre part, il ressort des plans produits à l'instance, qui n'ont pas fait l'objet de modification sur ce point dans le permis de construire modificatif du 1er septembre 2022, que la hauteur de la façade nord, qui constitue un mur pignon, s'élève à 8,99 mètres au faîtage, en tenant compte du point le plus haut du terrain naturel existant où s'exerce l'emprise du bâtiment. Les requérants, qui ne précisent pas les modalités de leur calcul de cette hauteur, ne contestent pas que la façade ouest est située à un retrait de 4,9 mètres de la limite séparative la plus proche, soit à une distance supérieure à la moitié de la hauteur de cette façade. Par suite, au vu des mesures mentionnées sur les plans produits à l'instance, tant en ce qui concerne la façade ouest que la façade nord, le moyen tiré de la méconnaissance des règles de retrait prévues à l'article UCO 3.2 du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article UCO 3.5 du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie: " La hauteur d'un bâtiment doit assurer la continuité ou le rythme volumétrique du front bâti. Elle ne doit pas porter atteinte aux conditions d'habitabilité ou d'utilisation des bâtiments en bon état existants sur les terrains voisins. La hauteur du bâtiment, ainsi que sa forme et le traitement des volumes de sa toiture, doivent s'assurer d'une bonne insertion dans le relief et le paysage des coteaux. Dans le cas d'une inscription indiquée au réglement graphique - Planche 2, les constructions doivent s'y conformer. En l'absence d'inscription graphique, la hauteur maximale autorisée est fixée à 11m ce en tout point du bâtiment. La hauteur maximale exprimée en niveaux est de R+1+C ou attique ou R+2 en cas de toiture terrasse végétalisée. Ces deux règles sont cumulatives. () ".

11. Pour contester le permis de construire litigieux, les requérants soutiennent que le projet de construction est d'une hauteur manifestement supérieure aux bâtis environnants, dont il ne reprend pas les caractéristiques notamment compte tenu du fait que la parcelle d'assiette du projet se situe en surplomb de la voie publique. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le projet n'est pas situé sur le front bâti mais en retrait de la rue. En tout état de cause, les constructions avoisinantes sont également, pour la plupart, de hautes envergures et le projet de construction est composé de trois parties distinctes, comprenant des toits à doubles pentes, de manière à s'assurer de la bonne insertion du projet dans le relief et le paysage. Les requérants, qui n'apportent aucune mesure chiffrée à l'appui de leur propos, ne soutiennent ni n'allèguent que le projet litigieux auraient pour incidence de porter atteinte aux conditions d'habitabilité ou d'utilisation des bâtiments des terrains voisins. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UCO 3.5 du PLU ne peut qu'être écarté.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4.1 du PLUi de la métropole de Rouen Normandie " 4.1. Caractéristiques des façades, des toitures et des clôtures 4.1.1. Principes généraux : / Les constructions, installations ou aménagements, tant du point de vue de leur situation, de leur volume que de leur aspect, ne doivent porter atteinte ni au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, ni aux perspectives monumentales et doivent s'insérer harmonieusement au bâti et au paysage environnants en tenant compte de leur caractère dominant. Les bâtiments présentant un long linéaire sur voie doivent présenter une division en séquences de la façade voire de la toiture afin de prolonger le rythme du bâti environnant. La conception du projet limitera fortement la création de mur pignon aveugle important, visible dans la perspective des voies, et notamment aux abords des angles de rue afin d'en réduire l'impact et également vis-à-vis de la limite séparative latérale. () / 4.1.4. Toitures / Les toitures doivent s'insérer harmonieusement dans le bâti environnant en tenant compte de ses caractères dominants. Elles doivent être traitées en harmonie (rythme des baies de toiture, proportions) avec les façades sur lesquelles elles s'intègrent. ".

13. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants au sens des dispositions précitées, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité des lieux avoisinants du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

14. En l'espèce, la construction litigieuse est projetée sur un terrain en retrait de la partie nord de la rue Verte, à proximité de la place du Coucou. S'il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies jointes à la demande de permis de construire en cause et du reportage photographique produit par la commune de Rouen, que le front bâti de la rue Verte et des rues environnantes est composé en majorité par des maisons d'habitation en briques et silex jointoyés avec du mortier de chaux, et des toitures en ardoises présentant des pentes, le quartier comprend toutefois, notamment dans les constructions situées dans la partie la plus au nord de la rue verte, des maisons d'habitations en enduit blanc, de types pavillonnaires et des immeubles dans des tons clairs avec des menuiseries extérieures métalliques. La circonstance que des constructions situées à proximité du terrain d'assiette du projet fassent l'objet d'une protection moyenne au titre du patrimoine bâti dans le cadre du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie ne permet pas d'établir que l'ensemble du bâti environnant et notamment les constructions les plus proches du projet litigieux, présenterait des caractéristiques similaires.

15. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la construction projetée est située en retrait depuis la rue, et constituée de trois volumes à double pente, reprenant ainsi le visuel de plusieurs maisons d'habitation. La notice jointe au permis de construire contesté prévoit que les matériaux et couleurs extérieurs seront du zinc laqué blanc, un enduit ton blanc chaud, des menuiseries en aluminium ton gris clair ainsi qu'un bardage en bois. Compte tenu de la proximité du projet avec des maisons et des immeubles en enduit blanc, s'éloignant du style traditionnel du sud du même quartier, le projet sera de nature à s'intégrer dans le paysage environnant tant en ce qui concerne les volumes, que les aspects et couleurs extérieurs de la construction litigieuse. Par suite et dès lors que le permis de construire modificatif ne prévoit aucune modification des aspects extérieurs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.1 du règlement du PLUi de la métropole de Rouen Normandie doit être écarté.

16. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8.3 du livre I du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie : " Afin de lutter contre les risques d'inondation, les eaux pluviales doivent être gérée en infiltration sur la parcelle, en fonction de la capacité des sols, sans générer de ruissellement sur les propriétés voisines (domaine privé ou public). () / Les systèmes de gestion des eaux pluviales des opérations d'aménagement ou de construction ne doivent pas constituer une aggravation mais une diminution des risques d'inondation en aval par rapport à la situation préexistante. / Les eaux de pluie pourront être récupérées dans un dispositif approprié (enterré ou intégré à l'environnement), mais dans ce cas le volume utile ne pourra être pris en compte dans le dimensionnement du système de gestion des eaux pluviales. () ".

17. Si les requérants soutiennent que le système d'infiltration des eaux, par la création d'une noue pluviale sur le terrain du projet, n'est pas " compatible " avec la présence, à proximité d'un arbre de haute tige, ils n'apportent aucun d'élément de nature à établir que cette noue présenterait un risque d'inondation ou ne permettrait pas une infiltration des eaux sur la parcelle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8.3 du règlement du PLUi de Rouen Normandie doit être écarté comme non assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bienfondé.

18. En sixième lieu, aux termes de l'article UCO 5.2 du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie : 5.2 Part minimale surfaces non imperméabilisées. / Au moins 40% de la surface du terrain doit être traitée en espaces verts ". Aux termes du lexique du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie : " Espace vert / L'espace vert correspond à un espace non construit, de " pleine terre ", répondant aux conditions cumulatives suivantes : / ' Sa surface est perméable et est constituée de 70% minimum de pleine terre non recouverte pas des graviers, les 30% maximum restant peuvent être recouverts par des graviers; / ' Sa profondeur est de 2,30 m minimum à compter de sa surface, il ne comporte que le passage éventuel de réseaux (électricité, téléphone, internet, eau potable, eaux usées ou pluviales) ; / ' Il peut recevoir des plantations de type arbre tige ou de haute tige notamment. Ces espaces verts peuvent être comptabilisés au titre du coefficient de biotope dans les secteurs de biotopes concernés. Les aires de stationnement et leurs accès sont exclus des espaces verts de pleine terre. " .

19. Pour contester l'arrêté attaqué, les requérants font valoir que les espaces d'assainissement des eaux, prévus en souterrain, empêchent de comptabiliser une partie des espaces verts si bien que le projet ne respecte pas la part minimale de 40% de surfaces traitées en espace vert sur le terrain. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les espaces de noues végétalisées peuvent être comptabilisés comme des espaces verts, dès lors que ces espaces permettent l'éventuel passage de réseaux d'eaux pluviales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UCO 5.2 ne peut qu'être écarté.

20. En septième lieu, aux termes de l'article UCO 4.1.6 du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie : " Les clôtures doivent respecter les conditions prévues à l'article 4.1.6 de la section 5 du livre 1 : Dispositions communes applicables à toutes les zones. Ces conditions sont complétées par les dispositions suivantes : () Le long des autres emprises publiques et des limites séparatives la clôture doit être composée d'un grillage avec ou sans haie ou d'une haie avec ou sans grillage ". Et aux termes de l'article 4.1.6 du livre I du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie : " 4.1.6 Clôtures Objectifs et principes généraux pour l'ensemble des clôtures La clôture doit participer à conserver l'unité paysagère du quartier. Elle doit avoir une conception d'ensemble et être traitée en harmonie avec la construction principale édifiée sur le terrain et avec le contexte urbain environnant et notamment les clôtures adjacentes. () Les clôtures existantes présentant un intérêt architectural (matériaux qualitatifs) peuvent être maintenues et prolongées avec les mêmes caractéristiques. Les clôtures à créer doivent être constituées de matériaux de nature et de teinte en harmonie avec les constructions et ne compromettant pas l'unité paysagère de la rue et du quartier. Une attention particulière doit être portée aux matériaux comme aux teintes utilisés. Les matériaux utilisés en clôture doivent présenter un caractère pérenne conservant un aspect qualitatif dans le temps. Les végétaux artificiels, les matériaux par plaques (de type plaque béton, etc.), les matériaux occultants (type bâche) ainsi que l'emploi à nu de matériaux destinés à être recouverts (de type briques creuses, parpaings, etc.) sont interdits() ".

21. Il ressort des pièces du dossier que la clôture, déjà inexistante, longeant la parcelle voisine cadastrée CM 204, est en mauvaise état voir quasi existante. Toutefois, dès lors que le projet de construction ne modifie pas cette clôture, qu'il n'est pas de nature à aggraver l'état de la clôture et en tout état de cause qu'il est ni allégué ni établi que cette clôture aurait été édifiée irrégulièrement, M. F, M. C et Mme D ne peuvent pas utilement se prévaloir des dispositions du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie relatives aux clôtures.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre les dispositions du permis initial ayant fait l'objet de modification :

22. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-34 du code de l'urbanisme : " La demande précise également, en vue de la collecte des informations statistiques, s'il y a lieu : a) Le nombre de logements créés ou démolis, répartis en fonction du nombre de pièces, du type de financement et de leur caractère individuel ou collectif ; ".

23. Si les requérants soutiennent que la notice architecturale retient un nombre de logements T5 erroné, si bien qu'elle ne respecte pas les dispositions de l'article R. 431-34 du code de l'urbanisme, il ressort des pièces du dossier que par un permis de construire modificatif du 1er septembre 2022, le nombre de logements T5 a été modifié et que la demande de permis de construire modificatif précise, dans sa notice architecturale tout comme dans le document CERFA de demande, qu'il n'y aura qu'un seul logement T5. Par suite, le moyen tiré de ce que la notice architecturale du projet initial retiendrait deux logements T5 doit être écarté comme inopérant, compte tenu des modifications effectuées par le permis de construire modificatif du 1er septembre 2022.

24. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3.4 UCO du règlement du PLUi de la Métropole Rouen Normandie : " .4. Emprise au sol - L'emprise au sol des constructions ne peut excéder 40% de la superficie du terrain. Dans les périmètres du réseau structurant de transport en commun urbain inscrits au règlement graphique - Planche 2, l'emprise au sol des constructions ne peut excéder 50% de la superficie du terrain. ".

25. Pour contester le permis de construire, les requérants font état de ce que la demande de permis initial laisse apparaitre, tant dans les documents graphiques d'insertion que sur les plans fournis, la présence d'un carport de nature à couvrir en partie les places de stationnement, alors que ce dernier n'était pas comptabilisé au titre de l'emprise au sol de la construction, entrainant un dépassement de la limite des 40% de la superficie prévu par l'article UCO 3.4 précité. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que par un permis modificatif délivré le 1er septembre 2022, le pétitionnaire a supprimé ce carport du projet de construction et prévoit la création de places de stationnement aériennes, s'assurant ainsi du respect de la règle précitée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.4 du règlement du PLUi de la métropole de Rouen Normandie doit être écarté comme inopérant compte tenu des modifications apportées par le permis modificatif du 1er septembre 2022.

26. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 du chapitre 3 du livre I du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie relatif aux conditions d'accès : " Article 7 - Desserte par les voies publiques ou privées / () / 7.2 Dispositions relatives aux conditions d'accès Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisin dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination des constructions et aménagements envisagés. Ce passage aménagé sur fonds voisin doit être dans un état de viabilité conforme à l'usage attendu et présentant des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de sécurité pour tous, de la défense contre l'incendie, de la protection civile et de collecte des ordures ménagères. Les accès carrossables à créer doivent être localisés et aménagés en tenant compte des éléments suivants : ' la topographie et la morphologie des lieux dans lesquels s'insère la construction ou l'opération d'aménagement ; ' la préservation de la sécurité des personnes qui est appréciée au regard de la position des accès et de leur configuration (assurer une visibilité suffisante), et également de la nature des voies de desserte, du type de trafic et de son intensité ; ' le type de trafic généré par la construction (fréquence journalière, nombre et nature des véhicules), en cherchant à réduire leur impact sur la fluidité de la circulation des voies de desserte et en mutualisant les accès ; ' les conditions d'entrée et de sortie des véhicules sur le terrain, qui devront être situées le plus loin possible des carrefours. ' les conditions d'entrée et de sortie des véhicules sur le terrain, sans avoir à effectuer de manœuvre sur la voirie. ".

27. Pour contester le permis de construire initial, les requérants font valoir, sans être contestés que la desserte interne du projet est effectuée par une voie de 3,5 mètres de large, sans trottoir pour la circulation piétonne, et empêchant le croisement de véhicules sur environ 20 mètres si bien que les conditions d'accès et de desserte ne présentent pas les garanties de sécurité suffisantes compte tenu de l'ampleur du projet de construction.

28. Toutefois, d'une part, les dispositions précitées de l'article 7 du chapitre 3 du livre I du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie relatif aux conditions d'accès ne peuvent être opposées utilement qu'en ce qui concerne l'accès au terrain d'assiette du projet mais ne s'appliquent pas aux voies de desserte interne du terrain d'assiette. D'autre part et en tout état de cause, il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice architecturale modificative, que par un permis de construire modificatif du 1er septembre 2022, les conditions de desserte du projet ont été modifiées pour ajouter des dispositifs de sécurisation sous la forme d'un miroir, et de signalisation par l'intégration d'un feu bicolore à l'entrée et la sortie de la voie de desserte interne permettant d'alterner le passage des piétons et des véhicules. Par suite, compte tenu de l'intégration des dispositifs par le permis de construire modificatif et dès lors qu'il n'est pas établi que la largeur de la voie n'est pas, à elle seule, de nature à empêcher la circulation sécurisée des piétons et des services de secours, le moyen tiré de la méconnaissance par le permis initial de l'article 7 du chapitre 3 du livre I du règlement du PLUi du règlement de la métropole Rouen Normandie ne peut qu'être écarté.

29. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article 6.2 du livre I du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie : " Stationnement des vélos : 6.2.1 Modalités de réalisation. / L'emplacement destiné au stationnement des cycles doit être : / - un espace réservé et sécurisé, / - situé de préférence au rez-de-chaussée, /- aisément accessible depuis l'espace public et les points d'entrée du bâtiment, /- clos, couvert, disposant d'un éclairage suffisant, /- équipé d'un système d'attache, / -d'une surface minimum de 1,5 m² par place requise. / La surface totale de l'emplacement destiné au stationnement des cycles ne peut être inférieure à 5m². / 6.2.2 Norme de stationnement : () logement (pour une opération égale ou supérieur à 2 logements) / () - 1 place par logement pour un logement inférieur ou égal à 2 pièces principales, / 1,5 place par logement pour un logement supérieur à 2 pièces principales. () ".

30. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire modificatif prévoit un logement inférieur ou égal à deux pièces principales, et sept logements de plus de deux pièces principales. Le projet de construction doit ainsi prévoir au moins 17,25 m² de place de stationnement pour les cycles en application de l'article de l'article 6.2 du livre I du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie. En l'espèce, le permis de construire modificatif délivré le 1er septembre 2022 prévoit une surface de stationnement de vélo dans un local de 20,45 m². Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la surface minimale du stationnement des cycles ne peut qu'être écarté comme inopérant à l'encontre du permis de construire initial.

31. En cinquième lieu, aux termes de l'article UCO 5 du règlement du PLUi de la métropole de Rouen Normandie : " 5.1. Traitement des espaces libres / Les espaces libres doivent être aménagés selon une composition paysagère soignée, adaptée à l'échelle du terrain et aux lieux environnants. Cette composition privilégiera les espaces verts d'un seul tenant et en contiguïté avec les espaces libres des terrains voisins. Pour tout projet de construction nouvelle, il sera planté un arbre tige ou de haute tige par tranche " entamée " de 100 m² d'espace libre, hors annexe d'une surface de plancher ou emprise au sol égale ou inférieure à 20 m². Les arbres existants peuvent être comptabilisés au titre des arbres à réaliser. Les espèces végétales invasives (de type Renouée du Japon, Griffe de Sorcière, Berce du Caucase, etc.) sont interdites. Les essences locales doivent être privilégiées (cf liste du règlement écrit pièce n°4.1.2.2). L'implantation des constructions doit respecter les arbres existants sur le terrain. Ceux qui ne peuvent être maintenus doivent être remplacés par un nombre au moins égal d'arbres. ".

32. Il ressort des pièces du dossier que le projet de construction prévoit une emprise au sol de 392,50 m² sur l'ensemble de l'unité foncière d'une surface de 1033 m² si bien que la surface d'espace libre restant s'élève à 640,50 m². En outre, il ressort également des pièces du dossier que le permis de construire modificatif prévoit l'abattage de trois arbres tiges ou de haute tige sur la parcelle. Si le permis de construire initial prévoyait la plantation de dix arbres sur les espaces libres du projet, le permis de construire modificatif du 1er septembre 2022 prévoit la plantation de seulement neuf arbres alors que, pour le respect des dispositions de l'article UCO 5 précité, il appartient au pétitionnaire de prévoir de planter au moins dix arbres. Ainsi, le permis de construire modificatif du 1er septembre 2022, en autorisant la plantation de seulement neuf arbres, méconnait l'obligation de remplacer les arbres supprimés et de planter un arbre tige ou haute tige par tranche entamée de 100 m² d'espace libre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UCO 5 doit être accueilli, uniquement en ce qui concerne le permis de construire modificatif délivré le 1er septembre 2022 dès lors que celui-ci prévoit un nombre d'arbres à planter inférieur à dix.

33. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que M. F, M. C et Mme D sont fondés à demander l'annulation du permis de construire modificatif du 1er septembre 2022 seulement en tant qu'il prévoit de planter neuf arbres alors que le permis de construire initial prévoit d'en planter dix.

34. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. F, M. C et Mme D tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er septembre 2022 délivrant le permis de construire modificatif °PC 76540 21 50012 M01 doivent être accueillies en tant que le permis de construire modificatif autorise la plantation de seulement neuf arbres. Les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 août 2021 ayant délivré le permis de construire n° PC 76540 21 50012 et le surplus des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er septembre 2022 doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance

35. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. F, M. C et Mme D la somme que la commune de Rouen demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas non plus lieu de faire droit aux conclusions de M. F, M. C et Mme D présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 1er septembre 2022 délivrant le permis de construire modificatif n° PC 76540 21 50012 M01 est annulé uniquement en tant qu'il autorise la plantation de seulement neuf arbres de tiges et de hautes tiges.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F, M. C et Mme D est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Rouen au titre de l'article L. 761-1 u code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B F, premier dénommé en sa qualité de représentant unique des requérants, à la commune de Rouen et à la SASU 2H Promotion.

Copie en sera adressée, pour information, au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Rouen, en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bailly, présidente,

Mme I et Mme A, conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.

La rapporteure,

Signé :

B. A

La présidente,

Signé :

P. Bailly La greffière,

Signé :

A. Hussein

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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